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Accueil du site > Actualités > Europe > Le testament européen de Jean-Claude Juncker

Le testament européen de Jean-Claude Juncker

« Disons oui au patriotisme qui n’est pas dirigé contre les autres. Disons non au nationalisme surfait qui rejette et déteste les autres, qui détruit, qui cherche des coupables au lieu de chercher des solutions qui nous permettent de mieux vivre ensemble. Le pacte fondateur de l’Union Européenne, plus jamais la guerre, reste une ardente exigence. Une ardente obligation de vigilance qui s’impose chez nous et autour de nous. » (Jean-Claude Juncker, le 12 septembre 2018 à Strasbourg).



2018 est la dernière année de l'actuelle mandature européenne. Retour sur le dernier discours important. Comme chaque année, et c’est devenu traditionnel, le Président de la Commission Européenne Jean-Claude Juncker a prononcé son discours sur l’état de l’Union Européenne devant les députés européens au Parlement de Strasbourg le mercredi 12 septembre 2018 dans la matinée. C’était le dernier discours d’importance avant la fin de son mandat (qu'on peut lire dans son intégralité ici). L’année prochaine auront lieu les élections européennes et Jean-Claude Juncker, visiblement découragé par l’euroscepticisme ambiant, n’a aucune envie d’exercer un second mandat de cinq ans.

En un an, l’Europe a-t-elle progressé ? L’idée vague serait d’affirmer le contraire : le populisme s’est étendu et les peuples européens s’inquiètent. Le sujet de l’immigration est toujours en première ligne, mélangé avec celui des réfugiés politiques mais aussi du terrorisme islamiste. La crise des gilets jaunes en France n'a pas non plus apporté beaucoup d'optimisme pour l'avenir de l'Europe.

Pourtant, il y a eu nettement moins d’arrivées sur le sol européen en 2018 que depuis la crise des réfugiés en 2015 : « Nos efforts ont porté leurs fruits, puisque le nombre d’arrivées de réfugiés en Méditerranée orientale a chuté de 97%, et de 80% par la route de la Méditerranée centrale. Les opérations de l’Union Européenne ont contribué à sauver plus e 690 000 vies en mer depuis 2015. ». C’est là l’application concrète des valeurs européennes de solidarité et d’humanisme.

Mais les peuples restent inquiets. En Allemagne, il a fallu six mois pour que la Chancelière Angela Merkel formât son nouveau gouvernement, l’Italie s’est tournée résolument vers le leadership d’extrême droite de Matteo Salvini, la Hongrie de Viktor Orban reste triomphante, soutenue par Vladimir Poutine qui a vu renouveler un mandat de six ans à la tête de la Russie, les Pays-Bas, la Suède, la Pologne, la République tchèque, même l’Autriche de Sebastian Kurz (le plus jeune chef de gouvernement européen) doivent faire avec une forte montée du populisme. Des journalistes d’investigation sont assassinés en Slovaquie, mais aussi à Malte, voire en Bulgarie. La Catalogne est en profonde crise politique. Sans compter le Président américain Donald Trump qui n’hésite pas à faire des crasses commerciales et à remettre en cause l’équilibre fragile de la paix avec l’Iran.

Ce même 12 septembre 2018, d’ailleurs, a eu lieu également le vote au Parlement Européen d’un rapport condamnant les atteintes à l’État de droit commises par le gouvernement hongrois de Viktor Orban (liberté de la presse, indépendance de la justice, etc.). Une condamnation qui n’a rien à voir avec la politique migratoire puisque l’Autrichien Sebastian Kurz a lui aussi condamné la Hongrie sur ce sujet malgré son entente sur la politique de fermeture des frontières.

Président en exercice du Conseil Européen (pour ce semestre), Sebastian Kurz a même été l’un des rares dirigeants européens à applaudir le discours de Jean-Claude Juncker parce que ce dernier a annoncé plus de moyens et plus de personnes pour garder les frontières extérieures de l’Europe : « Nous proposons de porter le nombre de garde-frontières européens, financés par le budget européen, à 10 000 d’ici à 2020. » (Jean-Claude Juncker).

Dans son introduction, Jean-Claude Juncker a au contraire essayé de peindre une Europe qui a progressé économiquement, dix ans après la crise majeure de 2008 : « L’Union Européenne a connu une croissance ininterrompue sur vingt et un trimestres. L’emploi reprend des couleurs, avec près de 12 millions d’emplois créés depuis 2014. 12 millions d’emplois, c’est plus que la population de Belgique. (…) L’investissement est de retour en Europe, grâce notamment à notre Fonds européen pour les investissements stratégiques, que certains, de plus en plus rares, appellent encore le Plan Juncker, plan qui a généré 335 milliards d’euros d’investissements publics et privés. Nous sommes en marche vers les 400 milliards. ».

