• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > Demande de dissolution de la RPD et de la RPL – Kiev veut un scénario (...)

Demande de dissolution de la RPD et de la RPL – Kiev veut un scénario chypriote

Après avoir saboté le retrait des troupes à Petrovskoye et Zolotoye, Kiev a demandé ni plus ni moins que la dissolution des Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL) comme prérequis pour appliquer le volet politique des accords de Minsk et la formule Steinmeier qu’elle a pourtant signée le 1er octobre.

JPEG - 54.5 ko
Caricature : Vitali Podvitski

Si cette demande peut sembler ridicule, voire débile de prime abord, et faire croire que Zelensky plie devant les ultra-nationalistes et les néo-nazis, il se peut aussi que cela fasse partie du plan B de Kiev dont nous avions parlé précédemment. Explication.

Afin de bien comprendre tout ce qui se passe, je vais faire un rappel rapide de plusieurs analyses précédentes concernant Zelensky et les déclarations et actions de son gouvernement.

Ce qui se passe actuellement confirme la justesse du qualificatif d’« illusionniste » que j’avais accolé à Zelensky il y a un mois. Pendant que le monde regardait ses déclarations de paix, il ne voyait pas les bombardements croissants de l’armée ukrainienne, ni le refus de Kiev d’appliquer réellement les accords de Minsk. Volodymyr Zelensky pratique l’écran de fumée à échelle industrielle.

Ce qu’il dit, ou ce qu’il semble faire, n’est pas la réalité ni de ce qu’il pense, ni de ce qu’il fait vraiment. Gardez bien cela en tête, car c’est important pour comprendre la suite. Le but de l’écran de fumée est de dissimuler ce que fait réellement l’illusionniste. Pendant que vous vous vous focalisez sur sa main droite, qu’il vous montre ostensiblement, vous ne voyez pas ce que fait sa main gauche.

Le deuxième point à garder en tête, c’est cette analyse de Daniil Bezsonov, selon laquelle le couple Kolomoïski-Zelensky aurait pour projet de se débarrasser rapidement du problème que pose le conflit dans le Donbass en renonçant temporairement à la partie du territoire qu’il ne contrôle pas, afin de geler suffisamment le conflit pour pouvoir attirer des investisseurs étrangers dans le pays, et surtout de l’argent, dont une partie pourra alimenter leurs poches.

D’après l’analyse de Bezsonov, l’idée est de faire croire que Zelensky veut la paix, veut appliquer les accords de Minsk, mais qu’il ne le peut pas parce que les ultra-nationalistes le menacent d’un nouveau Maïdan, et que la seule solution c’est donc d’abandonner le territoire pour régler le problème rapidement. Dans ce plan, la communication et surtout la pratique massive de la technique de l’écran de fumée est essentielle.

Il faut que la communauté internationale croit dur comme fer que Zelensky risque un coup d’État néo-nazi s’il applique les accords de Minsk, pour qu’elle accepte après de renoncer à ces mêmes accords.

Or plus les événements se déroulent sous nos yeux et plus ces derniers laissent une sensation de déjà-vu pour ceux qui ont lu le scénario potentiel du « plan B » de Kolomoïski-Zelensky exposé par Bezsonov.

En effet, comme il l’avait prédit, le désengagement des forces et des équipements militaires a échoué, après plusieurs tentatives à rebondissements dignes de contes de fées, puis le 14 octobre, les néo-nazis ukrainiens ont fait leur marche aux flambeaux, et Biletski a posé un ultimatum à Zelensky.

Biletski, conformément à la prédiction de Bezsonov, semble s’imposer comme le leader de la contestation ultra-nationaliste et néo-nazie contre l’application des accords de Minsk. Il a donné 10 jours à Zelensky pour renoncer au retrait des troupes, à la mise en place d’un statut spécial pour le Donbass, à l’amnistie pour la RPD-RPL, et à la tenue d’élections sur leur territoire tant que la frontière avec la Russie n’est pas sous contrôle de Kiev.

En clair, Biletski donne 10 jours à Zelensky pour renoncer officiellement à appliquer les accords de Minsk, et la formule Steinmeier pourtant signée à Minsk le 1er octobre 2019. Il exige que les demandes de leur mouvement «  résistance à la capitulation » soient garanties par la loi d’ici 10 jours (c’est-à-dire que Zelensky fasse voter une loi renonçant aux accords de Minsk en fait), faute de quoi, ils passeront des manifestations à la résistance civile et qu’ils forceront «  les autorités à faire ce que veut la nation ». Pour résumer, il menace Zelensky d’un Maïdan s’il ne fait pas ce qu’il veut.

