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Accueil du site > Actualités > Europe > Otto von Europa, l’empereur sans couronne

Otto von Europa, l’empereur sans couronne

« La grandeur de l’Empire Médian, de ces terres de Lotharingie, de Bourgogne, des Pays-Bas, qui, à travers l’histoire, ont fourni l’axe de la pensée, de la culture et de la politique européenne. Ces peuples, de l’embouchure du Rhin à la vallée du Rhône, ont des caractéristiques communes. Ils sont intelligents, travailleurs, réalistes et religieux. Leur situation géographique les immunise contre les excès de nationalisme. » (Otto de Habsbourg-Lorraine, le 26 septembre 1966).

L’empereur d’Autriche-Hongrie Otto de Habsbourg-Lorraine (OHL), adorateur de la langue française, est mort il y a dix ans, le 4 juillet 2011, à l’âge de 98 ans (il est né le 20 novembre 1912). Il s’est éteint paisiblement à son domicile de Bavière, au bord d’un lac, à Pöcking (il était citoyen allemand) et il a été enterré le 16 juillet 2011 dans la Crypte des Capucins à Vienne, auprès de la princesse Regina de Saxe-Meiningen qu’il avait épousée il y a soixante-dix ans, le 10 mai 1951, à Nancy (en Lorraine), et qui est morte un peu avant lui, le 3 février 2010.

De nombreuses messes de requiem furent données, la principale dans sa commune, célébrée par l’évêque d’Augsbourg. Par ailleurs, le cœur d’Otto de Habsbourg-Lorraine a été prélevé sur le corps et repose depuis le 17 juillet 2011 à l’abbaye de Panonhalma, en Hongrie, selon la tradition des empereurs dont les restes devaient reposer à la fois en Autriche et en Hongrie.

Pendant le temps entre le décès à Pöcking et l’inhumation à Vienne, le corps fut placé sous la protection des gardes d’honneur habillés en uniforme austro-hongrois, sous l’étendard de la Maison de Habsbourg.

J’imagine tout de suite à cette lecture introductive une interrogation sur l’anachronisme suscité par le titre : Otto de Habsbourg-Lorraine, qui était en fait Otto Habsburg-Lothringen sur son passeport en Allemagne qui ne reconnaît aucune titre et certainement pas sa particule (la République française pourrait en prendre de la graine), n’était évidemment pas empereur d’Autriche-Hongrie car ce grand empire d’Europe centrale a été dissout avec le Traité de Versailles et les autres traités qui ont suivi. Né avant la Première Guerre mondiale, Otto de Habsbourg-Lorraine était donc à lui tout seul une pièce de collection rare, une sorte de fossile vivant de l’ancien ordre du monde d’avant les traumatismes des deux guerres mondiales.

Il était donc seulement prétendant au trône, celui d’empereur d’Autriche-Hongrie, de roi de Bohême et de roi de Hongrie. Il était aussi archiduc d’Autriche, prince de Croatie, duc de Lorraine, et duc de Bar (Bar-le-Duc, chef-lieu de la Meuse), du moins entre autres, car son "règne" s’étendait sur plusieurs pays européens. Il était officiellement prétendant aux trônes d’Autriche et de Hongrie du 1er avril 1922 au 1er janvier 2007, date à laquelle il renonça au profit de son fils Charles né le 11 janvier 1961. La mère d’Otto était l’impératrice Zita de Bourbon-Parme (1892-1989). Otto de Habsbourg-Lorraine était un Européen passionné d’après-empire.

Pour le Lorrain que je suis, natif de Nancy et Européen pleinement engagé, comment ne pas apprécier sinon admirer cet amoureux de l’Europe, de la Lorraine et de l’ancienne capitale du duché, Nancy ? J’avais visité quand j’étais un très jeune écolier le Musée lorrain, dans la vieille ville, et juste à côté se tient la Chapelle des Cordeliers où sont enterrés la plupart des souverains de la Maison de Lorraine. Pas étonnant donc qu’OHL se soit marié dans cette si belle ville et qu’il s’y soit régulièrement rendu (même François-Joseph Ier est venu s’y recueillir en 1867). Une messe de requiem y a d’ailleurs été dite lors du décès de l’archiduc, le 11 juillet 2011, suivie par 350 personnes, j’imagine surtout des Nancéiens, et des Lorrains plus généralement. Cette Chapelle, je la longeais deux fois par jour pendant de nombreuses années en allant à la Pépinière, sur le chemin du lycée. Je savais qu’il y avait à l’intérieur toute l’histoire européenne.

