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Donald Trump à contre-courant

Jamais les premiers pas à la Maison Blanche d’un Président américain n’avaient été à ce point surmédiatisés, commentés, réprouvés. Donald Trump a choisi la stratégie du bras de fer immédiat avec l’establishment de son pays mais aussi avec le reste du monde. Déconcertante et risquée, sa méthode pourrait très vite l’entraîner vers l’abîme.

 Démonstratif jusqu’au ridicule. Le quarante-cinquième président des États-Unis signe dès les premiers jours qui suivent son investiture décret sur décret. Tout son programme ou presque y passe : construction du mur à la frontière mexicaine, démantèlement de la réforme de santé dite Obamacare, suppression des subventions aux ONG encourageant l’avortement et bien sûr suspension immédiate des visas des ressortissants en provenance de sept pays musulmans censés disséminer le terrorisme mondial. Cette dernière mesure produit pour l’heure des conséquences diplomatiques graves, qui ont été abondamment décrites et commentées. En se donnant ainsi en spectacle dans le bureau ovale, Donald Trump confond la précipitation et l’efficacité. Il entend présider exactement de la manière dont il a fait campagne, niant la distinction entre la posture théâtrale propre au candidat et le besoin nécessaire d’incarner au nom de tous la magistrature suprême.

 

Le péché originel

La mesure d’interdiction de territoire n’a pas été improvisée, puisque promise pendant sa campagne électorale, mais manifestement impréparée. Instaurée au départ sans exception et surtout sans transition, elle a immédiatement provoqué une pagaille dans les aéroports et nécessité un aménagement pour tenir compte des possesseurs de la Carte verte (1). L’omission (volontaire) de l’Arabie Saoudite de la liste des États concernés a également été soulignée, ce qui fait douter de la cohérence de la mesure. Un impératif diplomatique pourrait l’expliquer sans le justifier : l’étroitesse des liens entre les deux pays depuis le solide pacte du Quincy scellé en 1945 par Roosevelt et le roi Ibn Saoud. Plus prosaïquement, des commentateurs ont judicieusement pointé les liens commerciaux existant entre ce pays et les sociétés détenues par Trump. Business stays business. Enfin, absolument rien ne présume qu’une telle mesure ait une quelconque efficacité dans la lutte contre le terrorisme, ni qu’elle ne produise au contraire un terrorisme de réaction à raison de son caractère discriminatoire. Il eut été à la fois plus simple à l’administration Trump et plus admissible aux yeux des pays concernés de décréter un renforcement des contrôles aux frontières ainsi qu’une limitation de l’immigration. La suspension des visas est aussi injuste qu’inepte et c’est peu dire qu’elle a été mal pensée.

Ce que l’on appelle déjà le Muslim Ban laissera des traces dans l’opinion internationale dont Donald Trump aura du mal à se défaire. Sa venue au Royaume-Uni pour un voyage d’État est déjà compromise par une pétition abondamment signée et des manifestations spontanées. Les pays européens sont dans l’ensemble sur leur garde et ne cachent pas leur hostilité au nouveau Président. Quant aux pays musulmans directement concernés par l’interdiction de visas, ils entendent imposer la réciproque.

Sur l’ensemble des mesures prises à ce jour par le Président Trump, rares sont celles qui poussent à l’optimisme. Entre l’anéantissement des initiatives environnementales et le durcissement des relations avec le voisin mexicain, il est loisible cependant de saluer la remise en cause du Traité Transpacifique – qui tend à confirmer que le TAFTA sera bien enterré – et l’amorce d’un dégel avec la Russie. Ce dernier pourrait mettre un terme à l’escalade contre-productive des tensions entre l’Occident et la Russie et favoriser la levée des sanctions économiques contre Moscou.

 

La politique est-elle de retour ?

