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Denis Pouchiline – Le cap de la RPD vers la Russie reste inchangé

Denis Pouchiline, le chef de la République Populaire de Donetsk (RPD), a donné une interview à Rusvesna, dans laquelle il a abordé un certain nombre de questions brûlantes concernant l’avenir de la République, son intégration avec la Russie, et le problème des passeports ukrainiens. En voici la traduction complète en français.

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En 2019, en tant que dirigeant de la République Populaire de Donetsk, vous avez clairement et distinctement envoyé des messages à l’intérieur et à l’extérieur de la République, indiquant que la voie de la République Populaire de Donetsk est la voie vers la Russie. Le drapeau tricolore russe est au centre de la ville, votre interprétation de la chanson sur la Russie le jour de la République le 11 mai, votre déclaration sur votre intention de faire du russe la seule langue d’État, et le début de l’obtention de la citoyenneté russe par les citoyens de la RPD. L’année 2019 a clairement été l’année de la Russie dans la République. En 2020, la RPD poursuivra-t-elle sa route vers la Russie ?

Depuis 2014, nous n’avons jamais caché ou changé notre trajectoire. Notre tâche principale reste la même : retourner dans notre patrie historique, dans une Russie réunifiée.

Notre engagement dans la voie choisie est inscrit dans le concept de politique étrangère de la République Populaire de Donetsk, qui stipule clairement que l’histoire du développement et de la formation des territoires qui composent la RPD est la preuve du lien inextricable entre la République de Donetsk et la fédération de Russie. C’est un document pour l’avenir, donc en 2020 nous continuerons à développer les processus d’intégration avec la Russie.

Nous ne sommes pas sur le même chemin que le gouvernement ukrainien actuel : nos routes se sont séparées il y a six ans. Ils ont choisi la voie du nationalisme et de la russophobie, ce qui est absolument inacceptable pour nous.

Personne ne peut nous dire avec qui nous devons être amis, comment construire notre politique étrangère et intérieure. Seuls les habitants du Donbass peuvent prendre de telles décisions. Par conséquent, en 2020, notre cap vers la Russie reste inchangé.

Avant le Nouvel An, notre édition a publié les données du Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu (CCCC), qui montraient clairement que pendant le règne de Zelensky, les bombardements du territoire contrôlé par la RPD, par rapport à la dernière moitié du règne de Porochenko, non seulement n’ont pas diminué, mais ont même augmenté. Et il s’agit des tirs d’armes lourdes. Est-ce qu’il s’avère que toutes les discussions et déclarations de Zelensky sur la paix sont des paroles en l’air ?

L’Ukraine viole quotidiennement ses obligations de respecter le cessez-le-feu. Les zones de la ligne de front de la République ne cessent de souffrir des bombardements. Rien que ces derniers jours, les forces armées ukrainiennes ont tiré des obus sur les localités suivantes : Dolomitnoye, Gorlovka (village de Gagarine), Donetsk (terminal de l’aéroport, centre Volvo, village de Troudovski), Sakhanka, Golmovski, Zaïtsevo, Jabitchevo, Lozovoye, Zaïtchenko, Leninskoye.

De plus, des violations des accords de retrait des armes ont été enregistrées et des provocations sont en cours pour entraver les activités de la MSS de l’OSCE dans le Donbass. En particulier, les forces armées ukrainiennes, en interceptant le contrôle d’un drone de la mission, ont capturé l’engin et ont saisi toutes les données du support mémoire. Il y a ici une interprétation sans équivoque : les autorités de Kiev veulent cacher les crimes qui sont commis contre les habitants du Donbass, mais pas arrêter l’agression.

Si les discussions et les déclarations de paix de Zelensky n’étaient que des paroles en l’air, ce ne serait probablement pas si terrible pour nous. Malheureusement, les faits montrent que Zelensky et son équipe ont autre chose en tête – avec des mots et des messages ils couvrent non seulement l’inaction, mais aussi le renforcement des plans militaires.

Il n’y a pas d’alternative aux accords de Minsk. Mais l’Ukraine trouve constamment des prétextes pour en déformer le sens, et le processus est éternellement traîné en longueur. La duplicité de la partie ukrainienne n’est plus à l’ordre du jour. Et personne dans la République ne se fait d’illusions sur Kiev.