La politique commerciale de l’Europe, prérogative exclusivement déléguée à la Commission Européenne, est un succès : « L’Europe a aussi réaffirmé son statut de puissance commerciale. La puissance commerciale mondiale n’est rien d’autre que la preuve de la nécessité de partager nos souverainetés. L’Union Européenne a aujourd’hui des accords commerciaux avec soixante-dix pays. Ensemble, nous représentons 40% du PIB mondial. Ces accords, très souvent, mais à tort, contestés, nous aident à exporter vers les autres parties du monde des normes européennes élevées en matière environnementale, et en matière de droits des consommateurs. Lorsqu’en juillet, au cœur d’une dangereuse période de tensions internationales, je me suis rendu dans une même semaine à Pékin, Tokyo et Washington, j’ai pu parler, en tant que Président de la Commission, au nom du plus grand marché unique au monde. Au nom d’une Union qui compte pour un cinquième de l’économie mondiale. Au nom d’une Union prête à défendre ses valeurs et ses intérêts. J’ai présenté l’Europe comme un continent ouvert mais non pas comme un continent offert. (…) Unis, nous Européens, sommes, en tant qu’Union, devenue une force incontournable. (…) L’Europe a su parler d’une seule voix ».

Jean-Claude Juncker a énuméré toutes les raisons qui rendent l’unité de l’Europe indispensable dans un monde aussi troublé, aussi mouvant, dont « les alliances d’hier ne seront peut-être plus les alliances de demain ».

En particulier, dans le domaine numérique, un thème qui est l’une des récurrences de Jean-Claude Juncker : « Nous, Européens, parce que nous sommes le plus grand marché unique au monde, nous pouvons établir des normes pour les mégadonnées, pour l’intelligence artificielle, pour l’automatisation, tout en défendant nos valeurs, les droits et l’individualité de nos citoyens. Nous pouvons le faire si nous sommes unis. Une Europe forte et unie permet à ses États membres de décrocher les étoiles. C’est grâce à notre programme Galileo que l’Europe reste dans la course à l’Espace. ».

Une nouvelle fois, Jean-Claude Juncker n’oppose pas souveraineté nationale et souveraineté européenne, comme voudraient le faire les populistes nationalistes, mais au contraire, parle de complémentarité : « La souveraineté européenne provient de la souveraineté nationale de nos États membres. Elle ne remplace pas ce qui est propre aux nations. Partager nos souverainetés, là où il le faut, rend chacun de nos États-nations plus fort. Cette conviction qu‘unis, nous sommes plus grands, est l’essence même de ce que veut dire faire partie de l’Union Européenne. La souveraineté européenne ne sera jamais dirigée contre les autres. L’Europe doit rester un continent d’ouverture et de tolérance. Elle va le rester. ».

Car l’Europe a aussi une mission de solidarité humaine : « L’Europe ne sera jamais une forteresse tournant le dos au monde et notamment au monde qui souffre. L’Europe ne sera jamais une île. L’Europe doit et va rester multilatérale. La planète appartient à tous et non seulement à quelques-uns. ».

Fidèle au principe de subsidiarité, un principe essentiel dans la construction européenne (qui veut que l’Europe ne s’occupe pas de sujets qui peuvent être traités à une échelle plus locale), Jean-Claude Juncker a déclaré vouloir supprimer la réglementation européenne qui oblige tous les États membres à changer d’heure deux fois par an (heure d’été et heure d’hiver) afin de laisser à chaque État le soin de choisir sa meilleure réglementation.

Sur les feux de forêts : « Lorsqu’un pays est en feu, c’est toute l’Europe qui est en feu. Parmi les images marquantes de cet été, je ne retiendrai pas seulement les feux e forêt, mais aussi les applaudissements avec lesquels les Suédois menacés par les flammes ont salué les pompiers polonais venus à leur secours. ».

Sur les relations avec l’Afrique : « D’ici à 2050, l’Afrique comptera 2,5 milliards d’habitants. Une personne sur quatre sera africaine. (…) L’Afrique n’a pas besoin de charité, elle a besoin de partenariat équilibré, d’un vrai partenariat. Et nous, Européens, avons besoin au même titre de ce partenariat. (…) La Commission propose aujourd’hui une nouvelle alliance entre l’Afrique et l’Europe, une alliance pour des investissements et des emplois durables. Cette alliance, telle que nous l’envisageons, permettrait de créer jusqu’à 10 millions d’emplois en Afrique au cours des cinq prochaines années. (…) Notre fonds d’investissement extérieur, lancé il y a deux ans, mobilisera 44 milliards d’investissements dans les secteurs public et privé en Afrique. Les projets déjà prévus et engagés mobiliseront 24 milliards d’euros. Nous concentrerons nos investissements dans les domaines où les investissements feront une véritable différence. D’ici à 2020, l’Union Européenne aura soutenu 35 000 étudiants et chercheurs africains grâce à notre programme Erasmus. Jusqu’en 2027, ce chiffre doit être porté à 105 000. ».