Pour peu que l’on accepte d’aller au-delà des concours d’indignation et de la reductio ad hitlerium de décisions qui, aussi contestables et préjudiciables aux libertés soient-elles, n’ont pas grand-chose à voir avec la mécanique nazie (2), on comprend facilement que Donald Trump est avant tout un briseur de routine. Dans la forme comme sur le fond, il tente un retour du politique dans un monde dominé par les intérêts économiques et enclin à l’endormissement des institutions publiques dans une « gouvernance » ronronnante. Le paradoxe est de taille : comment Donald Trump, ce milliardaire sans complexe, pourrait-il apparaître comme le sauveur du peuple souverain contre l’oligarchie ? S’il est trop tôt pour affirmer que sa politique va améliorer ou aggraver les conditions des classes pauvre et moyenne, il est néanmoins impensable de croire qu’il gouvernera contre les intérêts des grandes entreprises américaines. Sera-t-il dès lors réduit à la simple posture ? Les dix premiers jours de sa présidence tendent à démontrer qu’il entend au moins faire bouger les lignes : montrer qu’un homme politique peut encore tenir ses engagements, même si ceux-ci le poussent à se tenir seul contre tous. C’est cette partition que tente de jouer Donald Trump : l’affrontement direct contre ce qu’il faut bien appeler le système. Une enquête d’opinion effectuée à propos de la fermeture des frontières le conforte dans ce sens : une majorité des Américains le soutiennent pour l’heure (3). Quant aux commentateurs européens qui voient dans sa politique brutale une trahison de l’idéal américain, ils gagneraient à relire l’indispensable Howard Zinn pour relativiser leur jugement historique sur la nation à la bannière étoilée (4).

La Présidence Trump pourrait en fin de compte avoir pour vertu de s’attaquer à la sclérose de la démocratie représentative. Il entend promouvoir le volontarisme politique en faisant pièce aux choix prétendument impossibles (« le protectionnisme ? Mais c’est inenvisageable ! », « la fin de l’interventionnisme américain ? Insensé ! », « le plein emploi ? Un lointain souvenir ! »). Oui, la politique peut et doit encore changer nos vies. À ce titre, l’ouverture d’une brèche qui invite à remettre en cause les dogmes et à forcer les verrous qui figent les sociétés dans un statu quo qui a réduit les élus à faire de la figuration est peut-être une bonne nouvelle.

Antithèse de l’élégant et mesuré Obama, Donald Trump inquiète et dérange. Il inquiète en dessinant les contours d’une « démocratie illibérale » si bien prédite par Fareed Zakaria (5). Mais surtout, il dérange parce qu’il provoque la remise en cause des schémas de confort. Le personnage n’est pas un penseur politique, il fonctionne à l’intuition. Il n’a pas opéré de mue en chef d’État conforme à l’image traditionnelle : c’est sa manière de démontrer qu’un Président doit être la projection du candidat, ce qui participe de la mise en scène : « Je tiens mes promesses, moi, car je suis resté le même ». Une fois dans l’action, il rappelle que si la protection des droits et libertés est associée à la démocratie moderne, elle reste distincte du processus démocratique stricto sensu. Il prouve, en le provoquant volontairement, qu’il existe bien un système de connivence politico-médiatique dépourvu de neutralité. Il sème le doute sur l’information des médias mainstream en leur opposant les alternative facts, pourtant fumeux. Enfin, il revient à l’essence du combat politique en réaffirmant que peut être discutable ce qu’une élite pense ne plus l’être (avortement, multiculturalisme, mondialisme).

 L’expérience pourrait tourner court. Le Président risque d’être contraint à la démission voire destitué si la fronde levée contre lui persiste ou s’il essuie de graves échecs. Plus probablement, il sera poussé à la normalisation, c’est-à-dire au rejet des mesures contestées de son programme et au retour à des positions plus consensuelles. Mais si Donald Trump garde le cap et obtient même quelques résultats concluants, c’est bien l’ensemble des représentants politiques des démocraties occidentales qui devront intérioriser le fait que leurs électeurs entendent d’eux bien plus que des discours lyriques et des actes de simples gestionnaires. C’est peut-être la politique au plein sens du terme, avec ses luttes et des ruptures – ses dangers aussi – qui est de retour.

 

Notes :

(1) L’aménagement du décret a été annoncé par l’administration américaine le 29 janvier 2017. Il permet aux binationaux britanniques et aux détenteurs de la Green card d’être exemptés d’interdiction d’entrée sur le sol américain.

(2) La mesure d’interdiction de territoire intervient en raison d’un contexte particulier, la guerre contre le terrorisme, donc pour régler une situation en principe temporaire (entre 90 et 120 jours selon le décret Trump). Elle peut rappeler à la rigueur l’internement des citoyens japonais aux États-Unis pendant la Seconde guerre mondiale et surtout, à cette même époque, le refus des États-Unis d’accueillir des réfugiés Juifs fuyant les persécutions nazies (voir à ce sujet l’article de Luc VINOGRADOFF sur le monde.fr : http://www.lemonde.fr/big-browser/article/2017/01/31/il-y-a-75-ans-les-etats-unis-renvoyaient-254-migrants-vers-la-mort-dans-les-camps-nazis_5072398_4832693.html?xtor=RSS-3208&utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter).

