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Accueil du site > Actualités > International > Covid-19 : Le dilemme du déconfinement au Québec

Covid-19 : Le dilemme du déconfinement au Québec

Le Québec qui est une des provinces du Canada, partageant le français avec la France, s'apprête à déconfiner, comme tant d'autres pays, sa population dans les prochains jours. S'il y a des gens qui sont excités à l'idée de régagner leur liberté restreinte depuis près de deux (2) mois, d'autres restent très inquiets en raison du grave danger que le déconfinement peut entrainer, compte tenu de la courbe de la covid-19 qui est loin d'être aplatie.

Faut-il alors risquer la vie de la population pour voler au secours de l'économie québécoise actuellement en péril ?

Depuis quelques jours, le gouvernement du Québec prépare sa population au processus de déconfinement sur son territoire. Les arguments avancés sont aussi convaincants que ceux présentés lors du confinement. Vouloir encore garder séquestrés, par exemple, les gens des municipalités moins touchées par le nouveau coronavirus serait illogique. D’autant plus que l’enfermement prolongé entraîne, selon certains experts, des problèmes de relations interpersonnelles dans des ménages en difficulté tout en influant sur la propension à la dépression et aux autres maladies mentales. On ne peut néanmoins s’empêcher d’être perplexe face à l’incertitude persistante qui entoure cette pandémie meurtrière et aux derniers tâtonnements observés dans sa gestion.

L’on se demande ce qu’il adviendra au moment où beaucoup plus de monde vont se retrouver dans l’environnement de ce violent virus en cavale. On est en droit de s’inquiéter sérieusement quand sait que le cache-visage ne garantit pas une totale sécurité et certaines personnes observatrices des règles-barrières se retrouvent parmi les victimes de la covid-19.

L’on évite, depuis quelques temps, de parler ouvertement de l’immunité collective mais le risque qu’au moins 60% de gens contractent le virus dans les prochains jours du déconfinement est loin d’être écarté. C’est sans doute dans cette optique qu’on projette de réaliser des tests de dépistage massif conformément aux recommendations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Combien de ces milliers futurs infectés auront à laisser leur peau ? Cela nous fait penser au darwinisme qui préconise la concurrence vitale. Certains cyniques oseraient même avancer que les décès, tout comme les naissances, participent de l’équilibre du bilan démographique. Devrait-on tous faire preuve de bravoure pour affronter cette situation anxiogène et enfin revivre ? Tout a toujours été une question de risque et la vie est, elle-même, un risque perpétuel.

Force est de constater que les préoccupations d’ordre économique s’apprêtent de plus en plus à supplanter les considérations de la santé publique. Les autorités nous submergent ces temps-ci d’informations et de consignes qui se contredisent davantage. Questionné à ce sujet, le directeur national de la santé publique du Québec, Dr. Horacio Arruda, explique que cette incohérence résulte de la variabilité accélérée de la pandémie. Face à cette dissonance cognitive, plus d’un devra faire un effort titanesque pour se « déprogrammer » et retourner à ses activités, comme l’a demandé le premier ministre François Légault.

Des graphiques de la covid-19 au Québec par groupes d’âges présentés au point de presse du premier ministre Legault du 7 mai 2020 renseignent les québécois sur les catégories de personnes atteintes et leur chance de survie. C’est vrai que les groupes d’âges allant de 30 à 79 ans accusent un taux de décès de seulement 27%. Mais ces données sont loin d’être suffisantes pour mettre un terme à l’anxiété de la majorité. D’ailleurs, les statistiques quotidiennes montrent que la pandémie se répand à un rythme croissant dans un Grand-Montréal encore confiné. Et les projections du récent rapport conjoint de l’Institut de la santé publique du Québec (ISPQ) et de l’Université Laval qui prévoient d’ici juillet, avec un déconfinement hâtif, plus de 150 décès quotidiens liés à la Covid-19 donnent froid au dos. Peut-être les gens qui jouissent d’une bonne santé n’ont pas à s’inquiéter. Il convient néanmoins de se demander si tous les québécois connaissent leur état de santé quand on sait que plus de 67000 personnes sont en attente d’un médecin de famille. On pourrait déduire qu’un nombre non négligeable ignore leur niveau de comorbidité et est, par conséquent, très vulnérable aux formes sévères du nouveau coronavirus.

Va-t-on déconfiner le Grand Montréal le 25 mai prochain pour sauver l’économie du Québec en clouant au pilori le principe de précaution ?

À en croire les projections susmentionnées de l’ISPQ, on pourrait, sans être alarmiste, détourner la pensée du célèbre écrivain français Frédéric Dard pour dire que le déconfinement « est un flirt avec la mort ».

Miguel Dumay, Spécialiste en planification territoriale et développement Résident de Montréal


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3 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 11 mai 2020 12:55

    Ça se soigne : lien.


    • gaijin gaijin 11 mai 2020 13:47

      @Séraphin Lampion
      comme on dit en ovalie :
      https://www.bedetheque.com/media/Versos/Verso_308981.jpg
      la cabane est tombée sur le chien


    • gaijin gaijin 11 mai 2020 13:42

      «  de ce violent virus »

      alerte fake news

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