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Accueil du site > Actualités > Europe > Le Brexit, 21 mois après, partie 3 : que dire en France ?

Le Brexit, 21 mois après, partie 3 : que dire en France ?

Après avoir étudié l’avancement du Brexit, aux conséquences pour l’instant d’autant plus limitées que la sortie est lente et progressive, puis être revenu sur la nécessité, ou non, de recourir à l’article 50 pour sortir de l’Union Européenne, il convient de se poser pleinement la question du discours qu’il convient de tenir pour convaincre les Français et du scénario qu’il faudrait suivre pour y parvenir.

 

Du besoin d’une véritable rupture européenne
 
Pour beaucoup, l’élection de 2017 montrerait qu’il ne serait pas possible de convaincre les Français de sortir de l’UE, ou même de quitter la monnaie unique. Pour preuve, le score sans appel d’Emmanuel Macron au second tour face à Marine Le Pen. C’est d’ailleurs cette idée qui avait poussé la candidate du FN et son putatif Premier ministre à repousser aux calendes grecques la sortie de la monnaie unique européenne entre les deux tours… sans le moindre effet électoral. Subsiste chez beaucoup de souverainistes pourtant sincères la crainte qu’un discours jugé trop radical (sortie de l’UE, sortie de l’euro) rende impossible toute victoire électorale, les poussant à la discrétion sur le sujet.
 
Autant dire que je ne partage pas du tout cette position. Ce ne sont pas les idées qui ont été défaites en mai 2017, mais uniquement la personne de son avocate d’un temps, aux innombrables limites. Si l’idée d’une rupture avec l’UE a été défaite, c’est seulement parce qu’elle était représentée par une candidate totalement nulle, qui n’a jamais travaillé le sujet, malgré la présence d’une abondante littérature pour l’aider depuis sept ans, et qui était donc incapable de défendre sérieusement le sujet, aboutissant au naufrage du débat du second tour. Ce n’est pas la critique de l’UE et de l’euro qui a perdu, mais la personne de Marine Le Pen, et la dissociation des deux est une opportunité pour la première.
 
Malgré tout, arguant de l’hostilité de l’opinion publique pour la sortie de l’UE et de l’euro, certains pensent qu’il ne faudrait pas avancer cartes sur table, faisant parfois un parallèle avec la question algérienne et le Général de Gaulle. Je pense que c’est une erreur. D’abord, le champ des possibles était beaucoup plus large en 1958, et il n’y avait pas besoin d’une rupture franche et rapide avec le passé pour dessiner un nouvel avenir. Le cas de l’UE et l’euro est différent. Pour le coup, si nous ne tranchons pas vite, il n’y aura aucun véritable changement : c’est le problème posé par l’article 50, qui, pleinement respecté, nous imposerait une forte continuité politique pour deux longues années.
 
L’option d’avancer masqué, sans appeler clairement à la sortie de l’UE et de l’euro, me semble doublement inenvisageable. D’abord, elle me semble profondément malhonnête sur un sujet aussi fondamental. Pour qui pense que rien ne pourra être fait de satisfaisant dans ce cadre, ce qui est mon cas, je crois qu’il faut être clair avec les Français. Car sans avoir annoncé une rupture forte et rapide pendant la campagne, elle ne serait pas légitime, ce qui conduirait à une longue période de transition, où peu pourrait changer pendant au moins deux ans. Et toute tentative de rupture immédiate peu après l’élection, parce qu’elle n’aurait pas été expliquée et justifiée en amont, serait très incertaine et délicate.
 
Le cas de la Grande-Bretagne montre au contraire qu’un peuple peut parfaitement être convaincu par un discours clair et cohérent. Beaucoup sous-estiment la capacité du peuple Français à soutenir l’idée d’une rupture franche et immédiate avec l’UE et l’euro. Maintenant que Marine Le Pen y a renoncé, cette rupture mal défendue sera moins polluée par cette avocate incompétente. Car sur le fond, pour une grande majorité, il n’y a plus qu’une forme de résignation vis-à-vis de cette organisation européenne, vu comme néfaste, mais dont beaucoup pensent qu’elle pourrait être la moins mauvaise des solutions dans le monde actuel. Bref, il n’y a pas de soutien fort et la situation n’est pas irréversible.
 
