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Accueil du site > Actualités > Europe > Une belle tête de vainqueur !

Une belle tête de vainqueur !

« Si une Communauté autonome ne remplit pas les obligations que la Constitution ou les autres lois lui imposent ou agit de façon à porter gravement atteinte à l’intérêt général de l’Espagne, le gouvernement (…) pourra, avec l’approbation de la majorité absolue des membres du Sénat, prendre les mesures nécessaires pour la contraindre à respecter ces obligations ou pour protéger l’intérêt général mentionné. Pour mener à bien les mesures prévues au paragraphe précédent, le gouvernement pourra donner des instructions à toutes les autorités des communautés autonomes. » (Article 155 de la Constitution espagnole du 29 décembre 1978 mis en application pour la première fois le 27 octobre 2017).



Depuis le 31 octobre 2017, l’affaire semble pliée : la Catalogne ne sera probablement pas indépendante, du moins à court terme, et c’est une très bonne chose, tant pour l’Espagne en pleine reconstruction économique et financière, que pour l’Europe qui a déjà bien du mal à négocier le Brexit avec le Royaume-Uni, et pour le monde en général déjà bien instable dans son équilibre de paix.

On pourrait assimiler la démarche des indépendantistes catalans à un véritable coup d’État. Cela en est un quand on bafoue sans hésitation l’ordre juridique et politique, quand on marche sur la Constitution de son pays, quand on viole l’État de droit qui est un élément constitutif de la démocratie et de la paix. Ces indépendantistes catalans ont été des apprentis sorciers et ils l’ont su tellement que Carles Puigdemont et quatre de ses "conseillers" (l’équivalent de "ministres" ou de "conseillers régionaux" catalans) ont fui l’Espagne pour échapper à la loi : en se rendant à Bruxelles, ils ont démontré, d’une part, leur lâcheté politique, laissant huit autres conseillers se faire incarcérer le 3 novembre 2017, et d’autre part, la nullité juridique et politique de leur démarche.

L’État de droit a triomphé en Catalogne grâce au sang-froid du Président du Gouvernement espagnol Mariano Rajoy qui a su jouer tant sur la légalité constitutionnelle que sur la paix. Il ne fallait à tout prix aucun bain de sang, c’était essentiel. Ce coup d’État catalan a fini en eau de boudin, comme le coup d’État à Moscou le 19 août 1991, lorsque Guennadi Ianaev, Vice-Président de l’URSS, a voulu limoger son Président Mikhaïl Gorbatchev. Cela a précipité la chute de l’Union Soviétique et l’arrivée timide de la démocratie russe.

On pourrait dire d’ailleurs que l’indépendance de la Catalogne avait moins de légitimité juridique, moins de légitimité démocratique, moins de légitimité politique et enfin, moins de légitimité démographique que l’annexion de la Crimée, appartenant à l’Ukraine, par la Russie.

L’argument loufoque du "droit à l’autodétermination des peuples" sans arrêt répété par les indépendantistes catalans est assez absurde. Car il faudrait d’abord préciser ce qu’est un "peuple". Ensuite, il faudrait savoir où cela s’arrêterait, car en cas de Catalogne indépendante, il y aurait eu probablement des zones géographiques qui auraient souhaité ne pas appartenir à cette Catalogne indépendante et qui auraient pu également en appeler au droit à l’autodétermination pour se séparer de cette Catalogne indépendante à laquelle elles n’auraient pas voulu appartenir.

Par ailleurs, ce droit à l’autodétermination n’est possible que lorsque les droits fondamentaux du peuple concerné ne sont pas respectés. Or, l’Espagne est une démocratie où toutes les libertés fondamentales sont avérées. Aucun citoyen catalan n’est persécuté, et encore moins persécuté parce qu’il est catalan. Il y a une différence avec le Kosovo où les musulmans étaient persécutés par les Serbes.

De plus, on ne peut pas affirmer en même temps que les Catalans apportent la richesse de l’Espagne (ce qui est inexact, car il y a une forte dette publique de 235 milliards d’euros), et qu’ils sont victimes de cette même Espagne. Dans cette affaire de pseudo-indépendance, la mauvaise foi et la désinformation furent reines.

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Dans mon précédent article d’il y a un mois, j’avais fait part de mes craintes des risques réels de violences et de guerre civile, des risques de la tragédie possible. Et voici que le drame tourne à la farce. C’est une chose très heureuse, car le ridicule ne tue pas. Le scénario tourne à la au vaudeville. Le sourire remplace la frayeur. Je préfère la comédie au bain de sang.

