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Accueil du site > Actualités > Europe > Jean Monnet, grand patriote et fondateur de l’Europe moderne
#60 des Tendances

Jean Monnet, grand patriote et fondateur de l’Europe moderne

« Nous ne coalisons pas des États, nous unissons des hommes. ».



Il y a quarante ans, le 16 mars 1979, Jean Monnet est mort à l’âge de 90 ans (il est né le 9 novembre 1888). Considéré comme l’un des Pères de l’Europe, profondément patriote et démocrate laïc, il fut enterré le 20 mars 1979 en présence notamment du Président français Valéry Giscard d’Estaing et du Chancelier allemand Helmut Schmidt.

Jean Monnet a eu un parcours extraordinaire. Il était un homme simple, sans diplôme (pas même le baccalauréat, mais il ne s’en vantait pas comme certains maintenant), et a toujours fui les mondanités, évité les honneurs et les fonctions officielles, rejeté les décorations et autres diverses gratifications qu’on lui proposait par dizaines voire centaines de par le monde.

La France l’a quand même célébré (à son corps défendant) en lui donnant la plus prestigieuse des reconnaissances historiques, qu’il aurait sans doute refusée par avance s’il avait eu l’orgueil du Général De Gaulle, être transféré au Panthéon, ce que François Mitterrand, friand de commémorations, a décidé pour son centenaire, le 9 novembre 1988 : « Je pense à Jean Monnet qui s’est apprêté à concevoir l’Europe telle qu’il l’avait trouvée : à la fin d’un temps, au commencement d’un autre. Et j’imagine de futurs concepteurs, de futurs fondateurs, qui, à la suite de Jean Monnet, regarderont autour d’eux et verront d’abord l’autre Europe, l’autre partie de l’Europe : ce même continent nourri aux mêmes sources (…), l’autre Europe qui verra au travers des décennies prochaines des projets, des accords, les évolutions, les ambitions et les autres rêves qui nous permettront un jour de savoir que l’Europe, c’est tous les Européens. (…) Chacun symbolise un moment de l’Histoire, une attitude devant la vie, une façon d’être soi-même : Jean Moulin et la résistance pour l’amour de la patrie, René Cassin, la défense et le progrès du droit, Jean Monnet, l’Europe et l’organisation de la paix. ».

Pour comprendre Jean Monnet, ce qui le motivait, il faut relire la conclusion d’un article bibliographique très instructif de Pierre Viansson-Conté publié le 17 mars 1979 dans "Le Monde" : « Une carrière qui illustre bien la devise de Dwight Morrow qu’il aimait tant citer : "Le monde se divise en deux : ceux qui veulent être quelqu’un et ceux qui veulent réaliser quelque chose". S’il est un homme que l’on peut ranger sans hésitation dans la seconde catégorie, c’est bien lui. Il en convenait d’ailleurs volontiers, ajoutant : "Il y a moins de concurrence". ».

Sa principale réalisation, c’est l’Union Européenne. Pas comme celle d’aujourd’hui, car comme l’anticipait François Mitterrand, cette Europe a évolué avec l’intégration, le 1er mai 2004, des pays de l’Europe centrale et orientale longtemps muselés par la dictature communiste, mais il s’agit bien de la même Europe, celle du charbon et de l’acier, cette Communauté devenue Économique Européenne par le Traité de Rome puis Union Européenne par le Traité de Maastricht (approuvé démocratiquement par le peuple français le 20 septembre 1992).

Une petite note de quatre lignes, trois phrases, remise à Robert Schuman, Ministre des Affaires étrangères, juste avant son fameux discours du Salon de l’Horloge (au Quai d’Orsay) le 9 mai 1950 (texte intégral ici), a suffi pour jeter les bases historiques de la construction européenne : « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord des solidarités de fait. (…) La solidarité de production qui sera nouée manifestera que toute guerre entre la France et l’Allemagne devient non seulement impensable, mais matériellement impossible. ».

C’était l’idée essentielle de Jean Monnet : des "solidarités de fait". Un peu comme Antoine Pinay, Jean Monnet n’était pas un intellectuel, il n’était pas un théoricien. Il était un homme pratique, déterminé, volontaire et efficace. Son parcours, que certains tentent bien maladroitement de salir, est pour le moins extraordinaire. Il faut aussi le replacer dans le contexte particulier : il avait une vingtaine d’années dans les années 1910.

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Originaire de Cognac, il était aussi originaire "du" cognac, si l’on peut dire, à savoir qu’il était le fils et le petit-fils de producteurs de cognac et qu’il était donc promis, avec son frère, à vendre cette production d’alcool. Son frère était chargé de le vendre en France et lui, de le vendre à l’extérieur. Cela a fait de lui, très jeune, un négociant globe-trotter, visitant tous les continents pour vendre son cognac. Inutile d’aller chercher plus loin son "cosmopolitisme" et son esprit pratique : ses fonctions d’entrepreneur et d’exportateur suffisent à comprendre l’intérêt de relations économiques internationales.

À propos de son esprit de viticulteur, Georges Berthoin, collaborateur de Jean Monnet et fils d’un ministre de De Gaulle, confia lors d’une interview accordée à l’historien Éric Roussel pour la "Revue des Deux Mondes" d’avril 2012 : « Ses leçons venaient de son instinct paysan et de l’humilité créatrice qu’il en retirait. Il m’expliqua un jour, alors que nous marchions dans un champ, la symbiose qu’il fallait rechercher entre la nature et la société. Il citait en modèle l’exemple du rythme et de la lenteur des saisons et de la graine enfouie dans la terre : "Elle serait semée, puis germerait pour se transformer en blé. Celui-ci commencerait sa carrière en rejoignant la coopérative voisine, puis serait intégré dans des circuits économiques jusqu’à trouver, sur le marché lointain de Chicago, sa cotation selon la demande mondiale ou les conditions climatiques en Ukraine ou en Argentine, et finir par un prix résumant son parcours, mais mystérieux pour celui qui mangerait une simple tranche de pain. Ainsi cheminent, avant de devenir des réalités concrètes, les idées et les projets". ».

Une autre leçon que Georges Berthoin a reçue de Jean Monnet : « Tout défi contient son antidote. Tout obstacle peut devenir un point d’appui. Pour lui, la signification de sa politique consistait donc à découvrir ce secret salvateur pour l’incorporer dans la société et le comportement des hommes. (…) Toute souveraineté individuelle ou collective, si absolue qu’elle se considère, partage avec les autres un élément commun. C’est en le découvrant que les dialogues jusque-là impossibles peuvent s’ouvrir. Monnet l’a introduit dans les rapports traditionnels entre États. C’est ainsi qu’une souveraineté nationale s’enrichit de ce que l’autre peut lui apporter sans se renier elle-même. ».