Sur le Brexit : « Nous respectons la décision britannique de quitter notre Union, même si nous continuons à le regretter vivement. (…) Après le 29 mars 2019, le Royaume-Uni ne sera jamais, à nos yeux, un pays tiers comme les autres. Le Royaume-Uni sera toujours un voisin et un partenaire très proche, que ce soit dans les domaines politiques, économiques et de la sécurité. Ces derniers mois, chaque fois que nous avons eu besoin d’unité au sein de l’Union, la Grande-Bretagne a été à nos côtés, animée par les mêmes valeurs et principes que tous les autres Européens. (…) Nous avons le devoir, vis-à-vis de nos citoyens et de nos entreprises, d’assurer un retrait ordonné du Royaume-Uni et une stabilité maximale par la suite. Ce ne sera pas la Commission qui fera obstacle à ce processus, je puis vous l’assurer. ».

Sur l’euro : « Après seulement vingt années d’existence, et en dépit des voix déclinistes qui nous ont accompagnés sur ce trajet, l’euro a déjà un riche parcours derrière lui. L’euro est devenu la deuxième monnaie la plus utilisée au monde. Soixante pays lient d’une manière ou d’une autre leur propre monnaie à l’euro. (…) Mais nous pouvons et devons aller plus loin. Il est aberrant que l’Europe règle 80% de sa facture d’importation d’énergie, qui s’élève à 300 milliards d’euro par an, en dollars américains alors que 2% seulement de nos importations d’énergie nous proviennent des États-Unis. Il est aberrant que les compagnies européennes achètent des avions européens en dollars et non pas en euros. (…) L’euro doit devenir l’instrument actif de la nouvelle souveraineté européenne. (…) Sans une Union économique et monétaire approfondie, nous manquerons d’arguments crédibles pour renforcer le rôle international de l’euro. Nous devons parachever l’Union économique et monétaire pour que l’Europe et l’euro deviennent plus forts. ».

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Notamment pour réaffirmer les droits de l’homme, Jean-Claude Juncker voudrait passer de l’unanimité à la majorité qualifiée dans certains domaines de politique étrangère : « Je voudrais que nous réalisions des progrès tangibles en ce qui concerne le renforcement de notre politique étrangère. Il faudra renforcer notre capacité à parler d’une seule voix en matière de politique étrangère. Il n’est pas normal que l’Europe se réduise elle-même au silence, lorsqu’au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève, nous ne pouvons pas parler haut et fort pour condamner les violations des droits de l’homme commises en Chine. Et ce parce qu’un État membre a pu bloquer toute décision en la matière (…). C’est la raison pour laquelle aujourd’hui, la Commission vous propose à nouveau de passer au vote à la majorité qualifiée dans certains domaines de nos relations extérieures. (…) Pas dans tous les domaines, mais dans des domaines précis : droits de l’homme, missions civiles et autres. Le Traité permet actuellement au Conseil Européen de prendre une décision dans ce sens, et j’estime que le temps est venu de donner vie à la clause passerelle du Traité de Lisbonne permettant d’ouvrir la voie vers la prise de décision à la majorité qualifiée, clause passerelle qui est la "beauté oubliée" du Traité. ».

Sur l’État de droit dans tous les États membres : « Il y a un point sur lequel nous ne devons pas transiger : les arrêts de la Cour de justice de l’Union Européenne doivent être respectés et exécutés. C’est essentiel. L’Union Européenne est une communauté de droit. Le respect de la règle de droit et le respect des décisions de justice ne sont pas une option mais une obligation. ».

Dans sa conclusion, Jean-Claude Juncker a répété sa détermination à avoir une véritable diplomatie européenne : « Je voudrais que l’Europe quitte les gradins du stade mondial. L’Europe ne doit pas être un spectateur, un commentateur des événements internationaux. Elle doit être un acteur constructif, un façonneur, un architecte du monde de demain. Il y a une forte demande d’Europe à travers le monde. Pour satisfaire cette demande pressante, il faudra que sur la scène internationale, l’Europe s’exprime d’une seule voix. Dans le concert des nations, la voix européenne doit être intelligible, compréhensible, distinguable pour être écoutée et entendue. (…) Ne tombons pas dans l’incohérence des diplomaties nationales concurrentes et parallèles. La diplomatie européenne doit être unie. Notre solidarité multilatérale doit être entière. ».

