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Pourquoi le président ukrainien démocratiquement élu doit partir

« On peut tromper une fois mille personnes mais on ne peut pas tromper mille fois une personne »

La Cité de la peur

On peut se demander quel chat noir a bien pu passer entre le président Ianoukovitch et son peuple, qui l’a « démocratiquement élu » ? Revenons en arrière pour mieux comprendre ces relations mouvementées.

Viktor Ianoukovitch a été gouverneur de la région de Donetsk avant de devenir premier ministre du président Koutchma. Ensuite, dauphin de ce même Koutchma, il s’est présenté comme le candidat du pouvoir aux élections présidentielles de 2004. En 2004, suite aux événements connus sous le nom de Révolution Orange, Ianoukovitch a été abandonné par les siens et a failli prendre sa retraite politique en 2005. Mais il a été assez courageux (ou malin) pour se reprendre et profiter des querelles du couple Tymochenko-Youchenko.

Il a été porté par ses deux meilleurs ennemis au fauteuil de premier ministre et, en 2010, il a remporté la course présidentielle face à Tymochenko. Cette dernière, entre temps, était devenue un peu trop démagogue aux yeux des Ukrainiens (souvenez-vous de sa campagne électorale autour de Tygryula, elle valait pourtant bien mieux que les posters verts de Yatsenyuk !). Néanmoins, Ianoukovitch a coiffé Tymochenko sur le poteau avec un mince avantage de 3% des voix (49% contre 46%)… qu’on reproche depuis à ceux qui, ont voté blanc, sans vouloir choisir entre les deux maux. Cette marge de 3% et ses 46% de soutien populaire, n’ont pas empêché à Ianoukovitch de mettre Tymochenko en prison.

Il ne semble pourtant pas que c’était la meilleure façon d’apaiser la société ni de rechercher le consensus entre les différentes factions politiques du pays.

Passons.

Ensuite Ianoukovitch se devait de montrer qu’il menait son pays vers la croissance économique. Il devait aussi montrer son ouverture d’esprit en se liant d’amitié avec l’Est comme avec l’Ouest – et le peuple aurait oublié Tymochenko ! Ianoukovitch devait aussi relever un grand défi destiné à valoriser son image : la préparation à l’Euro-2012 !

L’Euro-2012 devait être la plateforme permettant l’ouverture du pays, la transformation de l’Ukraine en une grande et nouvelle destination touristique et de rendre le pays attractif aux investissements étrangers. En effet, à l’occasion de la coupe d’Europe de foot, un nombre record de touristes étrangers ont visité le pays. Quant aux investissements, sous prétexte de retards, tous les marchés ont été attribués sans appels d’offre à des sociétés proches du président. Depuis, celui-ci s’est fait construire une luxueuse résidence secondaire au nord de Kyiv ! Zut ! Raté pour la transparence, l’économie de marché et les investissements étrangers !

Passons.

2012-2013 ont été les années pendant lesquelles le pouvoir a échauffé la population en promettant la signature de l’accord d’association avec l’Union Européenne. Les intéressés (les Ukrainiens) ont cru comprendre que le bonheur matériel n’arriverait pas tout de suite (après tout, on s’y ferait, ça fait si longtemps qu’on est pauvre, même s’il y a des voix qui disent que l’Ukraine est un pays riche (mais volé)…). Ayant le mémoire des crises (on n’oubliera pas tantôt la thérapie du choc des années 1990[i]), Les Ukrainiens sont prêts à « affronter » la mise en place des réformes économique, et des systèmes judiciaires et politiques. Elles nous sembleront des piqures de moustique après ce qu’on a déjà vécu. Et on pourrait enfin vivre comme en Europe tout en n’étant pas forcément dans l’Union européenne ! C’est ce que nous avions cru comprendre.

Le 21/11/13 la volte-face de Ianoukovitch, qui avait probablement ses propres raisons (comme pour toutes ses voltes face habituelles, mais on n’en saura probablement jamais rien … sauf par Wikileaks ukrainiens ou après un retour de Snowden du Kremlin vers l’Ouest) a surpris tout le monde en stoppant net les négociations sur la signature de ces accords.

Après, on a fait un sit-in de deux mois qui a tapé sur les nerfs du gouvernement et des acteurs de tous les niveaux du pouvoir. Si nous sommes sortis, ce n’est pas par désespoir mais pour devenir un jour les décideurs de notre propre vie. Prefiero morir de pie, a vivir arrodillado.

Chaque fois que Ianoukovitch annonçait et promettait une chose à son peuple, il n’a jamais tenu sa parole. Il a promis qu’il n’y aurait pas de sang – il y a eu du sang. Il a promis le dialogue – c’est un dialogue de sourd qu’il propose. C’est pour cela que les appels au dialogue émis par l’UE sont stériles.