Les indépendantistes catalans ont pourtant tout fait pour provoquer la tragédie. Comme les opposants aux forces loyalistes en Ukraine, ils ont eu la malhonnêteté de traiter le gouvernement espagnol de force fasciste. L’excessif est toujours insignifiant. Qui peut raisonnablement dire que Mariano Rajoy est un fasciste ? Alors qu’il est approuvé non seulement par son parti, le PP, mais aussi par son traditionnel rival, le PSOE ? Ces insultes font référence à l’histoire espagnole : la Catalogne fut plus résistante que le reste de l’Espagne contre le franquisme lors de la guerre civile, les forces républicaines y furent plus soutenues. Mais faire référence à la guerre civile, c’était jouer avec le feu, c’était vouloir créer un nouveau brasier quatre-vingts ans plus tard. C’était complètement irresponsable.

Certains disent que le séparatisme régional catalan obéirait à la loi européenne, à la volonté de l’Europe de supprimer toute référence aux États. Ridicule. Tous les États européens soutiennent aujourd’hui le gouvernement espagnol. Le Président français Emmanuel Macron fut l’un des premiers à avoir apporté le soutien complet à Mariano Rajoy.

Au contraire, toute l’Union Européenne depuis 1957 est basée sur ses seuls États membres. Ne pas comprendre cela est ne rien avoir compris à la construction européenne depuis soixante ans. Toutes les institutions européennes sont basées sur le principe des États et pas des régions. Les aides régionales ne sont que des dispositifs de solidarité pour aider certaines régions pauvres de l’Europe, ce ne sont pas des institutions pour décider politiquement.

Lorsque Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt, parfois contestés à l'époque par les partisans de la construction européenne, ont institué le principe des Conseils européens, c’est-à-dire des sommets européens au plus haut niveau, c’était parce qu’ils avaient eu la vision judicieuse que réunir les centres réels de décision, à savoir les chefs d’État ou de gouvernement des États membres, c’était le meilleur moyen, le moyen le plus efficace, pour progresser dans l’intégration européenne. Pas en annihilant les États mais au contraire en les faisant participer au premier chef. C’est ce pragmatisme qui a permis de progresser.

D’autres disent que le séparatisme régional catalan serait le résultat d’une idéologie d’extrême gauche. C’est la réalité politique en Catalogne depuis 2015 où les forces indépendantistes sont effectivement soutenues par l’extrême gauche. Il suffit même de voir d’où viennent leur soutien en France, des gauchistes en général. Même l’actuel tyran du Venezuela a apporté son soutien à Carles Puigdemont !

Pourtant, le séparatisme régional est aussi une option d’extrême droite, du nationalisme d’extrême droite comme on le retrouve chez les Flamands belges (au pouvoir en Belgique). La Belgique comme terre d’asile politique (illusoire) pour les indépendantistes catalans n’était donc pas vraiment un hasard non plus. La Ligue du Nord en Italie est également un mouvement d’extrême droite qui souhaite le séparatisme italien.

Quand on regarde qui soutient les séparatistes en Europe, ce ne sont pas des partisans de la construction européenne, au contraire, ce sont des forces anti-européennes qui veulent la dislocation de l’Union Européenne.

Au-delà des maladresses très nombreuses de Carles Puigdemont, on peut aussi évoquer le ridicule d’une situation institutionnelle très mal préparée. Comment peut-on considérer que la Catalogne est un État indépendant et ne pas lui proposer une Constitution, ne serait-ce que provisoire ? ne pas lui associer une monnaie ? ni une armée ? Des trois caractéristiques d’un État (armée, monnaie, langue), la Catalogne n’a que la langue.

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Pour terminer, revenons rapidement sur la chronologie de cette délirante histoire… Je remonte jusqu’au précédent "référendum", déjà annulé.

12 décembre 2013 : Arthur Mas, Président de la Généralité de Catalogne (élu le 27 décembre 2010), a annoncé un référendum sur l’indépendance de la Catalogne (date précisée le 27 septembre 2014).

24 mars 2014 : Le Tribunal constitutionnel a déclaré ce référendum illégal.

13 octobre 2014 : Arthur Mas a renoncé au référendum et l’a transformé en "consultation".

9 novembre 2014 : Vote sur l’avenir politique de la Catalogne, avec deux questions, quelques semaines après le référendum sur l’indépendance de l’Écosse le 18 septembre 2014. Seulement 2 221 173 votes exprimés sur une population de 7 433 894 habitants. Taux de participation entre 36% et 41%. 80,8% de "oui" à l’indépendance. Mais la consultation s’est déroulée sans liste électorale et sans garantie aucune de sa sincérité. Scrutin bidon.