(3) Une enquête d’opinion en ligne réalisée par Reuters/Ispos les 30 et 31 janvier auprès de 1 201 citoyens américains des 50 États fédérés montre que 49 % des sondés approuvent la mesure tandis que 41 % la désapprouvent et 10 ne se prononcent pas. Chez les seuls électeurs démocrates, l’interdiction temporaire de territoire est rejetée sans surprise, à la majorité de 53 % tandis que les électeurs républicains la supportent (51 %). Voir l’analyse de Chris Kahn sur the independant.co.uk : http://www.independent.co.uk/news/world/americas/donald-trump-muslim-ban-travel-immigration-refugees-iran-iraq-syria-a7556186.html

(4) Howard ZINN, A People’s History of the United States, Harper Perennial Modern Classics, 1980 (éd. 2005), 729 pages.

(5) Le politologue américain définit par ce terme les régimes fonctionnant sur la base de la démocratie et son suffrage universel, mais marqués par l’autoritarisme et par la désacralisation des droits de l’individu. Voir Fareed ZAKARIA, L’Avenir de la liberté. La démocratie illibérale aux États-Unis et dans le monde, Odile Jacob, 2003, 339 pages.


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14 réactions à cet article    


  • roman_garev 1er février 15:55

    « Donald Trump a choisi la stratégie du bras de fer immédiat avec l’establishment de son pays mais aussi avec le reste du monde. »


    Ah bon ? Faut-il en déduire que la Russie, l’Inde... (et j’en passe pour quelques 150 autres pays), contre lesquels cette stratégie n’est guère choisie par Trump, ne méritent, selon vous, même pas être classés dans le « reste du monde » ??
    Ce francocentrisme (les USA, la France, la G-B et l’Allemagne, c’est ça, le monde) commence à ennuyer...

    • roman_garev 1er février 15:57

      « l’élégant et mesuré Obama »


      L’auteur sait trouver des paroles qui te font tomber de la chaise...

      • Doume65 1er février 16:17

        « L’omission (volontaire) de l’Arabie Saoudite de la liste des États concernés a également été soulignée, ce qui fait douter de la cohérence de la mesure.  »

        A première vue, oui, mais si l’on creuse...
        C’est tout simplement une politique Pro-israélienne.


        • roman_garev 1er février 16:45

          @Doume65
          Merci de mettre en relief cette stupidité de plus de l’auteur.

          @l’auteur
          Muslim Ban de 7 pays, dites-vous ? L’omission de la seule Arabie Saoudite de cette liste ?
          Savez vous seulement le nombre d’États musulmans dans le monde pour oser écrire des inepties pareilles ? Croyez-vous tous des ignorants ?
          D’après la Wiki, il y a 42 pays avec plus de deux tiers (70 % et plus) de la population musulmane.
          De sorte que ce prétendu Muslim Ban ne concerne que 16,7 % des pays musulmans !
          Et la soi-disant « omission » concerne non seulement l’Arabie Saoudite, mais 35 (TRENTE-CINQ) pays musulmans !
          L’auteur, vous nous tenez pour des idiots ?

        • kalachnikov lermontov 1er février 17:23

          @ roman_garev

          Arrête de prêter à l’auteur des intentions* qu’il n’a pas. Obama neutre et mesuré ? Ce n’est pas un avis personnel de l’auteur mais le costume qu’Obama endossait dans l’exercice de sa présidence. De la com et cela n’empêche pas cet Obama d’avoir suivi la politique de destruction des usa.
          Muslim ban ? Ce n’est pas davantage un avis de l’auteur ; il n’est pas l’inventeur du tollé que les décisions criardes de Trump font naître. Etc.

          (*non, ce n’est pas un ennemi de la Russie)


        • kalachnikov lermontov 1er février 16:51

          @ auteur

          Très bon article, bravo.


          • zygzornifle zygzornifle 1er février 18:19

            Ho merde ça alors, un président qui tient parole !!!! On n’est pas habitué a ça d’habitude ils se parjurent déjà le lendemain de leur élection ....