Je passerai sur son délire de confédération pro-ukrainienne en Europe de l’Est, basée à Kiev, et le fait que l’Ukraine aurait besoin des ressources naturelles de la Russie pour pleinement se réaliser sur le plan géopolitique. Rien que d’imaginer comment il compte mettre la main sur ces ressources naturelles a de quoi faire rire.

Avec cet ultimatum et la marche du 14 octobre, Biletski semble avoir réussi à « capter » les Ukrainiens qui s’opposent à l’application des accords de Minsk, damant le pion à Porochenko, qui se retrouve relégué au second plan, comme prévu dans le scénario envisagé par Bezsonov.

Bien sûr tout cela est largement médiatisé (là aussi, comme prévu), et c’est là qu’arrive le rétropédalage et le sabotage massif et médiatisé des accords de Minsk par les officiels ukrainiens.

Et le moins que l’on puisse dire c’est que Kiev n’a pas fait ça à moitié, puisque la secrétaire de presse de Léonid Koutchma, représentant ukrainien à Minsk, Daria Olifer, n’a rien trouvé de mieux à sortir en guise de bilan de la réunion qui a eu lieu dans la capitale Biélorusse hier, que d’exiger que la RPD et la RPL soient dissoutes comme prérequis à l’application du volet politique des accords de Minsk par l’Ukraine.

Non, non, ce n’est ni un poisson d’avril, ni un fake. En plus des exigences abusives habituelles comme le contrôle de la frontière avant les élections (alors que les accords de Minsk prévoient le contraire), ou le fait que les partis ukrainiens doivent pouvoir participer aux élections dans le Donbass (rien que d’imaginer quelle serait la réaction de la population de la RPD-RPL face à un candidat de Secteur Droit ou Svoboda – partis néo-nazis – qui se présenterait là-bas pour être élu, je peux déjà garantir que cela se finirait en bain de sang et même un régiment de casques bleus ne pourrait rien faire pour garantir sa sécurité), voilà maintenant que Kiev exige la dissolution des deux républiques avec les représentants desquelles l’Ukraine a signé les accords de Minsk !!!

Sauf que si on dissout une des parties de l’accord signé, celui-ci est complètement vidé de sa substance, et n’a plus à être appliqué puisqu’il n’y a plus qu’une seule partie signataire.

Cette déclaration a entraîné une réaction virulente du chef de la RPD, Denis Pouchiline, qui a répondu, du tac au tac, que les accords de Minsk ne pourraient être appliqués tant que l’Ukraine actuelle n’est pas dissoute en tant qu’État.

« Les accords de Minsk ne pourront être mis en œuvre que si toutes les structures gouvernementales ukrainiennes sont dissoutes et l’État ukrainien malade est démantelé. L’État ukrainien doit être liquidé en tant qu’État illégitime, car il a été créé à la suite du coup d’État et des ingérences extérieures en 2014. Et il continue d’être géré de l’extérieur.

Il est nécessaire de rétablir une Ukraine nouvelle et véritablement indépendante. Cela doit être fait par une décision libre de tous ses territoires. Dans le même temps, il faut reconnaître le droit des régions de ne pas entrer dans le nouvel État. Ce sera équitable.
Et avec cette Ukraine honnête, qui remplacera les autorités menteuses d’aujourd’hui, il sera possible de se mettre d’accord sur la mise en œuvre du paquet de mesures de Minsk 
 », peut-on lire sur le site officiel du chef de l’État.

Cette déclaration est là pour indiquer que Kiev a franchi une ligne rouge en exigeant la dissolution des deux républiques populaires. De plus, en posant une telle condition, la RPD montre qu’elle sait pertinemment que Kiev n’appliquera jamais les accords de Minsk, tant qu’elle n’est pas libérée de la tutelle américaine.

Côté russe, la déclaration de Daria Olifer est tellement délirante, que Dmitry Peskov, porte-parole du Kremlin, a fait part de la surprise des autorités de la fédération de Russie, mais aussi des autres pays garants des accords de Minsk.

« Ces déclarations sont très inattendues pour Moscou, Berlin et Paris. Dès lors, il est difficile de faire des commentaires à ce sujet pour l’instant. On ne sait pas si cela signifie la sortie des accords de Minsk, du plan d’action de Minsk, ou d’une renonciation aux signatures et aux engagements antérieurs  », a déclaré Peskov.

