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Accueil du site > Actualités > Europe > Philip Mountbatten, le mari de la reine

Philip Mountbatten, le mari de la reine

« Dès qu’il débarquera sur l’île, les plants de kava germeront de partout ; les vieux abandonneront leurs peaux comme des serpents et seront de nouveau jeunes ; il n’y aura plus de maladies et plus de mort (…) ; chaque homme pourra coucher avec toute femme à sa convenance. ».
 

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Ces quelques phrases furent écrites en 1979 comme une sorte de vision prémonitoire. L’île, c’est l’île de Tanna, en République du Vanuatu, dans l’Océan Pacifique, au nord de la Nouvelle-Calédonie, et le "il", c’est l’esprit qui est sorti du cratère du volcan Yasur, un volcan de 361 mètres d’altitude (le cratère mesure 400 mètres de diamètre), qui a été assimilé, pour certains habitants de l’île, au Prince Philip qui était venu visiter les Nouvelles Hébrides (nom avant leur indépendance) en 1974. Drôle de culte qui s’apparente plus à du folklore pour touristes que d’une religion sérieusement édifiée. La maison royale a légèrement nourri ce "culte" en envoyant aux villageois des lieux des photographies dédicacées de …l’esprit.

Le Prince Philip, appelé aussi duc d’Édimbourg, mais surtout Philip Mountbatten, fête ses 97 ans ce dimanche 10 juin 2018. Un âge canonique qui approche le centenaire. S‘il était présent publiquement lors du mariage d’un de ses petits-fils, il a arrêté toute activité de représentation publique depuis le 2 août 2017 car trop fatigué. Il était alors le président de près de mille organisations diverses dont certaines en rapport avec l’équitation qui reste sa passion.

Né à Corfou, Philip Mountbatten est issu de la famille royale de Grèce, petit-fils du roi Georges Ier de Grèce (aussi neveu de Constantin Ier, roi de Grèce, et cousin de trois autres rois de Grèce, Alexandre Ier, Georges II et Paul Ier). Il est aussi le petit-neveu de la dernière tsarine de Russie, Alexandra Fiodorovna Romanova (Alix de Hesse-Darmstadt), ainsi que l’arrière-arrière-petit-fils de la reine Victoria, par son arrière-grand-mère, la Princesse Alice du Royaume-Uni, qui fut une fille de Victoria.

Chose amusante, puisque son épouse Élisabeth II, l’actuelle reine du Royaume-Uni qui vient d’avoir 92 ans, est, elle aussi, l’arrière-arrière-petite-fille de la reine Victoria. À ce titre, le Prince Philip est donc présent sur la liste décrivant l’ordre de succession au trône britannique, mais il doit se situer aux alentours de la millième place (il n’y a pas de mise à jour en temps réel de la liste et à chaque nouvelle génération, il descend très rapidement dans la liste). Toutefois, dans les cérémonies officielles, le protocole voulu par la reine a placé Philip au premier rang de préséance devant tous les autres membres de la famille royale, y compris son fils aîné, le Prince Charles.

Le duc d’Édimbourg est aussi l’arrière-petit-fils de Christian IX, le roi du Danemark (et père de Georges Ier de Grèce), tout comme Élisabeth II, petite-fille d’Alexandra de Danemark, fille de Christian IX.

Philip a entamé une carrière militaire à la Royal Navy, et a participé à la Seconde Guerre mondiale, notamment à la bataille du cap Matapan le 29 mars 1941 et à la bataille de Crète du 30 au 31 mai 1941. Il a voulu continuer sa carrière militaire malgré son mariage princier. En 1953, il est promu amiral de la Royal Navy et maréchal britannique, mais à titre honorifique, car il est déjà le mari de la reine. En juin 2011, en l’honneur de ses 90 ans, il est nommé Lord-grand-amiral (titre honorifique), succédant à son épouse qui l’était entre 1964 et 2011 (avant 1964, le titré était Premier Lord de l’Amirauté).

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Élisabeth II et Philip Mountbatten se sont connus en 1939 et se sont fiancé le 10 juillet 1947 pour se marier le 20 novembre 1947 (Philp obtient alors le titre de duc d’Édimbourg). Auparavant, il avait dû renoncer à ses éventuelles prétentions aux trônes de Grèce et du Danemark et à sa religion orthodoxe (il s’est converti à l’anglicanisme). Philip Mountbatten est donc, par ses origines familiales et "ses" religions un véritable mélange européen, ce qui était très courant au XIXe siècle dans l’aristocratie.