Otto de Habsbourg-Lorraine a eu le titre très officiel de prince impérial du 21 novembre 1916 au 12 novembre 1918, pendant que son père Charles Ier (1887-1922) régnait dans une Europe à feu et à sang, régnait sur un pays qui était à l’origine de ce conflit mondial. Charles Ier, le dernier empereur d’Autriche-Hongrie, était le petit-neveu du flamboyant François-Joseph Ier (1830-1916), le mari de Sissi, qui régna au centre de l’Europe du 2 décembre 1848 au 21 novembre 1916, auquel il succéda. Le père de Charles Ier, Otto (1865-1906), était le fils de Charles-Louis (1833-1896), lui-même frère de François-Joseph Ier, également frère du malheureux empereur du Mexique Maximilien Ier (1832-1867).

Parmi les ascendants d’Otto, on peut citer deux arrière-grands-pères Georges Ier de Saxe (1832-1904), roi de Saxe, et Michel Ier de Portugal (1802-1866), roi de Portugal et des Algarves. Parmi ses arrière-arrière-grands-parents : Ferdinand II des Deux-Siciles (1810-1859), roi des Deux-Siciles, Jean Ier de Saxe (1801-1873), roi de Saxe, Jean IV de Portugal (1767-1826), roi du "Royaume-Uni" de Portugal, du Brésil et des Algarves, et Ferdinand II de Portugal (1816-1885), cousin germain de la reine Victoria. Dans la génération au-dessus (arrière-arrière-arrière-grands-parents), il y a notamment François Ier d’Autriche (1768-1835), empereur du Saint-Empire, également empereur d’Autriche, roi de Lombardie-Vénétie, roi de Hongrie et de Bohême, et Charles X de France (1757-1836), roi de France et de Navarre (et frère de Louis XVI et de Louis XVIII). Cette ascendance française permet d’expliquer pourquoi Otto a défendu l’usage de la langue française dans les échanges européens à la place de l’anglais.

La loi du 3 avril 1919 votée par l’Assemblée constituante de l’Autriche allemande (l’un des pays républicains qui ont succédé à l’Empire austro-hongrois) a imposé l’exil de la famille impériale et a confisqué ses biens. Cette loi, qui était en vigueur pendant tout le siècle dernier (sauf pendant quelques années, entre 1935 et 1938) a été "retoquée" par l’Union Européenne lorsque l’Autriche a voulu adhérer (au nom des droits de l’homme, l’Union Européenne s’était opposée à l’interdiction faite à la famille impériale de rentrer en Autriche). Une autre disposition a été retirée également en juin 2011, l’interdiction faite à la famille impériale de se présenter à l’élection présidentielle autrichienne. En revanche, la confiscation des biens reste toujours en vigueur.

C’est à cause de cette loi d’exil que le couple impérial s’est marié à Nancy, sinon, il serait allé à la basilique de Mariazell, près de Graz, en Autriche, qui est un lieu de pèlerinage.

C’est la raison pour laquelle Otto de Habsbourg-Lorraine résida, entre les deux guerres mondiales, d’abord au Portugal (à Madère, où son jeune père est mort de pneumonie), puis en Espagne, en France, en Belgique (il a soutenu sa thèse de doctorat en sciences politiques et sociales en 1935 à l’Université de Louvain sur "Coutumes et droits successoraux de la classe paysanne et l’indivision des propriétés rurales en Autriche"), au Québec et aux États-Unis. Il avait fui en 1940 l’Europe parce que Hitler voulait sa mort ; en effet, Otto avait fortement critiqué l’Anschluss (l’annexion le 12 mars 1938 de l’Autriche par l’Allemagne nazie). Résidant à Washington, l’archiduc a sympathisé avec Franklin Roosevelt.

Après la guerre, Otto retourna en Europe et s’installa définitivement à Pöcking, en Bavière, le 10 mai 1954, surtout pour son épouse allemande. Il allait assez souvent en France et en Espagne, et plus généralement, il n’a pas cessé de voyager à travers l’Europe pour une cause qui paraît finalement assez étonnante pour un fils d’empereur : il militait inlassablement pour la construction européenne. Il a vu, au cœur de l’Europe, ce qu’avait entraîné le désaccord de nations très antagonistes alors que le continent aurait dû s’unir pour faire face à la concurrence d’autres nations continentales (la Russie, les États-Unis, la Chine, l’Inde, etc.). Il était à lui tout seul à la fois un atlas géographique et un manuel d’histoire contemporaine.