En guise de testament politique, Jean-Claude Juncker a déclaré vouloir voir renouveler cette expérience en 2014 d’une véritable élection du Président de la Commission Européenne en tant que tête de liste du parti arrivé en tête au Parlement Européen, considérée comme une « petite avancée dans la démocratie européenne ». Mais, à l’instar du Président français Emmanuel Macron, il voudrait même aller encore plus loin : « Pour moi, cette expérience sera d’autant plus crédible le jour où nous aurons de véritables listes transnationales. Je souhaite que ces listes transnationales soient en place au plus tard pour les prochaines élections européennes de 2024. ».

Jean-Claude Juncker a enfin terminé comme il a commencé, sur le refus catégorique du nationalisme qui a tant ravagé l’Europe au XXe siècle : « Je voudrais avant tout que nous disions non au nationalisme malsain et que nous disions oui au patriotisme éclairé. Gardons à l’esprit que le patriotisme du XXIe siècle est à double dimension, l’une nationale, l’autre européenne, les deux ne s’excluant pas. J’aime, disait le philosophe français Blaise Pascal, les choses qui vont ensemble. Pour tenir sur leurs deux jambes, nations et Unions Européenne doivent marcher ensemble. Celui qui aime l’Europe doit aimer les nations qui la composent, celui qui aime sa nation doit aimer l’Europe. Le patriotisme est une vertu, le nationalisme borné est un mensonge accablant et un poison pernicieux. ».

En fait, durant tout son discours, Jean-Claude Juncker a cherché à ce que la dernière année de son mandat soit celle de nombreuses décisions, en particulier budgétaires (il souhaite renforcer le nombre d’étudiants bénéficiant du programme Erasmus), ou encore sur la majorité qualifiée en matière de politique étrangère, sur la volonté de renforcer la coopération européenne en matière européenne, etc. L’idée est de finir d’appliquer tout son programme de 2014 (50% est déjà fait, 30% en cours, et 20% à faire encore).

Rappelons d’ailleurs que le budget des cinq prochaines années a dû être adopté en cette fin de l'année 2018 et pas après l'été 2019. Certains diront que c’est antidémocratique car juste avant les élections européennes. Oui et non. Il vaut mieux avoir déjà l’expérience du fonctionnement des institutions européennes avant d’envisager une loi de programmation budgétaire, donc, proposer un budget juste après les élections serait moins efficace et moins performant. Mais surtout, ce ne sont pas les députés qui le choisissent, ce budget, certes, ils le ratifient, mais le budget est d’abord et avant tout élaboré par l’ensemble des États membres au cours des sommets européens. Or, chaque représentant des États membres est légitime et démocratiquement élu dans son pays. Il n’y a donc rien d’antidémocratique à ce que le processus budgétaire soit ainsi, même si la logique voudrait que ce budget de cinq ans soit adopté plutôt en milieu de mandat plutôt qu’en fin de mandat de la Commission Européenne.

Le vent du nationalisme qui a soufflé en Europe n’a pas rendu optimiste Jean-Claude Juncker malgré ses paroles lénifiantes mais assez impuissantes. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il souhaite jeter l’éponge en 2019 après avoir vaillamment soutenu l’identité européenne à l’intérieur et à l’extérieur des frontières de l’Europe. Son rôle devra aussi d’éviter une transition trop brutale. Il devra tout faire pour aider à faire de sa succession la continuation d’une construction européenne qui peine encore à convaincre les peuples européens. En ce sens, l’Europe manque aujourd’hui terriblement de leadership et de charisme…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (26 décembre 2018)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Discours de Jean-Claude Juncker le 12 septembre 2018 à Strasbourg (texte intégral).
Vidéo du discours de Jean-Claude Juncker le 12 septembre 2018 à Strasbourg.
Le testament européen de Jean-Claude Juncker (12 septembre 2018).
Le programme européen de la Commission Juncker (1er novembre 2014).
Le CETA.
Simone Veil l’Européenne.
Jean Seitlinger, fils spirituel de Robert Schuman.
Le Pacte Briand-Kellogg.
L’Union Européenne montre ses muscles à Trump.
Le mode de scrutin des élections européennes.
L’Europe de Pierre Milza.
L’Europe de Jean-Baptiste Duroselle.
Maurice Schumann l’Européen.
Clemenceau, Macron et la guerre civile européenne.
Emmanuel Macron et son plan de relance de l’Europe (26 septembre 2017).
Emmanuel Macron et la refondation de l’Europe (7 septembre 2017).
Emmanuel Macron à l’ONU, apôtre du multilatéralisme (19 septembre 2017).
Le dessein européen de Jean-Claude Juncker (13 septembre 2017).
Une avancée majeure dans la construction européenne.

