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Dans quel monde nord-atlantique vivons-nous ? ou les camarillas républicaines protocratiques

Des mots, des notions, des -ismes, toujours et plus de mots, de notions et de -ismes ... tout ça pour tenter de parler du monde contemporain tel qu'il se présente, comme il se présente. En effet, ses animateurs semblent tout faire pour brouiller les pistes, certainement parce qu'ils ne le comprennent majoritairement pas …

Les mots-notions-isms les plus en vogue récemment, pas forcément néologiques (mais largement néologiques quand même) sont « complotisme, élitisme, caste, ethnie déconnectée, ploutocratie, technocratie, médiacratie, médiocratie, ochlocratie, nouveau totalitarisme ».

À quoi bon en rajouter ?

 


Source : jeu de rôles Vampire, la mascarde - le monde des ténébres

 

Préambule

Il y a bon d'en rajouter, afin de tenter toujours et mieux de saisir les enjeux. Il arrivera bien un jour, peut-être, un penseur-clef permettant d'éclairer les choses avec limpidité, même si tout le monde n'adhère pas aisément à ces idées, ni ne les comprend ou veut les comprendre. Après tout, l'intellect n'est pas trop à la mode quand on y pense … du moins, à suivre les masse-médias y compris sur Internet !

Toutefois, tout le monde utilise globalement son intellect, au moins pragmatiquement. En effet bien des savoirs, comme on dit en psychologie de l'éducation, de la formation et des métiers, sont des savoirs procéduraux, insus (non-sus), c'est-à-dire des savoirs qui n'ont pas été conscientisés – des savoirs qu'on n'a pas conscience de détenir, et que l'on ne croit pas avoir ou qui nous semblent juste évident sans pouvoir les expliquer, même quand on y réfléchit, à moins que ça fasse tilt ou qu'un tiers (souvent éducateur, formateur ou collègue) nous en parle.


Tentative de saisies

Il y a ceux qui parlent de complotisme, parce que, de fait, il y a des personnes dont l'intelligence est telle, qu'elle semble mettre en réseau des éléments incongrus, voire fous. Or, c'est bien l'intelligence qui fait cela. Naturellement, il n'a jamais été délirant de s'interroger ni d'enquêter, pas plus que de défendre une idéologie différente, bien que ça puisse déranger. Dans l'ensemble, il faut admettre que certains esprits sont dérangés, d'une part, tandis que certains questionnements en dérangent d'autres. Où est la vérité et la fausseté, entre les dérangés et les dérangeants ? Difficile d'y répondre dans l'absolu, tout dépend des sujets (et, de toute façon, l'absolu rend justement complotiste  ! jusqu'à cet absolutisme anti-complotiste d'un complotisme harassant le pouvoir : la folie du monde bat son plain dans tous les milieux, tous les domaines et tous les caractères !) à l'heure des interfaces informatiques, où quiconque, du plus psychotique au plus fourbe, peut s'exprimer en toute parité avec l'honnêteté et la droiture. Il n'y a que l'hypocrisie qui soit absolue, dans ces conditions.

Il y a ceux qui parlent d'
élitisme, comme si les « élites » répondaient logiquement à la définition élitaire. En effet, l'élite est ce qui excelle, et nos « élites », pour se légitimer, ne peuvent que prétendre à l'excellence en s'en donnant le genre, tout en passant régulièrement pour des branquignols à cause de leurs erreurs, inévitables erreurs en termes de « ressources humaines » propres … mais surtout, nos « élites », en cet affairisme socialement politique et économique, sont au fond à parité avec tout le monde selon la loi, à supposer qu'aucun mandat ne leur octroi quelques dérogations voire prérogatives, et elles « aspirent au bonheur » (même si selon le mot de Coluche, certaines sont plus égales que d'autres). Aussi tous les affairistes nord-atlantiques peuvent-ils se planquer dans les foules, ou du moins se fondre dans la masse, en prétendant « être comme tout le monde » (emblématiquement Macron et sa femme croisant comme par hasard Mélenchon à Marseille, ou des Gilets jaunes à Paris ... ).

Il y a ceux qui parlent de
caste, d'ethnie déconnectée du réel, dans les sphères, au sujet de cet élitisme. Dans un sens, ils ont tort, puisque nous partageons la même planète. Dans un autre, ils ont parfaitement raison, car c'est de toute dynamique des groupes et sociologie des organisations. Les principes individualistes des sociétés nord-atlantiques, se traduisent concrètement par des grégarités festivistes et tribalistes, car toute personne a un besoin d'éprouver des sentiments communautariens, auparavant garantis par la cohésion traditionnelle. Or la tradition, c'est étymologiquement la trans-duction (à travers les générations et les familles), c'est-à-dire ce qui se préserve dans un conservatisme=progressisme à rythme humain – un « préservatisme ». Les sociétés veulent se préserver, c'est logique, instinctif, naturel et humain, car territorialisant. Alors les « élites » ne sont pas épargnées par le phénomène, et leur entre-soi constitue en fait une culture de milieu, culture territorialisée dans les mondanités et les autorités affairistes publiques et privées. À la fin, cela accoucherait d'une nouvelle nation ! … elles n'ont même pas besoin de le comploter, pour que cela se fasse. C'est un régionalisme administratif, public et privé.