Herr Doktor Otto Habsburg-Lothringen n’a obtenu la nationalité allemande qu’en 1978, mais dès 1961, il affirma renoncer à ses prétentions impériales (autrichiennes) et royales (hongroises). Il faut donc corriger ou préciser ce que j’ai écrit plus haut : il n’était plus le "prétendant", simplement le chef de la Maison de Habsbourg-Lorraine. Il a pu revenir en Autriche en 1966. Il a aussi retrouvé sa nationalité hongroise en 1989. On lui a même proposé d’être candidat à l’élection présidentielle en Hongrie, proposition qu’il a rejetée.

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Fervent partisan de l’unité européenne, il s’est présenté et s’est fait élire quatre fois au Parlement Européen, sous l’étique CSU (la CDU bavaroise), de juin 1979 à juin 1999. Pendant vingt ans, il exerça son mandat (avec un âge très avancé, il quitta le Parlement de Strasbourg à l’âge de 86 ans et fut deux fois le doyen d’âge, à ce titre, le président de la première session).

Otto de Habsbourg-Lorraine a présidé pendant longtemps, de 1973 à 2004, l’Union paneuropéenne internationale créée en 1922 par le comte Richard Coudenhove-Kalergi (1894-1972), un philosophe nippo-austro-hongrois (et également français), dont l’objectif était d’unifier l’Europe pour faire face économiquement et militairement aux autres grands ensembles continentaux dans le monde. Otto de Habsbourg-Lorraine s’est engagé dans ce mouvement dès 1935 et en est devenu vice-président en 1957.

Richard Coudenhove-Kalergi a inspiré la création du Conseil de l’Europe en 1949 et fut proche de De Gaulle. D’ailleurs, beaucoup de gaullistes se sont investi dans cette organisation paneuropéenne, notamment Georges Pompidou, Alain Peyrefitte, Louis Terrenoire, Raymond Triboulet, Michel Habib-Deloncle, Michel Cointat, puis, plus récemment, Yvon Bourges, Hervé Gaymard, Arnaud Danjean et enfin Alain Terrenoire. Sur proposition de Georges Pompidou, l’archiduc Otto a repris la succession de Richard Coudenhove-Kalergi à la mort de ce dernier.

Ce mouvement européen a réussi à organiser un événement exceptionnel qui a probablement encouragé voire entraîné la chute du mur de Berlin : en été 1989, il a en effet organisé un pique-nique géant en Hongrie pour des centaines d’Allemands de l’Est qui ont pu courir ensuite à la frontière austro-hongroise restée ouverte, et ils ont pu ainsi rejoindre l’Allemagne de l’Ouest. Cette brèche au Rideau de fer a été un des éléments déclencheurs de la réunification de l’Allemagne puis de l’Europe avec le délitement de toutes ses dictatures communistes imposées par Staline après la Seconde Guerre Mondiale. Ce mouvement a célébré les initiatives d’unification européenne, en particulier par les empereurs suivants : Charlemagne, Charles-Quint et Napoléon Ier.

Avec Otto de Habsbourg-Lorraine, on avait une certaine idée de l’Europe, ancrée fortement dans une histoire et ses racines chrétiennes, mais aussi dans la promotion d’une vision moderne et sociale de "l’unité dans la diversité", la chère devise de l’Europe. C’est pourquoi on l’appelait parfois …Otto von Europa !

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Le "on" est en fait à préciser : il s’agissait d’un grand ami de l’archiduc, l’ancien Président de la République Valéry Giscard d’Estaing, qui a connu cette organisation européene par son père Edmond Giscard d’Estaing, en charge notamment de l’union économique de l’Europe en tant qu’économiste et banquier, grand ami de Richard Coudenhove-Kalergi. Le 2 juin 1970, Edmond Giscard d’Estaing, président de l’Académie des sciences morales et politiques, informa Otto de Habsbourg-Lorraine, qu’il admirait beaucoup, de son élection à l’Institut de France.

