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Accueil du site > Actualités > Europe > Le Brexit, 21 mois après, partie 4 : que faire en France ?

Le Brexit, 21 mois après, partie 4 : que faire en France ?

Après avoir étudié l’avancée du processus de sortie de l’Union Européenne de la Grande-Bretagne, puis posé la question de l’article 50, et enfin étudié ce qui pourrait être dit, vient donc le moment d’étudier très concrètement et pratiquement le scénario de sortie de l’UE et de l’euro, que j’avais déjà étudié en 2011, dans une série de politique-fiction, et qui doit être remis à jour.

 

Pour une rupture pleine et immédiate
 
Parce que je pense que la seule solution pratiquable est une sortie pleine et immédiate de l’UE et de l’euro, je crois qu’il faut expliquer cela pendant la campagne pour gagner un mandat populaire clair et sans ambiguïté qui permettra de mener à bien cette rupture. Et parce que l’élection présidentielle est l’élection la plus importante de nos institutions, je pense que l’on peut considérer que cette élection trancherait la question européenne. Je ne suis plus totalement persuadé qu’il serait nécessaire de faire un référendum de confirmation sur la sortie de l’UE et de l’euro, dans la foulée, en même temps que les élections législatives de juin par exemple, si cela était pleinement faisable.
 
Sur l’euro, comme je l’ai déjà écrit, j’ai évolué et je crois que la sortie devrait probablement être mise en place immédiatement. Je ne suis pas persuadé qu’il faudrait rallonger d’un mois la période d’incertitude monétaire, d’autant plus que cela imposerait probablement la mise en place de mesures conservatoires dès la campagne présidentielle, un contrôle des capitaux notamment. Il faudrait procéder le plus rapidement possible à la conversion des euros en nouveaux francs et à la surimpression des billets, en attendant la production des nouveaux francs, ainsi qu’à la reprise de contrôle de la Banque de France, pour faciiter la transition, comme l’a fait la Banque d’Angleterre à l’été 2016.
 
Mais se pose toujours la question technique de la façon de procéder, très concrète et pratique, surtout à partir du moment où l’on exclut de recourir à l’article 50, comme je le fais depuis 2012Comme Jacques Sapir l’a montré, la légitimité politique doit pouvoir, en démocratie, à des traités du passé, à la légitimité contestable qui plus est. La Cinquième République a permis le tournant de 1981 et cela montre que les institutions du Général de Gaulle sont profondément démocratiques, puisqu’elles ont permis un changement radical. Il serait anormal de penser que les traités du passé devraient pouvoir restreindre la capacité démocratique de choix du peuple Français, même si certains le défendent.
 
Concrètement, il existe plusieurs moyens de le faire : dénonciation des traités européens par la Convention de Vienne, utilisation de l’article 16, évoquée un temps par Jacques Sapir, qui a poursuivi sa réflexion sur le sujet… J’ai tendance à penser qu’un référendum constitutionnel, si possible organisé en même temps que les élections législatives, supprimant la déclaration du supériorité du droit européen, serait probablement suffisant, couplée à une dénonciation des traités et une sortie immédiate de l’UE, légitimée par l’élection présidentielle. Dès lors, toutes les nouvelles lois effaceraient les traces de l’ordre juridique européen, au rythme des priorités de la nouvelle majorité arrivée au pouvoir.
 
La Cour de Justice de l’UE perdrait immédiatement tout pouvoir sur ce qui se passe en France, tout comme, bien évidemment, les autres instances européennes, qui n’ont de toutes les façons aucun moyen de faire pression sur la France, d’autant plus que notre pays est en déficit commercial avec l’UE et contributeur net au budget. Si notre pays voulait rompre toute relation avec des parasites fiscaux comme le Luxembourg ou l’Irlande, nous pourrions contrôler tout flux physique, bloquer tout flux de capitaux pour empêcher que les géants d’Internet ne volent les citoyens en déclarant le chiffre d’affaire fait en France ailleurs, pour ne payer qu’une infime fraction des impôts qu’ils devraient payer.
 
 
Le départ de la France ferait sans doute s’effondrer le château de cartes européen étant donnés notre place et notre rôle. Cela pourrait permettre d’envisager une forme radicalement nouvelle de coopération. Mais il est bien entendu qu’il faudrait repartir d’une page entièrement blanche et que cela ne serait en aucun cas une obligation, seul le retour plein et entier à la souveraineté du peuple français restant la priorité.

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14 réactions à cet article    


  • bob14 bob14 10 avril 09:59

    heu..savez vous que vous avez gagné la guerre 39/45 (avec le concours des USA)..vous n’êtes plus obligés d’êtres (encore) des collabos comme sous Pétain..vous pouvez décider de votre avenir sans être à genoux devant le IV Reich... smiley


    • V_Parlier V_Parlier 10 avril 11:33

      @bob14
      Nous sommes maintenant à genoux devant deux maîtres :
      - Le « 4e Reich » comme vous dites
      - L’empire anglo-saxon qui se révèle peut-être encore pire
      Ca va faire remuer les genoux et la tête tout ça !