Au fil des années et des décennies, Jean Monnet a tissé autour du monde un réseau national et international, tant économique que politique, très extraordinaire, probablement parce qu’il n’existait pas beaucoup de gens comme lui, capables de braver l’inconnu des pays étrangers et nouer des contacts tant personnels que commerciaux. Il devait en plus fasciner ses interlocuteurs.

Pierre Viansson-Conté a donné une idée de son cosmopolitisme en la résumant à son mariage (tardif) avec une femme déjà mariée : « C’est finalement à Moscou, en 1934, la loi soviétique admet le divorce par déclaration unilatérale, que ce banquier américain de nationalité française résidant en Chine réussira à faire légaliser son union avec une Italienne, née par surcroît à Constantinople. "La plus belle opération de ma carrière", aimait-il à dire. ».

Le journaliste du "Monde" évoquait son métier de banquier, mais on était déjà en 1934, il y a eu beaucoup d’eau coulée sous les ponts de Jean Monnet, qui fut également haut fonctionnaire international.

Comment a-t-il pu avoir une telle vie internationale entremêlée ? En fait, la Première Guerre mondiale venait d’être déclarée quand il était au Canada (depuis 1906) et qu’il a convaincu les dirigeants de la Compagnie de la baie d’Hudson, une grande entreprise, d’acheter son cognac ou plutôt, de l’échanger contre des fourrures. L’un de ses dirigeants était associé de la banque Lazard Frères et administrateur de la Banque d’Angleterre. Très vite, Jean Monnet a su s’intégrer dans ce petit monde de la finance internationale : il « s’initie aux affaires financières, prend la mesure des grands cartels, apprend à débrouiller l’écheveau des échanges internationaux, jauge la complexité des relations monétaires, comprend les avantages, la nécessité, de la coopération » (Pierre Viansson-Conté).

Réformé en 1914 à cause de sa santé fragile, Jean Monnet avait compris assez vite que la guerre serait longue et difficile. En quelques années, il s’intégra également dans le milieu politique français, nouant des relations avec le ministre Étienne Clémentel, également René Viviani et Alexandre Millerand. Durant la guerre, il fut affecté au service de ravitaillement de l’armée et noua des contrats entre l’armée française et la Compagnie de la baie d’Hudson. Son credo, c’était de faire comprendre qu’il ne fallait pas seulement coordonner les actions militaires entre les Alliés, mais aussi les achats et approvisionnements des pays en guerre, qui étaient aussi stratégiques que les opérations militaires.

Après la guerre, assistant aux négociations du Traité de Versailles, Jean Monnet fut expert français au conseil suprême économique. En 1920, une personnalité britannique très influente le proposa comme Secrétaire Général adjoint de la Société des Nations (SDN, future ONU) qui venait d’être créée (il n’avait que 31 ans). Il est parvenu à trouver un accord sur la frontière de haute Silésie entre l’Allemagne et la Pologne, et à redresser les finances de l’Autriche et de la Roumanie. Il quitta la SDN en décembre 1922 pour sauver l’entreprise familiale de cognac qui s’était financièrement effondrée après la mort de son frère. Il la redressa rapidement et est devenu un homme d’affaires avisé. Il fut nommé directeur de la filiale parisienne d’une grande banque américaine, multiplia ses responsabilités financières comme membre de conseil d’administration de plusieurs entreprises internationales (par exemple, il fut vice-président de l’Union des mines), etc.


En 1928, il fit la connaissance d’un jeune secrétaire de conseil d’administration de l’Union des mines, à savoir René Pleven, futur résistant et chef du gouvernement sous la Quatrième République. Après la crise de 1929, sa banque fut absorbée et il a rebondi avec une autre banque qui l’a envoyé en Chine où le Ministre des Finances, beau-frère de Tchang Kai-Check, le chargea à Nankin en 1933 de faire un plan de réorganisation industrielle et de construction des chemins de fer qui fut accepté par le gouvernement chinois et d’attirer des investisseurs américains. Pour l’occasion, il fonda plusieurs entreprises et banques.

Je reprends la trame de l’article de Pierre Viansson-Conté car il y a indiqué des éléments clefs de la biographique de Jean Monnet : « Le financier international, le banquier américain, l’homme d’affaires cosmopolite, ne croit guère aux trusts et aux cartels privés. Son expérience le convainc de plus en plus qu’il n’y a pas de véritable progrès, de prospérité, ni de salut pour le monde occidental, en dehors d’une direction rigoureuse et planifiée de l’économie de chaque nation et d’une délégation par les États d’une part de leur souveraineté à des institutions communes. Car les hommes passent, les institutions restent, elles accumulent l’expérience collective. ».

Cette idée, qui a prévalu pour l’organisation de l’Europe après la Libération, Jean Monnet l’a développée auparavant auprès du Président américain Franklin Roosevelt qu’il connaissait assez bien, ainsi que le collaborateur de celui-ci, Harry Hopkins. Avec le contenu du Traité de Versailles, Jean Monnet imaginait assez tôt (au début des années 1920) qu’une nouvelle guerre serait inéluctable. À la fin de l’année 1938, Édouard Daladier, Président du Conseil et Ministre de la Guerre, l’a chargé de négocier des achats d’avions américains et de définir une coopération économique avec le Royaume-Uni. Juste après le début de la Seconde Guerre mondiale, Jean Monnet fut nommé président du comité de l’effort de guerre franco-britannique.

Churchill fut élu Premier Ministre le 10 mai 1940. Jean Monnet, voyant la faiblesse des forces françaises face aux troupes nazies, a convaincu d’abord Churchill de la pertinence d’une Union franco-britannique à effet immédiat. C’était révolutionnaire, surtout avec près de quatre-vingts ans de recul où maintenant, les Britanniques ont un mal fou à réussir leur Brexit. Il s’agissait ni plus ni moins de fusionner les deux États (France et Royaume-Uni), probablement de manière provisoire, afin de permettre aux Français de poursuivre la guerre (comme Anglais donc). Car, par patriotisme, il craignait avant tout l’arrêt de la guerre et la défaite de la France.

Jean Monnet a aussi convaincu De Gaulle qui fut brièvement nommé, le 6 juin 1940, au gouvernement de Paul Reynaud, et ce dernier n’était pas loin d’être convaincu. C’était même très malin face à Hitler. Mais Paul Reynaud démissionna le 16 juin 1940 en pleine Débâcle, et fut remplacé par le maréchal Pétain qui négocia avec les nazis l’arrêt de la guerre. De Gaulle, qui était en mission à Londres le 16 juin 1940 et revenu à Bordeaux le soir même, repartit à Londres et retrouva Jean Monnet à son domicile londonien le soir du 17 juin 1940.

