• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > Camila Vallejo : « Le Chili n’est pas en guerre ! »

Camila Vallejo : « Le Chili n’est pas en guerre ! »

Le président chilien, Sébastian Piñera, a déclaré "le pays en guerre" lors d'une allocation aux médias internationaux dans le but de justifier l'Etat d'urgence. Pendant ce temps, des députés refusent de signer des projets de Loi allant à l'encontre de la population chilienne. Le parlement chilien, tant de gauche que de droite, demande au président d'opérer le retrait immédiat des militaires des rues du pays.

 

Députée de La Florida, Camila Vallejo Dowling fut l'une des leaders du mouvement étudiant de 2011 {JPEG}

 

L'explosion sociale a démarrée au Chili suite à l'augmentation du prix des transports. Le ticket du Métro de Santiago passant de 800 à 830 pesos. Une hausse difficile à supporter pour les familles chiliennes les plus précarisées. Au Chili, le salaire moyen peut être de quatre cent euros. L'augmentation du prix des transports intervient au moment même où la Chambre des députés du Chili s'apprête à réviser les heures de travail, ce mercredi 23 octobre 2019. De 45 heures, les heures pourraient passer à 40h. Ce projet de loi fut soumis à la Chambre par la députée de la Florida, Camila Vallejo. Approuvé cette semaine, il devrait ensuite passer au Sénat.

https://www.youtube.com/watch?v=pEjoYFbG5jk

 

Le projet de Loi de la députée d'opposition dérange. En effet, celle-ci a réussi à fédérer autour d'elle des députés de droite et de gauche à travers la création d'une "rangée transversale" de parlementaires. Le gouvernement chilien tente depuis le mois d'aôut d'arrêter ce projet de Loi par tous les moyens. Face à la violence générée depuis vendredi à Santiago du Chili, la députée de gauche ne mâche pas ses mots sur Twitter : "Le gouvernement de Sébastian Piñera déclare l'Etat d'urgence, démontrant qu'ils ne savent pas comment répondre aux demandes légitimes des citoyens si ce n'est avec la répression et la restriction des droits. Un dialogue est nécessaire ! Respectez la dignité du peuple chilien. Fini le terrorisme d'Etat ! Sébastian Piñera restera dans l'Histoire en tant que premier président de la démocratie à imposer un couvre-feu pour une manifestation sociale. Il sera écrit dans les livres d'Histoire que, pendant que le peuple se levait pour réclamer sa dignité, qu'il décréta une répression lâche (...)"

 

https://www.youtube.com/watch?v=jlxxnm7dGUA 

 

Les lycées et les étudiants du Chili s'étant solidarisés suite à l'augmentation du prix des transports. Ils avaient pris en masse le métro sans payer le ticket en signe de protestation depuis le 14 Octobre 2019. De la protestation est venue la manifestation sociale. Relayées par les réseaux sociaux par de nombreux députés, les images de violence policière envers les adolescents sont insoutenables. Dépassé, le gouvernement chilien de droite a décrété l'Etat d'urgence et transmis la gestion de l'ordre au Général de division, Javier Iturriaga del Campo désormais à la tête de la défense nationale, selon les dispositions de la législation chilienne concernant l'Etat d'urgence. Une décision dénoncée en force par la Chambre des députés qui réclame le retrait des 15.000 militaires déployés dans Santiago et le reste du pays. 

Afin de faire respecter le couvre-feu établit de 19h à 6h, les convois de l'armée ont déambulé dans la ville de ce pays du Cône sud. Filmés par de nombreux chiliens, ceux-ci rappellent des heures sombres que le pays ne voulait pas revivre. Parallèlement à ce contexte social surchauffé, le Ministre du Travail chilien a appelé lui les citoyens à continuer à travailler comme si de rien n'était. 