Les Européens se disent – OK, Ianoukovitch partira et après, que se passera-t-il ? Le chaos ? Et que dire de l’arrivée de l’extrême-droite au pouvoir ?

Pourtant seules des élections peuvent nous dire qui sera à la tête de l’Etat à l’avenir. En démocratie on n’est pas sensé connaitre le vainqueur avant que les voix ne soit comptées, n’est-ce pas ?

Quant à l’extrême-droite … Ce sont toujours ceux qui s’agitent le plus qui sont les plus visibles, mais ce ne sont pas eux qui décident quoi que ce soit.

Bref, j’espère que ce texte explique un peu pourquoi le départ de Ianoukovitch est la condition sine qua non pour que la société civile ukrainienne puisse se construire sur de bonnes et saines bases. Quant aux perspectives économiques ukrainiennes, hélas, il semble que de grandes difficultés soient inévitables (que nos amis économistes me corrigent s’il y a une autre solution). Ensuite, il y aura une tâche – un travail de fourmis à accomplir pour reconstruire (recréer) l’économie et la confiance des investisseurs basée sur la sécurité, la transparence et la prévisibilité de tous les acteurs et décisionnaires du pays. Je pense que tout le monde y sera gagnant.



[i] La chute de l’URSS et la thérapie du choc ont marqué les esprits par : - chômage de masse,

- échanges entre entreprises réalisés en troc, salaires payés en produits (par exemple, en pneus - allez les vendre au bord de la route !),

- arriérés de paiement de salaires (ainsi le salaire annuel de ma mère perçu à la fin de l’année 1993, représentant une montagne de bric, lui a permis de construire sa maison de campagne 10 ans plus tard),

- hyperinflation (quand une cuisine vendue permettait de payer un appart. Mais en même temps, le salaire ne permettait pas de vivre. C'est là soudainement nous étions tous devenus des millionnaires.... et des milliardaires, un ou deux mois plus tard),

- incompréhension par des citoyens des transformations de l'économie, permettant à une poigné d’entre eux de saisir l’occasion pour s’enrichir au détriment des autres (une semaine de retard de payement de la bourse effectué par un camarade de fac, permettait de faire un profit en achetant et vendant des dollars. entre temps ses copains d'études perdaient du pouvoir d'achat).Une partie de ces malins deviendront plus tard des oligarques....

....

 


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21 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 30 janvier 2014 10:39

    L’Ukraine est partagée (historiquement, culturellement, politiquement ) entre l’Est et l’Ouest, et il n’y a aucun sens à dresser l’une contre l’autre, sauf à miser sur l’éclatement voire la guerre civile, ce qui est sans doute le calcul de certains. Par contre , le peuple ukrainien, les travailleurs, les paysans, soumis à un capitalisme de choc, à la destruction systématique de tous leurs acquis sociaux, aux pouvoirs mafieux de tous bords veulent du changement,...mais peut-etre pas celui que certains preconisent.

    voir : UKRAINE : LES ENJEUX EST/OUEST


    • Camille Kourbas 30 janvier 2014 10:50

      L’Ukraine n’est pas plus partagée que la France. Parole d’Ukrainien.
      L’histoire de l’éclatement c’est un scenario qu’on entend soufflé d’ailleurs, si-si, je vous assure.
      Pourquoi ne venez-vous pas voir par vous-même ? Les Ukrainiens, de l’est comme l’ouest, vous accueilleront bras ouverts.


      • claude-michel claude-michel 30 janvier 2014 10:58

        Pourquoi voulez vous qu’il parte.. ?
        Cette émeute de quelques uns finira dans un bain de sang et tout rentrera dans l’ordre.. !



        • asterix asterix 30 janvier 2014 13:49

          Comme quoi, on parle toujours d’une élection démocratique comme remède à tous les maux. « Malade » depuis cet après-midi, le Président Brutus ne méritait pas plus son accession au pouvoir que son opposante qu’il a fait mettre en prison pour faits de corruption. Une fois de plus, ce n’est pas la démocratie qui est à remettre en question mais le processus dit démocratique qui confisque ce concept en faveur de personnes qui ne veulent que le pouvoir.
          Un peu comme l’auteur, je pense que l’Ukraine ne méritait pas de se trouver coincée entre le marteau, l’enclume et l’extrême-droite.
          Marteau, enclume, extrême-droite, n’est-ce pas le lot coutumier de toutes les « démocraties » ? Quelle est la nation ( en minuscules... ) qui pourrait se targuer aujourd’hui de la gestion d’un vrai destin commun ?
          La politique est un art, elle est devenue une savonette. La solution, si tant est qu’il y en a une serait : deux mandats législatifs ( plus un à l’exécutif pour les meilleurs ) au maximum par individu et puis bye-bye.
          En Ukraine comme ailleurs...