Là où bien des analystes russes se perdent dans l’écran de fumée, en interprétant cela comme la preuve que Zelensky plie face aux ultra-nationalistes, le Kremlin semble avoir bien compris à quel jeu joue le président ukrainien : renoncer officiellement aux accords de Minsk. Parce que c’est bien de ça qu’il est question si on en croit le scénario envisagé par Bezsonov : refuser d’appliquer les accords signés en arguant que la pression des néo-nazis est trop forte et que Zelensky ne peut pas risquer un nouveau Maïdan.

Et là où le Kremlin comprend bien ce que la main gauche du président ukrainien est en train de faire, pendant que sa droite agite la « résistance à la capitulation », bon nombre de journalistes et d’analystes sont tombés dans le piège tendu par Kolomoïski-Zelensky, en sautant à pieds joints dans l’illusion de l’opposition menée par Biletski.

Il faut rappeler que Biletski et son Corps National, le régiment Azov, et la plupart des groupes néo-nazis et ultra-nationalistes ukrainiens, sont sous le contrôle d’Avakov, le ministre de l’Intérieur du gouvernement de Zelensky ! Or Avakov a donné sa loyauté à Zelensky en échange de concessions concernant les sphères d’influence dans le pays et les régions.

Donc si Biletski et ses sbires posent un ultimatum à Zelensky, et s’opposent à ses prétendues initiatives de paix et sa « volonté » d’appliquer les accords de Minsk (qui ne sont que du blabla pour l’instant), c’est que ce dernier est d’accord pour cette mascarade ! Ce cirque est là pour être vu médiatiquement, et surtout à l’étranger, pour que tous en concluent que Zelensky ne contrôle pas le pays et qu’il risque sa tête s’il essaye de faire passer en force l’application des accords de Minsk.

Même des analystes chevronnés se font avoir en beauté, et pensent que la déclaration de Daria Olifer est là pour calmer les radicaux, ou que Zelensky plie devant leurs menaces. Sauf qu’avec le score qu’il a fait à l’élection présidentielle et aux législatives, si Zelensky voulait réellement appliquer les accords de Minsk, il n’aurait pas besoin de les saborder. Il lui suffirait d’organiser des contre-manifestations soutenant son projet de paix, et numériquement il gagnerait la partie contre le « camp de la guerre ».

Non, si Zelensky n’utilise pas sa popularité pour imposer la paix, c’est qu’il n’en veut pas. Tout du moins, pas selon les conditions des accords de Minsk. Et c’est là qu’on en revient à ce fameux « plan B », qui semble se dérouler exactement comme Bezsonov l’avait annoncé.

Pendant que les politologues et les analystes glosent sur la stupidité qui consiste à demander la dissolution officielle de deux pays non reconnus officiellement, sur le potentiel manque de coordination au sein du parti politique de Zelensky, ou sur le fait que la demande de Kiev de retirer toutes les troupes étrangères du pays, s’applique à celles de l’OTAN, le couple Kolomoïski-Zelensky est en train de faire passer son « scénario chypriote » comme une lettre à la poste.

Et l’autre partie du « plan B » de Kiev – la préparation de l’opinion publique ukrainienne – bat son plein. Ainsi, après avoir tâté le terrain avec Dmitry Gordon et Léonid Kravtchouk, Vadim Pristaïko, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, continue de parler de ce potentiel « scénario chypriote » pour le Donbass dans les médias. Après sa première déclaration concernant ce « plan B » (qui était alors sa troisième option), Pristaïko persiste et signe, dans une interview accordée à Radio Svoboda (j’ai mis en gras les parties importantes pour comprendre la suite du plan).

« Nous devons être honnêtes avec notre peuple, cinq années de « processus de Minsk » n’ont pas donné de résultats. Nous devrions chercher un autre processus, si nos partenaires occidentaux y sont prêts. Si cela ne fonctionne pas non plus, alors notre État devrait déterminer lui-même quelle est la voie acceptable pour son développement. Il peut y avoir une «  option chypriote  » de développement, lorsque l’État sait que l’occupant a « pris » un territoire, mais qu’il trouve néanmoins la force de se développer et d’aller dans la direction que nous, la majorité de notre peuple, avons choisie pour nous-mêmes  », a déclaré Pristaïko.