 

https://www.youtube.com/watch?v=UqUawa9n5rg 

 

Lors de la dernière session de la Chambre des députés du Chili, plusieurs parlementaires ont refusé de signer des projets de Loi allant à l'encontre de la population. Ce que révèle Camila Vallejo dans des tweets : "Nous refusons de légiférer des projets gouvernementaux avec l'armée dans les rues !! Nous demandons la restauration de la démocratie, la fin de la répression du peuple et de l'escalade de la violence MAINTENANT !"

Lucide, la députée voit en l'établissement de l'Etat d'urgence, une stratégie du gouvernement de droite, évitant ainsi le vote des réformes proposées par le parlement chilien : "S'il-vous-plaît, ne soyez pas dupe. #Nous ne sommes pas en guerre, l'indignation remplit la patience des chiliens. Le gouvernement doit cesser d'inciter à la peur (...) en retirant les militaires de la rue et en s'efforçant de répondre aux demandes de la population. Mais la violence ne fait qu'augmenter." En décembre 2019, le Chili acceuillera la Cop25 et de nombreux Chefs d'Etat feront le déplacement vers la "Jaguar d'Amérique latine" où l'injustice sociale augmente. A la tête du pays, ils seront reçus par Sébastian Piñera, héritier politique d'Augusto Pinochet. Lui-même avait incité la jeunesse de son pays à prendre d'assaut les rues via FridaysForFuture Santiago afin de dénoncer le changement climatique. Force est de constater que sans le savoir, il a crée les conditions d'une révolution de sa jeunesse. La deuxième sous sa présidence puisqu'en 2011, année de son premier mandat, avait éclaté le fameux "mouvement étudiant du Chili". 

 

Sources :

https://information.tv5monde.com/video/chili-la-hausse-du-prix-du-ticket-de-metro-suspendue-le-couvre-feu-maintenu 

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/10/21/au-chili-sept-morts-lors-de-violentes-emeutes-contre-les-inegalites-sociales_6016291_3210.html

http://www.slate.fr/story/182963/chili-temps-travail-40-45-heures 


Moyenne des avis sur cet article :  4.67/5   (3 votes)




Réagissez à l'article

3 réactions à cet article    


  • HELIOS HELIOS 22 octobre 12:43

    ... ouais, le Chili n’est pas en guerre, mas ce n’est pas Camila qui nous le dit...

    en fait, celle fille, c’est c’est comme si la fille voilée de l’UNEF que nous avons ici devienne député et donne son avis : vous saisissez la valeur de cet avis dans une société libre.

    Camila, depuis qu’elle a été élue est devunue subitement muette.... elle se reveille, bien.

    La réalité du Chili n’a rien a voir avec elle.

    Il se passe au Chili ce qu’il se passe partout dans les pays occidentaux, et le Chili en est un, c’est une crise de representativité. Comme nous, le Chili a un systeme majoritaire qui filtre les plus a gauche comme en France il filtre les plus a droite.

    La population ne se sent pas representée et justement ceux qui sont en place se fichent eperdument ceux qui ne peuvent acceder au pouvoir, y compris les peuple originaux toujours accusés de terrorisme (le Chili ne sait pas ce que veut dire le mot « terrorisme »... il ne connaissent que quelques incendies de materiel d’entreprise).

    Donc, ce qu’il se passe au Chili, c’est juste le resultat de mecanisme fortement inegalitaire dans les faits parce que son modèle est piloté par une petite fraction de la population historiquement puissante.

    En rétablissant le partage du pouvoir, tout reviendra dans l’ordre car le systeme fonctionne bien, il faut juste diminuer les mailles du filet social pour que tout le monde puisse en profiter. 

    Pour le reste, la corruption, les passe-droits, les « pitutos » (ceux qui peuvent « pistonner » comme on dit en France) il faut réguler un peu plus, juste un peu car sur le fond, tout le monde y trouve son compte.

    Le ticket de metro ? bof, c’est comme ici les autoroutes, tout a été concessionné au privé et les augmentations sont contractuelles.....