Et surtout, contrairement à la Grande-Bretagne, qui a conservé sa monnaie, sans amortisseur monétaire, la France ne pourrait sans doute pas se permettre une période de transition dans ce corset juridique européen, qui ne permettrait que des changements très limités. La situation de notre pays impose un changement bien plus rapide et fort, qu’il faut donc légitimer en amont.

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15 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 7 avril 11:51

    Bonjour, Laurent

    « L’option d’avancer masqué, sans appeler clairement à la sortie de l’UE »

    Je crains pour vous que vous ne soyez sur une ligne très isolée : Le FN a d’autant plus reculé sur son idéologie de sortie de l’UE qu’il a constaté qu’aucun des grands partis nationalistes européens, ne défend plus l’idée d’une sortie de l’Union, pas même le Fidesz de Viktor Orban ! Et même sur la zone Euro, il n’y a guère de frémissements en faveur de la sortie, c’est le moins que l’on puisse dire.


    • bob14 bob14 7 avril 12:46

      Après le vote serré des Britanniques en faveur du Brexit l’année dernière, beaucoup ont pensé que l’économie du pays allait s’effondrer. Si la livre sterling a en effet reculé de 9 % par rapport au dollar, et reste plus basse qu’auparavant, l’économie dans son ensemble se porte plutôt bien. Le PIB a augmenté de 1,8 % en 2016, soit juste derrière l’Allemagne et sa croissance de 1,9 %, en tête du G7. La croissance économique s’est poursuivie en 2017, les prix de l’immobilier augmentent et le chômage, à 4,3 %, n’a jamais été aussi bas depuis 42 ans.


      • bob14 bob14 7 avril 12:49

        @bob14..... Le Royaume-Uni arrive pour la première fois en tête de ce 12ème classement Forbes annuel des Meilleurs Pays pour les Entreprises....aucune nouvelle de la France dans ce classement... smiley


      • #Shawford #Shawford42 7 avril 12:49

        @bob14

        Niveau de folie douce/dure contrôlé/e :

        5/10

        Circulez !


      • #Shawford #Shawford42 7 avril 12:54

        @Quiche Squaw cœur de Bob l’éponge

        Permis de conduire international non valable, dissimulé à première demande.

        Interdiction complète de circulation sur le territoire en l’etat.

        Cc : ordre de mission AJ 42 - récipiendaire : Amiral ASHROD


      • bob14 bob14 7 avril 13:26

        @#Shawford42....réalité qui ne dérange que les cons-fachos adepte de Pétain et du FN..nombreux sur agora hélas...


      • #Shawford #Shawford42 7 avril 15:35

        @bob14

        Yep, et c’est bien pour ça que je t’invite si régulièrement à pas aller finir dans leurs Univers respectifs !

        Or :
        - à chacun son Univers dans une réalité contingente en harmonie,
        - une conscience ne peut pas être violée ni accaparée,
        - la mise en forme relative s’opère par capillarité et en fonction de cette matrice mixte.

        En plus je suis particulièrement tolérant avec toi, je t’exonère d’aller explorer le reflet que te renvoie ton miroir puisque que tu sais le/te réfléchir en toutes circonstances sans qui l’image n’en soit brouillée.

        Au surplus tu poursuis une trajectoire ineffaçable dans la mémoire collective de mon #U42.

        Bref tu connais pas (encore) ta chance, t’es et tu seras toujours un gros loukoum inaltérablement pas assez introverti... et/mais in fine j’te kiffe quand même, et ce alors même que tu pourrais (encore mais pour plus longtemps du tout !) qualifier mon équation universelle ici présente de bafouille gloubiboulbesque sans en souffrir irrémédiablement ! smiley smiley smiley


      • Jason Jason 7 avril 18:43

        @bob14


        Une note sur la dévaluation de la Livre Sterling. Vous parlez d’un effondrement de 9%, soit. Mais rappelons que l’Euro a connu des fluctuations de près de 30% à des moments récents, dans lequel l’Euro a varié de 1.40 $ à 1.10 $, et il ne s’est rien passé de très spectaculaire.