Le Prince Philip devient dans les faits (mais sans en avoir formellement le titre) "prince consort" le 6 février 1952, le jour où son épouse devient reine à la mort de son père George VI. La monarchie britannique est assez moderne puisque les femmes ont le droit de régner en leur nom et pas comme "épouse de", et donc, Philip est "juste" un conjoint, un conjoint de reine, et à ce titre, a le rôle attribué aux conjoints de chefs d’État (accompagnateur, responsable d’associations humanitaires, etc.).

Il a fallu cependant qu’Elisabeth II réforme les règles de succession le 28 octobre 2011 (promulguées le 25 avril 2013) pour qu’il y ait une entière égalité entre les hommes et les femmes, car auparavant, l’ordre de la fratrie plaçait les frères avant les sœurs, avant de les classer par leur date de naissance, ce qui n’est plus le cas pour les descendants nés après le 28 octobre 2011. Ainsi, Charlotte, second enfant de Kate et William, est placée avant son petit frère Louis dans l’ordre de succession, ce qui n’aurait pas été le cas si elle était née avant 2011, comme la Princesse Anne, par exemple, placée après ses deux petits frères Andrew et Edward.

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J’aurais pu commencer mon article par une phrase insolite du genre : d’une grande stature, comme de De Gaulle mais au contraire de ce dernier, ce Philippe, amiral, est le père de Charles, et pas son fils. Encore que l’amiral Philippe De Gaulle est bel et bien le père de Charles De Gaulle Jr (petit-fils du général), qui, lui-même, est le père de Philippe Jr (né en 1980).

Revenons aux Mountbatten-Windsor, le patronyme officiel de la famille royale depuis 1960. Il y a eu un différent entre Mary de Teck (1867-1953), l’épouse du roi George V (la grand-mère d’Élisabeth II) et Lord Louis Mountbatten (1900-1979) sur le nom patronymique de la famille royale. Il aurait été normal d’adopter Mountbatten mais la reine consort Mary préféra garder Windsor. Ce n’est qu’après la mort de Mary et la retraite de Churchill que l’utilisation du patronyme Mountbatten-Windsor est autorisée aux descendants du couple royal.

Lord Louis Mountbatten fut l’oncle du Prince Philp (le frère de sa mère). Il a eu une grande importance militaire et diplomatique, notamment pendant la Seconde guerre monidale, et aussi comme vice-roi des Indes au moment de leur indépendance en 1947 et comme chef d’état-major de la Marine britannique entre 1955 et 1959, et aussi comme conseiller auprès de la famille royale. Il a eu beaucoup de discussions avec le jeune Prince Charles. Car ce grand-oncle était son confident, son modèle, celui qui le conseillait sur le choix de ses copines : « ce grand-père que je n’ai pas eu » (George VI est mort quand il avait 3 ans).

Le Prince Charles est d’ailleurs retourné plein d’émotion le 19 mai 2015 à la baie de Donegal, en Irlande, où a eu lieu l’explosion revendiquée par l’IRA qui a coûté la vie le 27 août 1979 à quatre personnes dont Louis Mountbatten. Son troisième petit-enfant (né le 23 avril 2018) porte le prénom Louis en son hommage.

Ce fils aîné, l’héritier, bientôt septuagénaire, risque d’avoir le même destin que son père, tout en potentiel, fils de reine depuis plus de soixante-six ans, tandis que la génération suivante est déjà prête à régner…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (08 juin 2018)
http://www.rakotoarison.eu

Pour aller plus loin :
Winston Churchill.
Lord Louis Mountbatten.
Harry, un mari qui vous veut du bien.
Philip Mountbatten.
Lady Di.
Édouard VIII et George VI.
Élisabeth II.
Un règne plus long que celui de Victoria.
Vive la République !


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17 réactions à cet article    


  • Allons Rako, cessez de raconter des bobards. On vaut le dessous des cartes. CA PUE.


    • Paul Leleu 9 juin 22:46

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.



      en tous cas, heureusement qu’on s’est débarassé de nos rois en France... quand je pense que cette ordure de Louis XVI conspirait contre son propre peuple... et la Marie-Antoinette pareil... ils ont bien eu la monnaie de leur pièce... 

      Remarquez que Thiers et sa république bourgeoise ne firent pas pire, en 1871... collaboration avec l’ennemi , haute-trahison et abaissement national... pour retourner l’armée contre les parisiens insurgés, et fusillet des dizaines de milliers d’innocents... et déporter des familles entières... 

