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Accueil du site > Actualités > Europe > Monsanto, révélateur de l’Union Européenne

Monsanto, révélateur de l’Union Européenne

Bien sûr, pour une fois, une bonne décision a été prise avec l’interdiction de la pêche électrique, mais le bilan environnemental de l’UE est assez calamiteux, plaçant systématiquement les intérêts du monde des affaires avant tout principe de précautionL’interdiction du glyphosate par le Vietnam, après celle décidée par le Sri Lanka en 2015 en dit long sur la nature de l’UE.

 
Quand Paris a moins de pouvoir que Colombo
 
Le choix du Vietnam est intéressant à plus d’un titre. D’abord, il n’est pas inintéressant de souligner les interférences des Etats-Unis, le ministre de l’Agriculture étant monté au créneau pour exprimer sa déception, allant même jusqu’à parler « d’effets dévastateurs sur la production agricole mondiale  », en menaçant d’un recours à l’OMC. Des déclarations assez révélatrices alors que la justice étasunienne vient de sanctionner Monsanto pour le rôle du Roundup dans un cancer. Mais ce choix rappelle aussi que des pays peuvent parfaitement décider de se passer d’un produit probablement dangereux comme le glyphosate, sans en référer à quiconque, comme l’ont fait le Vietnam et le Sri Lanka.
 
Le contraste avec l’UE est frappant. Après de très longues années de discussion, en 2017, une interdiction a été programmée pour 2022, sans qu’il soit parfaitement clair si elle sera véritablement mise en place. En effet, un an plus tard, la commission européenne a interdit à Bruxelles d’interdire le glyphosate en évoquant le caractère « trop abstrait  » du « principe de précaution  ». Les belges s’appuyaient sur l’absence de consensus scientifique sur le sujet, mais la commission a rétorqué avec une liste d’experts affirmant qu’il n’y a pas de justification pour une classification du glyphosate comme cancérigène, une affirmation piquante pour qui connaît les liaisons dangereuses entre UE et Monsanto.
 
Mais plus fondamentalement, n’est-il pas effarant que les pays de l’UE aient tout simplement renoncé à pouvoir décider d’autoriser ou pas le glyphosate chez eux ? Après tout, si le Sri Lanka ou le Vietnam peuvent le faire, pourquoi ne le pourrions-nous pas ? Comment soutenir qu’une seule règle pour toute l’UE a plus de sens que la liberté pour chaque pays d’autoriser ou pas ces produits ? Il est frappant de constater comment le poison idéologique de l’UE a réussi à éteindre toute velléité de décider de son destin tant de nos dirigeants. Même les pseudo-écologistes préfèrent leur religion européiste à la défense de l’environnement, ne remettant pas en cause l’UE, même si elle impose le glyphosate !
 
Bien sûr, l’interdiction seule serait insuffisante car interdire le glyphosate chez soi et laisser rentrer tous les produits fabriqués avec du glyphosate représenterait une concurrence déloyale de plus pour nos agriculteurs et une protection limitée. Mais ce qui est frappant, c’est que si le Vietnam et le Sri Lanka le font, pourquoi la Belgique et la France ne pourraient pas le faire ? Ce que cela signifie, c’est que dans l’UE, les intérêts du monde des affaires et de Monsanto passent avant le principe de précaution, notre santé et la démocratie. La religion folle du marché unique écrase tout et a produit un fonctionnement digne d’ayatollahs totalitaires. Merci au Vietnam de nous rappeler ce que doit pouvoir faire un pays.
 
 
Bien sûr, comme depuis 10 ans, les trolls à la solde de Monsanto vont probablement être réveillés par un tel papier, mais les révélations des Monsanto Papers ont jeté une lumière crue sur les agissements de cette entreprise, disqualifiant largement leurs commentaires. Une nouvelle preuve de la folie complète de cette UE, mais aussi de l’effet délétère qu’elle a sur nos démocraties.

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19 réactions à cet article    


  • Dom66 Dom66 30 avril 13:26

    Bonjour, Laurent Herblay,

    Très bon l’article, c’est positif de faire de rappelles sur ce sujet. Merci

    « le bilan environnemental de l’UE est assez calamiteux » je dirais absolument très calamiteux.

