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Algérie : Du Hirak à la révolution colorée

Le mouvement de contestation en Algérie qui a initialement débuté en février 2019 pour faire barrage à une 5ème candidature du président sortant Abdelaziz Bouteflika et dont les revendications légitimes ont été satisfaites par l'ancien président de la Républiue, a pris une tournure similaire aux entreprises de "regime change" comme ce fut le cas dans d'autres pays. Le général de corps d'armée et chef d'état-major et vice-ministre de la défense, dénonce les agents de l'étranger ayant pour objectif de faire perdurer la crise afin de prendre le pouvoir de force en entravant le processus électoral prévu pour le 12 décembre...

Je tiens à dire d'emblée à dire que je ne porte pas dans mon coeur Ahmed Gaïd Salah et que je ne soutiens pas tout ce qu'il fait, mais il faut reconnaître que ce dernier a raison de dénoncer les agents de l'étranger qui veulent prendre le pouvoir de force, au nom de la démocratie, ce qui est le comble du paradoxe ! 

Moi qui suis "complophobe", j'affirme qu'il n'y aucun complot dans cette histoire, un complot par définition est occulte, or les forces qui veulent dresser le peuple contre son armée sont connues de tous ainsi que leurs liens avec des forces étrangères ; d'Al-Magharibia à Rashad, en passant par RAJ (rasseblement-action-jeunesse) et la LADDH (ligue des droits de l'Homme) dont les liens avec ONG internationales comme la NED ou avec les frères musulmans ne sont plus à démontrer !

On peut facilement remarquer qu'elles refusent tout dialogue proposée par l'Etat et veulent, non pas seulement boycotter l'élection, mais empêcher que celle-ci ait lieu en plus d'appeler à renverser l'état-major militaire ce qui n'est rien d'autre qu'un coup d'Etat ! N'est-il pas ironique de voir ceux qui ne jurent que par la démocratie adopter une position putschiste ? L'ancien président Abdelaziz Bouteflika avait annoncé le 11 mars dernier, en plus de son renoncement à briguer un 5ème mandat en réponse aux demandes légitimes du Peuple, une conférence nationale de transition où personne ne serait exclu. Quelle fut la réponse ? Ils ont décliné purement et simplement cette offre. Une fois que Bouteflika a démissionné de la présidence de la République, ils appellent à une période de transition mais qui serait conditionné à une exclusion des personnes dites du "système". Drôle de transition "démocratique" où on exclut son adversaire ! Enfin, une fois toutes les cartes jouées, ils appellent purement et simplement au renversement de l'état-major de l'armée, mais de manière "pacifique" bien sûr ! Ils appellent à renverser le commandement de l'armée et viennent pleurnicher après quand on leur tape dessus, s'attendent-ils à ce que l'Etat leur jette des fleurs ? 

On peut constater une alliance assez contre-nature entre des droits de l'hommistes bourgeois pro-occidentaux et des néo-islamistes tendance Erdoganienne. Ces derniers sont les résidus du FIS (front islamique du salut) ou de l'ex-FIS, dont la charte de réconciliation nationale qu'avait instaurée Bouteflika en 2005 interdit le retour en politique. Ceux qui se revendiquent encore du "hirak" en Algérie actuellement sont pour la plupart soit des bobos citadins (notamment de la capitale), soit des islamistes rashadiens. Les images satellites montrent que nous sommes bien loin des "20 millions de manifestants" comme l'affirment les putschistes pseudo-démocrates et leur idiots inutiles !

Le système Bouteflika, malgré ses défauts, a remis l'Algérie sur la scène internationale et notamment avec ses traditionnelles positions de non-alignement. L'Algérie entretient de très bonnes relations avec "l'axe du mal", avec l'ancien bloc soviètique et avec les puissantes émrgeantes, mais aussi avec les USA au nom de la lutte contre le terrorisme et avec la France, incontournable ancienne puissance coloniale. Bouteflika jouait l'équilibre entre ces forces géopolitiques, il n'était pas président de l'assemblée générale des nations unies pour rien ! Cela a permis d'éviter les scénarios d'importation du "printemps arabe" qui fut avorté avec en plus de quelques réformes politiques.