Il y a ceux qui parlent de
technocratie, médiacratie, médiocratie et ochlocratie, où en fait les trois premiers termes désignent l'influence des gérants, des diffuseurs et des moyennes, tandis que le dernier terme désigne l'influence des foules. Donc, en somme, les trois premiers termes se réfèrent aux « élites = caste, ethnie déconnectée » … tandis que le dernier terme se réfère aux « masses = complotistes » … mais bien évidemment, tout en désignant des forces en présence, cela présente trop les choses en forme de structures évidentes et formelles, alors qu'il n'y a que des firmes, des cartels, des symposiums, des conglomérats, des institutions, des administrations et des associations, des interfaces numériques et autres collectifs, relativement aux prises les uns avec les autres.

Or, comme il est de toute politique de diviser pour mieux régner, les populations se sentent affaiblies, bien que chaque tendance populaire constelle à elle seule une influence énorme dans son genre, aussi, et cherche une telle puissance d'influence, selon.

Enfin, même à supposer une synarchie mondiale de type
Illuminati, ces Illuminati ne sauraient fonctionner de façon totalement harmonieuse, mais bien en proie à une dynamique de groupe et une sociologie organisationnelle propre. Ce qui ne veut pas dire qu'un tel absolutisme serait inoffensif pour le commun des mortels, ni non plus qu'il lui veuille un mal absolu … Mais là encore, où est la vérité, où est la fausseté ? On aura beau jeu de parler de fake news, etc. que l'on ne se situera jamais que dans le domaine flou du fallacieux, c'est-à-dire des faussaires, qui utilisent le faux pour faire vrai, ainsi que du vrai pour argumenter le faux, selon mises en perspective. Or cela, toutes les forces en présence s'y adonnent plus ou moins consciemment et plus ou moins ingénieusement, avec et malgré elles. Ce sont les idéologies qui veulent cela, aussi innocentes se prétendraient-elles ! car elles n'en défendent pas moins leur bout de gras.

À la fin, il y a donc ceux qui parlent de
nouveau totalitarisme, tout simplement parce que les tournures, les biais et les perspectives en présence ont pris une dimension totale, et pour tout dire panique (ce qui veut dire la même chose, avec la connotation que l'on sait).


Les camarillas républicaines protocratiques

À la fin, quand on prend du recul, et dans la mesure où il reste permis de jaser librement un peu partout, malgré les ostracisations d'influences prégnantes mises en place en grand (dites censureuses 2.0) … à la fin, donc, il faut bien admettre que la République (la chose publique) demeure. C'est-à-dire qu'il reste permis d'en parler, même si « la démocratie c'est cause toujours  ». Mais justement, malgré l'organisation de votations régulières (surtout en Suisse), on comprend bien que la démocratie directe est une entreprise complexe, qui ne fait jamais que créer des baronnies localement : regardons les régions, les départements et les mairies !

« La démocratie, ça n'existe pas », du moins telle qu'à Athènes, où de toutes façons elle n'existait que sur la base de vastes esclavagismes, sexismes et racismes. Aujourd'hui, seule existe la République de style néo-romain, dans les sociétés nord-atlantiques, soit
in fine « un administrationnisme plus ou moins (dé)territorialisé » public et privé.

Cette République fonctionne à travers des camarillas, c'est-à-dire (de l'espagnol au français) à travers des
chambrettes. Or, on parle bien de chambres au sujet de certains Parlements nord-atlantiques, tandis qu'il y a nombre de chambres qui s'organisent au G7, G20 (« la davocratie » chère à Renaud Camus), dans l'Union Européenne, et évidemment entre tous les affairistes publics et privés, leurs commissions et leurs thinks tanks, c'est-à-dire leurs bureaux d'étude. Autant de chambrettes, mignonnes à désigner peut-être, mais qui sont effroyables pour bien des personnes. Il arrive en effet que certaines organisent des choses véreuses, « à l'italienne » si l'on veut – et même si l'on ne veut pas.

Reste que toutes les camarillas, plus ou moins républicaines d'ailleurs, ne sont pas forcément aussi (géo)localisables, et elles désignent aussi les comités associatifs des collectifs communs. La rédaction d'un journal, jusques et y compris
Front Populaire de Michel Onfray, doit fonctionner ainsi. C'est la vie.

À partir de quoi intervient la protocratie, du grec
protos (le premier) et cratos (le pouvoir) : le pouvoir aux premiers ! … Quel genre de premiers ? Tous les genres, donc évidemment les premières, aussi (restons féministes sans machisme inversé ... ).

Or c'est bien cela que ce que l'on nomme aujourd'hui « la démocratie », et c'est bien cela que « le démocratisme » commun, idéologie diffusée dans toute la structure sociale. En effet, c'est bien parce que cette idéologie démocratiste/démocratique est diffuse partout, qu'il y a autant d'indignations selon lesquelles « il n'y a pas de démocratie », mais aussi selon lesquelles « on exagère avec l'idée d'un nouveau totalitarisme rôh quand même ».