VGE et OHL ont entretenu pendant très longtemps des liens amicaux et l’archiduc, lors de l’élection de son ami à l’Élysée, salua « votre élection à la Présidence comme garantie que la France restera libre et européenne. Nous sommes convaincus de votre volonté de continuer à agir en faveur de la relance d’une Europe politique qui est la condition urgente et indispensable de survie de nos peuples et de notre civilisation. ». Parmi les réalisations européennes de Valéry Giscard d’Estaing, l’élection des députés européens au suffrage universel direct, à laquelle les deux hommes, l’un dès 1979, l’autre seulement le temps d’une élection, en 1989, ont été candidats.

N’hésitant pas à plaisanter, Otto confia le 29 septembre 1975 à Edmond Giscard d’Estaing que certaines officines le considéraient comme un "agent giscardien", ce qui le rendait très fier ! Otto a félicité aussi VGE quand ce dernier reçut le Prix Charlemagne décerné à Aix-la-Chapelle en décembre 2002 (qui « renforce ainsi le prestige du Prix »), ainsi que lors de son élection à l’Académie française en 2003. Valéry Giscard d’Estaing fut l’invité d’honneur de la célébration du 90e anniversaire de l’archiduc Otto à Vienne le 20 novembre 2002 pour honorer « un grand ami et un grand Européen ». Témoin de cette grande amitié, l’ancien ministre et ancien député européen Alain Lamassoure a raconté le 20 novembre 2020 qu’il avait participé à un petit-déjeuner inoubliable à Bruxelles, en 1990, avec Valéry Giscard d’Estaing et Otto de Habsbourg-Lorraine. L’archiduc s’est aussi lié d’amitié avec le fils, Louis Giscard d’Estaing, devenu député (et candidat malheureux aux dernières élections européennes de 2019).


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (03 juillet 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Otto de Habsbourg-Lorraine.
Dynasty.
Autriche : Sebastian Kurz joue à qui gagne perd !
Les élections européennes du 26 mai 2019.
Sebastian Kurz.
Alexander Van der Bellen.
Élections législatives autrichiennes du 15 octobre 2017.
Élection présidentielle autrichienne des 24 avril et 22 mai 2016.
Les dangers de la proportionnelle.
Jörg Haider.
Séisme politique : 30% pour l’extrême droite (8 octobre 2008).
Kurt Waldheim.
Katalin Kariko.
L’insurrection de Budapest.
Le référendum du 2 octobre 2016 en Hongrie.
La Hongrie de Viktor Orban.
La Hongrie d’Imre Pozsgay.
La Hongrie d’Arpad Goncz.
György Ligeti.
La crise des réfugiés.
Populismes.

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17 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion 5 juillet 11:44

    de la vermine à éradiquer


    • sophie 5 juillet 11:46

      olala ! une salade vge/otto, je préfère manger mon poing.


      • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 5 juillet 12:05

        L’ethnocentrisme de la citation initiale est manifeste, qui se paye le luxe retors de critiquer le nationalisme, comme s’il n’y avait pas de pensée ailleurs. Sur cet « empire médian », il y avait, avant tout, du charbon pour feu la CEE devenue UE.


        • Séraphin Lampion 5 juillet 12:54

          @Mervis Nocteau

          Et la CECA, avant !
          Les grandes familles ont toujours su gérer leurs intérêts.
          Ils ont su manipuler les politiques, mais c’est une époque révolue : même les Peugeot se sont reconvertis dans la finace mondiale.
          A quand un article sur les de Wendel et les Schneider ? 


        • Gégène Gégène 5 juillet 12:15

          Agoravox devient une annexe de Point de Vue

          autant lire l’original https://www.pointdevue.fr/


          • Clocel Clocel 5 juillet 12:16

            Remettez-le vite dans le formol celui-là, on va encore avoir des emmerdes avec les asticots, ils n’arrivent pas à finir Giscard...


            • babelouest babelouest 5 juillet 17:29

              @Clocel
              le type dont on parle, ou l’auteur de « l’article » ?


            • Clocel Clocel 5 juillet 18:48

              @babelouest

              Nan... Roko on le garde ! Faut bien écouler son fiel ! smiley


            • Un article sur Hohenstauffen. Le livre de Kantorowicz est un pus bonheur. En écrivant le Burgraves, Victor Hugo bien sûr se plaçait du côté des gibelins ou La lignée magique du HOHENSTAUFFEN...Je viens seulement de résoudre l’énidme de mon romaN....Prologue

              Le batelier du Rupel

              Trois septembre 2003, Olga a rendez-vous avec la vie. Ses pas la transportent vers le canal de Bruxelles à proximité du port, au croisement des grands axes.

