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Un désir de Lorraine

Au désir d’Alsace relevé par le Premier Ministre français suite à la remise du Rapport Marx répond désormais un véritable désir de Lorraine. Celui de faire renaître la Lorraine politique, administrative et institutionnelle moins de trois ans après la fusion imposée et contestée des régions Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine.

Il y avait déjà eu une proposition de loi déposée fin 2017 par deux sénateurs mosellans pour reconstituer la Région Lorraine par fusion de ses quatre départements (Meurthe-et-Moselle, Meuse, Moselle et Vosges), puis une pétition et un Appel pour une nouvelle Région Lorraine lancée par le Groupe BLE Lorraine. Il y a maintenant un vibrant communiqué de presse du Président du Conseil Départemental de Meurthe-et-Moselle (CD 54) qui exhorte à ce que la Lorraine prenne enfin son destin en main. Face à la création annoncée d’un grand département du Rhin par la fusion du Bas et du Haut-Rhin qui menace de déstabiliser et de déséquilibrer les territoires de l’Est de la France, Mathieu Klein appelle à la responsabilité de chacun et n’écarte aucune hypothèse. Il évoque même une fusion des départements de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle. A minima une coopération interdépartemental renforcée dans les domaines du transfrontalier, des transports et du trilinguisme (Français, Allemand et Anglais). La perspective est audacieuse. Et c’est tant mieux. Le Préfet du Grand Est Jean-Luc Marx s’est lui-même coupé un bout de branche sur laquelle il était assis en pondant son rapport sur le cas alsacien. Bien lui en a pris car ses basses conclusions ont désormais réveillé les Lorrains et ouvert la boîte de Pandore. Au point de menacer l’existence même de sa chère méga-région Grand Est. Le Président du CD 54 l’affirme : « les Lorrains et les Champardennais doivent eux aussi disposer d’un cadre législatif, réglementaire et territorial adapté pour jouer pleinement leur rôle européen ».

Le Rapport Marx reprend en effet la dimension européenne et transfrontalière de l’Alsace pour justifier la possibilité d’une exception alsacienne. Or c’est ignorer que c’est même dimension est aussi importante en Lorraine. La Lorraine est le seul territoire du Grand Est à avoir trois frontières, avec l’Allemagne, le Luxembourg et la Belgique, contre seulement deux pour l’Alsace. Il convient donc de faire évoluer positivement les institutions pour les faire coller à la réalité du terrain, aussi bien en Alsace qu’en Lorraine. En envisageant d’ailleurs très sérieusement l’opportunité qui s’offre à nous de faire renaître administrativement la Lorraine. En associant bien entendu l’ensemble des territoires lorrains, à commencer par les Vosges et la Meuse. Comment ? Par un Conseil Territorial Unique de Lorraine. Une seule assemblée au lieu de quatre avec des représentants de chaque territoire lorrain. Ce n’est ni plus ni moins que ce que propose le Groupe BLE Lorraine depuis les prémisses de la « réforme » des régions. Et que le Parti Lorrain a repris dans son programme.

Le contexte semble favorable. Les deux présidents des conseils départementaux de Moselle et de Meurthe-et-Moselle s’entendent bien. Pour ce qui est de l’adaptation des territoires au contexte européen, le moins que l’on puisse dire, c’est que Mathieu Klein a souvent été source d’initiative. Avant d’appeler à l’union des Lorrains, c’est par exemple lui qui a lancé les rencontres interdépartementales. C’est aussi lui qui a œuvré pour développer une stratégie commune d’apprentissage de l’Allemand. Ses collègues de Meuse, de Moselle et des Vosges doivent maintenant prendre leurs responsabilités en répondant favorablement à son appel. Cela permettrait d’effacer les stigmates du Traité de Francfort de 1871, comme le souligne Bertrand Kling, Maire de Malzéville et Vice-président de la Métropole du Grand Nancy, et surtout d’ouvrir la possibilité d’une extension constitutionnelle du Droit Local à l’ensemble de la Lorraine, que nous appelons de nos vœux, pour enfin niveler par le haut.

Ensemble et unie, la Lorraine est plus forte que l’Alsace. Les créations respectives du Pôle Métropolitain du Sillon Lorrain et de l’Université de Lorraine, ainsi que la coopération hospitalière, entre le CHRU de Nancy et le CHR de Metz-Thionville, ou encore la franche réussite de Lor’n’Tech l’ont prouvé et démontré. Demain, la nouvelle Région Lorraine en fera de même !