Les deux hommes ont partagé la même conviction que cette guerre serait mondiale, qu’elle serait longue et difficile mais qu’elle serait finalement victorieuse. En revanche, ils avaient des perspectives très différentes dans la manière de continuer la guerre. De Gaulle, après son appel, incarna la France libre et l’État résistant, tandis que Jean Monnet s’est engagé directement auprès de l’armée britannique, considérant que l’État français avait cessé de combattre.

Jean Monnet, qui avait toute la confiance du gouvernement britannique, fut envoyé à Washington pour négocier une collaboration avec le gouvernement américain pour participer à l’effort de guerre du Royaume-Uni, seule puissance face à Hitler encore allié à Staline (alors que Roosevelt venait d’être réélu sur un engagement de neutralité). Jean Monnet a ainsi permis la préparation industrielle et militaire des États-Unis pour leur engagement après Pearl Harbor, dont il a surveillé l’acheminement. Il a eu une part active dans la victoire des Alliés par cette anticipation de la très lourde logistique nécessaire au succès (un responsable américain expliqua qu’il a fait gagner un an de guerre).

Diplomate anglais, Jean Monnet fut aussi diplomate américain et fut, de février 1943 à octobre 1943, missionné à Alger par Roosevelt (avec l’accord de Churchill) pour "unifier" les deux généraux rivaux, Charles De Gaulle et Henri Giraud. De Gaulle se disait l’incarnation de la France à Londres, avait la confiance de Churchill mais pas celle de Roosevelt, tandis que Giraud, soutenu par Roosevelt, parlait au nom de la France à Alger.

Grâce à Jean Monnet, De Gaulle fut convaincu qu’il fallait que les deux généraux se réconciliassent et il retrouva Giraud le 30 mai 1943 à Alger pour créer, le 3 juin 1943, le Comité français de libération nationale (CFLN) qu’ils allaient coprésider tous les deux, structure unique représentant la France et reconnue officiellement comme telle par les gouvernements américain et britannique le 22 juillet 1943 (et soviétique le 26 août 1943. Le CFLN était une sorte de gouvernement et il se transforma d’ailleurs en Gouvernement provisoire de la République française le 3 juin 1944 après avoir aussi gagné en légitimité avec la soutien de l’Assemblée consultative provisoire le 6 novembre 1943.

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Le 5 août 1953, Jean Monnet prononça un discours prophétique devant le CFLN (à Alger donc) : « Il n’y aura pas de paix en Europe si les États se reconstituent sur une base de souveraineté nationale, avec ce que cela entraîne de politique de prestige et de protection économique (…). Les pays d’Europe sont trop étroits pour assurer à leurs peuples la prospérité et les développements sociaux indispensables. Cela suppose que les États d’Europe se forment en une fédération ou en une entité européenne qui en fasse une unité économique. ». Ces propos sont considérés comme la première esquisse d’un projet européen qui se concrétisa sept années plus tard.

Pour une fois, Jean Monnet n’était plus un conseiller de l’ombre mais membre également du Comité français de libération nationale, atténuant les susceptibilités des deux généraux (et comprenant très vite que Giraud n’était pas un politique et il fut écarté de la présidence le 2 octobre 1943) et installant le commissariat à l’approvisionnement, à l’armement et à la reconstruction (il était un commissaire du CFLN comme le furent entre autres André Philip, Georges Catroux, René Pleven, René Mayer, Maurice Couve de.Murville, François de Menthon, Henri Queuille, Emmanuel d’Astier de La Vigerie, Louis Jacquinot, André Le Troquer, Pierre Mendès France, René Capitant, André Diethelm, Henri Frenay, etc.). De retour à Washington en octobre 1943, il resta membre du CFLN, comme "ministre en mission", garant du contact permanent entre De Gaulle et Roosevelt. Jean Monnet quitta le CFLN le 3 juin 1944 (devenu Gouvernement provisoire). Notons que Jean Monnet avait donc gardé sa propre indépendance d’action : il avait été envoyé à Alger par Roosevelt pour aider Giraud et neutraliser politiquement De Gaulle, or, pragmatique, Jean Monnet s’est bien rendu compte de l’incapacité politique de Giraud, il a donc au contraire aidé De Gaulle à prendre pleinement la tête de la représentation internationale de la France, malgré les réticences américaines.

Pierre Viansson-Conté a insisté aussi, dans son article, sur la philosophie politique de Jean Monnet : « Le banquier, l’homme des grandes affaires privées, a éprouvé les dangers d’un libéralisme qui n’est que foire d’empoigne ou laisser-faire dès lors qu’il s’agit, pour une grande tâche, de réunir en un seul faisceau toutes les volontés. Et le familier de Roosevelt, l’ami des ministres et des financiers américains, l’homme qui a l’estime de Churchill, la confiance de Wall Street et de la CIty sait bien que pour obtenir les dollars, laide que le Plan Marshall va bientôt apporter aux nations ruinées par la guerre, il faudra présenter des projets solides, des comptes en ordre, faire la preuve qu’on constitue un "bon risque". Pour cela, plus que jamais, il croit aux institutions davantage qu’aux hommes. ».

Jean Monnet évalua aussi les futurs besoins de la France après la guerre et a permis l’application du Plan Marshall ainsi que celle du programme du CNR en devenant le premier Commissaire général au Plan du 3 janvier 1946 au 11 septembre 1952 (la création du commissariat général au Plan fut adoptée au conseil des ministres du 21 décembre 1945). Ainsi, il arrêta le premier plan le 28 novembre 1946, pour une portée sur quatre ans (le Plan Monnet). La classe politique ne comprenant pas très bien l’intérêt du Plan, Jean Monnet était assez tranquille dans son travail et pouvait anticiper l’avenir et ainsi relancer l’économie française par son plan de modernisation et d’équipement.

C’était comme cela qu’il imagina ces "solidarités de fait" qu’il proposa à Robert Schuman et Konrad Adenauer au printemps 1950, qui fut la base philosophique et politique de l’actuelle Union Européenne et que Pierre Viansson-Conté appela la « synthèse et aboutissement de son étonnante carrière ». Grâce au soutien rapide du gouvernement allemand et à l’effet de surprise renforcé par le soutien de René Pleven et de René Mayer au sein du gouvernement français (qui aurait pu se diviser sur le sujet), le projet de Jean Monnet, exprimé publiquement par Robert Schuman le 9 mai 1950, a pu voir le jour quelques mois plus tard (à l’époque, le Président du Conseil était Georges Bidault qui fut l’ancien Président du CNR après Jean Moulin). Le Traité de Paris fut signé le 18 avril 1951 et l’Europe des Six vit le jour le 23 juillet 1952. Jean Monnet quitta le Plan pour défricher cette nouvelle institution qui allait devenir l’Union Européenne.