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26 réactions à cet article    


  • biquet biquet 28 décembre 2018 11:24

    Les modérateurs ont une nouvelle fois refusé mon article, je me fais un plaisir de le publier dans tous les articles.

    Agoravox est-elle devenue la Pravda soviétique ?

    Tous les articles que je propose sont systématiquement refusés, cela depuis 1 an environ. Agoravox est le seul média citoyen en France. La Presse citoyenne ne fait jamais la Une de l’actualité, la Presse mainstream étant en France détenue par des grands groupes financiers, elle voit d’un mauvais œil ces gueux qui s’expriment.

    Texte

    Agoravox est-elle plus libre pour autant ? Assurément non. En ce moment, presque tous les articles tournent autour de ces pauvres gilets jaunes qui sont obligés de prendre leur voiture pour aller au boulot, car celui-ci est à plus de 20 km et il n’y a aucun transport en commun. Mais il y a aussi une autre statistique, jamais mentionnée dans les articles d’Agoravox, c’est que 58 % des français choisissent de prendre leur voiture pour faire des trajets de moins d’un kilomètre. Le titre de mon dernier article était : taxe carbonne, l’urgence absolue. Je suis persuadé que les gilets jaunes font parti des 42 % qui ne prennent pas leur voiture pour un trajet inférieur à 1 km, et qu’une taxe carbonne pourrait pénaliser ceux qui font un usage immodéré de leur bagnole. Une partie de l’argent récolté pourrait servir alors à aider ceux qui sont obligés de faire 20 bornes pour aller au boulot avec leur voiture. Sont-ils si nombreux ? Représentent-ils 58 % de la population laborieuse ? Les agriculteurs qui, pour beaucoup gagnent moins de 300 euros par mois, ne font pas 20 km pour aller au travail.

    Si cet article n’est pas publié, c’est promis, je ne soumettrai jamais plus d’article sur AV. S’il est publié, un débat (et non un monologue) pourra s’engager.


    • berry 28 décembre 2018 13:02

      @biquet
      D’après le physicien François Gervais, les émissions de gaz carbonique par l’homme provoqueront un réchauffement de 0,2 °C dans 50 ans.

      Pas de quoi s’affoler, donc.

      https://www.youtube.com/watch?v=iK3G8wqqp_k


    • sasapame sasapame 31 décembre 2018 00:13

      @biquet,

      je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de lire cet article dont vous nous dites que le titre était : taxe carbonne, l’urgence absolue, a fortiori celle d’exercer mes talents de modérateur sur cet objet. Voilà tout ce que je peux dire :

      — le mot français désignant l’atome positionné comme 6éme élément — diable ! — de la table périodique de Mendeleïev ne prend qu’un n et non point deux  : il s’agit du carbone ;

      — quoi qu’on pense de la molécule de dioxyde de carbone, formant dans les CNTP (en pression partielle) un gaz depuis longtemps et toujours qualifié de carbonique, les propriétés physiques dudit CO2 n’ont strictement rien à voir avec celles de l’élément carbone ;

      — donc à supposer, pourquoi pas, que ledit CO2 soit un problème, il serait encore manifestement tout à fait absurde de vouloir viser le carbone. Sans parler d’appliquer une taxe (? ?) sur on ne sait quel usage de ce truc qui d’ailleurs n’existe nulle part sous une forme isolée ;

      — si l’atome de carbone est la base commune de toutes les molécules à caractère organique (autrement dit, quoique sous forme poétique, c’est en quelque sorte la base même de toute vie) — on apprend également ça au lycée —, vous n’ignorez tout de même pas (on apprend ça au collège) que le CO2 est l’aliment de tous les végétaux. Autrement dit, et cette fois de manière tout sauf poétique, cette molécule est à la base de la base de toute la chaîne alimentaire, donc de la vie de toutes les espèces existant sur Terre. Quoique pas à l’article de la mort comme il y a 20 000 ans, par exemple, les plantes en général sous encore notoirement très sous-alimentées ; une pression partielle de 3 à 5 fois supérieure, au bas mot, à l’actuelle (de 0.04% en volume) est typiquement une dose qui arrangerait tout le monde ;