    Monsanto il me semble a été racheté par « Bayer » célèbre depuis 39/40


    • V_Parlier V_Parlier 1er mai 13:49

      @Dom66
      D’ailleurs c’est depuis qu’ils ne sont plus américains mais allemands qu’ils ont comme par hasard des ennuis dans leur « ex-patrie ». Avant ils étaient miraculeusement protégés... Parfois, par chance, le côté impitoyable du business peut avoir quelques effets positifs, sans le faire exprès !


    • Attila Attila 30 avril 19:08

      Lorsqu’un patient attaque son médecin en justice pour mauvais soins, le tribunal vérifie d’abord que le patient a bien été soigné selon les acquis de la science.

      Ce sont les résultats des études scientifiques validées qui constituent des preuves.

      Les preuves de la dangerosité du glyphosate ou de toute autre substance sont établies par des études scientifiques validées. C’est à dire des études scientifiques qui ont subi l’analyse critique d’autres scientifiques compétents en la matière et qui ne sont pas impliqués dans l’étude.

      Lorsque l’analyse critique ne révèle aucun défaut de procédure, aucun conflit d’intérêt, que les financements sont transparents, que l’analyse statistique est correcte, etc, l’étude scientifique est reconnue comme valable, elle est validée et constitue désormais une preuve reconnue par les tribunaux, du moins en France.

      .

      Le glyphosate a été étudié pour deux risques importants : la toxicité et la cancérogénéité.

      La toxicité est l’aptitude ou non à se comporter comme un poison. Elle s’évalue par une procédure scientifique normalisée reconnue dans le monde entier basée sur le taux de mortalité des rats de laboratoire auxquels on a fait absorber le produit à tester. Cela porte le nom de « dose létale médiane » ou DL50.

      La DL50 du glyphosate est entre 4 et 5 grammes. Par comparaison, la DL50 du sel de cuisine, le chlorure de sodium que nous absorbons tous les jours est de seulement 3,3 grammes.

      Il faut plus de glyphosate que de sel pour tuer les rats de laboratoire, le glyphosate est donc légèrement moins toxique que le sel de cuisine : ce n’est pas un poison.

      .

      Concernant la cancérogénéité, les études scientifiques consistent à compter le nombre de cancers apparus dans une population de personnes soumises au risque et à le comparer avec le nombre de cancers apparus dans une autre population comparable mais qui n’est pas en contact avec le produit à risque.

      Cela s’appelle une étude de cohorte. Deux études importante ont été effectuées, une américaine et une française. Les deux aboutissent au même résultat : il n’y a pas plus de cancer chez les personnes qui utilisent professionnellement le glyphosate que chez celles qui ne l’utilisent pas.

      Le glyphosate n’est pas cancérigène.

      .

      "Bien sûr, comme depuis 10 ans, les trolls à la solde de Monsanto vont probablement être réveillés par un tel papier, mais les révélations des Monsanto Papers ont jeté une lumière crue sur les agissements de cette entreprise, disqualifiant largement leurs commentaires "

      Mônsieur Laurent Pinsolle, les scientifique qui ont réalisé ces deux études ont une réputation d’honnêteté et de rigueur scientifique, personne n’a trouvé de conflit d’intérêts, les financements sont transparents.

      Si vous n’apportez pas la preuve que ces scientifiques ont été payés par Monsanto, vous commettez un acte qui porte le nom de diffamation et qui est puni par la loi.

      .

      Glyphosate, le nouvel amiante ?

      .

      Glyphosate, une désinformation que vous avalez tous les matins

      .

      Pesticides et cancers chez les agriculteurs

      .


      • Ornicar 30 avril 19:56

        @Attila
        .
        C’est odieux, tout ce que vous écrivez. 


      • Attila Attila 30 avril 20:35

        @Ornicar
        Vous n’êtes même pas foutu de lire les liens que j’ai mis.
        Que ça vous plaise ou pas, vous n’y pouvez rien : la Terre n’est pas plate et immobile et le glyphosate n’est ni toxique ni cancérigène : ce sont les études scientifiques validées qui le prouvent, pas moi.