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Jean Monnet fut en effet nommé le premier Président de la Haute Autorité de la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier) du 10 août 1952 au 10 juin 1955 (installé à Luxembourg). Cette Haute Autorité est l’ancêtre de la Commission Européenne. Mais, après l’échec de la Communauté Européenne de Défense (CED), rejetée par les députés français le 30 juin 1954, il démissionna, alors que son mandat était de six ans. En fait, il était rejeté par les ministres gaullistes du gouvernement de Pierre Mendès France qui mit ainsi un terme à son mandat. Son successeur René Mayer fut désigné le 1er juin 1955 à la conférence de Messine (jusqu’au 10 janvier 1958 en raison du Traité de Rome), de préférence à la candidature de l’Allemand Walter Hallstein (Secrétaire d’État aux Affaires étrangères en Allemagne, de 1951 à 1958 et inspirateur de la politique pro-européenne de Konrad Adenauer), qui fut par la suite le premier Président de la Commission Européenne du 7 janvier 1958 au 20 juin 1967. La nomination d’un Allemand en 1955 à la tête d’une instance internationale n’était pas encore acceptée dans la conscience internationale (ce qui aurait valu réhabilitation de l’Allemagne dans sa souveraineté diplomatique).

Quittant les instances officielles, Jean Monnet créa et présida son Comité d’action pour les États-Unis d’Europe de 1955 à 1975, comité (composé de nombreuses personnalités européennes, voir plus loin) qui proposa bien avant l’heure, entre autres, l’élection du Parlement Européen au suffrage universel direct, la création du marché commun et l’instauration du système monétaire européen. Toujours très influent, Jean Monnet initia le projet Euratom et participa activement aux négociations sur la rédaction du Traité de Rome (signé le 25 mars 1957) et aussi à celles concernant l’adhésion du Royaume-Uni à la Communauté Économique Européenne.

Parmi les participants au Comité Monnet, on peut citer René Pleven, Pierre Pflimlin, Raymond Barre, Valéry Giscard d’Estaing, Maurice Faure, Jean-Jacques Servan-Schreiber, Jean Lecanuet, Jacques Delors, Gaston Defferre, Guy Mollet, Antoine Pinay, François Mitterrand, Alain Poher, Robert Lecourt, Willy Brandt, Kurt Georg Kiesinger, Helmut Schmidt, Aldo Moro, Amintore Fanfani, Arnoldo Forlani, Alex Douglas-Home, Edward Heath, Roy Jenkins, Leo Tindemans, etc.

De Gaulle appliqua la politique de la chaise vide en 1967 au Conseil Européen pour protester contre l’éventualité de la fin de la règle de l’unanimité dans le processus décisionnel (Walter Hallstein fut écarté de la Présidence de la Commission Européenne au profit d’un Belge). Le journaliste gaulliste opposé à la construction européenne Éric Branca écrivit dans la "Revue Espoir" de novembre 1998 un brûlot contre la pensée de Jean Monnet : « Sous les catégories commodes de "nationalisme" et d’ "européisme", appliquées à De Gaulle et à Monnet (…) perce une dialectique autrement enracinée dans l’histoire : la liberté nationale opposée à la coercition impériale ; la tradition capétienne de la France relevée par la République contre le vieux rêve carolingien sécularisé par les technocrates. ». L’évocation carolingienne n’est pas due au hasard mais à l’attribution du Prix Charlemagne à Aix-la-Chapelle.

Prenant sa retraite à l’âge de 86 ans, Jean Monnet a dissous son comité et se mit à rédiger ses mémoires : « Les nations souveraines du passé ne sont plus le cadre où peuvent se résoudre les problèmes du présent. Et la Communauté elle-même n’est qu’une étape vers les formes d’organisation du monde de demain. » ("Mémoires", éd. Fayard, 1976).

Ayant conseillé de nombreux dirigeants politiques, Jean Monnet a confié, toujours dans ses Mémoires : « S’il faut beaucoup de temps pour arriver au pouvoir, il en faut peu pour expliquer à ceux qui y sont le moyen de sortir des difficultés présentes : c’est un langage qu’ils écoutent volontiers à l’instant critique.À cet instant où les idées manquent, ils acceptent les vôtres avec reconnaissance, à condition que vous leur en laissiez la paternité (…). Si c’est au pris de l’effacement que je puis faire aboutir les choses, alors je choisis l’ombre. ». Pour dire clairement : « J’avais mieux à faire que d’exercer moi-même le pouvoir. Mon rôle n’était-il pas d’influencer ceux qui le détiennent et de veiller à ce qu’ils s’en servissent a moment utile ? ».

Avec la dissolution du Comité Monnet, Georges Berthoin s’inquiéta auprès de lui de l’avenir de son œuvre : « Je lui ai demandé : "Qui continuera votre œuvre ?". Il a répondu sans la moindre hésitation : "Le Parlement Européen, bien sûr, car ce sont les électeurs qui tout naturellement devront continuer ce que nous avons commencé pour eux". En fait, il y a une "philosophie Monnet". Comme ces "grands innocents", Mandela, Gandhi, Luther King, il croyait sans restriction, comme nous tous autour de lui, en l’existence et la force d’une espérance humaine partagée par le peuple et pour le peuple. Mais, réaliste, il savait que rejeter l’autre serait plus facile que lui tendre la main. Il savait aussi que pour durer, se développer et s’adapter aux réalités nouvelles, les bonnes idées doivent pouvoir dépasser la vie provisoire de l’homme. Voilà pourquoi Jean Monnet, qui pourtant n’était pas versé dans les techniques constitutionnelles, a été méticuleux et exigeant lors de la création d’un système institutionnel d’un type nouveau dans les relations interétatiques à la naissance duquel j’ai participé en connaissant son respect pour la relation entre intérêt commun et les réalités nationales et culturelles. » (avril 2012). Ce qui prouve la sensibilité très démocrate et patriote de Jean Monnet et que les mécanismes actuels de l’Union Européenne, aussi précis, détaillés et technocratiques soient-ils, n’ont rien à voir ni avec l’URSS, ni avec un supposé IVe Reich.

