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Échange des prisonniers entre la RPD, la RPL et l’Ukraine - Bilan de la première phase et prévisions pour la deuxième étape

Hier 27 décembre 2017, a enfin eu lieu la première phase de l‘échange de prisonniers entre la RPL, la RPD et l’Ukraine, prévu par les accords de Minsk.

Jusqu’au 25 décembre, date à laquelle le Patriarche Cyrille a rencontré à Moscou les chefs des Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL) et le représentant ukrainien du sous-groupe humanitaire à Minsk, l’échange semblait totalement compromis, et impossible à mettre en œuvre avant la fin de l’année, à cause des sabotages à répétition de Kiev.

Aussi c’est avec une certaine appréhension et pas mal de stress, que beaucoup ont suivi minute par minute cet échange de prisonniers.

Le lieu de l’échange choisi était le point de passage de Mayorsk-Gorlovka. Et dès le début, le processus semblait partir vers le mur.

Alors que les deux parties s’étaient engagées à cesser toute circulation civile sur le point de passage dès midi, afin de vider totalement la zone tampon où l’échange devait avoir lieu, la partie ukrainienne ne respecte pas cet engagement et continue d’envoyer des civils vers la RPD jusqu’à 13 h 30 passées. Jusqu’à engorger totalement la zone tampon avec plus de 2 000 civils et une centaine de véhicules.

Ce nouveau sabotage fait immédiatement craindre que la partie ukrainienne n’essaye d’annuler l’échange à la dernière minute. L’administration de Gorlovka envoie alors des bus pour évacuer en urgence tous ces civils, et vider enfin la zone tampon.

Daria Morozova, la médiatrice aux droits de l’homme de la RPD, reçoit ensuite une nouvelle condition délirante de Kiev, qui est en violation complète des accords conclus. La partie ukrainienne ne veut pas que le premier échange (Ukraine/RPL) se fasse au milieu de la zone tampon, mais sur le territoire qui est sous son contrôle.

Prisonniers

Afin d’éviter que l’Ukraine ne se serve d’un refus pour justifier d’annuler l’échange, Alexandre Zakhartchenko accepte. Voilà Daria Morozova, les journalistes qui l’accompagnent, et les prisonniers qui étaient détenus en RPL, partis sous la protection de l’OSCE et de la Croix-Rouge côté territoire ukrainien.

Une prise de risque énorme. D’autant plus que de l’autre côté, la zone où l’échange a lieu est remplie d’agents du SBU et de gardes ukrainiens. Et pour avoir déjà vu ce que vaut la parole de l’OSCE en termes de garanties de sécurité, il n’y a pas de quoi être rassuré pour Daria Morozova et les journalistes.

Soldats ukrainiens

La première phase se passe heureusement sans accroc. La RPL remet 16 prisonniers, et en reçoit 73 de la part de l’Ukraine. Mais suite à ce changement de dernière minute, Daria Morozova demande alors que la deuxième étape de l’échange, celle entre la RPD et l’Ukraine se fasse sur le territoire qui est sous le contrôle de la RPD.

La demande est acceptée, et la deuxième phase de l’échange se termine à 17 h 50 lorsque l’Ukraine remet à la RPD 165 personnes, contre 57 prisonniers qui étaient détenus à Donetsk. Il aura fallu plus de 3 heures et demie en tout pour mener à bien cet échange.

Prisonniers

Mais très vite à la vue des chiffres, on se rend compte qu’il y a un problème. L’échange devait avoir lieu au format 74 contre 306 et on se retrouve avec un échange au format 73 contre 238.

Parmi les prisonniers ukrainiens détenus en RPD, un a refusé d’être envoyé vers le territoire ukrainien.

Mais parmi les prisonniers issus de la RPD et de la RPL, 68 sont manquants. D’après Viktor Medvedtchouk, le représentant ukrainien à Minsk, une quarantaine avaient déjà été libérés avant l’échange car ils avaient terminé leur peine de prison, et une vingtaine ont refusé d’aller sur le territoire de la RPD. Des faits à vérifier car on a pu voir avec le cas de Daria Mastikacheva, que le SBU se permet de « parler au nom des prisonniers » pour prétendre qu’ils refusent d’être échangés.

Suite à cet échange réussi, la Russie, la France et l’Allemagne se sont félicités de cette première étape d’implémentation des accords de Minsk, avant de rappeler qu’il fallait terminer le processus d’échange de prisonniers.

Car d’après les données de Daria Morozova, la RPD a reçu la confirmation qu’encore 58 personnes sont emprisonnées en Ukraine (et il y en a encore sûrement plus qui n’ont toujours pas été confirmées), et il y a encore des prisonniers ukrainiens en RPD et en RPL. Ce premier échange n’était en rien l’échange au format « tous contre tous » prévu dans les accords de Minsk.