        .


      • Attila Attila 30 avril 21:52

        @Ornicar
        Ce qui est odieux, c’est de faire comme Laurent Pinsolle : diffamer ses contradicteurs pour défendre son point de vue. Ce qui est odieux, c’est d’accuser tous ses contradicteurs d’être corrompus, sans la moindre preuve, évidemment.
        Il faut être vraiment minable pour faire cela car la plupart des lecteurs savent bien qu’un point de vue valable se défend par des méthodes intellectuellement honnêtes. Quand on en arrive à utiliser la diffamation pour défendre son point de vue c’est qu’il ne vaut rien car il ne peut pas être défendu honnêtement.

        .


      • Duke77 Duke77 30 avril 22:02

        @Attila
        L’effet cancérigène du glyphosate et des OGM a été prouvé depuis des années par l’étude du Pr Seralini.
        Cette étude a été discréditée, certes, mais sur les plateaux télés ou dans les articles expliquant que les conclusions de cette étude étaient irrecevables, aucun argument ne tenait la route. Ainsi, on a critiqué le petit nombre de cobayes dans les groupes de rats observés durant l’étude. Sauf qu’en matière de statistiques, seul un résultat nul peut être remis en cause du fait du nombre insuffisant d’individus d’un pool de test. Par exemple, dans cette étude, 3 rats sur 10 sont atteints d’un cancer à moyen terme contre seulement 1 ou 0 rats qui n’ont pas mangé d’OGM. Les détracteurs ont alors rétorqué que 10 rats sont insuffisants pour réaliser une étude probante. Cet argument est faux. En effet, en ayant seulement 10 cobayes dans chaque groupe, cette étude ne peut générer qu’une précision de 1/10 ou 10%. Peut-être qu’avec plus de rats dans les groupes, 100 par exemple, le résultat, au lieu d’être de 3/10 aurait été de 33/100 ou 28/100. Mais la tendance est bien là : plus de rats développent des cancers avec la formule Monsanto (glyphosate/ogm). Seul le manque de précision peut-être repproché. Il y a eu ici une véritable escroquerie intellectuelle. En revanche, si le résultat était de 0 rats sur 10, là , effectivement, on aurait pu repproché que le faible nombre de cobayes dans les groupes pouvait induire une erreur, car peut-être que sur 100 rats, on aurait eu 3 malades, au lieu de zéro sur dix. Le « pas » de 10 au lieu de 100 ne permet pas de mettre en exergue un résultat proche de zéro en effet. Donc, en matière de statistiques, la faible précision lié au nombre de cobayes ne peut remettre en cause la conclusion que si le résultat est nul ! Pour Séralini, cela ne s’applique donc pas, puisque ses résultats tournent autour de 2/10 ou 3/10.
        Il a été aussi critiqué pour la race de rats utilisés, race qui est connue pour avoir des cancers assez facilement. Quelle connerie cet argument quand on y pense ! Evidemment, qu’un témoin/cobaye dans une expérience de carcinogenèse doit avoir la faculté de développer un cancer ! Si vous prenez des scorpions (espèce connue pour résister à 2000 rads et qui sont capables d’encaisser les radiations comme aucun autre animal) pour tester l’impact des radiations sur les être vivants, votre étude va bien évidemment être faussée ! Utiliser un rat qui peut attraper le cancer rapidement est donc logique si on veut que ces cobayes soient révélateurs d’un facteur cancérigène sous un délai assez bref. L’étude ne durant que quelques mois. A noter que chez l’humain , un cancer n’est détectable qu’au bout de 7 ans en moyenne, délai au bout duquel la tumeur est suffisamment grosse pour être vue avec les appareils de la médecine moderne. Utiliser une espèce sensible de rats est donc le meilleur choix pour obtenir une tendance à court terme. Et cela n’enlève rien à la conclusion puisque ce sont les mêmes rats avec lesquels la comparaison est faite dans l’étude pour distinguer l’apparition des cancers chez ceux nourris aux OGM ou non.


