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Cameroun : Après avoir dilapidé 100 millions d’euros à Maroua, Biya nous achemine vers une crise électorale

Mon précédent article a porté sur la violation de la Constitution du candidat Biya, lors du lancement de sa campagne à Maroua le 29 septembre 2018. Je me suis vu sermonner de n’avoir pas produit des références juridiques y afférant. Cette gouaille, est l’œuvre de hooligans déchaînés et abêtis par leur : nombrilisme, leur avidité, leur ignorance. Pas étonnant, dans un pays sclérosé de monolithisme, qu’on entende les clochettes d’une justification à outrance de la présidentialisation du régime. La robotisation de la classe politique, la méthanisation des intellectuels et l’usage excessif du pouvoir, visent à décerveler la société camerounaise dans son ensemble.

 A titre de rappel aux intellectuels et juristes de façade, sans prétention aucune de ma part, mon avis est celui d’un citoyen avisé. A propos de la Constitution, plusieurs personnes, me demandaient d’énumérer, l’article qui interdit au Président de la République en campagne électorale, d’utiliser les moyens d’Etat. L’élection présidentielle est régie par un code électoral ; et ce code électoral tire sa légitimité de la Constitution ; Le président de la République garant de la Constitution ; Il ne peut donc pas violer le code électoral ; Dès qu’il viole le code électoral, il rend caduque la Constitution.

 A tire de rappel, voici le préambule de la Constitution du Cameroun :

Tous les hommes sont égaux en droits et en devoirs. L’Etat assure à tous les citoyens les conditions nécessaires à leur développement

Art1 : La République assure l’égalité de tous les citoyens devant la loi

Art2 : Les autorités chargées de diriger l’Etat tiennent leurs pouvoirs du peuple par voie d’élections au suffrage universel direct ou indirect, sauf dispositions contraires de la présente Constitution.

L’élection se doit équitable et légale :

L’extension dangereuse de l’emprise de la politique sur la fonction publique, sur l’économie, sur l’armée et la police, est une cocotte bouillante, qui va exploser un jour sur les visages des citoyens. Quand on promeut, au nom du président de la république et du parti qu’il incarne, la cupidité au rang des vertus cardinales, on ne doit pas ensuite s’étonner de voir la vie publique constellée de tactiques illégales, d’escroqueries, de festins obscènes.

 Combien d’ordres de missions ont été émis pour les fonctionnaires partis acclamer leur Dieu à Maroua ? Combien a coûté le bitumage des routes à Maroua (On ne bitume que cette route tous les 7ans, lors du passage du président-candidat) ? Combien ont coûté les missions des agents des forces de l’ordre, environ 7000(DST, DGRE, BIR, GP, GIGN, GIPN, DSP, SEMIL, RG, détachement de l’Armée de l’air, la Marine, la Gendarmerie et l’Armée de Terre) ? Combien ont coûté les frais de missions de la radio et télévision nationale(CRTV), environs 200 techniciens et journalistes, pour la couverture en direct ? Combien ont coûté les frais de mission du Journal d’Etat (Cameroon Tribune) une trentaine de journalistes, chauffeurs et logisticiens ? Sans oublier, les délégations invitées : logées, nourries et véhiculées.

Dans les autres régions, les ministres issus de ces contrées, se fendent de communiqués, pour inviter leurs concitoyens, les usagers, à voter le chef de l’Etat sortant. Tous ces ministres et responsables de l’administration centrale, se mettent en mission, aux frais du contribuable, pour imposer au peuple, un dictateur rejeté. Sans moyens de l’Etat, il va sans dire qu’une vraie élection les bouterait hors de l’espace public.

Paul Biya, de manière effrontée a utilisé par intimidation des fonctionnaires, dont l’ascension est liée à leur fidélité et leur attachement des idéaux du parti au pouvoir. Les fonctionnaires peuvent donc violer visiblement leur obligation de réserve et de neutralité dans l’exercice des missions publiques qui leur sont dévolues. C’est l’un des rares pays au monde où, des fonctionnaires vêtus de pagnes du parti au pouvoir vont allègrement travailler.

La crise électorale est déjà là :

La crise électorale se profile à l’horizon, à cause du mélange de genre dont Paul Biya nous a accordé la gratification. Le Cabinet civil de la présidence, a pondu un communiqué le 28 septembre, indiquant que le président de la République allait se rendre à Maroua, pour des raisons de campagne électorale. Vraiment, si c’est ça, « La Force de l’expérience », slogan utilisé bêtement, pour des gens qui ont un demi-siècle d’administration, les Camerounais ont du souci à se faire. Ce communiqué à lui seul, suffit pour congédier son directeur de campagne et directeur de Cabinet.

Si notre lecture est la bonne, nous pensons quand même qu’une élection est une affaire privée, encadrée par la neutralité des pouvoirs publics. Les candidatures sont financées en partie par l’Etat : impression des bulletins, profession de foi des candidats, allocation de campagne. Les déplacements, l’hébergement, la sécurité, la communication, sont financés par les partis politiques. Vus les missions sensibles auxquelles les candidats sont confrontés, le ministre de l’intérieur accorde aux candidats, de manière proportionnelle et équitable, des officiers de protection.

A notre grande surprise, Paul Biya a emprunté tous les moyens d’Etat, pour une affaire privée : Aéronef de la présidence, haie d’honneur, revue de troupes, honneurs militaires, véhicules de la présidence, sections motorisées de la garde présidentielle, gendarmerie et police… Cette manière illicite d’utiliser les moyens de l’Etat, sont des formes d’intimidation, qui visent à faire croire, que de gré ou de force il sera élu. Il a choisi la rase campagne où le taux d’illettrisme est le plus élevé pour intimider les populations, qui voyant se folklore, se font benoitement amadouer.

 Avant que la situation d’abus de pouvoir et d’extorsion de fonds, ne crée des tensions, il est grand temps que : Le Conseil Constitutionnel, le Conseil national de communication, la Cour des Comptes, l’office national anticorruption et Elections Cameroon, saisissent le taureau par les cors, pour éviter un désordre indescriptible à ce pays. Que Paul Biya et ses sbires remboursent l’argent qu’ils viennent de détourner. Il est grand temps que la communauté internationale de désolidarise de ces élections qui sont inéquitables tant que la situation n’est pas clarifiée.

La classe dirigeante a oublié la leçon de Montesquieu : le principe des régimes tyranniques, c’est la peur, le principe des régimes aristocratiques, c’est l’honneur et celui des régimes démocratiques, celui qui les fait tenir debout, c’est la vertu. La démocratie sera toujours debout, nous y veillerons.

Aimé Mathurin Moussy


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1 réactions à cet article    


  • yadakir 2 octobre 19:02
    Tu veux rigoler ?

    Dans la notre, ya écrit « la loi n’a le droit de défendre que les action nuisible a la société ».




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