27 septembre 2015 : Élections des 135 députés du Parlement de Catalogne pour un mandat de quatre ans. La participation a été de 75,0% des 5 510 8653 électeurs inscrits. Il y a eu 4 092 349 suffrages exprimés. Le parti indépendantiste d’Arthur Mas a reculé avec seulement 39,6% des voix (recul de 4,8%) et 62 sièges (9 sièges en moins que précédemment).

9 janvier 2016 : Une coalition en faveur l’indépendance s’est cependant constituée, laborieusement mais sans Arthur Mas.

12 janvier 2016 : Carles Puigdemont, député catalan élu depuis le 17 novembre 2006, est élu Président de la Généralité de Catalogne.

28 septembre 2016 : Le gouvernement catalan a annoncé le principe d’un référendum sur l’indépendance.

9 juin 2017 : Le gouvernement catalan a annoncé que le référendum sur l’indépendance de la Catalogne sous la forme d’une république aurait lieu le 1er octobre 2017.

6 septembre 2017 : Le Parlement catalan a approuvé la tenue du référendum.

7 septembre 2017 : Le Tribunal constitutionnel a annulé le référendum, mais le Parlement catalan a continué dans sa logique en votant une loi de transition.

13 septembre 2017 : Le Parquet de Catalogne a saisi le matériel électoral des 968 mairies catalanes.

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20 septembre 2017 : Des manifestations indépendantistes ont lieu contre l’arrestation de quatorze responsables indépendantistes.

1er octobre 2017 : Référendum sur l’indépendance de la Catalogne. Plusieurs urnes ont été saisies. Il y a eu plusieurs centaines d’actes de violences entre policiers et indépendantistes. Selon le gouvernement catalan, il y aurait eu 43,0% de votants, 2 238 217 suffrages exprimés avec 90,2% en faveur de l’indépendance (2 044 038 "oui"). Mais ce scrutin, déclaré constitutionnellement illégal, s’est déroulé sans liste électorale et sans aucune garantie de sincérité (des exemples ont montré qu’on pouvait voter plusieurs fois). Rebelote, scrutin bidon. Dans la soirée, Mariano Rajoy a affirmé dans une allocution télévisée : « Il n’y a pas eu de référendum aujourd’hui en Catalogne. ».

3 octobre 2017 : Dans une allocution télévisée, le roi Felipe VI a fustigé le gouvernement catalan pour s’être mis « en marge du droit et de la démocratie ». Le Premier Ministre français Édouard Philippe a déclaré : « Je fais confiance à Madrid pour renouer le fil du dialogue sans lequel il ne peut y avoir de solution durable dans l’intérêt de l’unité et du développement de l’Espagne. ». Grève générale en Catalogne et 700 000 personnes ont manifesté à Barcelone contre le gouvernement Rajoy.

4 octobre 2017 : Carles Puigdemont a répondu au roi en demandant une médiation.

10 octobre 2017 : En séance plénière au Parlement catalan, Carles Puigdemont a annoncé l’indépendance tout en la suspendant immédiatement (!), pour ne rien faire d’irréversible.

11 octobre 2017 : Mariano Rajoy a demandé au gouvernement catalan de clarifier la situation : a-t-il ou pas déclaré l’indépendance.

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27 octobre 2017 : Le Parlement catalan a finalement voté, par 70 voix sur 135, la déclaration unilatérale d’indépendance de la République de Catalogne proclamée par Carles Puigdemont qui avait le choix d’organiser de nouvelles élections pour rester dans le cadre constitutionnel. Ce vote est un véritable coup d’État à Barcelone. Le Sénat espagnol a alors voté à Madrid la mise sous tutelle de la Catalogne par l’État espagnol en application de l’article 155 de la Constitution du 29 décembre 1978, ainsi que la destitution du gouvernement de Catalogne (effective le 28 octobre 2017). Le Président français Emmanuel Macron a apporté son total soutien à Mariano Rajoy. Dans une allocution télévisée, Mariano Rajoy a annoncé la dissolution du Parlement catalan et de nouvelles élections régionales pour le 21 décembre 2017. Le Tribunal constitutionnel a jugé anticonstitutionnelle la déclaration d’indépendance de la Catalogne qu’elle a suspendue.

28 octobre 2017 : Destitué, Carles Puigdemont a appelé les indépendantistes catalans à résister pacifiquement contre Madrid.

29 octobre 2017 : Un million de manifestations ont défilé à Barcelone contre l’indépendance de la Catalogne.