L’Europe honora Jean Monnet comme il se devait. Dès mai 1953, il a reçu le prestigieux Prix Charlemagne à Aix-la-Chapelle, où il prononça un discours mémorable : « Afin qu’à l’avenir également, les progrès atteints soient assurés, il est nécessaire de créer un parlement européen et une autorité politique supranationale. Pour les peuples, le moment est venu d’assumer la conduite de l’entreprise commencée en votant eux-mêmes par un vote universel pour leurs représentants pour la direction des affaires européennes. (…) La Communauté dont nous avons commencé la construction dissipe, dans les relations, la domination de certains peuples sur les autres. Elle unit les peuples d’Europe et leurs forces productives à travers la création d’organismes et de règlements communs qui se mêlent aux souverainetés de chacun des États. Notre Communauté n’étant pas l’instrument d’une volonté de pouvoir, mais notre seul recours pour l’amélioration du sort humain, elle est ouverte à la participation pour tous ceux qui veulent et peuvent s’y rallier, tant qu’ils respectent ses règles. ».

Et le 2 avril 1976, le Conseil Européen réuni à Luxembourg lui décerna le titre de "Citoyen d’honneur de l’Europe". Ils furent seulement trois à avoir reçu ce titre, avec Helmut Kohl le 11 décembre 1998 à Vienne et Jacques Delors le 26 juin 2015.

En ce sens, Jean Monnet était un vrai révolutionnaire : « La grande révolution européenne de notre époque, la révolution qui vise à remplacer les rivalités nationales par une union de peuples dans la liberté et la diversité, la révolution qui veut permettre un nouvel épanouissement de notre civilisation, et une nouvelle renaissance, cette révolution a commencé avec la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier. ».

Le dernier hommage à Jean Monnet, plus intéressé par la pérennité de ses réalisations que par la postérité de sa propre personne, on peut considérer qu’il a été fait par le Salon du Livre de Paris qui vient d’être inauguré ce jeudi 14 mars 2019 à la Porte de Versailles de Paris (et qui se tient jusqu’au lundi 18 mars 2019), qui met pour sa 39e édition l’Europe à l’honneur ainsi que la ville de Bratislava, la capitale de la Slovaquie, très dynamique et attractive pour la jeunesse européenne (traditionnellement, le Salon met un pays à l’honneur ainsi qu’une ville du monde).

Précédemment, c’était la récompense du Prix Nobel de la Paix remise à l’Union Européenne en décembre 2012, qui a donné raison à la vision de Jean Monnet qu’effectivement, les "solidarités de fait" ont garanti une paix durable, ce qui est inédit dans l’histoire millénaire de l’Europe. Hommage lui soit donc rendu une nouvelle fois en 2019, à l’occasion du quarantième anniversaire du premier Parlement Européen élu au suffrage universel direct. Merci et bravo Jean Monnet !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (14 mars 2019)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :

"Jean Monnet, l’homme aux idées claires", article de Pierre Viansson-Ponté publié le 17 mars 1979 au journal "Le Monde".

"L’héritage de Jean Monnet", entretien avec Georges Berthoin réalisé par Éric Roussel publié en avril 2012 par la "Revue des Deux Mondes".

"De Gaulle – Monnet ou le duel du siècle", article d’Éric Branca publié en novembre 1998 par la "Revue Espoir" (Fondation Charles De Gaulle).

Jean Monnet.
Emmanuel Macron à la conquête des peuples européens.
Le programme du CNR.
Discours de Robert Schuman le 9 mai 1950 au Salon de l’Horloge à Paris (texte intégral).

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45 réactions à cet article    


  • av88 av88 15 mars 13:06

    Jean Monnet, père fondateur de l’Union Européenne.

    Tout son projet tient dans son nom, c’est un clin d’œil du divin, Monnet, Monnaie, Monney.

    Même la fameux groupe Pink-Floyd a écrit un hymne à sa gloire !

    https://www.youtube.com/watch?v=-0kcet4aPpQ


    • Clocel Clocel 15 mars 13:10

      Ach... A la CIA, on l’a beaucoup pleuré...

      Une grande perte indeed !

      Z’allez nous faire Schumann dans la foulée ?

      Ils ont sué sous le même joug, ce serait dommage de les séparer !


      • sls0 sls0 15 mars 15:19

        @Clocel
        La CIA, c’est ce qu’affirme Marie France Garaut dans cette vidéo.
        https://m.youtube.com/watch?v=usM_vZ3X7SA


      • Ouallonsnous ? 15 mars 17:43

        @Clocel

        Partout où il ya de la désinformation à faire et du léchage, on trouve l’insane Rakoto !


      • mmbbb 15 mars 20:06

        @Ouallonsnous ? il lèche tellement qu il doit avoir la langue rappeuse Quant a l Europe actuelle , belle réussite n est pas les Chinois ont tres peur . 


      • kader kader 17 mars 13:41

        @Clocel
        wikipedia

        .. banquier international, promoteur de l’atlantisme et du libre-échange.

        ...

        . À moins de 32 ans, il est le principal organisateur de la Conférence financière de Bruxelles de septembre 1920, reconnaissant que la déflation après la guerre pourrait avoir des répercussions désastreuses sur l’économie mondiale.

        Enrichissement aux États-Unis et contrebande durant la Prohibition

        Démissionnaire en décembre 1923 pour rejoindre l’entreprise de commerce d’alcool de son père en grande difficulté à cause de la Prohibition (1919-1933), Jean Monnet redresse la situation et s’enrichit en trouvant des appuis pour pratiquer la contrebande1. Travaillant entre les États-Unis et la France, il s’engage dans une carrière d’homme d’affaires et de financier international.

        Monnet déménage en Amérique pour accepter un partenariat avec Blair & Co., une banque new-yorkaise qui fusionne avec Bank of America

        au sujet du General de Gaule

        « Il faut se résoudre à conclure que l’entente est impossible avec lui ; qu’il est un ennemi du peuple français et de ses libertés ; qu’il est un ennemi de la construction européenne, qu’en conséquence il doit être détruit dans l’intérêt des Français »


      • L'Astronome L’Astronome 18 mars 11:18

         
        @kader : « au sujet du General de Gaule (...) »
         
        De Gaulle le traita un jour de « petit financier à la solde des Américains ». C’est dire dans quelle estime il tenait Jean Monnet. D’ailleurs — excusez-moi de vous le signaler — Monnet rime avec monney.
         