      — même en se laissant aller de bon cœur à cramer tout à fait inutilement, pour le plaisir, toutes les réserves de charbon de bois, de pétrole et de gaz naturel connu, on ne parviendrait pas, de très loin, à approcher ce niveau ; on n’obtiendrait même jamais un simple doublement de la dose de 270 ppmv décrétée « standard » on ne sait pourquoi ni comment. Parce que 98% des émissions (dont la toute petite part de quelques pourcents d’origine humaine) de chaque année irait toujours, au bout de 7 ans en moyenne, dans les océans, avant de devenir squelettes de poisson et coquilles de crustacés puis de finir en sédiments amenés à devenir roches calcaires ;

      — et même à des doses pareilles, l’idée d’une acidification des océans (dont le PH, parfois très variable en un même lieu au cour d’une même journée, est néanmoins typiquement supérieur à 8.2) resterait complètement absurde, la solution tampon étant du reste garantie du simple fait que les océans sont saturés en calcium ;

      — un internaute vient de vous répondre que selon François Gervais, physicien français distingué (prioritairement en physique de la matière), on devrait pouvoir s’attendre, dans 50 ans, à une élévation de 0.2 K de la température moyenne de la surface de la planète. Je doute fort qu’il ait dit cela, ou du moins je suis tout à fait certain que, s’il l’avait fait, ce serait bien malgré lui, réduit qu’il était sans doute alors, pour les « besoins » d’un auditoire totalement profane et par ailleurs bombardé sans cesse de menaces terrifiantes, à devoir faire mille raccourcis occultant tous les aspects les plus importants, pour les assurer que cette « température moyenne » qui n’a aucun sens... mais qu’on nous somme de considérer, n’aurait de toutes manières aucune chance de monter de plus de cette valeur totalement indécelable  ;

      — le principal apport scientifique de F. Gervais, sur le sujet, est d’avoir produit une revue regroupant une grande proportion des plus intéressantes publications de recherche parmi toutes celles mettant à mal le dogme, d’une manière totalement implacable pour nombre d’entre elles ;

      — mais il faut bien veiller à consulter chacune des publications directement, au risque de rapidement faire dire aux auteurs ce qu’il n’ont jamais dit. Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple, lorsque l’astrophysicien israélien Nir Shaviv, dans un papier bien vulgarisé par lui-même sur cette page de son blog, obtient, à toutes échelles de temps, une valeur remarquablement stable de la « sensibilité climatique », et plutôt faible même quand elle est exprimée, également de manière purement conventionnelle, sous la forme d’une « température moyenne » associée à une élévation du taux de CO2

      atmosphérique, cela ne signifie pas du tout qu’il admet l’une ou l’autre de ces conventions ridicules ;

      — mes propres travaux de recherche en la matière, dont une première étape est reportée ici, confirment : - que la revue Nature, tandis qu’elle censure sans pitié des dissidents (elle le revendique d’ailleurs), laisse parfois passer des torchons d’un niveau hallucinant ; - que lors de la dernière déglaciation, non pas seulement au niveau antarctique et subantarctique, mais partout, les élevations de température en surface ont précédé celles de pCO2 sauf dans les situations et les lieux où tant de calories ont d’abord dû faire fondre des montagnes de glace (il en faut près de 80 pour faire fondre 1g de glace sans l’échauffer, tandis qu’une seule calorie est par définition ce qui permet à 1g de flotte d’élever sa température de 1°C), avant que l’eau déversée parfois par quantités gigantesques dans l’Atlantique Nord y reste longtemps piégée en surface du fait qu’elle était nettement plus douce que l’eau salée qu’elle gardait en dessous, ou encore, « au pire », que ces variations ont été souvent quasi-synchrones... ce qui contredit encore totalement l’idée d’un effet significatif du CO2

      puisque, s’il était assez important, le délai le serait d’autant plus ;

      comme partout, on trouve parfois des boulettes énormes. Ainsi les fameux 33°C de différence prétendument dus à « l’effet de serre », sont une absurdité physique et même simplement mathématique : d’une part, ils traduisent simplement le fait que la « température moyenne » vers la tropopause sur cette Terre dotée de tant d’océans (entre autres) est de 33°C plus faible que celle de la surface... ; - de l’autre, on a passé à l’envers deux opérations consistant pour l’une à élever une puissance quatrième, pour l’autre à faire une moyenne arithmétique (xptdr) ; ne parlons pas de délirants calculs basés sur l’idée absurde d’équilibre radiatif  ; j’en passe et des dizaines. Une autre perle, c’est que c’est seulement récemment, après des décennies à traîner une erreur de lycéen, qu’on s’est rendu compte que dans si la « théorie de Milankovitch » ne semblait pas marcher, c’est qu’on considérait bêtement le volume de glace à l’instant t au lieu de prendre sa dérivée première. Ouarf !