30 octobre 2017 : Après avoir disparu pendant deux jours, Carles Puigdemont et quatre de ses anciens ministres sont apparus à Bruxelles, en passant par Marseille, pour se soustraire à la justice espagnole et demander l'asile politique à la Belgique. Les partis indépendantistes ont reconnu la dissolution du Parlement catalan et ont annoncé vouloir participer aux nouvelles élections : ils ont donc reconnu que la Catalogne n’est effectivement pas indépendante. L’affaire est "pliée".

31 octobre 2017 : Dans une conférence de presse à Bruxelles, Carles Puigdemont a multiplé les déclarations ridicules et stupides. Il a demandé au gouvernement espagnol de reconnaître les futurs résultats de l’élection du 21 décembre 2017 alors qu’il avait refusé lui-même ces élections et que c’était le gouvernement espagnol lui-même qui les a organisées !

3 novembre 2017 : La haute cour de justice espagnole a incarcéré huit anciens ministres catalans et a lancé un mandat d’arrêt européen à l’encontre de Carles Puigdemont et ses quatre anciens ministres pour « rébellion, sédition, détournement de fonds publics et désobéissance à l’autorité ».

5 novembre 2017 : Carles Puigdemont et ses quatre anciens ministres se sont rendus le matin à la justice belge, qui les a remis en liberté conditionnelle dans la journée.cé vouloir participer aux nouvelles élections : ils ont donc reconnu que la Catalogne n’est effectivement pas indépendante. L’affaire est "pliée".

31 octobre 2017 : Dans une conférence de presse à Bruxelles, Carles Puigdemont a multiplé les déclarations ridicules et stupides. Il a demandé au gouvernement espagnol de reconnaître les futurs résultats de l’élection du 21 décembre 2017 alors qu’il avait refusé lui-même ces élections et que c’était le gouvernement espagnol lui-même qui les a organisées !

3 novembre 2017 : La haute cour de justice espagnole a incarcéré huit anciens ministres catalans et a lancé un mandat d’arrêt européen à l’encontre de Carles Puigdemont et ses quatre anciens ministres pour « rébellion, sédition, détournement de fonds publics et désobéissance à l’autorité ».

5 novembre 2017 : Carles Puigdemont et ses quatre anciens ministres se sont rendus le matin à la justice belge, qui les a remis en liberté conditionnelle dans la journée.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (08 novembre 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Carles Puigdemont.
La Castalogne.
Attentats en Catalogne.
Salvador Dali.
Franco.

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37 réactions à cet article    


  • bob14 bob14 8 novembre 10:58

    Le « Play-Mobil » de la Catalogne...


