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Merkel IV : la laborieuse GroKo

« L’art de gouverner n’a produit que des monstres. » (Saint-Just, Paris le 24 avril 1793).



Après presque six mois de négociations, c’est ce mercredi 14 mars 2018 devant le Bundestag à Berlin que la Chancelière allemande Angela Merkel devrait se faire réélire à la tête du gouvernement allemand. Six mois pour un mandat de quatre ans, 14% de la durée effective du gouvernement ! Alors qu’en France, un ou deux jours suffisent.

Angela Merkel (63 ans), présidente de la CDU depuis 10 avril 2000 (réélue encore le 6 décembre 2016), est Chancelière fédérale d’Allemagne depuis le 22 novembre 2005 et en principe, elle entend aller jusqu’au bout de son quatrième mandat, jusqu’aux élections fédérales de septembre 2021. Cela ferait donc une longévité équivalente à celle de son ancien mentor Helmut Kohl, environ seize ans au pouvoir.

Lors du congrès de son parti, la CDU, le 26 février 2018, tout en restant présidente, Angela Merkel a pu faire élire à 98% la ministre-présidente de la Sarre (depuis le 10 août 2011) Annegret Kramp-Karrenbauer (55 ans) au poste de secrétaire générale de la CDU (numéro deux) et ainsi, en position de potentielle héritière d’Angela Merkel. C’est donc le signal que la bataille de la succession est ouverte.

Il y a peu de personnalités incontestables qui se dégagent aujourd’hui dans le paysage politique allemand. Heureusement qu’Angela Merkel était là ! Son expérience, sa grande capacité à gérer les coalitions, et son aura tant nationale qu’internationale lui permettent d’incarner au mieux l’Allemagne d’aujourd’hui, les Allemands malgré une société profondément divisée, et en premier lieu sur la question de l’accueil des réfugiés.

Angela Merkel avait pris le risque politique d’accueillir massivement les réfugiés syriens, en assumant non seulement cette décision mais en mettant en œuvre son "service après-vente", c’est-à-dire en se donnant les moyens de bien les accueillir par des cours de langue, par des aides sociales pour que les réfugiés puissent correctement s’intégrer, travailler, apporter, eux aussi, leur richesse, leur travail, leur expérience, leurs connaissances. Elle l’avait assumé sur deux points, philosophique : la solidarité humaine doit prévaloir sur tout le reste ; économique : l’Allemagne a besoin d’apports sociaux nouveaux en raison de la chute de la natalité.

Le résultat, on le connaît depuis près de six mois, c’est un Bundestag quasi-ingouvernable. Les élections fédérales du 23 septembre 2017 ont été marquées par la défaite historique du SPD, les sociaux-démocrates menés par Martin Schulz (62 ans), avec seulement 20,5% des voix (le pire score depuis 1933) et 153 sièges sur 709 (en chute de 40 sièges !). La CDU-CSU n’a pas été non plus épargnée par ce vent de rejet puisque la coalition chrétienne-démocrate a fait, elle aussi, son plus mauvais score de l’histoire (depuis sa création après la guerre) en chutant à 32,9% des voix et en perdant 65 sièges pour arriver à seulement 246 sièges.

Si Die Linke (ultra-gauche), avec 69 sièges, et les Verts, avec 67 sièges, ont gagné quelques sièges en plus (respectivement 5 et 4 sièges), les deux grands vainqueurs des élections furent l’extrême droite (AfD : Alternative für Deutschland) qui a fait son entrée historique au Bundestag (un événement majeur) avec l’arrivée massive de 94 députés et 12,6% des voix en sa faveur, et le retour des libéraux-démocrates du FDP menés par Christian Lindner (39 ans) avec 10,8% des voix et 80 sièges.

Notons néanmoins qu'en France, les partis gouvernementaux ont recueilli le 23 avril 2017 beaucoup moins de voix qu'en Allemagne, seulement 50,4% tandis qu'en Allemagne, ils ont recueilli le 24 septembre 2017 environ 73,1% et rappelos que le score de l'extrême droite est de 12,6% des voix à comparer aux 21,3% le 23 avril 2017 (en nombre de voix, près de 5,9 millions d'électeurs alemands ont voté pour l'extrême droite alors qu'au second tour le 7 mai 2017, ce fut plus de 10,6 millions d'électeurs français qui ont voté pour l'extrême droite).