            • maQiavel maQiavel 2 février 00:26

              Cest un article assez amusant à lire car on sent que l’auteur oscille en permanence entre léconomisme et le politique, entre ladministration des choses et le gouvernement des hommes , entre hardiesse et convenance , entre analyse superficielle et intuition politique profonde. Quelques oscillations :

              -L’auteur affirme « sur l’ensemble des mesures prises à ce jour par le Président Trump, rares sont celles qui poussent à l’optimisme » mais admet plus tard « une majorité des Américains le soutiennent pour l’heure », ce qui signifie que dans ce segment de population, ces mesures ont peut être suscité autant d’espoir qu’elles ont suscité de désarroi chez les adeptes de l’open society.

              -L’auteur se plaint de la mise en spectacle de Trump dans le bureau ovale qui selon lui « confond la précipitation et l’efficacité et entend présider exactement de la manière dont il a fait campagne, niant la distinction entre la posture théâtrale propre au candidat et le besoin nécessaire d’incarner au nom de tous la magistrature suprême ». Mais de l’autre coté, il se répond lui-même magistralement en affirmant « Les dix premiers jours de sa présidence tendent à démontrer qu’il entend au moins faire bouger les lignes : montrer qu’un homme politique peut encore tenir ses engagements, même si ceux-ci le poussent à se tenir seul contre tous. C’est cette partition que tente de jouer Donald Trump : l’affrontement direct contre ce qu’il faut bien appeler le système.  Il entend promouvoir le volontarisme politique en faisant pièce aux choix prétendument impossibles (…) le personnage n’est pas un penseur politique, il fonctionne à l’intuition. Il n’a pas opéré de mue en chef d’État conforme à l’image traditionnelle : c’est sa manière de démontrer qu’un Président doit être la projection du candidat, ce qui participe de la mise en scène : « Je tiens mes promesses, moi, car je suis resté le même »

              -Ensuite l’auteur s’inquiète « Déconcertante et risquée, sa méthode pourrait très vite l’entraîner vers l’abîme L’expérience pourrait tourner court. Le Président risque d’être contraint à la démission voire destitué si la fronde levée contre lui persiste ou s’il essuie de graves échecs. Plus probablement, il sera poussé à la normalisation, c’est-à-dire au rejet des mesures contestées de son programme et au retour à des positions plus consensuelles. » Mais l’auteur se répond encore une fois avec beaucoup de pertinence « si Donald Trump garde le cap et obtient même quelques résultats concluants, c’est bien l’ensemble des représentants politiques des démocraties occidentales qui devront intérioriser le fait que leurs électeurs entendent d’eux bien plus que des discours lyriques et des actes de simples gestionnaires. C’est peut-être la politique au plein sens du terme, avec ses luttes et des ruptures – ses dangers aussi – qui est de retour ».

              On sent un auteur prêt à basculer du coté obscur de la force mais qui résiste tant bien que mal à l’attrait des ténèbres. Ne craint pas jeune padawan, ne te détourne pas de la main tendue vers toi et accomplit ta destiné en rejoignant l’armée des ombres. smiley


              • maQiavel maQiavel 2 février 00:27

                Concernant le décret anti-immigration, lobjectif de Trump nest pas de prendre une mesure politique efficace contre le terrorisme. Si c’était lobjectif à atteindre, il yaurait évidemment dautres mesures à prendre.

                Ce décret a deux visées :

                1.  Symbolique : Trump avec ce décret s’attaque aux systèmes de représentations dominantes dans la classe politico-médiatico-culturelle. Notamment à l’idéologie mondialiste –libérale qui postule la libre circulation des hommes fut ce au prix de quelques actes « terroristes » comme étant un prix largement acceptable à payer pour un monde sans frontière et sans entrave.

                C’est à ce présupposé idéologique que Trump s’attaque et c’est ce qui explique les réactions hystériques des élites et des populations connectées  à la mondialisation et optimiste face à une société ouverte globale. De ce point de vue, prendre des mesures consensuelles n’avait aucun intérêt même en supposant qu’elles fussent efficaces, il fallait engager un bras de fer symbolique.

                 

                2. Géostratégique : il s’agit en réalité de lancer les hostilités contre l’Iran c’est avant tout une action tactique qui s’insère dans une stratégie américaniste plus large. Cette hostilité envers l’Iran  a pour objectif le maintient des sanctions contre ce pays pour limiter le développement de ses relations économiques avec la Chine.

                C’est donc une politique qui s’insère parfaitement dans le système américano-occidental de containement de la Chine. De ce point de vue , il est inutile de juger de la justesse ou de l’hypocrisie d’une telle mesure en mettant en avant l’exclusion de l’AS et du Qatar dans ce décret.