      — Bon, abrégeons nos souffrances : quand vous parlez d’urgence absolue (fichtre), je dirais bien plutôt qu’il est urgent d’attendre, sans parler de réparer les dégâts considérables déjà causés par ce délire ; du reste, les évaluations par l’absurde, en prenant les mêmes données et hypothèses que celles du GIEC, ont montré que des dépenses déjà pharaoniques telles que celles prévues à Kyoto, « nous auraient fait gagner » sur un siècle, quelques jours avant le résultat obtenu en ne changeant rien... La belle affaire ;

      — si votre message n’est en définitive pas du tout hors-sujet ici, et même bien à sa place en tête des réponses... c’est qu’à l’instar de l’alcoolique banquier luxembourgeois qui va bientôt nous épargner sa présence à la tête du monstre « européen », vous chantez très manifestement, avec une candeur des plus émouvantes mais du simple fait d’une ignorance crasse, la messe noire de l’empire. Autrement dit, non content de raconter n’importe quoi avec pour effet de vendre de la terreur de masse, vous poussez le bouchon au point de vous croire un tant soit peu original et pourquoi pas (!) d’une aide précieuse pour le bon Peuple... et assurément pas une personne parasitant bien inutilement ce site ;

      — en guise de bilan, une hypothèse, comme ça peut-être que si vos articles sont systématiquement refusés pour publication (la censure au sens politique est une notion déjà très différente a priori), c’est peut-être tout simplement qu’ils sont nuls à chier et que ce site, pas plus qu’un autre, n’est une poubelle (à emballages recyclables ou non) ou un chiotte (sec ou équipée d’une chasse d’eau).


    • JC_Lavau JC_Lavau 31 décembre 2018 07:15

      @biquet

      Antérieurement au Gang Intergouvernemental d’Escrocs Carbocentriques, plusieurs fois déjà des princes avaient commandité des faussaires aux ordres, pour mieux duper et exploiter les peuples.
      Par exemple les scribes aux ordres des khalifes, qui ont créé des milliers de hadiths, qui ont inventé la vie du prophète à partir des guerres d’un syrien judéo-nazaréen dont le nom réel est désormais inconnu, qui ont inventé des faits et gestes prétendus à la Mecque des dizaines d’années avant que la Mecque soit fondée par le khalife Muawiyah.

      Tu es tellement naïf que tu fais confiance à des faussaires aux ordres, et tu exiges qu’on leur obéisse de toute urgence.

      Au fou !


    • Arthur S François Pignon 28 décembre 2018 11:34

      « Fidèle au principe de subsidiarité, un principe essentiel dans la construction européenne (qui veut que l’Europe ne s’occupe pas de sujets qui peuvent être traités à une échelle plus locale)  »


      Le principe de subsidiarité veut surtout que les états membres ne s’occupe plus de sujets qui sont dictés par les intérêts privés transnationaux, traduits en textes de lois par la commission et le conseil européens à Bruxelles, et entérinés par le parlement-croupion à Strasbourg.

      Les sujets qui peuvent être traités à une échelle plus locale permettent d’établir des écarts suffisants pour jouer sur l’offre et la demande des coûts du travail et des services sur lesquels repose le dumping social qui continue à paupériser les peuples qui ont perdu leurs souverainetés.



      • Durand Durand 28 décembre 2018 12:08

        @François Pignon

        Tout-à-fait d’accord avec vous... Ça en dit long sur l’imposture d’un RIC – sensé ramener la démocratie – s’il n’est pas précédé d’une sortie de l’UE...

        Dans cette vidéo, à 5mn30...

        https://m.youtube.com/watch?v=-4wK-WcsK-Q&ebc=ANyPxKpazUC270Vv8BjiNK3h-dgjXz5_BJmgr-qAr-lxtO5CZkeZJ9Hw6G3FJRJZheyqlovH77mqRpwwTDio8VmWQSZWbh-NgA

        .

        Il faut donc revenir à la seule exigence valable des gilets jaunes : la destitution de Macron et de son gouvernement, suivie de nouvelles élections dans lesquelles il sera possible de choisir un candidat qui propose à la fois le Frexit et le RIC.

        .


      • Emohtaryp Emohtaryp 28 décembre 2018 19:10

        @Durand

        « la destitution de Macron et de son gouvernement, suivie de nouvelles élections dans lesquelles il sera possible de choisir un candidat qui propose à la fois le Frexit et le RIC. »

        On ne peut pas mieux dire !! et il n’y en a qu’un, c’est Asselineau.

        FREXIT !


      • Clocel Clocel 28 décembre 2018 12:03

        Make German Great Again !

        Thank you Mister Juncker !

        Vous avez presque réussi là où le III Reich avait échoué !