          • Morpheus Morpheus 30 janvier 2014 15:43

            Ne dites pas « démocratiquement élu », c’est un oxymore.

            L’élection, par définition, est aristocratique, donc oligarchique. Par conséquent, aucune élection désignant un individu confisquant le pouvoir et la souveraineté ne peut être qualifiée de « démocratique », c’est un mensonge, une tromperie, un idiotie.

            Il n’y a pas et il ne peut y avoir de personne ou de régime  »démocratiquement élu«  ! Sortez-vous cette ineptie de la tête, pour votre propre hygiène intellectuelle.

             smiley


            • Camille Kourbas 30 janvier 2014 15:50

              merci pour votre conseil. ce n’est qu’une réponse à une question (formulée ainsi) que les Français posent aux Ukrainiens.


            • Chaz Chaz 30 janvier 2014 22:03

              Pas tout a fait d’accord, un président élu démocratiquement est là pour veiller a ce que son gouvernement (qui devrait être élu) applique le programme pour lequel il a été élu, ce n’est pas un oxymore ce n’est pas une oligarchie. Il représente la majorité c’est tout.

              En France et dans beaucoup de pays, ce dernier a des privilèges qu’il ne mérite pas, ne requiert pas. A coté de ça il ne fait rien sauf cautionner les choix des plus offrants qui lui auront payé sa campagne. La c’est une oligarchie, les intérêts d’une minorité passent avant le peuple. De la façon dont vous le voyez on devrait jeter les élections à la poubelle. Après vous êtes peut être anti-système, mais dans ce cas c’est bien de proposer une alternative réaliste.


            • Morpheus Morpheus 3 février 2014 19:50

              Non, Chaz, vous raisonnez comme cela parce que, comme nous tous (moi y compris il y a encore peu de temps), vous croyez ce que tout le monde dit tout le temps et partout, à savoir que [élection = démocratie et démocratie = élections]. Ce qui est une contre vérité, une manipulation exercée par les élus depuis plus de 150 ans. Le genre de mensonge répété des milliers de fois pour qu’elle devienne vérité par la répétition, mais qui reste un mensonge.

              Élire, c’est choisir le meilleur ; en grec, ’le meilleur" se dit aristos, donc, par définition, l’élection est aristocratique (le gouvernement des meilleurs) ; les meilleurs étant forcément un petit nombre, une aristocratie est une oligarchie (oligos = petit nombre en grec). La procédure de désignation de mandataires en démocratie est le tirage au sort parmi les citoyens ; l’élection est la procédure de désignation des mandataires dans l’aristocratie ou l’oligarchie.

              Mais cela n’est pas enseigné, il faut le redécouvrir en lisant quelques livres ou les anciens (ce que plus personne ne fait, à peu de chose près). Et c’est normal, parce que bien entendu, les voleurs de pouvoir (les élus)) et ceux qui les financent (les voleurs de ressources) n’ont pas intérêt à ce que nous découvrions qu’ils nous mentent depuis qu’ils sont au pouvoir (225 ans en France).


            • Daniel D. Daniel Q. 30 janvier 2014 17:55

              Tout ces changements par la rue m’interpellent.

              Il serait donc légitime pour une population de renverser un président élu avant la fin de son mandant si une partie de la population veut son départ, et en France avec Hollande a 15% on devrait fermer nos gueules jusqu’au élections ?

              On nous prend pour quoi ?


              • Camille Kourbas 30 janvier 2014 20:20

                devrais-je comprendre qu’on tue des manifestants dans les rues françaises ?


              • Daniel D. Daniel Q. 30 janvier 2014 21:02

                Il n’y avais pas de morts au commencement en Ukraine, si ?

                260arrestations arbitraires pour jour de colère, des charges policières et des fumigènes sans justification, dans combien de temps le premier incident grave ?

                On doit attendre un mort spécifique pour s’exprimer ? les chômeurs qui s’immolent au pole emploi, comble du désespoir et de l’incompréhension du système ne comptent pas ? les suicides qui explosent ne comptent pas ?

                Les principes vendu dans certains cas restent valable pour tout les domaines.
                C’est trop facile le deux poids deux mesures, fondamentalement la question n’est pas de savoir quel est le degré de violence du régime mais son degré de légitimité démocratique.