Ce scénario chypriote est envisagé si les négociations au Format Normandie avec la Russie ne donnent rien. Or si nous regardons les actions de Kiev, l’Ukraine fait tout pour que ces négociations échouent en refusant d’appliquer les accords de Minsk, la formule Steinmeier et de mener le désengagement des troupes et des équipements à Zolotoye et Petrovskoye.

Kiev fait exprès de saboter tout le processus de règlement pacifique du conflit, pour ensuite pouvoir convaincre ses « partenaires occidentaux » d’accepter d’abandonner les accords de Minsk et de passer à une «  option chypriote  », c’est-à-dire exactement le plan annoncé par Bezsonov, à savoir la renonciation pure et simple au territoire du Donbass qui n’est actuellement pas sous le contrôle de Kiev, pour mettre officiellement fin à la guerre rapidement (plus vite en tout cas qu’en appliquant les accords de Minsk) et faire rentrer de l’argent dans le pays.

Et pour cela, la médiatisation des manifestations des néo-nazis ukrainiens, et de leur ultimatum, et les analyses d’experts annonçant un peu partout que Zelensky plie devant leurs menaces sont essentielles pour convaincre les « partenaires occidentaux » de renoncer aux accords de Minsk.

L’autre point important ce sont les déclarations de Zelensky, lors de cette « conférence de presse marathon » qu’il a tenue le 10 octobre. Pour ne pas griller le « plan B », Zelensky ne parle pas ouvertement du scénario chypriote pourtant évoqué par son ministre des Affaires étrangères.

Non, l’illusionniste doit maintenir l’écran de fumée. Zelensky doit continuer à apparaître auprès des Occidentaux comme voulant la paix, comme voulant appliquer les accords de Minsk. Néanmoins, il a quand même glissé l’option discrètement, pour préparer l’opinion publique ukrainienne (chose importante pour réussir cette partie de poker menteur).

En effet, il a déclaré lors de cette conférence de presse de 14 h, qu’il ne voulait pas se retrouver avec un conflit gelé comme en Transnistrie ou en Abkhazie mais qu’il ne pouvait pas garantir à 100 % que cela n’arriverait pas. Or, que l’on appelle cette option un scénario chypriote, transnistrien, sud-ossète ou abkhaze, cela ne change pas l’idée de base. Et surtout, Zelensky parle d’en venir à un « plan B » si jamais l’application des accords de Minsk est infaisable selon les conditions ukrainiennes (par exemple si la frontière n’est pas rendue avant les élections, ce qui viole en réalité l’ordre des accords de Minsk).

En clair si la Russie, la RPD et la RPL n’acceptent pas d’appliquer des accords de Minsk selon des conditions inacceptables (la RPD et la RPL ne pouvant accepter de laisser le contrôle de la frontière à Kiev avant la pleine application des accords de Minsk pour des raisons de sécurité évidentes, liées au fantasme de solution croate souvent exprimé par des officiels ukrainiens), alors il faudra en venir à un « plan B » que Zelensky refuse de divulguer pour l’instant.

Mais en posant justement des conditions inacceptables pour la partie adverse, Kiev a rendu l’application des accords de Minsk « sauce Zelensky » totalement impossible. L’Ukraine a elle-même sabordé le « plan A » pour être sûre qu’il échoue totalement, et pouvoir ensuite sortir son « plan B » (renoncer à une partie du Donbass) comme solution miracle.

Kiev semble donc bel et bien prête à renoncer au territoire du Donbass qui n’est actuellement pas sous son contrôle pour « développer l’Ukraine » comme l’a si bien avoué Pristaïko dans son interview.

Si l’idée peut sembler plaisante de prime abord et permettrait de mettre fin au bain de sang, il est nécessaire de rappeler que pour y parvenir il faudrait renoncer officiellement à appliquer une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU (puisque je rappelle que les accords de Minsk ont été ratifiés par la résolution n° 2202 de l’ONU). Sans parler des nombreuses sanctions économiques contre la Russie prises et prolongées ad vitam æternam au non de la non-application de ces mêmes accords.

De plus, si Kiev renonçait non pas temporairement, mais indéfiniment au territoire de la RPD-RPL (et à la Crimée par la même occasion), cela permettrait à l’Ukraine d’intégrer l’OTAN (comme Chypre a réussi à intégrer l’UE malgré la scission de l’île toujours non résolue), et l’organisation pourrait ainsi se rapprocher encore plus des frontières russes.