              Dans l’angle aigu d’une grue flottante, le soleil s’extrait voluptueusement de la brume matinale excitant à son passage les odeurs citadines et « industrières ».

              Le jour s’amarre lentement aux cordages des rares bateaux.

              L’eau glauque du canal se vêt d’étincelles miroitantes. L’heure de son rendez-vous avec un libraire qui lui avait promis un livre lui laisse encore un quart d’heure de répit.

              Un vagabond est allongé contre un muret, il semble suivre le passage des rares promeneurs empressés d’accomplir le rituel de leur journée.

              Ses yeux d’un bleu profond émergent d’une forêt de barbe aux reflets de sable gris blanc et doré. Olga s’attarde un moment près du vieil homme, fascinée par l’intensité de son regard. Celui-ci semble contenir toute l’histoire du monde .

              Au pied du vagabond, une valise en cuir arbore de nombreuses vignettes ramenées de lointains pays. Une huppe empaillée règne fièrement sur le bagage, bien décidée à en protéger le contenu.

              Ni l’indigent, ni l’oiseau dont les plumes se soulèvent dans le vent de fraîcheur matinal ne semblent s’effaroucher de sa présence. Une connivence s’installe entre eux dans un pacte silencieux.

              L’homme se met à divaguer. Seuls quelques mots s’échappent de son marmonnement et lui parviennent clairement : BURGONDE et BURGRAVE.

              *le 4 juin 1477, Marie de Bourgogne, Reine de hongrie accorde un octroi autorisant le creusement d’un nouveau canal de Bruxelles au Rupel.

              L’oiseau observe la jeune femme du coin de son oeil de verre qui semble cligner ingénieusement. Comme dans un flash, le rêve qu’Olga a fait cette nuit ressurgit de sa mémoire. Elle prend l’inouïe décision de le raconter au vagabond qui certainement n’y comprendra pas grand-chose.

              Dans ce rêve, la narratrice y rencontre André, son voisin dans la rue qu’elle habite, un vieil homme qui l’invite à contempler sa collection de tableaux.

              L’un de ceux-ci attire plus particulièrement son attention. Il représente un bateau dans le port de Bruxelles, au début du siècle, un marinier accoudé au bastingage. Sa chemise bleue émerge de la brume matinale. Une jolie femme sur le quai, portant un panier se dirige vers l’avant-plan. André explique alors que ces tableaux datent de l’époque de ses parents. Il n’a pas vraiment connu son père qui un jour à l’âge de trente ans a disparu sans que personne n’ait retrouvé ses traces. Avocat près de la Basilique, il lui arrivait d’acheter quelques toiles.





              • Intriguée, Olga s’approche de chaque tableau et s’amuse à imaginer que les sujets mais aussi plus subtilement le jeu des formes et des couleurs racontent une histoire, mais aussi donnent des indices sur la disparition de son père. Elle lui fait part de ses réflexions à André, qui lui révèle alors qu’il s’appelle BURGONDE, Intriguée, Olga s’approche de chaque tableau et s’amuse à imaginer que les sujets mais aussi plus subtilement le jeu des formes et des couleurs racontent une histoire, mais aussi donnent des indices ce qu’elle ignorait, et que tous les tableaux sont signés BURGRAVE. Olga ne peut s’empêcher de penser à un personnage de vieux barbon à la gravité pompeuse. Pourtant les tableaux dans leur brumeuse mélancolie laissent deviner l’intensité colorée de l’émotion. Un jour BURGONDE a-t-il rencontré BURGRAVE pour ne former qu’un seul être  Elle conseille à André de garder précieusement ses tableaux......