      • L'Astronome L’Astronome 18 mars 11:21

         
        Rectif Monnet rime avec money (un seul ’n’)
         


      • Jean De Songy 15 mars 13:14

        Monnet : lâche déserteur

        En 14-18, pendant que ses petits copains mourraient à Verdun, il fait du fric aux US dans de grands groupes et des banques

         

        Schumann : collabo

        indignité nationale

         

        Hillstein : nazi

        1er président de la commission


        • Pascal L 15 mars 17:00

          @Jean De Songy
          Schumann était originaire de Scy-Chazelles dans la banlieue de Metz. Donc en 14 et en 39, on ne pouvais pas choisir quel pays on devait défendre, c’était l’Allemagne. Mais obéir aux ordres des Allemands pour survivre, ce n’est en aucun cas faire de la collaboration. Mon grand-père, originaire de la même région a été incorporé dans l’armée allemande en 17, a déserté cette même année avec beaucoup de Mosellans lors de la révolution allemande, est revenu se cacher en Lorraine pour être incorporé (volontaire cette fois) dans l’armée française. Beaucoup de Mosellans ont été envoyés sur le front de l’Est est n’ont pas forcément pu revenir. Mon grand-père doit son salut à sa grande taille et à son amour des chevaux qui l’a placé dans la garde impériale. Il ne leur a jamais dit qu’il était bilingue. Malgré tout cela, la France n’a pas oublié de demandé le décret de naturalisation de mes grands-parents à mes parents lorsqu’ils ont voulu faire refaire leurs papiers d’identité (à l’époque Sarko). Vous avez donc une excuse, même l’administration a oublié cette époque de notre histoire. De la part de De Villiers qui se prétend historien, c’est plus grave ; l’ambition politique justifie toutes les amnésies et la Vendée est loin de la Moselle.

          Donc dire que Schuman est est collabo est une injure à mon grand-père, aux Mosellans et aux alsaciens et même à toute la France.


        • Et hop ! Et hop ! 16 mars 01:48

          @Jean De Songy

          L’auteur a oublié de dire que Jean Monet a fait fortune avec la contrebande d’alcool puis de drogue à Chicago pendant la prohibition, puis avec une banque qui blanchissait l’argent de la pègre.

          Il a aussi publié de parler de son projet patriotique de fusion anglo-française ratifié en 1940 par le Parlement anglais qui prévoyait de s’emparer de touts les territoires d’Outre-Mer et les protectorats français, en échange de l’abandon du terrritoire de la métropole aux Allemands.

          Il a aussi oublié de dire qu’il était rétribué par la CIA pour créer le marché commun.


        • lee oswald lee oswald 15 mars 13:18

          Bonjour , voir la petite video de Mr Asselineau , c’est beaucoup mieux expliqué que dans ce long texte :

          https://www.youtube.com/watch?v=UOZNixamdp8


          • Clocel Clocel 15 mars 13:40

            Allez, on va rhabiller le squelette : https://www.youtube.com/watch?v=1Atyvt9TlcQ


            • hunter hunter 15 mars 15:47

              @Clocel

              ISBN : 978-2-213-71228-4

              J’en suis au tiers du bouquin, acheté la semaine dernière.

              Ça dépote et ça démystifie le « grand patriote ».....il y a de bons petits documents déclassés reproduits, et made in CIA, justement !

              Le « grand patriote » de Sylvain, un bon salopard de banquier qui léchait le fion US, et qui a bien suivi leurs plans !

              Cet article est pitoyable, tellement il pue la propagande pro-europe mensongère !

              Bonne lecture !

              Adishatz

              H/


            • mmbbb 16 mars 09:45

              @hunter MF GARAU est certes pertinentes dans son argumentation, mais elle oublie un peu vite la faillite de l elite francaise , Il y a un essai d un auteur Delaume Coralie la « secession des elites » . Quant à l Allemagne oui on ne cesse de la critiquer , mais j avoue que j ai un certain respect pour leur reussite economique . Ils sont moins con que nous , ce pays a su preserver son tissu industriel performant alors que notre elitte ne voulait plus d industrie en France Voir les propos de Tchuruk dans les années 1990. Quant a notre grande institution natioanle l educ nationale , elle ne veut produire que des technocrates . La politique econique en France n a ete guere favorable au PME PMI , l administration se charge d eux . Giscard soulignait notre faiblesse de notre tissu de PME PMI cela n a guere change . Ce qui me gene un peu dans cette histoire est de prendre l Alllemagne tel un bouc emissaire en nous exemptant de nos propres lacunes . 


            • JC_Lavau JC_Lavau 15 mars 13:51

              Dans une note ultra-secrète envoyée au secrétaire d’Etat Harry Hopkins, le 6 mai 1943, Jean Monnet écrit à propos du futur libérateur de la France : « Il faut se résoudre à conclure que l’entente est impossible avec lui ; qu’il est un ennemi du peuple français et de ses libertés (sic) ; qu’il est un ennemi de la construction européenne (et) qu’en conséquence, il doit être détruit dans l’intérêt des Français ... » 


              • lee oswald lee oswald 15 mars 14:27

                Mr Lavau , regardez les vidéos de Juan Branco , il explique très bien Macron , l’Europe , la corruption du système


              • mmbbb 16 mars 10:15

                @JC_Lavau il a aussi les lessives lavant ultra blanc . « Secrete » , il n y a de secret que le doute que l on veut entretenir, ces notes sont déclassifiées. T es fort LAVAU Quant au USA il ne voulait pas rentrer en guerre. Deja Wilson durant la premiere guerre mondiale, ne voulait pas se mêler à ces guerres tribales.Ce n est pas la faute des USA si nous avions des psychorigides tel que le general GAMELIN et si nous avions pris une branlée memorable. Même Hitler s en étonna . Quant a De Gaulle , c ’est un grand homme un tres homme , c est une phrase repette ad nauseam sauf qu a son epoque il fut hait par cette generation maoiste dont Con Bendit fut le fer de lance de cette alliance atlantique apres avoir abandonne son costume a col MAO , Ce n est pas le seul Les Glux, BHL et d autres se sont convertis a cette doctrine . Des vrais girouettes des putes cette generation d intello dont la figure de proue fut Sarte Beauvoir , l exeption culturelle francaise .Toi qui fustige cette jeunesse actuelle voulant sauver la planete en ecrivant un arcticle condescendant, ta generation ne fut pas plus vertueuse , elle se comporta comme une catin . J ai toujours admire ton acuite intellectuelle. PS aucun pays en Europe ni même la Russie n avait le potentiel industriel afin de construire a la chaine des avions comme le B29 et des chars Shermann certes de moins bonne qualite technique que le char allemand Panzer , Mais les USA avaient miser sur le nombre . 


              • bedeau bedeau 15 mars 17:03

                Je transmets cet article à mon ami Philippe de Villiers pour qu’il intègre cette information dans une prochaine réédition expurgée et vérifiée par le Ministère de la Culture et de l’Information de son dernier livre conspirationniste.


                • Pie 3,14 15 mars 17:53

                  Décidément c’est un festival. Dès que l’on parle de l’UE les cinglés de l’UPR rappliquent avec leur CIA et projet nazi.
                  Et quand les andouilles voleront ils seront tous chefs d’escadrille. 