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Aux précédentes élections du 22 septembre 2013, le FDP n’avait pas atteint 5% (sans précédent depuis 1949), ce qui a empêché Angela Merkel de gouverner "seule", c’est-à-dire en menant une coalition traditionnelle de centre droit CDU-CSU/FDP. Les libéraux-démocrates, généralement pro-européens, étaient les alliés traditionnels des chrétiens-démocrates depuis l’arrivée au pouvoir d’Helmut Kohl, en 1982. Ce fut la raison pour laquelle une grande coalition (dite "GroKo") a été constituée pour la mandature 2013-2017, alliance CDU-CSU/SPD.

Lors de la reprise en main du SPD par Martin Schulz le 19 mars 2017, ancien Président du Parlement Européen (du 17 janvier 2012 au 17 janvier 2017), il avait fait campagne pour devenir lui-même Chancelier et surtout, il avait exclu toute reconduction de la grande coalition, qui favorise les extrêmes et les populismes en supprimant le clivage classique droite/gauche, et surtout, il avait exclu d’être ministre d’Angela Merkel. La cuisante déconfiture du SPD a d’ailleurs conforté les sociaux-démocrates dans leur volonté de faire une cure d’opposition pour reprendre leur identité politique (fondue dans la grande coalition au pouvoir pendant quatre ans).

Le double problème d’Angela Merkel, c’était que d’une part, le FDP, repris le 7 décembre 2013 par le jeune leader ambitieux Christian Lindner, qui n’avait plus d’élus nationaux, a fait évoluer le projet du FDP vers un certain euroscepticisme (qui a sans doute permis son retour fracassant sur la scène nationale), et d’autre part, une coalition CDU-CSU/FDP ne pourrait pas, de toute façon, à elle seule, atteindre la majorité absolue des sièges (seulement 326 sur 709, il manquerait donc 34 sièges pour former un coalition viable).

Ces deux considérations ont fait opter Angela Merkel, encore en position de leader puisqu’à la tête du parti ayant recueilli le plus de voix, en faveur d’une coalition "jamaïcaine" comprenant la CDU-CSU, le FDP et les Verts (total de 393 sièges).

Une telle coalition, si exotique fût-elle (reprenant les couleurs de la Jamaïque : noir pour CDU, jaune pour FDP et vert pour les écologistes), n’était pas inconcevable puisqu’elle avait déjà été envisagée à l’issue des élections fédérales du 18 septembre 2005 et qu’elle a été installée pour la première fois dans la Sarre entre le 10 novembre 2009 et le 18 janvier 2012 sous la présidence de Peter Müller (CDU), le prédécesseur d’Annagret Kramp-Karrenbauer (l’échec de cette coalition est venu du FDP). Une autre coalition jamaïcaine est actuellement en responsabilités dans le Schleswig-Holstein dirigé par le ministre-président Daniel Günther (CDU) depuis le 28 juin 2017.

Après plusieurs semaines de discussions exploratoires, l’hypothèse de la coalition jamaïcaine à l’échelle fédérale fut abandonnée après l’échec des négociations le 19 novembre 2017. L’échec a été imputé à Christian Lindner qui a rompu sur l’accueil des réfugiés (position considérée comme irréductiblement opposée à celle des Verts), mais plus généralement, le FDP ne souhaitait pas retourner au gouvernement si rapidement.

Malgré ses réticences initiales, le SPD a accepté d’envisager une nouvelle grande coalition avec la CDU-CSU. Il faut rappeler les intérêts électoraux en jeu : en cas d’impossibilité de former une coalition gouvernementale, de nouvelles élections fédérales seraient alors organisées, et l’on peut imaginer qu’elles n’avantageraient pas la CDU-CSU ni le SPD, incapables de s’entendre. Le risque électoral était donc trop grand notamment pour la SPD, pour ne pas tenter la grande coalition. Le problème fut que cela a mis en porte-à-faux Martin Schulz qui avait fait campagne contre cette grande coalition.

Sur la pression du Président de la République (ancien ministre SPD), le SPD a pris ses responsabilités et a accepté, dans l’intérêt national, contre son intérêt partisan, de gouverner avec la CDU-CSU. Les nouvelles discussions exploratoires ont abouti à un premier accord de principe le 12 janvier 2018, qui fut ratifié le 21 janvier 2018 par les délégués sociaux-démocrates convoqués à un congrès extraordinaire du SPD (avec une courte majorité). Ce feu vert (de justesse) a permis la négociation d’un contrat de gouvernement qui a été finalisé le 7 février 2018.

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Ce contrat devait encore être ratifié par l’ensemble des adhérents du SPD. La personnalité de Martin Schulz, pressenti pour devenir le numéro deux du gouvernement, Vice-Chancelier et Ministre des Affaires étrangères, fut cependant très contestée au sein du SPD, notamment parce qu’il trahissait son engagement personnel de ne jamais être un ministre d’Angela Merkel (parfois, il ne faut pas promettre n’importe quoi lorsqu’on est en campagne car on peut s’en mordre les doigts).