      • Ornicar 30 avril 22:31

        @Attila
        .
        Je vous faisais marcher.
        Mais ici il y a beaucoup de gens qui pensent odieux ce qui n’est pas conforme à leurs certitudes scientifico-affectives ou politico-affectives. J’ai hésité avant de m’inscrire, je dois dire. 


      • Attila Attila 1er mai 05:27

        @Duke77
        Les études sur les rats ne suffisent pas à prouver quoi que ce soit concernant le risque de cancer, ce sont les études cliniques qui doivent confirmer ou infirmer.
        Les cancers des rats de Seralini ne prouvent pas le risque chez l’homme. Mais l’inverse serait vrai aussi : une absence de cancers chez les rats ne prouverait pas l’absence de risques pour l’homme.
        Ce sont les études cliniques qui apportent des preuves. Les études cliniques dont j’ai mis les liens plus haut sont colossales : 54000 agriculteurs suivis médicalement pendant 20 ans pour l’étude américaine, 180000 agriculteurs pour l’étude française, on n’a détecté aucun cas supplémentaire de cancers chez les agriculteurs exposés au glyphosate dans les deux études.

        .


      • foufouille foufouille 1er mai 08:58

        @Duke77
        c’est pas grave si trois autres études le contredisent, les rats utilisés sont une souche spéciale qui a beaucoup de tumeurs de toute façon avec une certaine alimentation.
        comme d’hab vérité = parole khmer vert, pas khmer vert = mensonge.
        khmer travaillé gratuitement, vivre eau de pluie ........


      • V_Parlier V_Parlier 1er mai 13:52

        @Attila
        Cette naïveté qui consiste à croire que si un produit peut être ingéré sans faire mourir immédiatement, c’est qu’il est moins dangereux qu’un banal toxique faible qui n’a pas d’effet à long terme... Et ça joue le scientifique...


      • Attila Attila 1er mai 17:53

        @V_Parlier
        « Et ça joue le scientifique... »
        Ça, pour sûr, ça ne risque pas de vous arriver !

        .


      • Bellis 1er mai 19:38

        @Attila

        Il est trés étonnant de constater que l’on s’attache uniquement à la santé humaine. Le glyphosate détruit la vie du sol des eaux et accessoirement la vie animale. Mettez une cuillère de Round-up dans un aquarium, vous serez étonné.


      • Attila Attila 1er mai 19:56

        @Bellis
        Ça vous étonne car vous êtes écologiste, pour vous la nature a plus de valeur que l’homme. Mais tout le monde n’a pas vos croyances.

        .


      • Attila Attila 30 avril 22:38

        Soyez content : j’ai bien marché.

        Moi aussi, j’ai commencé par lire Agoravox pendant plusieurs années. J’ai reçu beaucoup d’informations, des liens vers des documents surtout.

        Puis un jour, j’ai pensé que je pouvais donner des informations à mon tour et je me suis inscrit.

        .


        • Attila Attila 30 avril 22:40

          @Attila
          adressé à Ornicar (j’ai posté trop vite !)


        • popov 1er mai 04:35

          Je comprends le Vietnam et les pays avoisinants : il ont été aspergés d’agent orange produit par le même Monsanto (et Dow Chemicals).

          Que le glyphosate soit cancéreux ou pas, ils ont raison de refuser l’utilisation d’un produit de Monsanto.

          Il est tout à fait possible de cultiver sans utiliser de désherbants, surtout quand la main d’œuvre est abondante. Dans des pays comme la France, il serait temps de penser sérieusement à confier le désherbage à des robots.


          • zygzornifle zygzornifle 1er mai 13:56

            Bah ils arrosent LaREM pour cela....


            • cilaos 1er mai 16:39

              C’est très bizarre de bannir un produit toxique alors que la France vient de vendre 12 sous marin de guerre à l’Australie mais les armes c’est « classe » c’est « branché » et puis c’est made in France le pays des droits des armes et c’est c’est pas les écolos qui vont dénoncer la vente d’armes sinon ils passent plus à la télé !

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