Il y a tant d'équilibres entre la vérité et la fausseté, qui n'ont pas encore été stabilisés …

 

 

 

Lire aussi :
* La culture des sociétés nord-atlantiques (une brève anthropologie du sociétarisme)
* Un décryptage édifiant : quand les multinationales attaquent les Etats
* Les capitalistes sont-ils timides ?
* Les sociétés nord-atlantiques sont-elles libérales ?
* Friedrich G. Jünger contre l'industrialisme
* Du Véritarisme, ou que le Mieux est l'ennemi du Bien (mais aussi : que la Vie, c'est compliqué)
* L'insouciance rationelle à laquelle le monde aspire, de la Rome antique à nos jours
* Les contrats de travail et leurs paies dispensent-ils les patrons comme les travailleurs, de gratitude, de compagnonnage et de francheté ?
* De la "Raison émotionnelle" à "l'intellectueux"
* ANCT, pour Agence Nationale de la Cohésion des Territoires – ou le bazar des mondes
* Après la Guerre froide : la Guerre chaude et Eléments pour la "Guerre chaude"
* "La morale des sociétés" du sociologue Roger Cailloix
* A l'heure d'Internet, dans l'ambiance transréaliste
* Vision de l'européisme français

 

__________________________________


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14 réactions à cet article    


  • Laconique Laconique 7 décembre 2020 15:25

    Dans l’ensemble, il faut admettre que certains esprits sont dérangés


    Comment pouvez-vous écrire cela ? Et sur ce site en plus...


    Quant aux fantasmes récurrents que vous pointez autour de la démocratie idéale (laquelle n’a jamais existé nulle part), ils tiennent à l’illusion politique, plus profondément ancrée chez les Français que chez tout autre peuple.


    • Ariovis Venamis Ariovis 7 décembre 2020 18:28

      When the Catholic meets the Celtiberian.


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 7 décembre 2020 15:38

      Vous n’êtes plus fâché contre moi Mervis....ou il s’agit d’un bug ???


      • Ariovis Venamis Ariovis 7 décembre 2020 18:32

        Ce qui bugue, c’est de personnaliser les choses. Au reste, avec moi, c’est comme avec la République : tout le monde a droit à de nouvelles chances. Si seulement la République faisait appliquer des sanctions dignes de ce nom et proportionnées, toutefois ... C’est un autre débat. Mais la justice, hélas, n’a plus les yeux aussi bien bandés. Elle avait toujours une vision de biais, mais là on la croirait yeux grands ouverts, et en plein dans l’idéologie islamogauchiste.


      • Le421... Refuznik !! Le421 7 décembre 2020 16:07

        Le simple fait de se poser des questions devient anormal dans un monde qui vend du « prêt à penser » à longueur de journée dans des médias serviles.

        Le fait qu’il n’y ait plus d’indépendance de la presse a créé de fait une méfiance légitime.

        Le fait de traiter de complotiste toute personne non crédule participe de la disqualification du sujet.

        Je préfère être un complotiste éclairé qu’un suiveur aveugle.

        Même si cette simple liberté est de plus en plus remise en question.

        Bon, en même temps, si j’ose dire, le simple fait que je sois classé « islamo-gauchiste » par les capitalo-fascistes ne m’aide pas.

        Je préfère quand même être « bien à gauche » que maladroit(e)...  smiley


        • Ariovis Venamis Ariovis 7 décembre 2020 18:34

          When the pseudo-Capitalistofascist i am, meets the so called Islamoleftist you are.


        • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 7 décembre 2020 16:18

          Puisque je ne suis pas bloquée. Je donne simplement un petit avis. Tout est dans : chacun défend son bout de gras... Dans collusion il y a collision. Le « U » étant féminin et le « i » phallique. 


          • Ariovis Venamis Ariovis 7 décembre 2020 18:36

            Le misarchisme contemporain, relayable à l’anguo=phallophobie (spéciale dédicace), occasionne des fluctuations. Il n’y a que les lacaniens, pour s’imaginer le Nom du Père=le Signifiant un vide mortel.


          • Ariovis Venamis Ariovis 7 décembre 2020 18:38

            Lacan disait que le Réel, c’était quand on se cogne ... mais c’est aussi quand on est cadré, or ce n’est pas le néant qui cadre.


          • Ariovis Venamis Ariovis 7 décembre 2020 18:39

            Jamais deux sans trois : pour être clair, vive l’héritage ferenczien de Freud + rankien (sans parler de sa fille).


          • Ariovis Venamis Ariovis 7 décembre 2020 18:51

            PS : le Réel, c’est aussi quand on veut son bout de gras.


          • I.A. 9 décembre 2020 18:59

            @Mélusine ou la Robe de Saphir.

            M’ouarf-arf !


          • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 7 décembre 2020 18:54

            Mazette ^^

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