Finalement, pour ne pas compromettre l’accord gouvernemental, Martin Schulz a renoncé à être ministre dans un communiqué publié le 9 février 2018 (« Je déclare par la présente renoncer à mon entrée au gouvernement. ») et a démissionné de son poste de président du SPD le 13 février 2018. Olaf Scholz (50 ans) assure l’intérim de la présidence du SPD à partir de cette date, premier bourgmestre de Hambourg depuis le 7 mars 2011 (sorte de super-maire).

Martin Schulz soutient la candidature d’Andrea Nahles (47 ans) à la présidence du SPD . Elle est une ancienne Ministre du Travail du 17 décembre 2013 au 27 septembre 2017, une ancienne secrétaire générale du SPD de novembre 2009 au janvier 2014, et elle est l’actuelle présidente du groupe SPD au Bundestag. La désignation du successeur de Martin Schulz à la tête du SPD doit avoir lieu lors d’un nouveau congrès du SPD le 22 avril 2018 à Wiesbaden (Andrea Nahles n’a pas pu assurer l’intérim car elle n’était pas encore membre de la direction nationale et sa nomination aurait risqué d’être contestée en interne).

Parce qu’elle a fait beaucoup de concessions aux sociaux-démocrates, Angela Merkel aussi a été contestée au sein de la CDU, et elle a dû faire une intervention télévisée sur la ZDF le 11 février 2018 pour assurer la cohésion de ses troupes. Craignant le rejet de la grande coalition par les militants du SPD, elle a aussi envisagé et préparé l’hypothèse d’un gouvernement minoritaire uniquement composé des chrétiens-démocrates.

L’affaire finalement a bien tourné pour Angela Merkel : le dimanche 4 mars 2018, les 464 000 adhérents du SPD ont approuvé la grande coalition avec 66% des voix, un score qui n’admet aucune ambiguïté avec une participation de 78%. Dès le lendemain, le Président de la République Frank-Walter Steinmeier a pu formellement proposer Angela Merkel pour rester Chancelière fédérale dont l’investiture est prévue, donc, ce mercredi 14 mars 2018.

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Dans le nouveau gouvernement allemand qui va être investi, le numéro deux est Olaf Scholz comme Vice-Chancelier et Ministre des Finances. Heiko Maas (51 ans), SPD, est le nouveau Ministre des Affaires étrangères (il était le Ministre de la Justice et de la Protection du consommateur depuis le 17 décembre 2013). Et Horst Seehofer (68 ans), président de la CSU depuis le 25 octobre 2008 et ministre-président de la Bavière depuis le 27 octobre 2008, est le nouveau Ministre de l’Intérieur, des Travaux publics et de la Patrie. Horst Seehofer a assuré l’intérim de la Présidence de la République entre le 17 février 2012 et le 18 mars 2012 dans l’attente de l’élection de Joaquim Gauck, en sa qualité de Président du Bundesrat qu’il fut du 1er novembre 2011 au 31 octobre 2012. Il avait déjà occupé des postes ministériels, à la Santé entre 1992 et 1998 et l’Agriculture entre 2005 et 2008.

Par ailleurs, deux femmes occupent des ministères régaliens. À la Justice et à la Protection du consommateur est nommée Katarina Barley (49 ans), SPD, ancienne secrétaire générale du SPD du 11 décembre 2015 au 2 juin 2017, et ministre sortante depuis cette date. À la Défense est reconuite Ursula von der Leyen (59 ans), CDU (elle est Ministre de la Défense depuis le 17 décembre 2013 et est ministre sans discontinuer depuis le 22 novembre 2005). En tout, il y a six femmes ministres sur un total de quinze, dont Julia Klöchner (45 ans), vice-présidente de la CDU depuis le 4 décembre 2012, à l’Alimentation et à l’Agriculture. Contrairement au gouvernement français, deux grands ministres allemands conserveront leurs importantes responsabilités locales (Olaf Scholz à Hambourg et Horst Seehofer en Bavière).

Sur ses quatre mandats, Angela Merkel aura gouverné trois fois dans le cadre d’une grande coalition CDU-CSU/SPD. Elle pourra s’appuyer pendant trois ans et demi sur une majorité de 399 députés sur 709 pour diriger le pays. Paradoxalement, l’Union Européenne n’est pas "soulagée" pour autant, puisque le même jour que l’approbation de la GroKo par la base du SPD, un nouveau parlement italien a été élu, le 4 mars 2018, qui rend l’Italie encore plus ingouvernable qu’en Allemagne.