Au vu de la façon dont les accords de Minsk ont été utilisés et manipulés par l’Ukraine et ses patrons occidentaux contre la Russie, la RPD et la RPL, et le sabordage volontaire et total de ces mêmes accords par Kiev pour imposer une solution qui bénéficiera financièrement à certains en Ukraine et militairement à l’OTAN, il me semble que la moindre des choses serait de ne pas accepter de suivre le plan de Kolomoïski-Zelensky sans en retirer un bénéfice.

Si la Russie, la RPD et la RPL acceptaient le « plan B » de Zelensky tel quel sans rien exiger en retour, alors elles accepteraient d’être les jouets de Kolomoïski et de l’OTAN (et donc des États-Unis). Le bénéfice obtenu (l’arrêt des morts tant civiles que militaires et des destructions) ne compensant pas les pertes en termes de sécurité, d’économie, de diplomatie, et de position géopolitique.

Si Zelensky est réellement prêt à renoncer à un morceau de territoire « pour avoir la paix », alors la Russie, la RPD et la RPL doivent exiger que cette renonciation concerne la totalité du territoire des oblasts de Donetsk et de Lougansk qui a voté pour la sécession hors de l’Ukraine le 11 mai 2014. Cela ne serait que justice. La RPD et la RPL retrouveraient alors les frontières qui auraient dû être les leurs depuis 2014, et la population de la zone actuellement occupée par l’armée ukrainienne serait enfin libre de vivre comme elle l’a exprimé lors du référendum de 2014.

De toute façon, si la Russie, la RPD et la RPL ne formulent pas cette exigence, la renonciation officielle de Kiev à seulement une partie du Donbass pourrait provoquer tôt ou tard (l’Ukraine s’effondrant inexorablement) des troubles dans l’autre partie, qui se sentirait lésée dans cet accord, hypothéquant le « plan B » de Zelensky, par l’éclatement de nouveaux troubles à l’intérieur des nouvelles frontières du pays.

La meilleure solution (et la plus avantageuse) pour tout le monde est donc l’extension de cette renonciation à la totalité du territoire qui a voté le 11 mai 2014 pour sortir de l’Ukraine. La volonté populaire exprimée par les habitants du Donbass il y a cinq ans serait enfin respectée, la région retrouverait la paix, l’Ukraine aussi, la Russie n’aurait plus un conflit tiède à sa porte, plus de pression diplomatique pour appliquer des accords de Minsk inapplicables, et chacun irait vivre sa vie comme il l’entend.

Et après tout cela, ce qu’il adviendra du reste de l’Ukraine ne concernera plus que ses habitants, l’OTAN et l’Union Européenne qui devra gérer cette « Somalie néo-nazifiée » à sa porte. Mais ça ce sera une autre histoire…

Christelle Néant


Moyenne des avis sur cet article :  4.67/5   (12 votes)




Réagissez à l'article

12 réactions à cet article    


  • Extra Omnes Extra Omnes 17 octobre 09:33

    Zelensky fait sa crotte là où les zuniens lui disent de faire. Le problème pour lui maintenant, c’est que les zuniens se déchirent entre eux et qu’il ne faut pas qu’il se trompe de côté : aller vers Trump qui essaie de nettoyer son marais puant ou bien vers les démocrates tout aussi puants qui ont fabriqué le Maidan et ont manipulé Porochenko à un point tel que le peuple l’a rejeté comme un vieux kleenex. Zelensky n’a aucun plan, il ne comprend pas grand chose, il ne fait qu’attendre le « ruissellement » que les zuniens d’hier lui ont promis. Avec Trump, la partie se joue différemment.


    • Christelle Néant Christelle Néant 17 octobre 15:15

      @Extra Omnes
      Ne croyez pas que Zelensky est seul pour faire face à son rôle de président. L’équipe de Kolomoïski est derrière lui. Et ce sont tout sauf des idiots. C’est eux et Kolomoiski qui ont mis au point le script de l’acteur-président Zelensky.


    • Guy19550 Guy19550 17 octobre 11:07

      Tout le cirque des cowboys ne change pour l’instant rien dans les sondages, le dernier remonte au 15/10 et Trump ne remonte pas : https://www.realclearpolitics.com/epolls/latest_polls/

      Cela veut dire que le bidet ambulant a toute ses chances et là ce sera la prolongation du Maïdan assurée. Le seul espoir que j’ai encore est que Trump se retire des présidentielles en demandant de voter pour Sanders.