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19 réactions à cet article    


  • Étirév 20 août 10:58

    Dans le vocabulaire de géographie comparée, publié à la suite des Commentaires de César, nous lisons :
    Mediomatrici, peuple de la Belgique, au sud des Trévires, aujourd’hui partie de la Lorraine et de l’Alsace. Départements de la Moselle, de la Meuse et du Bas-Rhin.
    Mosa, fleuve qui traversait la Belgique (Meuse).
    Quelle est donc l’origine du mot « Meuse » ?
    Dans le pays des Atlantes qu’on appela les Champs Elysées, le séjour des Muses (les savantes) s’appelait Hélicon. Le pays, Hel-land, avait donné son nom au fleuve qui le traversait ; on l’appelait Hélium, pris symboliquement pour le soleil, parce qu’il arrosait la maison sainte, le ciel appelé Hemel. « Junon et Minerve étaient surnommées hélotes, qui veut dire surveillantes du Hel  », dit de Grave (La République des Champs Elysées, tome 2, p. 92).
    Helléniste vient de Hélium, qui veut dire Hel-Land. Hel ou Hal a toujours servi à désigner un paradis (Wal-Halla, devenu Waux-Hal, jardin délicieux).
    Aussi, le fleuve appelé d’abord Hélium finit par s’appeler du nom même des Déesses qui vivaient sur ses bord, les Muses. Et c’est ainsi que dans la géographie ancienne la Meuse s’appelle Mosa.
    (On sait que M. Théophile Cailleux donne une origine celtique à toutes les civilisations qui auraient commencé entre la Meuse, l’Escaut et le Rhin.)
    Et si Mosa signifie Muse, Moselle n’est-elle pas le nom d’une petite Muse ?
    Et nous voilà bien près de Da-moiselle, qui fut un titre de noblesse.
    Comme la femme était plus petite que l’homme, on se moquait de sa petitesse et on l’appelait Maus (souris), au lieu de l’appeler Muse.
    Livres de Femmes, Livres de Vérités


    • aimable 20 août 11:56
      il faut se méfier des regroupements , je prend pour exemple la Normandie qui au départ était une , ce qui allait devenir la basse Normandie , avait disons un développement inférieur a ce qui allait devenir la haute Normandie , la basse Normandie a réussit au milieu des années 50 a devenir indépendante ce qui lui a permis de se développer .
      de nouveau une réunification et le système recommence , la haute recommence a dévorer la basse avec entre autre le premier ministre qui est natif de Rouen .
      ce qui nous arrive pourrait bien être le sort de certains dans le regroupement alors regardez y a deux fois avant de franchir le pas .

      • Raymond75 20 août 13:38

        Le régionalisme n’est que querelles de ploucs !!! Combattez pour votre indépendance alors.


        • Raymond75 20 août 13:51

          @Raymond75


          Communautarisme, clanisme, régionalisme, nationalisme ... JE suis différent des autres !!!

        • Raymond75 20 août 14:14

          @Raymond75


          Qui est le premier employeur de la Lorraine ? Le Luxembourg, avec 82 000 salariés frontaliers !

          Comme cela doit être dur de vivre cette humiliation pour un authentique Lorrain !!!

        • Buzzcocks 20 août 16:31

          @Raymond75
          Il y a 1.1 millions d’actifs en Lorraine, ça veut juste dire que l’essentiel ne travaille pas au Luxembourg et votre remarque ne veut rien dire. Le Luxembourg n’étant pas un employeur unique, mais un ensemble d’entreprises qui effectivement emploient des lorrains.

          Etant Lorrain de naissance et me sentant toujours lorrain même si je n’y habite plus, je ne vois pas ce qu’il y a d’humiliant.... mais vous allez m’expliquer.


        • Gwynplaine Dr Faustroll 20 août 14:18

          « Les deux présidents des conseils départementaux de Moselle et de Meurthe-et-Moselle s’entendent bien. »


          Voilà la phrase qui trahit les véritables coulisses de ce projet calamiteux ! 
          Une phrase ty pique de la pratique clientéliste de ces élus-barons-notables locaux qui confondent fiefs et circonscriptions administratives et dont les joutes et tournois décident pour les manants ce qui est bon pour eux. Ce texte représente en miniature le même fonctionnement que l’Europe : une vision technocratique de la vie politique rejetée par les citoyens qui s’abstiennent de plus en plus aux élections.

          Népostisme, prévarications et corruption généralisée sont le catéchisme de ces élus bedonnants qui se gavent sans vergogne et croient pouvoir décider pour tout le monde.

          • Gwynplaine Dr Faustroll 20 août 14:24

            @Dr Faustroll

            « A minima une coopération interdépartemental renforcée dans les domaines du transfrontalier, des transports et du trilinguisme (Français, Allemand et Anglais). »

            Que quelques vieillards parlent encore le Francique en Moselle est possible , ce qui correspondrait à un certain bilinguisme dans les campagnes de ce département. Mais je ne connais personne ni en Moselle ni ailleurs qui soit trilingue ! Et que vient faire l’Anglais dans cette affaire ? C’est une reconnaissance du statut de « dominion » américain ?

          • titi 20 août 16:56
            @Dr Faustroll

            « Voilà la phrase qui trahit les véritables coulisses de ce projet calamiteux ! »

            Exactement !
            Les groupements de collectivités en France ne correspondent ni aux bassins d’emplois, ni aux bassins économiques, ni aucune cohérence géographique.
            Il s’agit juste de « combinazione » entre élus.
            On veut se retrouver « entre soi » pour ne pas avoir d’opposition





          • titi 20 août 16:57

            @titi


            « On veut se retrouver « entre soi » pour ne pas avoir d’opposition »
            Sous entendu « et faire ce qu’on veut des budgets »....