                 Avec 15% Groslande ne représente plus la France, aucune différence avec les autres pays que ce soit l’Ukraine, la Syrie(soi disant) ou les pays des printemps arabes... qu’il dégage donc !

                HOLLANDE DÉMISSION !!


              • Chaz Chaz 30 janvier 2014 22:12

                Eh oui c’est le monde a l’envers. Après les sondages on ne pas si fier, même si la ils sont surement revus a la hausse. Les manifestations non plus ne représentent en rien la majorité. Par contre si les gens d’en haut était honnêtes, par le simple fait que Normal 1er ne respecte pas ses engagements, un referendum pour le virer (ou non) aurait du être fait.

                En Ukraine c’est différent, le Président est très méchant et les manifestants très gentils.


              • Proudhon Proudhon 30 janvier 2014 19:28

                @l’auteur

                Le jour ou l’Ukraine a le malheur d’entrer dans l’Europe, préparez-vous au chômage de masse comme précédemment tous les pays de l’Est ayant rejoint l’Europe.
                Mais bon, vous êtes sans doute un de ceux qui pensent profiter pleinement du nouveau système, au détriment des autres. Un futur oligarque peut-être !


                • Camille Kourbas 30 janvier 2014 20:19

                  un jour quand(si) l’Ukraine entre en Europe, l’Europe ne sera plus ce qu’elle est aujourd’hui (pour vous dire que ce n’est pas l’affaire de demain...)

                  une future oligarque alors ? qu’est-ce qui vous fait dire cela ?


                • Proudhon Proudhon 30 janvier 2014 20:32

                  @l’auteur

                  Une personne intelligente qui a étudié les dernières années de l’histoire européenne avec ses conséquences désastreuses pour les peuples pays de la zone euros, surtout à l’est est soit un futur oligarque qui pense profiter du système qui sera mis en place soit un imbécile de la pire espèce...


                • Camille Kourbas 30 janvier 2014 22:14

                  Alors, je suis, selon vous, une personne intelligente et imbécile de la pire espèce à la fois.


                  • Proudhon Proudhon 1er février 2014 19:27

                    Croire que les oligarques sont des gens intelligents est une antinomie. L’intelligence c’est de vivre pour le bien-être de son prochain et non pour accumuler de l’argent sur son dos. Les pseudo Elites s’évertuent depuis des siècles à nous faire croire que la réussite matérielle c’est preuve d’intelligence, que nenni, c’est preuve d’une imbécilité flagrante. Oeuvrer pour le malheur de son prochain est la pire des imbécilité qui soit. C’est une régression spirituelle de la pire espèce, une déshumanisation....

                    J’ose croire que vous ne faites pas partie de cette engeance.


                  • Mr Mimose Mr Mimose 31 janvier 2014 06:28

                    Ce qui est drole dans cette histoire c’est que les contestaires armés de casques et gourdins qui saccage les batiments administratifs, fonce sur les policiers avec des buldozers sont applaudis par Hollande et Ayrault !!! En France tu fais juste une quenelle et on t’envoie presque à guantanamo, pire que si t’avais violé et sodomisé une petite fille (je ne parle pas de polanski car lui il à le droit de sodomisé une petite fille de 13 ans.)



                    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 31 janvier 2014 08:56

                      Encore un auteur intoxiqué par la propagande européiste...

                      Vous ne voyez pas que l’ UE a été construite pour ruiner les peuples au bénéfice de la finance et des multinationales ?

                      Quel intérêt aurait l’Ukraine à finir comme la Grèce ?
                      Vous pensez que la corruption ne sévit qu’en Ukraine ?

                      Vous devriez vous poser quelques questions sur les révolutions colorées :

                      «  Comment la CIA prépare les révolutions colorées »


                      • Camille Kourbas 31 janvier 2014 09:31

                        Nous sommes tous formatés plus ou moins pour des rêves qu’on veut voir réalisés

                        Je me répète - l’Ukraine n’adhérerait pas à l’UE. Sauf si l’Union Européenne change et si l’Ukraine a un projet à lui proposer. L’Ukraine ne peut pas et ne doit pas entrer à l’UE comme l’ont fait ses voisins : en rejoignant un organisme existant sans avoir porté d’autres offres que leurs populations en tant que consommateurs.

                        L’Ukraine doit porter une solution et non causer une perte.

                        Quant à la CIA, en voyant la main des Américains partout, vous vous privez d’espoir de changer des choses chez vous par votre propre volonté.
                        Restez donc désespérés. Je préfère encore d’être naïve (mais avertie - j’ai la mémoire de 2004 et je demanderai sévèrement les comptes aux leaders qui arrivent).

                        Je suis désolée pour votre désespoir

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Camille Kourbas


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