                  • JC_Lavau JC_Lavau 15 mars 17:56

                    @Pie 3,14. Tu détestes être percé à jour, avant tout traître à ton pays, au service des Tazunis.


                  • Pie 3,14 15 mars 17:59

                    @JC_Lavau

                    Vous êtes vraiment pathétique.


                  • seul le contenu compte... 16 mars 13:22

                    @Pie 3,14
                     
                    Ce qui est pathétique, c’est de savoir, et de refuser d’admettre malgré ce savoir...
                     
                    Autrement formulé ?
                    TU AS toutes les preuves, dans l’ Histoire ( textes signés, traités signés, discours ) te démontrant quelque chose... MAIS tu ne peux te résoudre à admettre les faits.
                     
                    Ce qui de facto TE rend pathétique.
                    L’ignare peut inciter à ressentir de l’empathie.
                    Le pathétique ne peut qu’inciter à ressentir du dégoût.
                     
                    À croire que ce pseudo n’est qu’un multi du sylvain...
                      


                  • av88 av88 15 mars 18:17

                    Le but des « conglomérats » comme on disait avant guerre pour les « multinationales » est d’abolir les règles environnementales, fiscales, immobilier etc....qui sont différentes dans chaque pays. Ces frontières juridiques sont « un frein à la fluidité des affaires ».

                    Ce projet d’une Europe sans frontières est antérieur à la dernière guerre, voir les conférences d’Asselineau et Annie Lacroix-Riz (historienne communiste)..

                    Les « conglomérats, multinationales » ont pris le train du nazisme comme secteur pour faire aboutir leur idées, puis, pas de bol, les nazis perdent la guerre, pas grave, ils prennent un autre vecteur : « la construction européenne ». 


                    • baldis30 15 mars 22:42

                      @av88

                      bonsoir,
                       excellent raccourci !


                    • seul le contenu compte... 16 mars 13:38

                      @av88
                       
                      C’est plus compliqué que cela...
                      Disons que avant d’entrer en guerre contre ’ l’axe ’, les states avaient du pognon à finir de récupérer...
                      Les states et les Britishs...
                      Bah si.
                      Allez vous instruire à propos de ’ banques ’ qui prêtèrent au pari nazi, pour son ’ ascension ’...
                      Allez vous instruire sur la date de fin de remboursement de ce ’ crédit ’...
                      Comparez avec la date d’entrée en guerre des states...
                      Quelle était donc le nom de la compagnie qui a fourni le ’ système de gestion ’ des ’ prisonniers ’ des ’ camps de concentration ’ ?
                      Les states sont littéralement sortis de ’ leur ’ grande dépression en entrant en guerre, et y sont toujours.
                       
                      Le problème n’est pas la ’ frontière ’...
                       
                      Le problème est de ne pas avoir une harmonie fiscale et sociale dans tous les pays. 
                       
                      C’est aussi bien ce qui fait que ceux qui en détiennent davantage ne veulent pas que ceux qui sont démunis puissent an avoir un peu plus QUE ce qui fait que la mise en concurrence sociale et fiscale au sein de l’ UE n’est que sa perte.
                       
                      Ce n’est nullement ’ l’union ’, qui est en défaut.
                      Ce sont ses institutions.
                      Et à commencer par cette constitution européenne qui INTERDIT toute harmonie fiscale en son sein.
                       
                      asselineau est un idiot utile à ceux qui veulent conserver la structure actuelle de l’ UE, et rien d’autre.
                      Quand on a 2 neurones et un seul synapse, on comprend instantanément ce qui arriverait au premier pays qui sortirait de l’ UE, et vous en avez même des ’ ersatz ’ d’exemple avec le ’ brexit ’... 
                       
                      Quant à annie... comment dire... c’est un peu comme pour les comptables... 
                      Un comptable va comptabiliser, s’occuper de vérifier que les dépenses sont bien en accord avec la LÉGISLATION fiscale en vigueur...
                      Mais de là à en faire des visionnaires...
                      Ben annie, c’est pareil...
                      Classer, vérifier, documenter l’ Histoire est une chose...
                      Se compromettre avec cette tâche d’asselineau n’est que la démonstration que l’âge de la retraite devrait être appliqué à TOUS sans exception...
                      Bah si, désolé...
                       


                    • julius 1ER 15 mars 18:32

                       : « Les nations souveraines du passé ne sont plus le cadre où peuvent se résoudre les problèmes du présent. Et la Communauté elle-même n’est qu’une étape vers les formes d’organisation du monde de demain. »

                      @Ratko,

                      Que dire de plus ??? 

                      c’était bien vu à l’époque où il a écrit cela et çà reste d’actualité car quel pays est capable d’assurer la production d’un objet complexe de A à Z ????

                      aucun ??? n’en déplaise à tous les ras du bulbe qui voudraient retourner aux frontières d’avant guerre .... quel retour en arrière ce serait de revenir à une circulation intra-européenne avec des passeports et autres joyeusetées !!!

                      faut-il ne jamais franchir une frontière limitrophe pour ne pas voir que ce serait l’enfer pour les gens qui font çà tous les jours .....et pour quel intérêt ???

                      la massification des échanges n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était il y a 30/ 40 ans .... faut-il être un âne bâté pour ne pas comprendre cela ???? 

                      et pourtant c’est ce qui va arriver avec le Brexit ... et les idiots d’un coup vont se faire tellement discrets qu’on aura peine à croire qu’ils aient vraiment existé !!!


                      • av88 av88 15 mars 18:58

                        @julius 1ER

                        Vous pouvez être en désaccord avec vos contradicteurs sans pour autant qualifier vos contradicteurs de « les ras du bulbe », « un âne bâté ».


                      • Drugar Drugar 16 mars 01:37

                        @Trou du cul 1ER

                        Ce qui permet la circulation intra-européenne des passagers sans avoir présenter de passeport c’est l’espace Schengen. Même si, in fine, les normes de l’espace schengen ont été absorbées par le droit de l’UE, il s’agit bien d’un traité différent de ceux de l’UE. D’ailleurs des pays non-membres de l’UE font parti de l’espace Schengen, comme la Suisse ou la Norvège par exemple alors que des pays membres de l’UE n’en font pas partie, comme l’Irlande ou le Royaume-uni.

                        Donc, une fois de plus, vous racontez absolument n’importe quoi. Et vu la pertinence de vos propos, j’éviterai de jouer les madame Irma concernant les suitent possible du Brexit, à votre place, vous risqueriez de vous planter et de passer pour un abruti. Ha bah non, vous passez déjà pour un abruti, donc lâchez-vous en fait, vous pouvez pas tomber plus bas que vous n’êtes...