                • Harry Stotte Harry Stotte 2 février 10:18

                  « Démonstratif jusqu’au ridicule. Le quarante-cinquième président des États-Unis signe dès les premiers jours qui suivent son investiture décret sur décret. »


                  En fait, Trump a signé 18 décrets dans les 12 premiers jours de son mandat, Oblabla en avait signé 19, début 2009, dont un concernait... la fermeture de Guantanamo !

                  Et, pour ce qui est de la démonstration, elle est théâtrale, mais dans le monde de blasés où nous vivons, il était important de montrer et de démontrer, qu’il convient désormais de s’adapter à une autre manière de diriger un pays, en commençant déjà, révolutionnairement, par tenir les promesses faites pendant la campagne électorale.

                  • kalachnikov lermontov 2 février 10:46

                    @ Harry Stotte

                    Ou autrement dit : pour rendre la démocratie en tant que système encore sympathique, on se livre à la gesticulation.

                    C’est assez marrant comment tu en parles ; on dirait que tu commentes un programme télé. Je croyais que la démocratie selon Lincoln, c’était pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple.


                  • Harry Stotte Harry Stotte 2 février 11:28

                    « C’est assez marrant comment tu en parles ; on dirait que tu commentes un programme télé. »



                    C’est en 1967 que Guy Debord a publié La société du spectacle.« Je croyais que la démocratie selon Lincoln, c’était pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple. »


                    Ça n’empêche pas. Quant à Lincoln, il n’est pas inconvenant de préciser que, pour lui, le peuple, c’étaient les Blancs :

                    « Je dirai donc que je ne suis pas ni n’ai jamais été pour l’égalité politique et sociale des noirs et des blancs, que je ne suis pas, ni n’ai jamais été, pour le fait d’avoir des électeurs ni des jurés noirs, ni pour le fait de les former à exercer ces fonctions, ni en faveur des mariages mixtes ; et je dirai en plus de ceci, qu’il y a une différence physique entre la race blanche et la race noire qui interdira pour toujours aux deux races de vivre ensemble dans des conditions d’égalité sociale et politique. Et dans la mesure où ils ne peuvent pas vivre ensemble mais qu’ils coexistent, il faut qu’il y ait une position de supériorité et d’infériorité, et moi-même, autant que n’importe quel autre homme, je suis pour le fait que la position de supériorité soit attribuée à la race blanche »

                    Abraham Lincoln (Discours à Columbus, Ohio – 4ème débat Lincoln/Douglas, 18 Septembre 1858) (COLLECTED WORKS Vol. 3, pp. 145-146) ou (Speeches and Writings, 1832-1858, éd. Library of America, p. 33)


                    • Albert123 2 février 12:17

                      gémissements récurrent des bobos à l’égard de la politique de Trump, qui rencontre 57 % d’avis favorable au sein de la population US, 


                      regardons les profils de ceux qui gémissent depuis décembre dernier : apatrides, internationalistes, de gauche prenant l’avion plus de 5 fois par an, et avec un revenu supérieur à 25 000 € / an, ils enchaînent Paris, Londres, Berlin, New York ... et n’ont jamais dépassé les frontières de leur petit environnement pour bobos sans se soucier de la vie réelle des gens qui passent leur journée à leur torcher le cul pour un salaire de misère.

                      il est grand temps de tondre les collabobos et autres négriers contemporains, ceux là même qui sont capable d’acheter un manifestant pour 200 € de l’heure

                      • Serge ULESKI Serge ULESKI 2 février 20:10

                         « L’une des grandes réalisations du système doctrinal a été de détourner la colère du secteur des entreprises vers le gouvernement qui met en œuvre les programmes que le secteur des entreprises conçoit, comme les ententes de protection des entreprises et des droits des investisseurs, qui sont uniformément décrites comme “Accords commerciaux” dans les médias. Avec tous ses défauts, le gouvernement est, dans une certaine mesure, sous influence et contrôle populaire, contrairement au secteur des entreprises. Il est très avantageux pour le monde des affaires d’entretenir la haine pour les bureaucrates gouvernementaux à lunettes et de chasser de l’esprit des gens l’idée subversive que le gouvernement pourrait devenir un instrument de la volonté populaire, un gouvernement par et pour le peuple. »

                         

                         « Trump à la Maison-Blanche » : Noam Chomsky


                        Un des diagnostics les plus pertinents à propos de l’arnaque Trump

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