      L’autre aspect important, ce sont les couilles européennes qui restent au frigo pour le moment. Il n’y a en effet aucune position prise par les européens en rapport avec les nazis ukrainiens.


      • Pierre Pierre 17 octobre 15:06

        @Guy19550
        Ce qui est important pour Donald Trump, c’est que sa base d’électeurs reste stable. De mémoire, elle est d’environ 43 % et ce ne serait inquiétant que si elle descendait sous les 40 %.
        Je n’arrive pas à comprendre pourquoi l’étonnement des journalistes devant ses décisions. Ses promesses électorales étaient de se retirer des guerres au Moyen-Orient, de stopper l’immigration clandestine, de relancer la production industrielle dans le pays, de relancer l’économie etc. 
        Il n’a certes pas tout réussi mais on a beau le critiquer, il a des résultats.
        Les Kurdes (qui ne sont pas les blanches oies qu’on nous présente généralement) auraient dû savoir depuis le début que les Etats-Unis ne peuvent pas rompre avec la Turquie et que la Turquie ni d’ailleurs aucun des pays de la région à l’exception d’Israël ne veut en aucun cas la création d’un Kurdistan indépendant et sur des terres arabes en plus.
        L’immigration est sérieusement freinée, le taux de chômage est bas et l’économie se porte bien. 
        Ne vendez pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Trump est un show-man et il est capable d’entraîner des foules derrière lui avec ses meetings.
        L’impeachment risque de tourner au fiasco pour les démocrates. Le candidat Biden est nul et n’arrive pas à récolter des fonds, Sanders ou plutôt les démocrates, ont raté le coche avec lui et il est considéré comme un communiste aux Etats-Unis. C’est Elisabeth Warren, quoique elle aussi gauchiste pour les Américains, qui a la meilleure chance contre Trump mais elle doit convaincre de savoir financer ses programmes sociaux pour acquérir des fond.
        Voulez-vous savoir ce qui va se passer d’ici un an ? Trump va se rabibocher avec la Chine qui va commander encore plus de soja américain, il va casser l’Allemagne si celle-ci n’achète pas du gaz américain via la Pologne et le reste de l’Europe si elle n’achète pas du matériel de guerre américain et il va provoquer une crise avec Cuba pour acquérir le vote de Floride. Cela va beaucoup plaire aux Américains.
        N’oubliez pas qu’il n’a pas besoin d’une majorité de voix pour gagner mais juste d’une majorité de grands électeurs. J’ai même lu une projection où il aurait entre 5 et 8 millions de voix en moins mais serait quand-même élu. Il lui suffit de remporter assez de swing states.
        Ceci est une analyse objective. Ce n’est pas mon choix préférentiel qui comme la majorité des Européens se porte sur Sanders et Warren mais je ne prends pas mes rêves pour la réalité.
        Concernant l’article, c’est une bonne analyse. Je ne sais pas si c’est la traduction d’un article en russe ou si c’est rédigé par Christelle Néant elle-même. Si c’est le cas, bravo.
        J’ajouterais simplement que Vladimir Poutine ne participera pas à une réunion du format Normandie si Kiev ne change pas d’attitude. Il prolongera tout au plus le transit gazier d’un an et s’il y a encore toujours blocage, il fermera le robinet.
        Les Ukrainiens pourront sauter sur leurs ressorts, ils ne pourront rien changer. Russia is Back.


      • Christelle Néant Christelle Néant 17 octobre 15:12

        @Pierre
        Je confirme que l’article est de moi, quand il s’agit d’une traduction je mentionne toujours la source. Tout comme dans l’article je mentionne la personne qui a produit l’analyse sur laquelle je me base pour faire la mienne (Bezsonov).


      • Guy19550 Guy19550 17 octobre 15:42

        @Pierre
        On sera vite fixé pour le gaz, la réunion est pour le 23 de ce mois. Une prolongation du contrat de 1 an est effectivement la dernière proposition des russes, mais les russes veulent que certains changements soient fait pour cela et je n’ai rien vu se faire en ce sens. De ceci résulte que la réunion du 23/10 pourrait ne pas avoir lieu. Les ukrainiens veulent un nouveau contrat de 10 ans ou plus, ce que ne veut pas la Russie.