    • JP94 22 octobre 20:37

      Oui, Camilla Vallejo fait bien de le rappeler. 

      La guerre est simplement la guerre des classes. Pinera, le néo-pinochetiste, ne fait qu’illustrer la nouvelle stratégie de la classe dominante : prétendre « le pays en guerre » pour justifier la loi Martiale, en réalité un retour à la dictature, qui a été mise en place pour détruire dans l’oeuf le remarquable processus de l’Unité Populaire, dans le Chili, sous Allende, un processus créateur où justement le peuple en masse accède au pouvoir politique et façon réelle : par la culture etc ...

      Du reste, l’Amérique connaît diverses formes de ce processus chaque fois combattu par tous les moyens, coups d’Etats militaires fascistes avec l’appui des Etats-Unis et des Multinationales, coups d’Etats « institutionnels » plus récemment et la liste est longue. 

      Guatemala, Bolivie, Venezuela, Brésil,Chili, Uruguay, Nicaragua, Argentine, La Grenade, Argentine encore ( avec Macri), Honduras ( contre Zelaya qui introduisait une forme de participation politique populaire, Paraguay (contre Lugo), 

      Tentatives échouées contre Cuba, le Venezuela encore.

      Contre la Colombie, n’oublions les 350 000 victimes du conflit, la sécession de Panama ...

      Pour l’Argentine, la période « démocratique » De la Rua et Menem, c’est environ 350 000 victimes de dénutrition suite à la « dette inversée » (par les Occidentaux).

      Mais le pouvoir de Pinera est le fruit à la fois de la période Pinochet avec le laboratoire du libéralisme ( pour casser le « laboratoire du socialisme chilien ») et aussi celui de la période Bachelet : car sous la socialiste Bachelet, le Chili était le 2ème pays le plus inégalitaire de la planète ! Elle était populaire par son aura, mais elle menait une guerre de classe à l’envers d’Allende, et n’a extirpé en aucunes façons le fond fasciste qui attendait son heure pour revenir ...

      Quand Mme Bachelet se permet des critiques à l’encontre d’un président courageux, qui lui, se bat les classes populaires, et est combattu pour cela, elle devrait commencer par balayer devant sa porte. 

      A part ça, les discours de Macron et de Pinera sont étonnamment proches en matière de répression du mouvement social. Ils ont dû manger aux mêmes rateliers///


      • HELIOS HELIOS 24 octobre 02:45

        bonsoir... il est 21:30 ici, a Santiago, je suis arrivé ce matin.

        Jusqu’a présent, rien  de bien extraordinaire mais une ambiance un peu lourde en fin d’apres midi.

        La vie continue, comme un samedi de Gilet Jaune. Tout le monde travaille le matin et dés 14 heures il y a beaucoup d’activité surtout commerciale (acces du public) qui ferment.

        Tous ceux que j’ai recontré aujourd’hui, sont plutot ennervé contre l’impuissance de l’état a maintenir l’ordre. Quelques autres dissertent et justifient l’action... ok mais tous, sans exception veulent un changement diminuant les inégalités.

        Hélas, tous également m’ont fait remarquer qu’il y a tant de retard dans le « social » santé, école, salaire, retraite, prédation économique, chomage que les mesures a prendre, toutes ardement souhaitées ne pourront même pas etre entamées tant le chantier est grand.

        Pour l’instant, le parlement discute (suivez le canal « la red » pour ceux qui peuvent) cela ressemble beaucoup a Télé en marche chez nous)et S Pinèra pense a diminuer le salaire des députés comme réponse... sauf que cela n’augmentera pas le pouvoir d’achat ou la diminition des inégalités !... même le remplacement des ministres appartenant a son clan et parfois même a sa famille ne corrigera rien.

        A bientôt

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

Cecilia


Voir ses articles






Les thématiques de l'article


Palmarès