                      • julius 1ER 16 mars 09:26

                        @av88
                        et toi drogué, l’espace Schengen .. c’est sur Mars ???
                        quand aux insultes personnelles je te les retourne camarade !!!


                      • Drugar Drugar 16 mars 10:28

                        @julius 1ER
                        Les insultes personnelle c’est pour répondre aux « Assholineau » et autre injures que vous ne vous privez pas de mettre abondamment dans les bouses que vous appelez des commentaires. Si vous voulez être respecter, respecter les autres d’abord ! Mais je sais que ce genre de remarque vous passe à 15000, c’est trop dure pour une petit troll stupide de comprendre le respect. Vous semez de l’injure, vous récoltez de l’injure, c’est aussi simple que cela.

                        Votre remarque sur l’espace Schengen et Mars prouve bien la confusion total que vous entretenez entre le continent européen et l’Union Européenne, qui sont deux choses bien distinctes. Mais je pense que vous le savez très bien mais que , comme tous les européistes de bas niveau (pléonasme !), vous continuez à vouloir embrouiller les cartes. Allez, continuez donc à patauger dans votre purin idéologique.

                        Cerise sur le gâteau, vous n’avez même pas été foutu de répondre à la bonne personne, mais ce serai moi le drogué smiley Il doit plus rester beaucoup de moquette chez vous....


                      • av88 av88 16 mars 10:32

                        @julius 1ER
                        Quand vous ai-je insulté ?


                      • Drugar Drugar 16 mars 11:35

                        @av88
                        Bonjour,

                        C’est à moi que Julius 1er voulais répondre, mais il a tellement les doigts palmés qu’il n’a pas cliqué au bon endroit, ou à tout le moins vérifié à qui il répondait.
                        Ne perdez pas votre temps à répondre correctement à ce genre d’individu, il s’en fiche royalement : il est là pour pourrir les files de discussions, c’est un troll.

                        Sincères salutations.


                      • julius 1ER 16 mars 13:28

                        @julius 1ER

                        drugar= drogué... c était bien vu non ??? mais c’est bien que tu te reconnaisses dans les qualificatifs que j’ai mentionné, çà m’évite de les employer à ton encontre !!
                        mais c’est quoi tes propositions pour l’Europe celles de MLP cad celles-qui existaient il y a 50 et plus parceque l’Europe des pays mentionnée par le FN c’est juste de circonstance pour combler un vide sidéral car après le retour aux frontières, il ne se passera plus rien car déjà avec les partis d’extrème-droite au pouvoir il ne se passe rien et pour cause c’est complètement antinomique avec leur codes génétiques !!!!!


                      • julius 1ER 16 mars 14:18

                        . Mais je pense que vous le savez très bien mais que , comme tous les européistes de bas niveau (pléonasme !), vous continuez à vouloir embrouiller les cartes. Allez, continuez donc à patauger dans votre purin idéologique

                        @Drugar

                        parceque Assholineau( c’est juste un anglicisme) c’est un européiste(ou européen) de haut -niveau ?????plutôt de caniveau !!!

                        moi à la différence de toi camarade, je ne suis pas encarté à l’UPR je n’ai pas besoin de Gourou ni de maître à penser et je n’ai pas à avancer masqué ( tu remarqueras camarade que je ne fais pas de faute à toutes les lignes avec le participe passé) mais çà c’est pour l’anecdote , pour le reste c’est beaucoup plus grave car à quelques semaines des élections européennes c’est le message qui va être envoyé qui est consternant .... ????

                        puisque ras du bulbe et décérébré ne te conviennent pas je vais reprendre un qualificatif cher à ton coeur ... trou du cul c’est l’expression que tu utilises,

                        alors pour ces élections européennes « des trous du cul » vont envoyer au parlement européen un parti qui ne veut rien faire au niveau européen, qui n’a jamais rien fait de positif au niveau européen ( ni ailleurs non plus ) il suffit de se rappeler Whirlpool en 2017 où ce parti allait débaucher des ouvriers pour la photo sans jamais rencontrer les syndicats représentatifs du combat qu’ils menaient dans l’entreprise, comme parti du peuple c’est assez drôle !!!

                        quelle image de notre pays cela va donner des trous du cul qui envoient d’autres trous du cul au parlement européen, je vais oser un qualificatif ... ce sera Assholinesque !!!

                        allez bonne journée camarade et continue à me faire rire !!


                      • Drugar Drugar 16 mars 14:59

                        @julius 1ER
                        T’es vraiment un bouffon de première toi smiley smiley
                        Ça paye bien les cacahuètes de faire le troll de service ?
                        Parce que pour écrire des conneries pareils, il y a deux solutions :
                        soit tu ne comprends vraiment rien et dans ce cas tu es juste un débile profonds, et donc il n’y a aucune utilité à te répondre.
                        soit tu sais parfaitement que tu raconte n’importe quoi, et dans ce cas ta malhonnêteté et ta mauvaise foie sont telles que, pour paraphraser une célèbre citations cinématographique, si cette mauvaise foie et cette malhonnêteté pouvez t’envoyer en orbite, tu n’aurais pas fini de tourner. Et donc il n’y a aucune utilité à te répondre.

                        Pour conclure, je vais arrêter de te parler, car j’ai franchement mieux à faire et surtout plus intéressant que de répondre à un pauvre cloporte suce-boule du pouvoir. Tu peux m’insulter autant que tu veux, ça me fais plaisir, car ces insultes venant d’un individu d’une telle médiocrité, c’est un compliment.
                        Continue donc à lécher le fion de Macron ou sucer les boules de Junker, je m’en tamponne. Aller, bon tapin smiley


                      • Attila Attila 17 mars 17:31

                        @Drugar
                        « Il doit plus rester beaucoup de moquette chez vous.... »
                        Bon sang ! Mais c’est . . . bien sûr ! C’est pour cela que Birgiiitte à dû changer celle de l’Élysée !

                        .


                      • Drugar Drugar 18 mars 11:14

                        @Attila
                         smiley smiley


                      • JBL1960 JBL1960 15 mars 18:53

                        Le journaliste du « Monde » évoquait son métier de banquier, mais on était déjà en 1934, il y a eu beaucoup d’eau coulée sous les ponts de Jean Monnet, qui fut également haut fonctionnaire international.

                        =*=

                        Comment croire, tout de même, que ce Monsieur Monnet, même s’il était originaire de Cognac, région que je connais fort bien, n’avait aucune connaissance de l’implication de Wall Street dans la montée en puissance d’un certain Hitler ?

                        Bon, ne nous mettons pas Martell en tête pour autant, je suppose ?

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