La deuxième phase de l'échange qui devrait avoir lieu bientôt pourrait peut-être se faire au format 74 contre 29, mais les détails du calendrier et du format doivent être négociés et confirmés lors des réunions à Minsk prévues dès la mi-janvier 2018.

La médiatrice ukrainienne pour les droits de l’homme s’est dite assez optimiste sur le fait que ce deuxième échange pourrait se faire rapidement, les procédures de vérification des prisonniers ayant été ajustées lors de ce premier échange.

De leur côté, les citoyens russes détenus en Ukraine (plus d’une quinzaine), devront attendre qu’un accord soit trouvé entre la Russie et l’Ukraine, cette dernière voulant échanger ces prisonniers contre des citoyens ukrainiens détenus en Russie (s’inspirant sans doute de l’échange qui avait eu lieu entre Nadia Savtchenko et deux citoyens russes emprisonnés en Ukraine, Evgueni Erofeïev et Alexandre Alexandrov).

Et si plusieurs centaines de familles ont pu enfin retrouver leurs proches hier, beaucoup sont toujours dans l’attente, comme le compagnon de Daria Mastikacheva, cette dernière ayant été enlevée par le SBU de la liste prévue pour l’échange.

Christelle Néant

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7 réactions à cet article    


  • Louis Joseph 29 décembre 2017 13:06

    Poroshenko avait revêtu son treillis pour accueillir le retour de « ses » prisonniers et devinez qui était avec lui : l’ambassadrice de France Isabelle Dumont...


    Et oui l’ambassadrice de France parade avec Poroshenko pendant que Daria est au fond du trou...

    ----------------
    UNIAN : Poroshenko’s envoy announces new talks on next prisoner exchange. By UNIAN. Published Dec. 28 at 1:51 pm. Ukrainian President Petro Poroshenko hugs a mother of one of the prisoners of war as french ambassador gives a speech in front of the journalists and friends and relatives of ukrainian prisoners of war ... 

    • Christelle Néant Christelle Néant 29 décembre 2017 16:14

      @Louis Joseph
      Mon pays d’origine me donne de plus en plus envie de vomir -_-


    • Louis Joseph 29 décembre 2017 18:11

      @Christelle Néant, Si je conçois très bien que le poste d’ambassadeur de France en Ukraine est une tâche difficile, je ne comprends pas la participation de l’ambassadrice à cette mascarade.

      Si elle veut assurer « l’honneur de la France » alors qu’elle intervienne pour faire sortir Daria.




    • Christelle Néant Christelle Néant 29 décembre 2017 19:18

      @Louis Joseph
      Nous sommes bien d’accord. C’est bien pour ça que je dis que les actes de la France me donnent de plus en plus la gerbe. Aucun des députés français contactés n’a répondu à ma requête pour aider à libérer Daria, et pendant ce temps là madame l’ambassadrice est aller assister à l’échange.... Il manque un smiley qui vomit dans la liste de ceux possibles sur Agoravox...


    • JP94 29 décembre 2017 19:21

      @Louis Joseph

      Mais enfin son rôle est de cautionner Kiev !
      Sur les tweets elle se plaint que la Russie ait retiré ses diplomates du centre d’échanges ... sans mentionner qu’il avait déplacé en zone Kiev sous contrôle ukrainien et dit que ça perturbe la confiance...Mouais il est évident que c’est Kiev qui n’inspire guère confiance.

      De plus elle se garde bien de dire que Kiev a contrevenu aux accords en ne rendant pas 58 prisonniers et se contente de souhaiter benoîtement que les prisonniers restants soient libérés, comme s’il y avait symétrie. Elle souhaite aussi la paix. Cette paix c’est celle de Münich : tout céder aux fachos.
      D’ailleurs pourquoi garder 58 prisonniers et Daria si ce n’est pour continuer la guerre et mettre la pression sur ceux qui n’aspirent qu’à ce qu’on les laisse en paix au lieu de les bombarder chaque jour dans le silence coupable et complice de notre diplomate en herbe.

    • Louis Joseph 29 décembre 2017 20:18

      @JP94, « pourquoi garder 58 prisonniers et Daria » ?

      Une des raisons invoquées, par Kiev, c’est de faire des échanges de citoyens Russes contre Ukrainiens et non Ukrainiens/Ukrainiens...

    • Christelle Néant Christelle Néant 29 décembre 2017 20:52

      @Louis Joseph
      Sauf que Daria est ukrainienne et non russe. Elle vit en Russie avec un compagnon russe, mais elle même est ukrainienne. Je pense que dans son cas le SBU tient absolument à garder un moyen de pression sur son compagnon à cause des enquêtes gênantes pour Kiev qu’il mène.

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