      Au niveau psychanalytique, je trouve les peuples gouvernés par des « rois » comme immatures sexuellement... il y a vraiment un truc... 

    • C’est le moment de relire Les deux corps du roi, de Ernst Kantorowicz (1957)par François De Smet

      Chronique pour le Vif/L’Express, juin 2018

      Le mariage du prince Harry avec Meghan Markle clôt une séquence faste pour les Windsor, après un troisième bébé royal pour Kate et William et un 92ème anniversaire pour la reine Elisabeth II. La famille royale a la cote, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des îles britanniques, dans un monde moderne qui ne cesse pourtant de réclamer davantage de démocratie.

      Ce paradoxe peut être compris en se plongeant dans l’œuvre majeure de l’historien Ernst Kantorowicz Les deux corps du roi parue en 1957. Médiéviste, Kantorowicz se passionne pour la construction laborieuse du concept de royauté en Europe. Il montre comment la charge royale comme concept a été créée par les juristes, en vue de faire de celui qui n’est, aux tout débuts de l’ère médiévale, qu’un super-suzerain, une figure tutélaire et presque métaphysique. Le nœud de l’invention est tout simple : faire comme si le roi n’avait pas un seul mais deux corps : un corps naturel, physique, soumis aux lois de la vie et de la mort, et un corps métaphysique, hypostasié, immortel. Le corps transcendant passe de tête en tête. De là vient le célèbre adage « le roi est mort, vive le roi ». La théorie du doucble « corps » qui est passée dans le langage : si on parle de corps exécutif, de corps législatif ou même de corps des armées, c’est pour faire passer l’idée d’un corps abstrait qui se vit ponctuellement en corps concrets, en tant qu’outils, moyens de transport de sa propre survie.

      Le corps politique est donc une hypostase, dont la perfection est, comme dans le christianisme primitif pensée en analogie avec le Saint-Esprit. L’indivisibilité des deux corps, du reste, n’empêche pas la distinction entre Corps politique et Corps naturel, du vivant du Roi, lorsque l’intérêt du Corps politique l’exige ; ainsi, le Parlement anglais eut-il recours à cette distinction en 1642 pour rassembler, au nom et par l’autorité du Roi Charles 1er Roi-corps politique, les armées destinées à combattre... le même Roi Charles 1er, corps naturel, considérant que le Roi-corps politique se trouvait toujours conservé au Parlement. De même, la doctrine des deux corps put-elle servir au Parlement à juger et faire exécuter Charles Stuart pour haute trahison, parvenant ainsi, nous explique Kantorowic, à « exécuter le corps naturel du roi sans toucher sérieusement ou nuire de façon irréparable au corps politique du Roi – au contraire de ce qui s’est passé en France en 1793 ».

      Voilà pourquoi la monarchie britannique a survécu alors que tant d’autres monarchies européennes se sont éteintes : l’abstraction du corps métaphysique donne consistance à la souveraineté, et fait du roi physique un outil, un simple représentant, bien loin de la monarchie absolue à la française, trop pyramidale, sans désincarnation suffisante. « L’Etat c’est moi », disait Louis XIV, et c’était là le problème ; comme il n’y avait pas de différence entre les corps du roi en France, il était impossible de faire un changement de régime sans couper en deux le corps du roi, politiquement d’abord par la révolution, matériellement ensuite par la guillotine. C’est parce qu’il y a eu développement de deux corps du roi outre-Manche que nous pouvons voir encore aujourd’hui, contre tout bon sens démocratique, se déverser sans fin sur nos écrans les anniversaires, naissances et mariages d’une simple famille d’homo sapiens comme si elle disposait d’un corps éternel.

      François De Smet | 8 juin 2018 à 16 h 05 min | Catégories : Articles & humeurs | URL : https://wp.me/pZLpw-Gc

      • @cassini

        Mon cher,...je m’en tape,...