    • Stratediplo 11 novembre 04:40
      Cet intéressant article d’opinion mériterait d’être complété pour permettre de pleinement apprécier les opinions exposées.
      Il est judicieux d’avoir mis en introduction l’article 155 de la constitution espagnole, dont la presse évoque généralement le numéro sans jamais en citer le texte, et qui autorise explicitement le gouvernement à donner des instructions directes aux autorités autonomes régionales, mais il serait utile de développer l’articulation entre la violation manifeste de cet article et l’affirmation du troisième paragraphe selon laquelle Mariano Rajoy "a su jouer [...] sur la légalité constitutionnelle", surtout qu’au-delà de cet article 155 judicieusement rappelé il a aussi violé les articles 148, 153 et 156 de la constitution espagnole et 56, 66, 67, 68, 70 et 75 du statut d’autonomie catalan.
      L’idée de vouloir aujourd’hui "préciser ce qu’est un peuple" dans les nombreux textes de droit international qui affirment le droit à l’autodétermination des peuples depuis sept décennies est intéressante, hors Catalogne surtout d’ailleurs puisque l’existence d’un peuple catalan est affirmée tant par le décret-loi espagnol 41/1977 (antérieur à la constitution) que par le statut d’autonomie adopté par le parlement et signé par le roi.
      La qualification de « loufoque » et « absurde » attribuée au droit à l’autodétermination permet d’écarter habilement le principe uti possidetis afin de suggérer une partition de la Catalogne.
      La suggestion de ne permettre le droit à l’autodétermination "que lorsque les droits fondamentaux du peuple concerné ne sont pas respectés" introduit une restriction certes inexistance jusqu’à présent dans le corpus juridique de l’ONU mais qui valait la peine d’être formulée, même si elle est complétée par une contre-vérité concernant le sens de la persécution au Kossovo et en Métochie, entre les indigènes serbes aujourd’hui déportés et la diaspora albanaise aujourd’hui maître de la province. En tout cas le rappel que "l’Espagne est une démocratie où toutes les libertés fondamentales sont avérées" était nécessaire, afin de couper court aux nombreuses condamnations de l’Espagne par la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour violation de l’article 6 de la Convention de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales, à savoir violation du droit à un procès équitable.
      La déduction de mauvaise foi car "on ne peut pas affirmer en même temps que les Catalans apportent la richesse de l’Espagne [...] et qu’ils sont victimes de cette même Espagne" est certainement assez évidente pour ne pas nécessiter que l’auteur en souligne l’illogisme ou l’incohérence.
      La comparaison de la reductio a Francorum avec la reductio ad Banderam est pertinente puisque les milices du régime issu du coup d’Etat du 22 février en Ukraine sont des "forces loyalistes" à l’abolition de la constitution.
      Les considérations sur les penchants d’extrême gauche et d’extrême droite apportent un éclairage politologique constructif, et les considérations sur le soutien des "forces anti-européennes qui veulent la dislocation de l’Union Européenne" aux séparatistes permettent de relativiser l’engagement uniopéiste intégral professé et manifesté indéfectiblement par le mouvement souveraniste catalan depuis quarante ans.
      Enfin, le jugement de "ridicule d’une situation institutionnelle très mal préparée" apporte une vue d’expert sur les compétences de Carles Viver i Pi-Sunyer et les quatre ans de travail du Conseil Consultatif pour la Transition Nationale (Consell Assessor per a la Transició Nacional), sur la solidité des dix-neuf rapports du Livre Blanc sur la Transition Nationale etc.
      La révélation du fait qu’il n’ait en réalité pas été proposé de « constitution, ne serait-ce que provisoire » ôte donc tout caractère fondateur et normatif à la loi 20/2017 du 8 septembre ou Loi de Transition Juridique et de Fondation de la République, et évidemment à toutes les dispositions d’organisation étatique, administrative et juridictionnelle qu’elle contient, dont le Titre VII détaillant le processus constituant.
      Mais, surtout, l’apport essentiel de cet article de Sylvain Rakotoarison est sa redéfinition de "trois caractéristiques d’un Etat", qui fait table rase du consensus des politologues remontant au moins aux traités de Westphalie et exprimé notamment dans la Convention de Montevideo, ce qui lui permet d’ailleurs de déterminer que la Catalogne n’a qu’une seule de ces « trois caractéristiques d’un Etat » (que d’ailleurs beaucoup d’Etats européens ne réunissent pas), alors qu’elle remplit les quatre critères énoncés à Montevideo.
      Par cet article qui ne s’embarrasse ni des faits ni du droit international, Sylvain Rakotoarison introduit donc des idées particulièrement originales.

    • Pere Plexe Pere Plexe 8 novembre 11:00

      Qui explique à l’auteur que l’application ridicule d’un filtre ne l’autorise pas à utiliser des photos qui ne sont pas libre de droit ?

      J’imagine que c’est la motivation de cette pénible pratique... ?

      Pour revenir au sujet j’aime bien le fait que notre Catalan pourfendeur de l’Espagne aura utilisé sa Carte d’Identité espagnole pour traverser la France et aller en Belgique...
      Comme quoi ont peut clamer ne pas vouloir d’une nationalité et profiter des avantages qu’elle procure.
      Sans l’ombre d’une interrogation.


      • sarcastelle sarcastelle 8 novembre 12:35

        @Pere Plexe

        .
        Oui, c’est comme tous ces partisans du retour aux devises nationales, mais qui emploient l’euro tous les jours. Ce sont des inconséquents. 

      • Olivier Perriet Olivier Perriet 8 novembre 14:34

        @sarcastelle

        à cette différence près que l’euro, on n’a pas bien le choix de s’en passer.


      • CORH CORH 9 novembre 10:34

        @Pere Plexe
        Alors qu’il aurait du utiliser sa carte d’identité catalane, en effet il est gonflé



      • Pere Plexe Pere Plexe 10 novembre 16:31

        @CORH
        Pas gonflé 

        Juste cohérent.

        Votre remarque à l’humour absurde serait drôle si ce n’était le sort qu’il réserve à quelques millions d"âmes.
        Renoncer à une nationalité et aux droits qui y sont attachés pour une autre qui à ce jour n’est reconnue par personne.
        Si tel était le sort de la Catalogne pas sur qu’ils puissent rapidement voyager en Europe sans contrainte.


      • Stratediplo 11 novembre 04:57

        @Pere Plexe
        Si vous croyez que le parlement catalan voulait priver les citoyens de leur nationalité espagnole, relisez la loi 20/2017 et tous les discours antérieurs.