          • Buzzcocks 20 août 17:13

            @titi
            Oui enfin, la Lorraine, c’est justement une cohérence géographique, vous prenez la Nationale 4, vous voyez géographiquement la différence entre la Champagne, la Lorraine et l’Alsace. Le relief est totalement différent.


          • titi 20 août 17:34
            @Buzzcocks

            Mouais… entre le Vosges et le pays barrois y’a quand même une légère différence.

            Et ca n’empêche : l’Alsace a déjà eu un projet de fusion il y a quelques années qui avait été rejeté pour cause de « dissentions » politiques alors que départements et région étaient de la même couleur politique… traduction : on ne s’est pas mis d’accord sur la distribution des postes de président, et de vice présidents, et de qui allait pouvoir manger aux râteliers des différentes commissions.

            Dans le cas lorrain, on s’entend comme larron en foire, alors on fusionne. Dans 4 ans quand on s’entendra plus on défusionnera : on redéménagera, on abandonnera des projets en cours, etc... en se lavant les mains des fonds investis et perdus. Le contribuable paiera la note, et les politiques iront pleurer que l’Etat serre la ceinture de la DGF.


            Il faut une loi au niveau national et pas laisser les barons locaux décider.
            Ce pourrait être la suppression des départements : on aurait un département Alsace, un département Lorraine, etc... 


            PS : je suis mussipontain

          • Gwynplaine Dr Faustroll 20 août 20:34

            @titi

            Alors, quitte à oublier l’histoire, bien des territoires seraient à redessiner pour être cohérents, quand on sait que ke site de  le site de La Mothe-en-Bassigny se situe aujourd hi en Haute-Marne, alors qu’il s’agissait de la ville la plus puissante de Lorraine après la capitale du duché, Nancy. Important centre commercial et militaire, cette cité-citadelle a compté jusqu’à quatre mille habitants et soldats.  Lors des accords de reddition du Duc de Lorraine, Mazarin a fait démolir non seulement les fortifications, mais aussi tous les bâtiments : la ville a été entièrement rasée et les 3000 habitants d’alors ont été chassés de la ville. Mais le plus drôle, c’est que les révolutionnaires qui ont dessiné es départements étaient encore plus nationalistes que l’ancien régime et ont situé l’emplacement dans un département dont le reste du territoire n’a jamais été « lorrains », de peur que les fantômes donnent des idées d’indépendances aux vivants.

            Ce genre d’ineptie et l’aberration des enclaves de Bitche, Sarrebourg et La Petite Pierre sont autant d’héritages anachroniques q’une véritable réforme territoriale devrait gommer.

          • titi 20 août 21:04

            @Dr Faustroll


            Si découpage il doit être adapté au présent et l’avenir et pas à une histoire révolue.

            Quand on voit des agglomérations comme Montbéliard, on voit bien que les découpages historiques sont totalement caduques et ne correspondent plus à aucune réalité… et pareil pour les découpages administratifs actuels ...

          • Raymond75 20 août 20:40
            Moi je préfère les Bretons aux Lorrains : la musique celtique c’est bien, à condition qu’il n’y ait pas trop de bignous ; mais les Alsaciens franchement non ; les Basques sont mignons avec leur costume blanc et leur béret rouge ... Enfin les Basques français, parce que les assassins de l’IRA (800 morts en dix ans), c’est pas terrible.

            Je ne connais pas bien les indigènes du bas Berry, et je trouve que les Auvergnats font un peu ploucs.

            Mais en fait, question femmes, je préfère les Occitanes : elles parlent en chantant et elles sont bronzées, mais les Catalognes font trop espagnoles ... Et les Provençales sont trop intéressées.

            Enfin, on est tous frères et sœurs, c’est ce que nous enseignent les religions, qui sont le socle de la civilisation, pas vrai ?

            • Abou Antoun Abou Antoun 21 août 00:54

              Vu qu’on a retrouvé un monarque, pourquoi ne pas rétablir les provinces de l’Ancien Régime ?


              • yapadekkoaqba yapadekkoaqba 21 août 10:17

                @Abou Antoun

                Les provinces avaient toutes des caractéristiques qui les différenciaent, rien à voir avec les départements sans âme et encore moins avec les régions d’aujourd’hui.
                Vive le retour des provinces !


                • Lionel Ladenburger Lionel Ladenburger 21 septembre 12:38

                  Le positif avec les nouvelles regions mises en place par Francois Hollande c’est que plus personne ne s’y reconnait vraiment identitairement parlant (a part les Occitans et les Normands peut-etre). Du coup, plus que de vouloir recreer des eniemes entites administratives (inutiles), le mieux serait certainement de combattre pour une carte de France des regions culturelles et historiques : Aquitaine, Auvergne, Limousin, Alsace, Lorraine, Bretagne, Normandie, Bourgogne, Champagne, Franche-Comte, Provence, Picardie, Languedoc/Occitanie, Gascogne, Arpitanie, Savoie, Val de Loire, Ile de France, etc etc etc...

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