        Reste juste à convaincre Poutine de rendre la Russie « open source », mais bon, en attendant les peuples de l’ouest avec le mix africain qui va bien, font des esclaves tout à fait acceptables...


        • kalachnikov kalachnikov 28 décembre 2018 12:18

          ’L’Europe, c’est la prospérité’. Heil.


          • Arthur S François Pignon 28 décembre 2018 12:27

            @kalachnikov

            La vorce bar la choie !

            lien


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 28 décembre 2018 12:33

            @François Pignon

            Faut s’activer les ziegomatiques !


          • Emohtaryp Emohtaryp 28 décembre 2018 19:07

            @kalachnikov

            L’Europe, c’est la paie, surtout...... Sieg Heil, Arbeit mach frei !


          • zygzornifle zygzornifle 28 décembre 2018 15:23

            Il est bien le digne représentant de l’Europe une fosse septique ou flottent les députés entre 2 colombins , aux états unis il y a bien longtemps qu’il aurait été condamné a lécher le sol des parkings ....


            • Esprit Critique 28 décembre 2018 16:20

              Quel blague stupide ce titre !

              J’ai vraiment cru qu’il était mort.

              Encore un article qui m’a fait du mal, a mon Age les fausses joies peuvent être dangereuses.


              • Emohtaryp Emohtaryp 28 décembre 2018 19:04

                Le testament de l’épave JC Drunker, des palettes de cadavres de whisky......

                Une dictature sur le point de s’effondrer...et des milliers de milliards d’euros envolés dans les paradis fiscaux...

                Reste plus que les cordes pour pendre toutes ces ordures et celui là particulièrement....

                FREXIT, VITE !!


                • Attila Attila 28 décembre 2018 19:22

                  @Emohtaryp
                  Testament de Junker : « je lègue mon corps à la science ! »
                  Ils vont le mettre dans un alambic.

                  .


                • Dantès 28 décembre 2018 19:40

                  @Emohtaryp

                  Vous êtes injustes !

                  Tel qu’intelligemment souligné par M. Pierre-Yves Rougeyron, il faut quand-même savoir distinguer, puisqu’il y a plus qu’un JC Junker ; « il y a Jean-Claude Junker l’ivrogne et il y a Jean-Claude Junker le blanchisseur de fonds ».


                • Christian Labrune Christian Labrune 29 décembre 2018 00:31

                  L’Europe se meurt, l’Europe est morte.

                  Qu’elle aille au diable !


                  • zygzornifle zygzornifle 29 décembre 2018 08:51

                    @Christian Labrune

                     Le diable n’en voudra même pas , trop peur du bordel qu’elle mettrait dans son enfer et certains députés sont pire que lui ....


                  • Gollum Gollum 29 décembre 2018 09:26

                    @jeanpiètre

                    De la bière ? smiley Où ça ? Hips ! smiley


                  • zygzornifle zygzornifle 29 décembre 2018 08:50

                    Il a rédigé le testament en trempant sa plume dans quel orifice ? On se le demande ?


                    • gaijin gaijin 29 décembre 2018 09:45

                      « En ce sens, l’Europe manque aujourd’hui terriblement de leadership et de charisme… »

                      elle manque surtout de crédibilité, l’ europe des peuples et de la paix n’était au final que l’ europe de la finance et de la ruine


                      • ticotico ticotico 29 décembre 2018 14:52

                        « Testament » ??? Il est mort Juncker ?


                        • captain beefheart 30 décembre 2018 10:59

                          L’Europe,plus jamais la guerre ? Où étaient-ils quand deux pays européens allaient détruire l’état africain qui fonctionnait le mieux,un état qui aidait beaucoup d’autres pays,et dont le leader était acclamé sur tout le continent ?Le vilain Sarkozy a détruit la ville de Syrte ,avec ses bâtiments de l’Union Africaine.C’est comme si on détruisait Strasbourg,Bruxelles ou Luxembourg.

                          Où étaient-ils quand l’OTAN décidait de détruire un pays européen,la Yougoslavie ?Arrêtez vos mensonges .


                          • Raymond75 30 décembre 2018 11:34

                            Le pacte fondateur de l’Union Européenne, plus jamais la guerre, reste une ardente exigence

                            ’ : traduire ’non à la guerre militaire (avec raison), oui à la guerre économique, oui à la main mise des états casino sur le sort de la supercherie européenne’. J.C. Juncker


                            • InstitutInter 21 janvier 10:39

                              Qu’il s’en aille ! Et surtout finissons-en avec cette abjecte Union européenne qui n’est qu’une Europe allemande. Vive le Brexit ! Vive le Frexit ! Debout les nations !

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