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L’école en Europe : l’école italienne dans le chaos au moment du Coronavirus

Mme le prof Maria Pia di Leo et M le prof Nunzio Donadio nous renseignent sur la situation en Italie.

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Dr. Maria Pia di Leo, Dr. Nunzio Donadio

L’année scolaire a commencé, mais en Italie elle n’a pas recommencé pour tout le monde de la même manière. Dans certaines régions seulement, l’école a rouvert ses portes le 14 septembre, tandis que dans sept régions, les écoles ouvriront le 24 septembre. Toutefois, les écoles qui ont choisi de commencer des cours précoces sont confrontées au manque d’enseignants, de personnel ATA (concierges, personnel administratif et technique), de salles de classe, de bureaux monoplaces et, dans certains cas, même de masques et de gels de désinfection, nécessaires à l’achèvement approprié des activités éducatives et à maintenir les distances de sécurité entre un élève et l’autre.

Malgré six mois depuis la fermeture des écoles, les écoles sont dans le chaos total. Le manque de personnel scolaire crée d’énormes problèmes d’organisation. Quant aux enseignants, des centaines de milliers de personnes sont portées disparues, attendant d’être convoquées pour la reprise. Les élèves, en particulier les personnes handicapées, qui sont dans certains cas restées à la maison, sont ceux qui en supportent le prix. Le GPS, le nouveau système de recrutement numérisé du personnel scolaire, qui a remplacé les classements éprouvés des écoles italiennes, s’est avéré être un pari, car il n’y avait pas de calendrier technique pour leur mise en œuvre appropriée.

Le système informatique du MIUR, le Ministère de l'Education Italienne, a produit une myriade d’erreurs dans les scores et comme aucune correction n’a été donnée, de nombreux enseignants ont été contraints de faire appel contre le ministère et de mener de nombreuses manifestations devant les bureaux des écoles territoriales des différentes régions. En outre, les notes des enseignants dans les classements de l’ancienne école ont également été modifiées rétroactivement, tant en termes de qualifications d’accès qu’en termes de qualifications de service. Tout cela au détriment des enseignants précaires, qui en plus de voir leurs scores réduits, ont été dépassés dans le classement par les chercheurs universitaires, qui, bien qu’ils n’aient jamais mis les pieds dans une salle de classe, se sont retrouvés avec des scores stratosphériques. Beaucoup de ces enseignants précaires risquent donc de perdre leur emploi.

Il aurait été beaucoup plus facile de mettre à jour les anciens classements et de confirmer, dans la mesure du possible, les enseignants précaires dans les postes de l’année précédente, afin de s’assurer que les élèves ont un minimum de continuité éducative. Cependant, le résultat de tout ce chaos est que des milliers d’écoles ont commencé avec un horaire réduit de 4 heures. Seulement 24.400 des 84.808 enseignents nécéssaires ont été embauchés cette année, et environ 39.700 ont pris leur retraite. L’appel rapide dû à la contrainte quinquennale, a encore ralenti le recrutement de nouveaux enseignants. Un échec à tous égards ! Les enseignents précaires ont atteint plus de 200.000 et 50.000 enseignants supplémentaires sont nécessaires pour s’assurer que les élèves sont distanciés.

On parle aussi des soi-disant "Enseignants-Covid" qui seront obligés de signer un contrat avec une clause de résiliation, qui prévoit leur licenciementsans allocations de chômage, en cas de blocage. Afin de remédier efficacement aux nombreux postes vacants, une procédure allégée pour les titres et les services aurait été suffisante, conformément à la législation européenne 70/1999, pour stabiliser les enseignants précaires avec 36 mois et plus de service, qui ont été la gestion de l’école au milieu d’un millier de difficultés pendant des années, avec des salaires parmi les plus bas en Europe et travaillant souvent dans des régions aussi éloignées que 1.000 kilomètres de leur patrie.

Ces enseignants sont utilisés par l’État chaque année sur des contrats de durée temporaire, même sans qualifications d’enseignement. Ce n’est qu’ainsi qu’il aurait pu être possible d’assurer la présence, dès le premier jour, de tous les enseignants nécessaires à des activités éducatives normales et surtout qu’il aurait été possible de garantir aux élèves et à leurs familles la continuité tant souhaitée de l’enseignement, encore plus important dans des moments aussi difficiles que ceux du coronavirus. Quant au personnel ATA, en revanche, il suffit de penser, par exemple, au besoin de concierges pendant la cantine scolaire. Dans une école de deux ou trois étages, il faut du personnel de surveillance à chaque étage pour s’assurer que les élèves respectent les normes d’hygiène et désinfectent les services après l’utilisation de chaque enfant.

En plus des problèmes de dotation, il y a aussi des problèmes de sécurité du personnel scolaire et des élèves. En effet, au lieu d’embaucher de nouveaux enseignants et d’intervenir dans la construction d’écoles, par la rénovation de bâtiments scolaires souvent délabrés et dangereux et la création de nouveaux espaces d’enseignement, le ministère a décidé d’opter pour l’achat de tous les bancs à rouleaux en plastique pour remplacer les bancs traditionnels en bois. Nous sommes confrontés à des bureaux qui ne respectent pas les règles de sécurité européennes et qui, selon de nombreux experts orthopédiques, seraient même préjudiciables au dos et à la bonne posture des élèves. En outre, avec un très petit plan de soutien, ils sont dans de nombreux cas insuffisants pour mener à bien des activités éducatives normales.

À ce jour, nous ne savons pas si ces bureaux ont subi les tests de laboratoire nécessaires pour être utilisés dans les écoles, y compris ceux de stabilité, de résistance, de durée et de choc. En cas d’urgence (événement sismique ou incendie), compte tenu de leur mobilité, ils pourraient créer des problèmes pour une évacuation rapide, allant à intérrompre les voies d’évacuation vers la sortie de l’école. En outre, en cas d’événement sismique ou d’incendie, les élèves avec des bureaux traditionnels en bois pourraient s’abriter sous les bureaux tandis qu’avec ces nouveaux bureaux, il n’est pas possible de comprendre comment les élèves et les enseignants se comporteront. En outre, ces séances, entièrement en plastique, ne répondent pas aux critères environnementaux minimaux.

Ce qui est inquiétant, c’est que l’exercice de la responsabilité des directeurs d'école est que l’adéquation fonctionnelle à l’emploi « doit être adéquatement attestée par eux ». En outre, dans certaines écoles, les bureaux traditionnels étaient encore jetés en bon état, avant l’arrivée des "plus moderne" bureaux monoplaces. Le résultat ? Un énorme gâchis ! Et certaines écoles ont été laissées sans bureaux, avec des élèves dans certains cas l’enseignement sur des chaises. D’autres écoles, qui attendent aussi des bureaux monoplaces, s’organisent du mieux qu’elles le peuvent. Ensuite, il y a ceux qui ont importé le soi-disant "modèle cubain", c’est-à-dire un étudiant assis dans la partie la plus longue du banc et l’autre dans le côté plus court, modèle souvent utilisé à Cuba pour maintenir la distance de sécurité.

Selon les estimations des directeurs d’école, sur un total de 2.300.000 bureaux, seulement 8 % du total aurait été livré, soit environ 200.000. Les détails des entreprises d’approvisionnement ne sont même pas connus. Les leçons ont lieu entre-temps les travaux en école et un enseignement mixte (en classe et à la maison). Les plus chanceux font des leçons à l’extérieur, autour de la ville, dans les parcs, si le beau temps le permet. Mais aussi dans les théâtres, les paroisses, les foires, les musées, les modules temporaires et même les tentes. Bref, un faux départ du ministère, qui a systématiquement rejeté le dialogue et la confrontation constructive avec l’opposition gouvernementale et tous les partenaires sociaux, a déplu à tous : directeurs d'école, enseignants, familles et élèves. La catastrophe est aux yeux de tous, mais les preuves continuent d’être niées.

 

(Article rédigé par Mme le Prof Maria Pia di Leo et M.le prof Nunzio Donadio, et traduit par M. Luciano Magaldi).


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3 réactions à cet article    


  • Ouallonsnous ? 21 septembre 01:33

    « La catastrophe est aux yeux de tous, mais les preuves continuent d’être niées. »

    Il n’est que de voir les mensonges télévisuels de la propagande du régime macron à la TV française


    • volpa volpa 21 septembre 11:49

      Je regarde TG uno tous les soirs.

      Aussi abrutis qu’en France.

      C’est peu dire.


      • ETTORE ETTORE 23 septembre 10:23

        Edifiant !

        Je pensais que la « combinazione » était plus fonctionnelle en Italie que « l’administration » ! en France.

        Ma niente !

        Désolé pour mon pays, qui n’as plus de « dolce vita » que dans ses vieux films.

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