Comme on l’observe, le scrutin proportionnel empêche l’expression d’un gouvernement avec une politique nationale clairement identifiable dès lors que le paysage politique est éclaté. C’est pourquoi l’introduction du scrutin proportionnel en France pour l'élection des députés serait une véritable faute historique alors que le point fort de la France réside justement dans ses institutions qui permettent à la fois la stabilité et la démocratie.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (13 mars 2018)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
La GroKo d’Angela Merkel.
Trump veut taxer l’acier européen et les voitures allemandes.
Triste jour du 30 janvier 1933.
Allemagne : Martin Schulz quitte la présidence du SPD.
Les élections fédérales allemandes du 24 septembre 2017.
L’Europe de Jean-Claude Juncker.
Le Traité de Maasticht.
Attentat à Berlin.
L’hommage de l’Europe à Helmut Kohl.
Helmut Kohl, le colosse érodé.
Un homme qui a façonné l'histoire.
Helmut Kohl et Viktor Orban.
Angela Merkel, l’honneur de l’Europe de la solidarité.
La Réunification allemande.
L’amitié franco-allemande.
Le symbole de Verdun.
Les risques de la germanophobie.
L’industrie allemande est-elle honnête ?
Le mur de Berlin.
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Les dettes de guerre.
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Le décennat de la Bundeskanzlerin.
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Mutti Merkel, reine du monde ?
Joachim Glauck.
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5 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 14 mars 10:43

    Valable aussi pour l’Europe : "L’Etat est notre serviteur et nous n’avons pas à en être les esclaves. " Albert Einstein


    • Montdragon Montdragon 14 mars 13:04

      Salade-tomates-oignons-sauce blanche pour tout le monde !


      • toma 14 mars 21:11

        Et oui, rappelons que nombre de mandats de chancelier n’est pas limité. Merkel pourrait encore être là une cinquième fois. Ou sixième...

        Reste que l’AFD n’est pas d’extrême droite, je le rappelle un discours de l’AFD, sifflé... Qui était une reprise d’un discours de Merkel.

        Elle-même est instable, poussée dans le dos par sa branche conservatrice (on dit cela dans cas de la CDU CSU), c’est bien elle qui déclare ; multi-kulti ist gescheitert !!!!

        Et 2 ans passent, elle prend 2 millions de migrants, la guerre finie le con de Maas refuse de les renvoyer chez eux alors que les russes aidant Assad libère 80% du pays. Logique, dans le tas, des marocains, algériens, afghans... Migrants économiques ou réfugiés de guerre ? On maintient le trouble volontairement. Je suis OK pour accueillir des réfugiés sans réserve, sinon jE suis contre une immigration incontrôlée.

        Pourquoi ? C’est migrants sont utiles au pays, en dehors de violer parfois une blonde allemande faisant du jogging, ils bossent parfois aussi. L’économie allemande est de facto en pleine emploi ! Les entreprises vont devoir soit refuser des commandes et donc augmenter leurs prix (jeu offre/demande) soit attirer des locaux légaux et augmenter les salaires pour tenir la cadence (perte de marge pour les entreprises).

        Donc voilà. De plus, les polonais, tchèques ont plus aucun intérêt a venir, ils vivent bien chez eux, restent les ukrainiens,...

        Je dis, on verra dans 4 ans. Ou sera Linke, afd et fdp.

        Grosse critique aussi a cet article sur la critique du système de gouvernance par coalition. Le système totalement non représentatif français n’est pas mieux, lrem gouverne par ordonnance sans respect ni du FN ni de FI ni de personne. De plus les Länders ont un parlement eux, et le Bundesrat aussi. On a ici un pays décentralisé, ce que de France on ne comprend évidement pas. Aussi, le gouvernement reste en affaires courantes, suffisant, pas besoin de pondre des nouvelles lois du matin au soir, d’ailleurs, quel pays traîne a transposer les los européennes ?

        Mon boulot de citoyen c’est de voter, le boulot des élus c’est de former une majorité. Si ça prend 6 mois, triste, mais cela représente les avis de la population, a mon avis, macron et son « parti » représente très mal la population française dans sa complexité.


        • zygzornifle zygzornifle 15 mars 15:03

          Elle s’accroche comme une moule a son rocher .....


          • Doume65 16 mars 11:49

            Quel que soit le sujet évoqué, les liens dirigent systématiquement vers le même site, sur lequel figurent des pubs. Cela laisse un goût d’autopromotion (en vue de retirer quelques subsides du net ?).

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