      • oncle archibald 8 novembre 11:40

        Enfin un article sérieux et étayé sur un historique chronologique indiscutable pour mettre en évidence la pantomime ou plutôt la farce interprétée par Carles Puigdemont qui ne tient pas une seconde ne serait-ce que parce que la notion de « peuple Catalan » n’existe pas.

        Il y a en Espagne des gens de culture Catalane, plus ou moins chauvins et parmi eux il y a des jobards empalés une fois pour toutes sur leur clocher.

        Des gens de culture Catalane il y en a dans toute l’Espagne, et des Castillans il y en a plein qui habitent Barcelone.

        Le vote du 21 Décembre organisé avec des listes électorales à émarger, des urnes transparentes, des assesseurs et un dépouillement contradictoire permettra de remettre les indépendantistes à leur place sur la base de la démocratie qu’ils ont eux même bafouée.


        • Stratediplo 11 novembre 05:00

          @oncle archibald
          Un peuple catalan existe pourtant dans le décret-loi espagnol 41/1977 (antérieur à la constitution et signé par le roi) ainsi que dans le statut d’autonomie adopté par le parlement espagnol puis promulgué et entré en application.


        • jaja jaja 8 novembre 12:38

          Toute la droite et l’extrême droite de ce site vent debout contre le peuple catalan : -)

          Pendant ce temps c’est la grève générale en Catalogne avec des foules énormes déjà dans la rue... Routes et autoroutes coupées, gares et voies occupées, manifestations et rassemblements partout en Catalogne...

          Ici l’occupation de la gare de Girona malgré le barrage policier :

          https://www.facebook.com/RepublicaCatal3/videos/1066808983421705/


          • JL JL 8 novembre 13:06

            @jaja
             
             moi je suis de gauche, et contre les séparatismes, qu’ils soient Catalans Basques ou Bretons.
             
             Pour les Corses, je suis réservé.
             
            Les séparatistes sont toujours minoritaires mais très activistes au point souvent, d’intimider leurs concitoyens.


          • jaja jaja 8 novembre 13:16

            @JL

            Oui, vous êtes de cette« gauche déboussolée par l’équation catalane » :

            http://www.contretemps.eu/lequation-catalane-deboussole-la-gauche/


          • JL JL 8 novembre 13:21

            @jaja,

             mais non, je suis Breton, et j’ai côtoyé des séparatistes prendant ma jeunesse et au delà. Mon opinion est faite depuis longtemps. Des générations ont galéré de gré ou de force pour que l’on devienne Français à part entière. Et aujourd’hui je suis heureux d’être Français. Il n’est ni souhaitable ni réellement possible de faire un retour en arrière.
             
            Votre lien ne m’intéresse pas.


          • jaja jaja 8 novembre 13:42

            @JL

            Votre réponse ne m’intéresse pas non plus...


          • oncle archibald 8 novembre 14:32

            @jaja

            Mais tout le monde s’en fout du « peuple catalan » qui n’existe pas et des quelques fadas qui se prennent pour « quelqu’un » et qui croient faire une révolution d’arrière garde. Ça leur donne l’impression d’exister. Vivement le 21 Décembre que ça finisse. Des cons et des chauvins il y en a toujours eu partout, ceux de Catalogne sont particulièrement virulents mais ne valent rien de plus que les autres.

          • Self con troll Self con troll 8 novembre 14:39

            @oncle archibald
            Comme d’hab : à bas le peuple, nom de NOM !


          • Michel DROUET Michel DROUET 8 novembre 14:44

            @JL
            Bonjour JL
            J’adhère !


          • Lugsama Lugsama 8 novembre 19:11

            @jaja

            Je vie en Espagne et les foules énormes on les a vu pour les manifestations pro-union recement, la dernière grève on avait quelques fonctionnaires à qui on avait promis de payer la journée brûler quelques pneus pour bloquer les routes, mais en réalité les magasins ont continuer de fonctionner normalement.. D’ailleurs les fonctionnaires ont appris que finalement ils devraont récupérer cette journée et les principaux syndicats étant contre la DIU je ne suis pas sur qu’ils mobilisent plus à l’avenir, d’ailleur la grêve d’aujourd’hui est un echec, qualifié de minimal et residuel..



          • zygzornifle zygzornifle 8 novembre 13:40

            L’Homme a abattre , il ne manquerait plus qu’on l’accuse d’agression sexuelle sur Merkel .....


            • Elliot Elliot 8 novembre 14:51

              Article à la gloire de la constitution espagnole et de sa démocratie dont on a pu voir les limites à l’occasion du référendum d’autodétermination, celle justement dont veulent s’affranchir les indépendantistes catalans.