    • bob14 bob14 10 avril 12:10

      @V_Parlier...Le IV Reich est une réalité dans laquelle vous êtes englué....L’empire anglo-saxon lui par contre est une ouverture pour la vraie démocratie..pas celle de l’est sous dictature... 


    • Doume65 10 avril 20:21

      @bob14
      « L’empire anglo-saxon lui par contre est une ouverture pour la vraie démocratie »
      Si la ploutocratie est ce que tu appelles la « vrai démocratie », alors on ne peut que te donner raison.


    • Durand Durand 10 avril 10:51
      @l’auteur


      Que de contorsions sémantiques et de persistance dans le faux-fuyant pour faire ”cadrer“ votre raisonnement d’aujourd’hui avec vos inavouables erreurs d’hier !

      – « Le départ de la France ferait sans doute s’effondrer le château de cartes européen étant donnés notre place et notre rôle. Cela pourrait permettre d’envisager une forme radicalement nouvelle de coopération. Mais il est bien entendu qu’il faudrait repartir d’une page entièrement blanche et que cela ne serait en aucun cas une obligation, seul le retour plein et entier à la souveraineté du peuple français restant la priorité. »

      Votre stupide refus de l’utilisation de l’article 50 laisse notre avenir suspendu a l’emploi du conditionnel. Comment osez-vous proposer une solution parfaitement illégale au regard du droit international et prétendre être un leader politique sérieux ?


      Les conventions de Vienne ne s’appliquent pas aux traités comportant une clause de sortie. Et écrire qu’il suffirait que la France dénonce unilatéralement – et selon une procédure illégale – les traités européens, pour s’exonérer des condamnations de la CJUE n’est qu’un vain espoir du genre ”prophétie auto-réalisatrice“ :

      – la France serait unanimement et pénalement condamnée et vous le savez !

      Si, comme vous l’écrivez ”Le départ de la France ferait sans doute s’effondrer le château de cartes européen“, un Frexit à la hussarde provoquerait immanquablement des dégâts économiques et sociaux plus ou moins importants chez nos partenaires européens et ces dégâts seraient immédiatement imputables à la France dans la mesure où elle n’aurait pas respecté la clause de sortie validée par tous. 

      L’article 50 n’est pas seulement la seule issue légale mais aussi la seule respectable pour un pays qui veut recouvrer sa dignité, sa souveraineté et son indépendance en préservant le respect de ses partenaires et voisins. 

      Comment voulez-vous préserver la respectabilité de la France et ses bonnes relations avec les autres états membres et le reste du Monde, si votre démarche de sortie de l’Union insulte sa propre parole et provoque le chaos autour d’elle ?

      Vous étiez déjà un irresponsable politique et maintenant, enferré dans votre obstination à défendre vos positions d’hier, vous le demeurez... 
      Dans un an, vous serez encore en train de conspuer l’article 50 quand les Britanniques sortiront définitivement de l’UE. Votre position sera alors publiquement indéfendable.






      • doctorix doctorix 10 avril 16:29

        @Durand

        repartir d’une page entièrement blanche
        Encore une erreur d’herblay.
        Nous sommes liés avec les 195 pays du monde par plus de 5000 traités bipartites qui garderont toute leur valeur (à moins qu’on n’en décide autrement, ce qu’on sera alors libres de faire).
        C’est comme la terre plate, ou les vaccins : quand on s’est fourré le doigt dans l’oeil pendant des années, c’est dur de revenir en arrière et de reconnaître ses erreurs.
        Le scénario précis est entièrement expliqué dans cette conférence :
        Aucune raison d’avoir peur, vous le verrez, et beaucoup d’espérance dans cette vidéo.
        A vrai dire, notre seule espérance.

      • Doume65 10 avril 20:42

        @doctorix
        « Encore une erreur d’herblay »
        On a dit à ce garçon que l’Histoire s’est arrêtée lors de l’effondrement du l’URSS. Du coup, non seulement il n’a pas senti la nécessité de l’étudier, mais il a tout oublié.
        Il faut sans arrêt rappeler que le Concorde, puis Airbus sont des projets de coopération entre quelques pays, et qu’aucun projet de ce genre n’a vu le jour à travers l’UE.


      • Durand Durand 10 avril 11:46

        @l’auteur 


        Voici le Traité de substitution que NDA voulait proposer à l’ensemble de nos partenaires européens...


        ... le simple constat de sa vacuité absolue démontre la stupidité de votre entreprise de sauvegarde a tout prix d’une quelconque alliance continentale, néfaste pour la France et pour son influence positive dans le Monde.
        Comment voulez-vous être crédible alors que vous doutez de la France, exactement comme Pétain en doutait l’orsque la propagande de Vichy disait ceci :



        « La propagande de Vichy entre 1941 et 1942


        Pour Vichy, il faut « imiter l’Allemagne » qui est un exemple à suivre. L’argument économique est utilisé en affirmant que cette nouvelle Europe permettrait de libérer le marché ce qui à terme favoriserait les échanges commerciaux. Pour le régime de Vichy, la France est trop petite pour faire face au monde extérieur. Pour peser, elle doit occuper une place importante dans cette nouvelle Europe.






         

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