Le tandem Bensalah-Gaïd Salah a proposé la tenue d'une élection présidentielle le 12 décembre, en plus d'une réforme de la loi électorale avec l'abolition des parrainages d'élus au profit des parrainages citoyens seulement, avec l'abaissement du nombre requis de 60 000 à 50 000 signatures de citoyens. En plus de la création d'une autorité nationale indépendante pour l'organisation des élections. On accuse l'armée de vouloir garder le pouvoir, quelle ânerie plus grosse celle-ci ?! Si ce fut le cas, il aurait été facile pour cette dernière d'imposer son candidat à la présidence ou encore de décréter l'état de siège et de prendre le pouvoir de manière formelle. La soi-disant dictature militaire algérienne s'avère finalement moins répressive que la prétendue démocratie chilienne ! Ne pas participer à une élection est un droit absolu, mais vouloir interdire aux gens de voter en est une autre, et ce au nom de la démocratie ! 

L'organisation d'une élection présidentielle permet de couper l'herbe sous le pied aux partisans de la révolution colorée qui veulent prendre le pouvoir sans même avoir été élus au nom de la sacro-sainte "transition démocratique"et qui maintenant appellent ouvertement au coup d'Etat ! Pour conclure, j'ai affirmé que certains nous feront regretter l'époque de Boutef, je ne croyais pas si bien dire !


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4 réactions à cet article    


  • Jonas 28 octobre 19:38

    Vous abordez un sujet intéressant et normalement étant donné le nombre d’Algériens vivant en France , un débat , aurait pu s’instaurer avec vous , mais hélas , vos compatriotes ne savent pas débattre, ni échanger des idées, c’est le grand drame , des pays arabo-musulmans. 

    Un bon conseil, pour l’avenir , si vous voulez inciter vos compatriotes , à vous apporter la contradiction ou l’approbation , vous devriez mettre dans le corps de votre analyse du« complot de l’étranger », un rajout , le « Sionisme ». Je vous assure , que vous serez submergé de réponses colorées. 

    Pour le reste , je l’ai déjà dit , et vous me confortez , sans son handicap, Boutéflika , aurait été élu pour un cinquième mandat avec un score moindre que celui des précédentes élections mais élu. Donc le Hirak n’est qu’un accident de parcours, et non d’une prise de conscience de la situation , politique, économique et sociale de l’Algérie. 


    • Yacine Chibane Yacine Chibane 29 octobre 09:20

      @Jonas
      L’opposition algérienne en général exagère grandement la fraude électorale (que je ne nie pas). Par ailleurs, ce sont les mêmes qui reviennent se présenter lors des législatives et des locales smiley L’opposition a, faut-il le souligner, 1/3 des communes et 1/3 de l’assemblée nationale...
      En 2014, si l’on comptabilise le vote blanc+abstention, Boutef a été élu officiellement avec 37% des électeurs inscrits, soit 8 millions sur 22 millions. Ce n’est pas très loin de la réalité. A première vue, 80% ça paraît beaucoup sauf qu’on compte pas les abstentionnistes et les votes blancs dans les résultats.
      Bien sûr que Bouteflika aurait été réélu s’il était en bonne santé. En 2014 déjà, la majorité des gens disaient « C’est soit lui soit la Syrie » ou bien « Si le pouvoir vole, on n’a qu’à voler aussi » ou encore « Y a personne à part lui pour être président ».


    • Jonas 29 octobre 09:40

      @Yacine Chibane
      Merci, pour votre honnêteté , de reconnaître que Boutéflika aurait été élu , sans son handicap. Pour mémoire , 1999-73 ?80% 2004-84,99%, 2009-90 ?20% et 2014-81,49%.

      L’Algérie et comme l’Egypte ce sont les militaires qui détiennent une grande partie des rouages économiques et ne sont pas prêts de lâcher le morceau, il ne faut pas se faire d’illusions , d’ou l’intelligence de regarder la réalité et de trouver un compromis pour éviter l’effusion de sang pour rien. 


    • Yacine Chibane Yacine Chibane 29 octobre 22:20

      @Jonas
      La situation en Algérie n’est pas comparable avec l’Egypte, avec les privatisations et les marchés publics donnés, ceux qui possèdent le plus le secteur privé sont des civils.

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