Les citoyens de la RPD ont commencé à recevoir de plus en plus activement des passeports de la RPD et de la fédération de Russie. Et maintenant, qu’adviendra-t-il des documents ukrainiens ? Seront-ils refusés ou tout restera-t-il inchangé ?

Oui, vous avez raison, à ce jour, près de 62 000 résidents de la République ont déjà reçu la citoyenneté russe. Et chaque jour, il y a de plus en plus de personnes qui souhaitent devenir des citoyens russes.

Nous n’avons pas encore de loi fondamentale sur la citoyenneté, et son adoption ne sera possible qu’une fois que l’Ukraine aura rempli ses obligations au titre des accords de Minsk. Par conséquent, le passeport ukrainien est actuellement un document d’identité légal et a la même valeur juridique que le passeport d’un citoyen de la RPD et de la fédération de Russie. Il n’est pas question d’interdire son utilisation sur le territoire de la République pour le moment.

Les échanges de prisonniers entre la RPD et l’Ukraine vont-ils se poursuivre ? Combien de citoyens de la RPD sont actuellement en captivité en Ukraine ?

En date du 13 janvier 2020, environ 148 personnes présentes sur le territoire sous contrôle ukrainien sont réclamées par les représentants de la République Populaire de Donetsk. En outre, 465 personnes sont portées disparues.

Nous sommes impatients de voir tous nos concitoyens, qui sont détenus par l’Ukraine, rentrer chez eux. Mais tant que la décision sur l’échange n’a pas été prise au niveau du Format Normandie, l’affaire n’a pas avancé et l’Ukraine ralentissait le processus de toutes les manières possibles. En conséquence, l’échange, comme nous le savons, a eu lieu le 29 décembre 2019, et 60 personnes sont retournées sur le territoire de la République.

Nos négociateurs à Minsk font tout leur possible pour mener l’échange au format « tous ceux identifiés pour tous ceux identifiés », mais, malheureusement, il est extrêmement difficile de parvenir à un accord avec la partie ukrainienne.

Pendant les vacances Vladimir Poutine s’est rendu en Syrie. Sur le territoire syrien, dans l’ensemble, la paix est revenue. La construction de la paix commence. Les entreprises de Donetsk ont-elles une chance d’obtenir des commandes syriennes liées à la restauration de l’économie et des infrastructures syriennes ?

Le fait que les entreprises de Donetsk aient une telle chance est le résultat de la participation de notre délégation à l’exposition internationale « ReBuild Syria – 2019 ». Les collègues de la République arabe syrienne ont montré un réel intérêt pour les produits fabriqués par nos entreprises. En témoigne également la participation de la délégation syrienne au premier Forum international d’investissement, qui s’est tenu à Donetsk à la fin de l’année dernière.

Nous avons déjà compris comment et dans quelle mesure nous établirons une coopération et quelles tâches doivent être traitées en priorité. Je n’irai pas plus loin, mais j’espère vraiment que 2020 sera une année décisive pour la République en termes de reprise économique. Tout d’abord, nous allons travailler à la modification du cadre législatif concerné et à la conclusion de véritables contrats, qui ouvriront de nouveaux marchés pour nos produits nationaux.

Un an à la tête de la RPD, qu’avez-vous appris ?

Je n’avais aucune illusion sur le fait que les choses s’amélioreraient instantanément. Mais je m’attendais quand même à pouvoir résoudre beaucoup plus de problèmes en un an. Je pensais que s’il y avait une volonté politique pour un changement substantiel, le résultat ne tarderait pas à se faire sentir. Hélas, la dépendance des indicateurs socio-économiques à cet égard est loin d’être linéaire.

Outre les facteurs dissuasifs évidents, tels que le conflit militaire en cours, la non-reconnaissance de la République, le nombre de problèmes dans chaque production, quoi qu’il arrive, il y a d’autres facteurs : le système étatique n’est pas prêt pour des changements rapides, le manque de personnel qualifié capable de prendre des décisions responsables face aux défis constants, le manque de fonctionnaires compétents pour qui un service honnête à leur peuple est primordial.

Nous continuerons à corriger cet état de fait de manière globale. Mon équipe est déterminée à mettre en œuvre des décisions non standard, il y a une compréhension de ce qu’il faut faire. Je suis sûr que le Donbass connaîtra des jours meilleurs.

Traduction par Christelle Néant pour Donbass Insider


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