        Donc le côté monétaire que l’on brandit n’est jamais accompagné de chiffres par secteurs, et encore bien moins d’analyses détaillées... Il faut bien faire peur aux gens !

        Quant au chômage, il faut voir les conditions de travail en GB et les contrats plus que précaires. Pour ma part, je ne souhaiterais pas vivre en GB, tant le tableau peint par mes amis britanniques ici est sombre.

      • Ulysse21 8 avril 09:26

        @bob14
        Effectivement, leur taux de chômage est beaucoup plus bas que lorsqu’ils sont entrés en 1973.


      • Tom France Tom France 7 avril 13:19

        Les guignols du fn n’ont jamais parlé de sortir de l’ue, et c’est à peine si ils ont abordés le sujet de l’euro, encore moins l’otan sans oublier schengen ! De toute façon le seul à porter ce sujet comme il faut, c’est bien Asselineau mais c’est vrai que beaucoup trop de gueux s’intoxiquent encore avec les médias aux mains des 8 milliardaires cosmopolites, donc l’UPR ne risque pas de faire un bon score, tant pis, je me suis déjà résigné à penser que tout ce réglera par des moyens violents !


        • doctorix doctorix 7 avril 16:45

          @Tom France
          Macron, chaque jour qui passe, apprend aux Français ce que c’est que l’UE.

          Ils vont mettre encore un peu de temps, mais ils vont finir par comprendre.
          Ce jour-là, ils vont se souvenir qu’Asselineau, lui aussi, leur disait ce que c’était que cette UE.
          Et qu’il était le seul à vouloir en finir.
          Les français ne veulent plus de guerres (macron vient d’envoyer officiellement 100 soldats français en Syrie, après en avoir envoyé des centaines en catimini et financé les terroristes), ils veulent la levée des sanctions contre la Russie et une réconciliation, ils veulent la suppression de l’obligation vaccinale, ils veulent le maintien ou le retour des acquis sociaux si durement obtenus, ils veulent l’arrêt des nationalisations de tout ce qu’ils on payé pendant des années, ils veulent l’arrêt des délocalisations et donc le contrôle des mouvements des capitaux, ils veulent des media indépendants de la finance, ils veulent que le travail prévale sur la rente et la spéculation, ils veulent que les plus riches cessent d’échapper à l’impôt...
          Bref, ils veulent tout ce que macron ne veut pas, et macron leur impose tout ce dont ils ne veulent pas. 
          Asselineau sera donc leur recours naturel, d’autant que les scandales s’accumulent autour de tous les partis, et que la servilité du macronnat envers les anglo-saxons devient chaque jour plus insupportable.
          Qui d’autre ?



        • Fergus Fergus 7 avril 20:20

          Bonsoir, doctorix

          Asselineau « était le seul à vouloir en finir »

          Il reste le seul, fort heureusement !

          « Les français ne veulent plus de guerres »

          Précisément, si des troupes sont engagées sur des théâtres d’opération lointains, les Français se rendent compte - et c’est cela qui importe à leurs yeux - qu’il n’y a plus eu le moindre conflit entre des nations membres de l’UE depuis qu’elle existe alors que les siècles passés ont été marqués par de nombreuses guerres entre pays voisins, désormais solidaires dans la même Union !

          Pour ce qui est de la Russie, faites un sondage rapide autour de vous, et vous constaterez que les Français dans leur grande majorité se contrefichent des tensions actuelles.


        • Durand Durand 7 avril 21:09

          @Fergus


           Nous faisons tous partie d’un même Empire et c’est uniquement pour ça qu’il n’y a plus de guerrres en Europe. Et notre soumission à l’OTAN nous implique directement dans toutes les guerres décidées à Washington. 

          Vous votez à Washington, vous ?


        • Jason Jason 7 avril 18:55

          L’Europe, après tout, Monsieur, ce n’est qu’une hypohèse.


          Ce qu’on appelle Europe, ce n’est qu’une collection de lambeaux d’états accrochés à leur folklore, leurs traditions désuètes, et à leurs intérêts économiques.

          Le tout habilement piloté par les 20000 lobbyistes de Bruxelles et vermoulu par des technocrates irresponsables (sauf pour leur chèque en fin de mois).

          Réformer ça ? Revenez dans 200 ans, on en reparlera.

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