              Est-ce si difficile à comprendre que des tas de révolutions pacifiques ou d’une nature plus violente ont abouti à ce que cela qui n’était pas autorisé dans le cadre constitutionnel existant se réalisât malgré tout et contre l’avis de tous les constitutionnalistes qui avaient les yeux rivés sur leurs tables de la loi ?

              Ni la Tchéquie ni la Slovaquie n’existeraient, ni les pays de l’ancienne Yougoslavie. Le Kosovo a gagné son indépendance par les armes et surtout grâce aux pressions guerrières exercées contre la Serbie.

              N’évoquons pas des contrées plus exotiques.

              Alors s’il vous plaît cessez d’agiter ce faux argument qui vise à figer une situation qui demande à se débloquer.
              Il y a peut-être des raisons économiques ou de géostratégie européenne qui sont des freins à cet appel d’air et qui devraient être prises en compte sinon avalisées mais les respect de la Constitution est un faux argument qui ne peut séduire que des cuistres.

              Aucune constitution ne peut résister à la Realpolitik.
              Seuls les Catalans doivent se déterminer : continuer à vivre dans le cadre de l’Espagne ou prendre le dur chemin de l’indépendance. 

              La Communauté Européenne n’a ni à s’en mêler ni même à en juger, elle devrait veiller à adopter la retenue qui lui a manqué pour gérer le brexit avec les conséquences que l’on sait.


              • jaja jaja 8 novembre 15:01

                @Elliot

                Tout à fait d’accord...


              • Olivier Perriet Olivier Perriet 8 novembre 15:27

                @eliott et jaj
                Article à la gloire de la constitution espagnole et de sa démocratie [...]

                Je ne suis pas sûr que l’auteur de l’article apprécie smiley Je crois que vous n’avez rien compris à son propos.

                Les pro indépendantistes sont tellement bêtes qu’ils n’arrivent même pas à s’entendre entre eux, ceci explique cela

                Cela dit, je suis d’accord avec vous, le juridisme n’est pas la source de la légitimité.

                Cela dit, si l’indépendance est un échec, c’est bien parce que les anti indépendance ont été autant, sinon plus, légitimés que les indépendantistes.

                Donc, permettez que je me marre sans aucune retenue smiley


              • oncle archibald 8 novembre 15:27

                @Elliot : "Seuls les Catalans doivent se déterminer : continuer à vivre dans le cadre de l’Espagne ou prendre le dur chemin de l’indépendance. « 

                C’est quoi un catalan ? Il faut avoir combien de générations de catalans au dessus de soi pour avor le droit de porter »le blason« sank et or ? Dites moi le nom du dernier prince ou roi de catalogne ?

                On peut très bien continuer à danser la sardane après avoir bouffé une cargolade abondamment arrosée d’un vin de Priorat tout en restant Espagnol. La catalogne est une région d’Espagne, point barre ! Il n’y a plus que Jaja et Puigdemont qui veuille créer un »pays" pour leurs potes, les derniers cocos.


              • Olivier Perriet Olivier Perriet 8 novembre 15:29

                @Olivier Perriet
                Je ne suis pas sûr que l’auteur de l’article apprécie  Je crois que vous n’avez rien compris à son propos.

                Les pro indépendantistes sont tellement bêtes qu’ils n’arrivent même pas à s’entendre entre eux, ceci explique cela

                Désolé, c’est moi qui suis con sur ce coup là, je me suis trompé de fil, je n’avais pas vu que c’était celui de SR


              • jaja jaja 8 novembre 15:34

                @oncle archibald

                Toujours aussi fin smiley


              • Olivier Perriet Olivier Perriet 8 novembre 17:27

                @jaja

                moi aussi j’ai l’air fin, je le souligne


              • Stratediplo 11 novembre 05:08

                @oncle archibald
                Peut se considérer Catalan, d’après le statut actuel, tout Espagnol qui a un lien administratif avec la Catalogne. La loi de transition juridique et de fondation de la république était beaucoup plus précise, puisqu’elle comportait un code de la nationalité d’origine (sans parler de la naturalisation), en gros il suffisait d’être Espagnol et d’être inscrit dans une municipalité catalane depuis un an, ou de l’avoir été pendant cinq ans si on n’y est plus. Il n’y a aucun critère nationaliste là-dedans, mais seulement de résidence.