      • skirlet 17 octobre 15:13

        Si on raccourcissait enfin les pattes à « la ville qui brille sur la colline » et qui les tend à travers le monde entier en portant la « démocratie »... 


        • JP94 17 octobre 23:09

          Cet article est vraiment excellent et j’en partage toutes les analyses. Je n’ai jamais cru une seconde à la volonté de paix d’un brave Zélensky, personnage cynique qu’on a placé ad hoc, Porochenko étant grillé, pour poursuivre la politique de pérennisation du fascisme en Ukraine avec, pour un Etat ruiné, détruit de singulières velléités bellicistes à l’encontre de la Russie, qui ne s’expliquent que par la présence du deus ex machina, les Etats-Unis.

          Mais ce jeu de pseudo-indépendance et pseudo-opposition n’est pas nouveau chez les fascistes ukrainiens : c’était déjà celui de Stepan Bandera, mis en réserve au camp de Sachsenhausen  mais attention pas avec les prisonniers politiques communistes ou le commun des déportés à plus de 6 par lit et une couverture, subissant des expériences pseudo-médicales, non, dans les bâtiments du devant  sans comparaison : pratique pour fabriquer le mythe d’un opposant-marionnette qu’on ( Gehlen) contrôle et ressort le moment venu.

          Effectivement, je trouve excellente votre analyse.

          Du reste, dans les médias russes, on lit de nombreuses incartades de ce Zélenski qui prouvent sans aucune hésitation qu’il veut la guerre ; Si Poutine se montre en train de se baigner dans un torrent ou à jouer au hockey, le clown de Kiev, outre qu’il exhibe sa femme presque les seins à l’air, se représente avec un gilet pare-balle, sur le front, aux côtés des FAU ... mais qui attaque l’Ukraine ? quelle armée ces soldats contrent-ils ? qui envahit l’Ukraine ? les armées étrangères occupent l’Ukraine, oui mais l’Ukraine occidentale et les bandes fascistes, plus aptes à terroriser leur propre population que les FAU, ne sont pas absolument pas combattues par les FAU ! quelle drôle d’armée que cette armée qui ne combat pas l’envahisseur étranger mais ne cesse d’attaquer sa propre population et de dénoncer un pays qui ne l’agresse pas, la Russie ! 


          • Christelle Néant Christelle Néant 18 octobre 02:05

            @JP94
            Merci pour les compliments. Clairement Zelensky joue un rôle, après tout c’est un acteur. C’est son boulot. La présence de son premier-ministre à un concert de néo-nazis prouve aussi la collusion de Ze avec ceux qui soi-disant le menacent.


          • Guy19550 Guy19550 18 octobre 00:38

            Pour moi c’est toujours rocambolesque et je n’y prête de ce fait pas trop d’attention :

            https://dnrsovet.su/vladimir-medvedev-it-is-possible-to-make-kiev-honour-commitments-it-made-only-after-dismantling-of-post-maidan-system-of-ukrainian-government/

            https://dnrsovet.su/alexander-kamyshov-kiev-continues-to-use-aggressive-rhetoric-against-donbass-under-pressure-of-nationalists/

            Le fait est que l’on se sert des nationalistes pour maintenir la pression et tel que je vois les choses, l’armée régulière était disposée de se retirer mais pas les nationalistes qui ont selon moi pris la place des autres. Cela ne présage rien de bon cependant pour les républiques en matière de bombardements. Faut laisser décanter et attendre. 


            • Guy19550 Guy19550 19 octobre 10:17

              Vendredi 18/10/2019
              La dernière fois que j’ai vu un attentat comme justificatif de bloquer les choses, c’était à Odessa pour les élections. Ici on a aussi bloqué les choses de la même manière, mais pour autre chose :
              https://www.rferl.org/a/bomb-threat-disrupts-kyiv-court-hearing-into-kolomoyskiy-s-appeal-of-privatbank-s-nationalization/30221339.html
              Généralement, la source est enchanteresse et ce n’est pas le cas dans l’article :
              https://www.ukrinform.net/rubric-economy/2800809-nbu-governor-talks-with-imf-on-new-program-for-ukraine-ongoing.html
              Si j’en crois la dernière phrase, c’est bredouille qu’ils rentrent à Kiev :
              https://www.kyivpost.com/ukraine-politics/imf-mission-will-soon-return-to-ukraine.html
              Je peux donc dire que le FMI n’a pas reçu de vue assez claire des choses que pour donner le magot au terrorsites de Kiev.


Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès