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L’UE, l’Allemagne, la BCE sont au coeur des « inquiétantes » dettes publiques nationales !

 

Les réactions de la Commission Européenne, de la BCE et des Etats de l'Eurogroupe, aux crises des subprimes, du surendettement insoutenable de la Grèce, aux surendettements publics des états membres et à la grande crise économique induite par la pandémie de la Covid-19 ont conduit la BCE à créer "ab nihilo" des masses d'euros afin d'éviter le pire, "un super krach" financier, boursier, économique et social ! Les dettes publiques nationales ont explosé : avant de s'inquiéter des remboursements ultérieurs il est indispensable de s'attaquer aux déséquilibres systémiques au sein de l'UE, sur les plans financiers, économiques, sociaux et démographiques.

Les dettes considérées dans cet article, sont quantifiables financièrement, même si elles ne s'intègrent pas dans des flux financiers, même si l'éventualité d'un remboursement est peu ou pas prise en compte  : dans ce dernier cas la dette considérée se réduit à l'évaluation d'un coût ou d'une dépense qui cependant peut être prise en compte dans des calculs financiers. Par exemple, certaines dépenses usuelles de parents ou de collectivités pour les enfants sont chiffrables -en coûts- sans être considérées comme des dettes "remboursables". Dans les échanges entre nations il existe des coûts importants supportés par une nation, (des dépenses publiques), qui profitent à une autre nation sans que les montants soient évalués et surtout sans qu'une légitime compensation ou remboursement ne soit envisagé ! Ces "surcoûts" dans les dépenses publiques sont souvent à la base des déficits publics ; par contre pour les états bénéficiaires il en résulte souvent des excédents budgétaires : cette "malhonnêteté" est souvent considérée comme de la bonne et saine gestion !

Dans les dettes publiques des états, nous devons distinguer entre les créanciers, ceux qui ont "investi leur épargne" et qui doivent être remboursés (pour pouvoir bénéficier de leur épargne) et ceux qui "administrativement" ont créé, ab nihilo, de la monnaie virtuelle (sans compensation par un stock d'or ou des richesses physiques, apportés en garantie) par un simple jeu d'écritures dans les livres de comptes. Pour cette monnaie "virtuelle" -différente de la génération de crypto-monnaies- la nécessité du remboursement par les bénéficiaires ne va pas de soi car les effets secondaires provoqués par des remboursements avec destruction administrative de la monnaie créée et "prêtée", sont à prendre en compte : ils seraient souvent catastrophiques sur les plans financiers, économiques et sociaux ! C'est le cas des masses monétaires (émission de réserves) créées par les banques centrales -ici la BCE- sous forme de QE (Quantitative Easing) pour des rachats de dettes publiques des états -de l'Eurogroupe- auprès des banques détentrices des créances ou des titres des emprunts d'états, et même pour racheter certains emprunts des entreprises privées. Les montants des QE émis par les banques centrales sont énormes (des milliers de milliards d'euros pour notre BCE). Ce qui est important et souvent ignoré c'est le fait que les émetteurs des emprunts sont tenus de payer les intérêts de chaque annuité et de rembourser la totalité de l'emprunt à l'échéance prévue. Et ce, aussi bien si les emprunts sont détenus par des particuliers, des établissements financiers privés ou publics ou par la BCE. Ces rachats de titres (emprunts) sur le marché financier secondaire par la BCE ne procurent aucun avantage pour les émetteurs d'emprunts privés ou publics ! Et pourtant les émissions de QE, de monnaie, par la BCE ont été très utiles et le sont toujours pour éviter un krach économico-financier !

 

Les bienfaits des QE de la BCE

La monnaie créée est différente de celle prélevée sur les "réserves" de la BCE pour des besoins de refinancement à très court terme des banques, surtout lors des opérations de compensations entre les dettes interbanques, pour quelques heures ou quelques jours. La BCE applique alors un taux d'intérêt : s'il est important pour des emprunts à court-moyen terme, cela renchérit les coûts des crédits à l'économie, et ralentit l'activité économique.

La monnaie créée par la BCE via les QE ne porte pas d'intérêts directement. Mais comme cette monnaie sert à racheter des titres d'emprunts, porteurs d'intérêts, les QE bénéficieront de ces intérêts. Les itres d'emprunts rachetés avec les QE sont souvent détenus par les banques, alors ces dernières disposeront alors librement du montant de la vente, sans avoir à payer des intérêts et à rembourser. Cette masse monétaire des QE devient alors disponible pour les banques afin qu'elles puissent financer des prêts d'investissements privés ou publics et même des bons du trésor émis par les états pour financer leurs dettes nouvelles, ou pour couvrir le remboursement par les états des emprunts rachetés par la BCE et arrivés à échéance.

Comme les titres d'emprunts sont négociables sur le second marché, les créanciers en vendant ou achetant les titres dans une bourse de valeurs, les prix d'échange (vente/achat) sont différents de la valeur d'émission : ils tiennent compte des taux d'intérêts, des annuités restant avant le remboursement et surtout de la confiance (estimée par des notations d'agnce spécialisées) en la solvabilité de l'émeteur : au plus fort de la crise grecque certains emprunts étaient côtés avec une forte dépréciation (jsqu'à 50% pour certains titres) ! Lorsqu'au début des années 2010, la BCE de conserve avec le FMI, l'Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et la Commission de l'UE se sont enfin mis d'accord (et avec les divers créanciers) pour un réglement global de la dette grecque il y eu à la fois des abandons de créance pour une centaine de milliards € et des garanties des négociateurs ci-dessus pour à la fois racheter des titres d'emprunts grecs sur le second marché et pour garantir de nouveaux emprunts à la Gréce qui alors remboursait en avance certaines créances. La BCE ayant acheté des emprunts en bénéficiant d'une forte décote, s'engageait, pour chaque titre, à rembourser à la Grèce à l'issue de chaque échéance honorée par la Grèce les intérêts perçus par la BCE et la valeur de la décote (valeur nominale moins la valeur de rachat sur le marché secondaire). 

Depuis le lancement en mars 2015 du programme d'émission de QE avec rachat de titres (initialement de court terme : moins de trois ans de maturité), les emprunts rachetés étaient souvent à faible taux d'intérêts : le remboursement des intérêts perçus par la BCE n'a pas été clairement officialisé ou supprimé ! Par contre, le montant du capital remboursé aux échéances des emprunts, devenait disponible pour alimenter le programme annuel en cours (variable) d'émission de QE et diminuait d'autant la création de "réserves" : ainsi dans le bilan de la BCE la création globale de monnaie ou de "réserves" est inférieure à la totalité des QE mis à la disposition des "racheteurs d'emprunts" (addition de la masse des différents programmes annuels de mise à disposition de QE).

La réduction (progressive) du bilan de la BCE (somme des QE utilisés par la BCE pour racheter des titres d'emprunts) sur le poste QE ou réserves, peut se faire en mettant moins de QE à la disposition des acteurs financiers que la masse des remboursements portant sur des emprunts rachetés par la BCE. Cette réduction doit être compatible avec l'évolution des économies des nations de l'eurogroupe, avec leur retour vers un équilibre budgétaire. Le maintien de taux directeurs très bas, se répercutant sur les taux des emprunts bancaires, de l'ordre de 0 à 1% (2% maximum), induit des charges de la dette (en intérêts) très faibles et favorise ainsi le retour à l'équilibre budgétaire. A l'inverse, un arrêt brutal des émissions de QE donc avec moins de liquidité sur les marchés financiers, entrainerait une forte augmentation des taux et une montée de la charge de la dette pouvant conduire à une nouvelle crise financière et à une récession : ce n'est pas souhaitable, ce serait catastrophique !

 

L'impact des déséquilibres commerciaux sur les dettes nationales

Le solde de la balance commerciale (éventuellement corrigé du solde de la balance des paiements) a une action directe sur sur le solde des comptes publics de chaque nation : dans la valeur des biens échangés il y a une part importante de taxes, d'impôts et de charges sociales diverses (assurances maladies et accidents du travail, chômage, retraites, prestations familiales. La TVA étant exclue des échanges, cette part de prélèvements est de l'ordre de 25 à 35% selon les états.

Dans le cas d'une balance positive les diverses charges affectant le solde sont payées par les acheteurs des pays importateurs : ces sommes viennent alimenter les comptes publics du pays exportateur à solde positif. Cela permet une amélioration des comptes publics jusqu'à devenir excédentaires et entraine alors une diminution des taux de charges et impôts pesant sur l'économie du pays exportateur.

Dans le cas d'une balance négative, en dehors de la TVA, les taxes, impôts et diverses charges sociales frappant le solde négatif, sont alors payées par les importateurs (entreprises et consommateurs) au bénéfice des pays fournisseurs ! Plus on importe massivement avec plus de déficits commerciaux, alors cela entraine moins de recettes publiques, d'où la nécessité d'augmenter les taux de prélèvements publics frappant les produits de fabrication nationale, ce qui les rend de moins en moins compétitifs.

Les montants concernés sont colossaux et participent à l'augmentation des disparités entre les états  : à titre d'exemple, l'Allemagne s'octroie des excédents commerciaux annuels avec les pays de l'UE de l'ordre de 150 Md€ par an ce qui se traduit par des recettes "publiques" annuelles d'environ 50 Md€, pesant positivement sur les comptes publics de l'Allemagne, alors que tous les pays de l'UE déficitaires avec l'Allemagne sont privés de 50 Md€ chaque année : au bout de 10 ans cela fait 500 Md€, c'est énorme ! Pour êtte plus précis, les Pays-Bas présentent un léger excédent apparent dû au fait qu'une grande part des importations d'hydrocarbures de l'Allemagne passe par Rotterdam, ses ports et ses raffineries. Si le pétrole brut peut transiter sous le label de zone franche en étant exclu de la balance commerciale, par contre le méthane liquide vaporisé dans des usines et le pétrole brut rafffiné, vont être intégré dans la balance commerciale, alors que la valeur ajoutée (dans les usines des Pays-bas) pour les traitements reste très faible. A l'inverse de l'exemple, la France qui a depuis plus de 40 ans un déficit commercial avec l'Allemagne (de 20 à 40 Md€ selon les années) finance ainsi les charges publiques de l'Allemagne à hauteur de 10 à 15 Md€/an, soit sur 40 ans environ 500 Md€, soit 20% de la totalité de nos déficits publics ou de la dette nationale. Un retour à l'équilibre de la balance commerciale française envers tous les états (déficit entre 50 et plus de 80 Md€ (pour 2021)) permettrait d'une part de réduire ou même d'annuler nos déficits publics annuels, et d'autre part, à consommations égales des Français, à réduire le chômage de 500 000 à 1 000 000 demandeurs d'emploi : les prélèvements publics et sociaux sur ces emplois réduiraient ou supprimeraient les déficits des différents régimes concernés ! Les estimations ci-dessus sont (volontairement ?) ignorées des politiques du Gouvernement, des grands administrateurs des différents comptes publics et des candidats en campagne électorale !

 

Les effets de la démographie et de l'immigration sur les comptes publics et sur les dettes nationales

Si l'immigration est l'objet de débats dans les pays d'accueil pour sa qualification en apport de richesses ou pour ses coûts en dépenses publiques, l'évolution de la démographie, variable selon les états, n'est que très partiellement prise en compte dans les dépenses publiques, essentiellement au niveau du financement des retraites. Comme le volume de l'immigration est en grande partie lié à la démographie du pays d'accueil (et aussi des pays d'émigration) il est judicieux d'analyser les différents effets de la démographie sur les dépenses publiques (toutes les charges) et sur les dettes publiques.

La prise en compte de la démographie dans les dépenses publiques :

La démographie concerne l'évolution de la population, chaque année et au fil des ans. Les principaux paramètres sont la natalité (nombre annuel de naissances global et par rapport à la population, et par femme au cours de sa vie), la mortalité (nombre annuel de décès global et par rapport à la population). les paramètres secondaires sont les entrées et sorties d'habitants (ou l'immigration et l'émigration), selon différentes caractéristiques : pays d'origine ou de destination, âges au moment de l'entrée ou de la sortie, niveau de formation professionnelle, de culture et de religions pour les entrées. Chaque résidant, tout au long de sa vie, est à la fois au cours de la globalité de sa vie, une masse de coûts pour les dépenses publiques et une masse de recettes au cours de sa vie active de producteur de richesses.

cas des nationaux tout au long de leur vie

Dès la conception avec la surveillance prénatale, puis la naissance, la croissance physique, la scolarité et la formation professionnelle, le jeune résidant, membre de la communauté nationale, va cumuler différentes dépenses publiques, à savoir diverses allocations familiales, des remises d'impôts par le coefficient familial, des dépenses de santé (assurance maladies), des dépenses de l'état pour l'éducation nationale et pour la formation professionnelle, des dépenses des collectivités territoriales (transports scolaires, piscines et établissements sportifs, cantines municipales, construction et frais d'entretien des bâtiments d'enseignement et de culture). De la conception à l'arrivée du jeune formé professionnellement sur le marché du travail le total des coûts (en dépenses publiques) varie entre 150 000 et 250 000 € selon le niveau d'études et de formation professionnelle (pour certaines formation, avec classes préparatoires et super grandes écoles, les 250 000 € sont largement dépassés). A ces montants s'ajoutent les dépenses des parents affectés à leurs enfants. Ces montants (avec la moyenne de 200 000€) sont à comparer à celui de 40 000 € corrspondant à la division de la dette publique nationale par le nombre d'habitants en France ou de Français. Le Français pendant la durée de sa vie active devra d'abord assurer le financement de ses coûts publics (de sa conception à son entrée sur le marché du travail par ses impôts et charges sociales), mais en plus les autres dépenses publiques de la France (armée, justice, administrations...et retraites)

Du fait de sa démographie, la France avec un nombre de naissances supérieur au nombre de décès (en moyenne de 200 000 par an, avec une lente diminution annuelle depuis le babyboom) le surcoût moyen est alors de 40 Milliard €, soit sur 50 ans de 2 000 Md€ (actualisés) pesant sur le total de la dette publique. Pourquoi se limiter à 50 ans : c'est pour la comparaison avec l'Allemagne qui depuis 1972 est en déficit de naissances par rapport aux décès de plus de 5 millions de personnes  ; ces déficits correspondent à une absence de dépenses, à des économies de dépenses publiques de 20 Md€/an en moyenne et d'un total de 1000 Md€ de dépenses publiques cumulées économisées (en minorant d'autant la dette publique allemande !)

Prise en compte de l'immigration dans les dépenses publiques liées à la démographie de chaque pays 

En France, il y a des débats sur les facteurs financiers de l'immigration : pour certains ce sont les dépenses qui prédominent affectées à tous les immigrés, pour d'autres c'est la richesse produite qui est positive : pour ceux qui travaillent normalement c'est évidemment un apport de richesses, mais pour tous ceux qui ne travaillent pas c'est évidemment la masse des coûts ou des dépenses publiques qui prédomine. Les chiffres indiscutables n'existent pas.

Cependant un immigré bien formé dans son pays d'origine et à ses frais et travaillant dans son pays d'accueil présente un bilan largement positif en termes de dépenses publiques, surtout si l'on considère les économies en coûts "d'élevage et de formation" comme défini ci-dessus.

Pour le point de vue inverse, si l'immigré bien formé dans son pays d'origine aux frais de ce pays et de ses parents, ne contribue pas aux frais de sa famille par des expéditions de subsides financiers, alors l'émigration aggrave les déficits et les dépenses publiques de son pays d'origine. S'il contribue aux revenus de sa famille restée au pays d'origine il y a une compensation pour les recettes du pays d'origine ; en conséquence par ses dépenses de consommation réduites dans son pays d'accueil il contribue modestement aux recettes publiques, mais les cotisations sociales sont maintenues pour le pays d"accueil.

En outre, si l'immigré travaillant peu ou pas dutout, fait venir toute sa famille (par le regoupement familial) alors lui et toute sa famille sont essentiellement des coûts, des dépenses publiques, pour le pays d'acccueil !

En Allemagne jusqu'en 2015 (avant la vague massive de réfugiés) l'immigration importante en nombre concernait essentiellement des travailleurs formés en provenance principalement d'Europe (Polonais, Russes, Italiens, Portuguais, Hongrois, Roumains, Bulgares et même des Allemands nés et bloqués derrière le rideau de fer, Croates, Tchèques, Slovaques etc...) pour une dizaine de millions d'immigrés, ce qui compensait largement le déficit de natalité des Allemandes. Aux coûts allemands (actualisés 2020) l'économie en dépenses publiques serait de l'ordre de 2000 Md€ ! A ces immigrés issus de l'Europe s'ajoute une immigration essentiellement en provenance de Turquie, utile initialement pendant le baby-boom allemand pour la reconstruction consécutive à la guerre. Ces travailleurs retournaient dans leur famille une grande partie de leurs salaires et étaient incités politiquement par les gouvernements turcs (surtout Erdogan) à conserver leur nationalité et leur attachement à la Mère Patrie ; depuis 2000, le nombre d'immigrés turcs en Allemagne est stabilisé à 1,5 millions et tend à décroître légèrement. Globalement ces immigrés sont un apport positif de production de richesses pour l'Allemagne. Avec la vague de fin 2015 et 2016 les immigrés en Allemagne en provenance de Syrie et de l'Afghanistan sont majoritaiement des hommes bien formés professionnellement (ingénieurs, médecins, enseignants...) : ils sont rapidement intégrés dans l'économie allemande qui voit année après année sa population "naturelle" régresser par natalité insuffisante. Il y a cependant, dans cete vague d'immigration des jeunes et des femmes moins adaptées à un emploi immédiat et qu'il faut former : leur intégration dans l'économie allemande est décalée dans le temps.

La contrepartie de l'immigration des travailleurs en Allemagne, accentue la régression démographique de tous les pays de l'Europe, -sauf la France en excédent de naissances/décès- ce qui pèse sur leurs performances économiques et sur leurs budgets publics et sociaux !

 

Les retombées sur les comptes sociaux, principalement sur le financement des retraites

Plus les adultes avancent en âge, plus ils s'intéressent à leur retraite et à son financement. Par prévoyance ils cotisent à des caisses de retraitescomplémentaires et à des fonds de placements financiers, ils investissent dans l'immobilier pour bénéficier de revenus locatifs ou pour leur propre occupation. Très peu vendent en viager (avec une prime fixe -à la signature de la vente- et des rentes viagères jusqu'à leur décès), car les Français et les Européens souhaitent encore tansmettre leurs biens immeubles à leurs enfants ou à leurs héritiers. 

En dehors de la possession de son propre logement, les revenus potentiels pour financer les retraites sont liés à l'activité économique (principalement du pays) tout au long de la retraite ! C'est évident pour le volume des cotisations futures, c'est aussi le cas pour les revenus immobiliers qui dépendent de la demande locale en logements (attention aux zones en désindustrialisation, aux quartiers en voie de déshérence, aux futures réglementations, telles celles qui obligeront à d'énormes travaux pour supprimer l'état de passoire thermique et oblitéreront les revenus jusqu'à les rendre négatifs pendant quelques années, et celles qui dégradereont la valeur du bien immeuble (proximité d'éoliennes, zones inondables, proximité de LGV, d'autoroutes, d'installations industrielles et minières polluantes ou bruyantes...). L'activité économique future est déjà bien intégrée dans les prévisions portant sur la durée effective de la retraite (âge de départ et âge moyen de sortie (décès)), sur le nombre d'inactifs bénéficiaires des allocations de retraite et sur le nombre d'actifs finançant les retraites versées par leurs cotisations. Le rapport actifs/inactifs tend à décroître et inquiète pour l'avenir. La décroissance est majoritairement due à la démographie nationale, et à son évolution dans le temps avec l'intégration de l'émigration de travailleurs bien formés et par l'immigration de personnes étrangères : ces dernières sont soit des travailleurs bien formés répondant à des demandes du pays d'accueil, soit des personnes quittant leurs pays d'origine pour des raisons de sécurité politique, économique, d'instabilités, de sécheresse ou d'inondations et de guerres civiles ou entre états.

Pour compenser la décroissance du rapport du nombre actifs/inactifs, certains préconisent de reculer l'âge de départ en retraite  : ce serait valable si toutes les personnes proches de la retraite avaient un travail leur permettant de vivre correctement, alors qu'en réalité beaucoup sont au chômage par manque d'emplois adaptés, pour cause de maladies ou d'inaptitudes physiques ou mentales. D'autres préconisent des modes de financements complémentaires (taxes et impôts spécifiques). Certains jouent sur la démographie -en toute discrétion- en élargissant le problème ! Et enfin quelques rares souhaitent passer de la solidarité nationale à la solidarité européenne : bon courage !

L'incidence de la démographie et de son évolution dans chaque pays donné est négligée : pourtant elle est prépondérante ! Les deux principaux postes sont l'évolution naturelle (écart entre les naissances et les décès) et les immigrations (au pluriel car il y a différentes catégories d'immigration) en ce qui concerne la présente analyse). Le véritable raport ACTIFS/INACTIFS à prendre en compte dans les projections devrait inclure les jeunes dans les inactifs avant leur entrée effective sur le marché du travail ! 

Pour l'évolution naturelle, on admet que l'idéal est au minimum que les naissances compensent les décès. Pourtant en France, depuis le Libération, chaque année le nombre de naissances est systèmatiquement supérieur au nombre de décès et pourtant il y a un problème car le rapport actifs/inactifs diminue ! En fait, le décalage dans le temps est ignoré : aujourd'hui, les départs en retraite correspondent aux nombreuses personnes nées pendant le baby-boom, alors que les cotisants sont les personnes actives nées après le boby-boom, en nombre inférieur à celles du baby-boom. Lorsque les retraités issus du baby-boom auront disparus naturellement par décès liés à l'âge et à la maladie, la situation sera en voie d'amélioration.

Notons qu'en Allemagne le baby-boom a été supérieur à celui de la France, alors que les naissances après 1972 se sont effondrées : c'est un des aspects des négociations sociales Hatrz I ; II ; III et IV négociées sur 10 ans pendant le gouvernement Schröder, portant sur les salaires, les allocations chômage, le temps de travail, les conditions des retraites. A l'époque le facteur immigration n'a pas été pris en considération car il répondait aux besoins variables des activités économiques peu prévisibles (des décennies à l'avance) contrairement aux effets de la démographie. Avec une forte immigration actuelle de travail, cotisant pour les retraites de tous les Allemands et travailleurs immigrés (dernièrement les Autorités Allemandes ont annoncé des besoins annuels de 400 000 immigrés de travail chaque année, pendant au moins 4 à 5 ans, pour maintenir l'activité à son haut niveau actuel ! ). Le manque de 5 millions de naissances(entre 1972 et 2015 pour compenser les décès n'a pas été pris en compte financièrement (dépenses publiques réduites de 1000 Milliard€ non transférées sur le financement des retraites).

Pour revenir à la France, il n'y a pas eu d'économies en dépenses publiques par déficit de naissances sur les décès, mais au contraire un supplément de dépenses pour les excès de naissances sur les décès. Le grand nombre de naissances induit un grand nombre d'inactifs nécessitant des dépenses publiques à financer avant d'espérer une compensation progressive lorsque les jeunes inactifs passeront en catégorie actifs productifs de ressources économiques et financières. Les grandes dépenses publiques pour "l'élevage", l'éducation et la formation professionnelle des jeunes en surnombre, et pour les jeunes chômeurs, réduisent la capacité de la nation pour investir dans des emplois nouveaux et supplémentaires, et dans des formations adaptées ! 

 

Que devrait faire l'Union Européenne ?

Au niveau des jeunes, de leur élevage et de leur éducation et formation

La libre circulation des travailleurs au sein de l'UE est un point positif. Cependant la constitution de 2005 (texte remis à tous les votants) organisait un espace économique européen de libre concurrence non faussée (article 1) avec l'obligation (vite transformée, par des partenaires, en simple recommandation) d'harmoniser les réglementations fiscales et sociales de chaque pays membre !!! Cette obligation "morale" a été délibérément oubliée par le commissaire Bolkestein dans sa directive sur la libre circulation des travailleurs au sein de l'UE, tout en conservant leurs régimes fiscaux et sociaux nationaux sans tenir compte des réglementations obligatoires des pays d'accueil ou de travail ! Après de violentes contreverses cette directive a été "adoucie" sans imposer l'obligation de respecter et adopter les réglementations du pays d'accueil (quand elles sont plus favorables au travailleur).

L'harmonisation des réglementations fiscales et sociales au sein de l'UE reste un voeu pieux ! Alors harmoniser le financement de "l'élevage et la formation des jeunes" au niveau européen par une PEC (Politique Educative Commune), similaire à la PAC (initiative pour sécuriser l'approvisionnement agricole, en autonomie) devrait être la principale préoccupation des politiciens ne jurant que par l'Europe ! Cette PEC serait financée proportionnellement au PIB de chaque nation, et redistribuée en fonction du nombre de jeunes de chaque pays et des coûts induits pour les budgets nationaux. Il n'est pas rare, de nos jours, de voir des étudiants français (et européens) faire leurs études médecine en Roumanie (parfois en Belgique) , puis de venir exercer leur activité en France, sans retour financier pour la Roumanie (ou la Belgique).

Au niveau de certaines dépenses sociales

Si les cotisations de retraites restent acquises pour un travailleur retournant dans son pays ou dans un pays tiers, par contre les cotisations sociales (hors retraite) prélevées par les entreprises et grossissant les caisses de gestion restent acquises au pays de production et d'exportation de biens et services, alors qu'elles seront, in fine, payées par les consommateurs/utilisateurs des pays d'importation, tout en rentrant dans les caisses du pays exportateur ! Au sein de l'UE, dans le commerce intracommunautaire, du fait des déséquilibres des balances commerciales, l'Allemagne, donneuse de leçons de bonne gestion, se fait financer par ses partenaires européens la "modeste somme" de 50 Milliards € chaque année. Et quand il s'agit de contribuer pour quelques milliards € aux dépenses publiques des pays partenaires de l'UE, cela est considéré comme une anaque de la part des pays du "club Med" ! Alors encore un autre problème essentiel à résoudre par les pro-européens.

 

L'harmonisation européenne est loin d'être atteinte, mais les pays membres, leurs gouvernements doivent respecter les imprécations de Bruxelles ! Tous les états ne le font pas. En attendant heureusement que la BCE s'affranchit de certaines restrictions internes, car elle a enfin compris, avec Draghi, que sa survie (et celle de l'Eurogroupe) dépend de son habileté à contourner les impératifs "imposés" par des membres cyniques !

 


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5 réactions à cet article    


  • charlyposte charlyposte 26 février 12:37

    Après le chaos la vie reprendra ses droits en espérant un monde plus ou moins juste avec 4 milliards d’humains en moins ! smiley il n’y a semble t’il pas d’autre choix possible ! smiley


    • hugo BOTOPO 26 février 14:43

      @charlyposte

      Bonne réflexion ! Bon objectif !
      Comment y arriver ? Avec des limitations drastiques des naissances comme instauré en Chine il y a quelques décennies ? Solution pacifique à faire adopter démocratiquement !!!! 
      Ou avec des guerres mondiales, des pandémies provoquées ou non, des sécheresses, inondations provoquant des famines ? Des émeutes avec des massacres ?


    • charlyposte charlyposte 26 février 14:57

      @hugo BOTOPO
      J’ai surtout conscience que tous les malheurs du monde * tutti-quanti * existent pour lobotomiser le max de gens sans oublier de prendre au passage le max d’argent tout azimuts smiley comme quoi, au plus c’est gros au plus ça passe..............pour le moment smiley


    • osap osap 26 février 22:29

      Jacques Sapir explique très bien le problème de l’euro. Quand un pays a sa propre monnaie, celle-ci s’adapte à la compétitivité du pays. si un pays exporte beaucoup, sa monnaie prend de la valeur, et il aura tendance à moins exporter et à plus importer. S’il importe beaucoup, sa monnaie perdra de la valeur. Il aura alors tendance à plus exporter et à moins importer, ce qui tend à équilibrer les balances commerciales. Cette régulation n’est plus possible dans la zone euro puisque tous les états ont la même monnaie. L’Allemagne ne pourrait pas avoir un excédent commercial de 8% sans l’euro. Hors un déficit commercial se fait à crédit. On achète plus qu’on vend, donc on dépense plus qu’on ne gagne, on emprunte. Au bout d’un moment, l’état en déficit commercial risque la faillite comme la Grèce ou le Venezuela, sa population la misère et éventuellement la faim. C’est aussi pour ça que les gouvernements font des réformes de la sécu et des retraites, pour pouvoir réduire les charges sociales des entreprises françaises et les rendre plus compétitives pour éviter de creuser ce déficit commercial.


      • hugo BOTOPO 27 février 11:31

        @osap

        D’accord avec Jacques Sapir quant aux pays à monnaie propre et aux dévaluations dues aux déficits. L’état maître et responsable de sa monnaie va être obligé d’emprunter dans la monnaie du fournisseur envahissant... jusqu’au risque de faillite. Mais lorsque les acheteurs allemands à prestation, fourniture de qualité égale achète le produit allemand même plus cher (jusqu’à 10%), alors que trop souvent le consommateur français fait de même en achetant allemand, sans donner la priorité au produit français !!!! La logique du raisonnement disparait.

        Les dévaluations compétitives n’existent plus au sein de la zone euro !
        Les avantages commerciaux se font souvent par des pratiques déloyales (loin de l’harmonisation) au sein de l’UE ; jouant sur les finances publiques et les charges sociales. Entre la France et l’Allemagne les écarts démographiques entraînent pour les jeunes de grands écarts de dépenses publiques (voir mon article) que Jacques Sapir et ses confrères ignorent ou dédaignent !!! On peut aussi réduire les cotisations sociales (maladies et retraites) et transférer le complément de couverture à des mutuelles santé et retraites avec des cotisations « privées personnelles » en forte augmentation ! Avec la baisse du pouvoir d’achat que feront les consommateurs (plus de produits chinois et similaires, et plus de chômage)  : rien n’est évident. Aux USA et en Chine (et ailleurs) les études supérieures sont entièrement payantes par les étudiants ! Rien pour le budget public !

        Pour la Grèce, elle était dans l’euro et elle n’avait pas à compenser les déficits commerciaux. Les emprunts grecs concernaient les déficits publics budgétaires de l’état grec, seulement, du fait d’une fiscalité faible. L’importance de la masse de la dette couverte par les emprunts était principalement due à des taux d’intérêts « énormes » (jusqu’à 12 à 15%). D’ailleurs l’opération de restructuration de la dette publique par le FMI ; la BCE et les pays de l’Eurogroupe avec les créanciers gloutons a obligé les créanciers à un abandon de 100 Md€ de créances. Les taux grecs ont fortement baissés et sa dette publique se réduit.

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Auteur de l'article

hugo BOTOPO


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