              • gaeltorix 8 novembre 17:55

                C est absurde de comparer,comme je le lis souvent,les indépendantistes catalans avec les corse par exemple.J ai vecu 10 ans en catalogne espagnole et ils ont entre autre une liberté culturelle totale avec tele,journaux radio en catalan et leur ecole presque entièrement en catalan.Les régions francaises elles n ont ....rien.Alors c est comme comparer des gens qui meurent de trop manger et ceux qui meurent de faim.Je regarde depuis des annees leur tele catalane et depuis Arthur MAAS ,ca tourne à une propagande hystérique véritablement autiste de gens obnubilés par une idée fixe et qui ne doivent meme pas savoir ce qui en résulterai et surtout à quel gros poissons ça profiterai ,à moins qu ils ne soient payés par eux dans des buts géostratégiques, ( Mais après tout qu on fait les forces de l OTAN avec le KOSOVO ) 


                • jaja jaja 8 novembre 19:30

                  @gaeltorix

                  Vous avez oublié de dire que beaucoup de lois sociales, pourtant votées par le Parlement catalan,ont été annulées par le Tribunal Constitutionnel espagnol... faisant de la Catalogne une démocratie surveillée par le pouvoir central et sans réel pouvoir de décision :

                  Des dizaines de lois catalanes suspendues par le Tribunal constitutionnel espagnolhttp://catalanindependance.blog.lemonde.fr/2016/04/27/des-dizaines-de-lois-catalanes-suspendues-par-le-tce-2/

                • Sandocan 8 novembre 21:19

                  @jaja
                  http://www.abc.es/elecciones/catalanas/2015/abci-palabras-zapatero-independentismo-201509250812.html tu oublie que Zapatero avait fait voter par le parlement Espagnol toute les lois que le parlement catalan avait voté a sa faveur a faveur de catalogne biensur , chose que ne sais jamais vu en europe je parle même pas des embassades catalanes partout en europe , et crois moi que sont pas gênés pour abuser, par contre jamais de remerciment autre que la déclaration d’independence , il était temps de corriger ce la.

                  D’autre part http://www.eldiario.es/politica/Mato-asegura-perjudicaba-catalanes-medicamentos_0_257575258.html le tribunal constitutionnel a dêja annulé des lois catalanes pour faire payer les medicaments aux pauvres ,donc ce que tu dit est faux ,le tribunal constitutionnel a annulé de lois pour faire payer les pauvres faites par le gouvernement catalan pour les riches aussi, tu crois vraiment qu’avec les 3 derniers presidents de droites que la Catalalogne a eu avec l’appuie de la gauche sont fait beaucoup des lois pour les pauvres ? , je crois pas que t’est si naif


                • Sandocan 8 novembre 21:51

                  http://www.elperiodico.com/es/economia/20171108/huelga-general-8-noviembre-cataluna-catalunya-seguimiento-efectos-6409709 a oui j’avait oublié mais pas juste moi , les separatistes avaient fait une grêve general en Catalogne aujourdhuie que presque personne a suivi, si peu que personne en parle , j’ai l’impresion que voir puigdemon faire le guignol ça les amuse pas beaucoup.


                  • FASSI FASSI 9 novembre 06:29
                    Ho, les singes nus, que vous faut-il de plus pour enfin comprendre que par delà une guerre hautement symbolique du « bien contre le mal » il s’agit prosaïquement de détruire le pouvoir « des dos gris » qui vous contiennent par leur ratiocinations. Leur domination ne passent pas par le sexe, mais en est une conséquence darwinienne dont la profondeur logique instille nos conduites prétendument libérées, Nous ne sommes rien d’autre qu’un moment écologique dont ’ la profondeur logique’ s’invagine dans l’Être planétaire qui nous précède de quelque milliards d’années. 


                    • FASSI FASSI 9 novembre 11:59

                      @FASSI
                      excuses : « leur domination ne passe pas par le sexe »


                    • FASSI FASSI 9 novembre 12:20

                      @FASSI
                      Voulez-vous « discuter » au sein de ce paradigme ? Autant abandonner tout espoir. AV est justement placé pour courber la pensée selon ces prémisses...Vous pensez bien que s’il était possible de porter une critique fondamentale du langage- même, produit de la domination masculine, nous serions tous et toutes sourds, sourdes....


                    • Annamtlt 9 novembre 22:03

                      Bonsoir,

                      Etudiante à l’Institut Français de Presse, je réalise un travail sur le journalisme citoyen.
                      Je souhaiterai réaliser une série d’entretiens avec des rédacteurs citoyens afin de donner la parole aux principaux intéressés. 
                      Seriez-vous prêt à brièvement vous entretenir avec moi ? 
                      Je serai pour ma part ravie d’échanger avec vous. 
                      Bien cordialement, 

                      A.M.

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