      • jean-jacques rousseau 11 juin 16:58
        @Mélusine ou la Robe de Saphir.
        Chère amie,
        j’ose soulever une légère objection à l’encontre de cette citation de Kantorowicz qui me semble déplacée.
        1. Premièrement elle s’applique malaisément au cas de la royauté anglaise et britannique. En effet la conception de la royauté outre-manche n’est pas un cas commun et entre difficilement dans le cadre de la dissertation d’ordre général et continentale à tendance impérialiste de l’auteur. Dans ces terres anglo-saxones la royauté n’est pas pourvue de la même conception mythique que l’on peut identifier dans les autres cultures. Ce qu’on y célèbre n’est pas la présence du Roi (ou de la Reine) mais de la Couronne. C’est entrevoir ici que la mystique n’est plus la même. A tel point que des familles puissantes ont pû se disputer la couronne malgré des revendications à ce titre très faibles voire inexistantes. Donc ici il ne s’agit même pas d’un rapport physique en rapport au « corps du roi » ou de son héritier le plus direct, mais d’un titre comme celui de baron ou de duc qui peut se voir reconnu au gré des batailles ou des alliances. Ici se qui prédomine dans les relations entre l’aristocratie et le peuple n’est plus une vertu divine du souverain dans son premier ou deuxième corps mais la capacité de sa maison de s’imposer en permanence par la force et donc l’excellence de son organisation. D’ailleurs les réformes de la maison royale anglaise ont toujours été imposées par la contrainte militaire (v. Magna Carta, Habeas Corpus, etc.) ou le marchandage (Vente des biens de l’Église contre l’Anglicanisme par Henry VIII- Cromwell) C’est dire si on est loin d’une conception mystico-religieuse et plutôt dans un pragmatisme pur et dur.
        2. Deuxièmement prétendre comme le fait Smet que « Kantorowitz montre comment la charge royale comme concept a été créée par les juristes » me semble aventureux. D’abord il faudrait dire à quelle heure se créent des « concepts » c’est à dire peut-on oser dire que tel concept a été créé par tel personne, telle organisation... à telle époque, faut-il nécessairement des juristes reconnus et diplômés ou bien accepter que l’idée en fait avait toujours existé et était entièrement comprise dès l’origine dans la proclamations des premières souverainetés archaïques africaines ou asiatiques ? La question est grave puisqu’on frise ici au nihilisme historique à prétendre nier des antécédents historiques et reconstruire un processus à sa convenance...

        J’admets que ces deux proposition semblent apparemment se contredire puisque je dis d’abord que la royauté britannique serait un cas particulier et qu’ensuite que le concept de royauté lui-même serait universel et immémoriel. Mais veuillez prendre avec clémence et générosité cette intervention à l’aspect paradoxal ; seulement motivée (je l’avoue) par le bonheur d’égratigner au passage cette buse de Kantorowitz.


      • #Shawford #Shawford 11 juin 17:07

        @Mélusine ou la Robe de Saphir.

        Alors passe chez Tall-K-Hyènes, morue !


      • @Mélusine ou la Robe de Saphir.


        Mon nom est d’origine anglaise, mais au cours de l’histoire s’y est introduit un « H », qui me désolidarise totalement d’une partie de ces personnage exécrables. Sus terre, il n’y a pas plus fourbes que les anglais. Et les personnages de Falstaff et de IAGO sont bien sortis de l’imagination GRANDIOSE certes de SIEUR Shakespeare. Pour avoir eut une scène fameuse près de la bourse de Bruxelles,...bien heureuse de savoir que le plafond est tombé. http://www.lalibre.be/regions/bruxelles/bruxelles-une-partie-du-plafond-du-falstaff-s-effondre-sur-le-bar-photos-5a4d4418cd7083db8b5c5045 Amen.



      • La guerres des deux ROSSES.


      • #Shawford #Shawford 11 juin 17:38

        @jean-jacques rousseau

        Hey blaireau,

        One question : je vais lui acheter son parasol à notre Johnny du #42... ou pas ?

        Réponse asap.. votre sort est lié/ No fake.



      • rose blanche de YORK rose croix


      • De la quincaillerie pour Monoprix (si cela existe encore,....)


        • JC_Lavau JC_Lavau 9 juin 17:36

          Philip et le WWF :


          C’est aussi lui qui a confié à l’entrevoyeur qu’il « rêvait de se réincarner en virus mortel, afin de tuer le plus de gens possible ».

          A l’heure actuelle, le WWF s’acharne à tuer le plus de brebis et de bergers possible, par l’intermédiaire de la réintroduction du loup dans les montagnes françaises, ibériques et italiennes.

          • JC_Lavau JC_Lavau 9 juin 17:51

            @JC_Lavau. Lien pour son voeu de se réincarner en virus mortel, pour tuer un maximum d gens :

            http://www.propagandamatrix.com/prince.html

            «  I must confess that I am tempted to ask for reincarnation as a particularly deadly virus. » 


          • zygzornifle zygzornifle 11 juin 09:08

            Celui la il a l’EHPAD a domicile .....

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