                Rêve fait en 2003 qui fut le départ d’un long chemin de Compostelle. L’intrigue se passant en Armorique : un meurtre dans un phare... Mérope (Mérovée...) et Guido Bannes, forgeron d’ancres de bateaux.  J’avais situé mon assassinat dans le NEZ de Jobourg (clin d’oeil à Arsène Lupin : l’aiguille creuse). Hier m’interrogeant sur le fameux village gaulois d’Asterix (avec ses deux ailes sur le casque, il s’agit bien d’une allusion à THOTH HERMES MERCURE et Obelix (les DOLMEN). De l’ALPHA à l’OMEGA...En cherchant bien : le fameux village gaulois se trouverait bien en Armorique et au lieu dit : ERQUY. A quelques kilomètre du nez de Jobourg. Quel lien avec les Burgraves et le Hohenstauffen. Le nombreuses références à Hugo : Waterzooi morne plat.....Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! morne plaine !
                Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine,
                Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons,
                La pâle mort mêlait les sombres bataillons.
                D’un côté c’est l’Europe et de l’autre la France.
                Choc sanglant ! des héros Dieu trompait l’espérance ;
                Tu désertais, victoire, et le sort était las.
                Ô Waterloo ! je pleure et je m’arrête, hélas !



                • Les Habsbourg sont liés au Hohenstauffen : la basse Souabe. Certains lieux sont magiques. https://www.google.com/search?q=Chateau+de+hohenstaufen&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=2ahUKEwiSjdrX48vxAhWONOwKHTe8DzsQ_AUoAnoECAEQBA&biw. Ils ont même trouvé des tombes celtes dans les fouilles....Ben ou oui, mes agoravoxiens. Hugo chérissait l’impérialisme...


                  • Pourquoi la Hongrie ? Mais à cause de Sigismond de Luxembourg. La même lignée...(d’azur au lion d’OR.)


                    • Sigismond de Luxembourg (on dirait l’ancêtre de Freud). https://fr.wikipedia.org/wiki/Sigismond_de_Luxembourg. Finissant sa vie en Hongrie, l’ordre du Dragon rouge fut crée sous sont règne. Le symbole a une forte composante ésotérique. Qunad on forge un métal, à un moment il rougit pour arriver à sa consécration royale : le rouge devint un instant jaune : ou l’or achimique. https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_du_Dragon


                    • Le descendant de Sigismond maintenu longtemps Jehanne d’arc captive avant de la livrer aux anglois...


                      • Le GOTA ou GOTHA de Thomas KARLSSON : 

                        Il a fondé, et est à la tête de l’ordre magique du Dragon Rouge, une organisation initiant à la Voie de la Main Gauche6, qu’il définit ainsi :

                        Dragon Rouge est un ordre magique travaillant avec la voie de la main gauche, l’initiation draconienne et la tradition du côté obscur. Nous travaillons avec un occultisme empirique basé sur les expériences des individus et nous évitons les enseignements dogmatiques. Notre travail est basé sur quatre branches principales de la magie qui peuvent être résumé par la formule G.O.T.A, la Goetie kabbalistique (les qliphoth),la runosophie Odinique, le Tantra et l’Alchimie. Dragon rouge est à la fois un ordre fraternel et éducatif : nous avons tout à la fois un système d’initiation basé sur des enseignements magique et une bonne fraternité7.

                        qui ne peut voir : l’art gothique dans le GOTHA...L’art gothique n’était pas romain mais Gibelin. Les Hohenstauffen étant GIBELINS. comme les BURGRAVES...


                        • ETTORE ETTORE 6 juillet 12:35

                          De toute façon, toute est OTTO matique avec Râ KotO !

                          L’inventeur des passages de vi(E)tesses au point MORT !


                          • Rincevent Rincevent 6 juillet 15:52

                            Ça alors, on en apprend tous les jours. Rakoto, notre centriste malgache, est… lorrain ! Je peux confirmer les détails, j’y étais aussi.

                            L’église des Cordelier, vue de l’extérieur, parait relativement banale. A l’intérieur, ça change… https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_des_Cordeliers_de_Nancy

                            J’y ai fait ma communion solennelle, bien qu’à partir d’un collège/lycée on ne peut plus républicain. Je me souviens de ces gisants dont certains avaient les visages et les mains faits d’une pierre jaunâtre faisant penser à de la peau desséchée. Pour le gamin que j’étais, ça filait un peu la pétoche… Et aussi le lutrin spectaculairement décoré de l’aigle à deux têtes de l’empire austro-hongrois. Ça faisait ‘’classe’’ quand même cette cérémonie chez les Habsbourg…

                            A cette époque (1960), la loi de séparation église/état du petit père Combes était appliquée intelligemment, ce gros lycée napoléonien ayant même sa propre chapelle, héritée d’un ancien couvent, et ça ne posait de problèmes à personne. https://fr.wikipedia.org/wiki/Lyc%C3%A9e_Henri-Poincar%C3%A9

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