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Échec des négociations nucléaires :  La pire nouvelle pour l’administration Biden

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L’accélération des interactions dans le conflit stratégique feutré et ouvert entre les Etats-Unis d’une part et la Chine et la Russie d’autre part permet de tirer de nombreuses conclusions sur les négociations de Vienne.

Des observateurs occidentaux les ont décrites comme l’une des plus grandes défaites politiques de l’Occident en 2021, car elles n’ont pas réussi à arracher la moindre concession à Téhéran.

Ils estiment qu’il est désormais impossible de geler les projets de Téhéran en matière de développement des capacités nucléaires.

Dans la situation stratégique actuelle, les négociateurs iraniens sont indirectement soutenus par l’atmosphère de conflit créée par les crises en Ukraine et à Taïwan.

Téhéran est conscient que les États-Unis sont confrontés à un véritable dilemme stratégique quant aux options de gestion de ces deux crises qui, selon la Maison Blanche, sont plus étroitement liées aux intérêts des États-Unis.

Certains observateurs occidentaux estiment que le retrait américain est directement lié aux instructions de l’envoyé spécial Robert Malley, qui dirige les négociateurs de son pays à Vienne.

Ils estiment qu’il fait preuve de laxisme, allant jusqu’à faire des concessions injustifiées à l’Iran, afin de faire aboutir les négociations.

Mais la réalité et l’expérience historique montrent qu’il est difficile de procéder selon ce scénario très médiatisé. Le dilemme n’est pas seulement de ne pas menacer de se retirer des négociations ou de durcir les sanctions contre Téhéran si l’Iran maintient sa ligne dure.

Il réside plutôt dans d’autres facteurs importants, comme l’absence de vision commune des puissances internationales impliquées dans les négociations.

Difficile de prévoir que la Chine et la Russie, par exemple, pourraient soutenir d’une manière ou d’une autre la position des États-Unis.

En outre, bien que de façon limitée, il existe des divergences de vues entre l’Europe et les États-Unis sur la manière de gérer la crise.

En outre, à ce stade, les États-Unis devraient reconsidérer leurs priorités stratégiques à la lumière des changements intervenus dans l’environnement international après l’épidémie de coronavirus, de la montée en puissance stratégique de la Chine et sa volonté de défendre ses intérêts à Taïwan et dans d’autres zones d’influence potentielles.

Dans ce contexte, ce n’est un secret que les options de l’Iran dans les négociations de Vienne sont plus claires que celles des États-Unis.

Téhéran cherche à gagner du temps ou à obtenir un maximum de concessions de la part des États-Unis.

Les négociateurs américains sont donc soumis à une forte pression.

La charge mentale la plus lourde pèse toujours sur la partie qui souffre des possibilités limitées et de la marge de manœuvre restreinte dans les négociations.

L’Iran semble être le principal bénéficiaire de la complexité des relations américano-russes.

On ne peut pas non plus nier que Téhéran profite du déclin stratégique des États-Unis au Moyen-Orient.

Cette évolution a incité certains alliés des États-Unis dans la région du Golfe à apaiser les tensions avec l’Iran afin de calmer le jeu et de maintenir la sécurité et la stabilité dont ils ont besoin pour accélérer leurs plans de développement.

Les changements dans l’environnement stratégique résultant de l’épidémie de coronavirus et du nouveau contexte qui en découle et qui commence à se dessiner comme base d’un nouvel ordre mondial semblent également avoir profité à l’Iran.

Téhéran exploite l’intense rivalité stratégique entre les grandes puissances pour renforcer sa position de négociation en vue d’un accord qui n’impliquerait pas moins de gains que l’accord sur le plan d’action conjoint de 2015.

En revanche, les États-Unis semblent être confrontés à des options stratégiques difficiles en cas d’échec des négociations de Vienne.

Dans ce cas, Washington devrait imposer de nouvelles sanctions à Téhéran afin d’inciter Israël à faire preuve de retenue face à l’accélération des capacités nucléaires iraniennes, ou donner le feu vert à son allié pour cibler les installations nucléaires iraniennes. Ce dernier scénario a toutefois des implications complexes qui pourraient nécessiter un changement des plans américains, non seulement au Moyen-Orient, mais aussi dans le monde entier, afin de mettre en œuvre leur engagement inébranlable à protéger la sécurité d’Israël.

Les États-Unis pourraient préférer une solution diplomatique à la question du nucléaire iranien à d’autres options.

La Maison Blanche estime qu’un accord est de toute façon une meilleure option stratégique que l’absence de restrictions aux efforts nucléaires de l’Iran.

Mais en réalité, le succès de ce pari dépend des intentions réelles de l’Iran en matière de militarisation de ses capacités nucléaires.

En tout état de cause, un échec des négociations de Vienne est la pire des nouvelles pour la Maison Blanche. Il devrait bouleverser les calculs des planificateurs stratégiques américains.

Il place les États-Unis dans une situation critique qui pourrait les amener à modifier leurs plans concernant l’Iran afin de regagner une position et une influence dans le monde qu’ils perdent progressivement.


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4 réactions à cet article    


  • Mondot Mondot 22 janvier 15:08

    Vous en abattez un boulot, Dr salem.

     

    Au fait Dr en quoi ?

    Un CAP ’’es propagande’’ n’est pas un doctorat, que je sache. 

     

    Bon, en même temps quitte à mentir à longueur de temps, autant le faire jusqu’au bout, s’pas ? Des fois que ça impressionne... 

     


    • sirocco sirocco 24 janvier 12:59

      @Mondot
      « Un CAP ’’es propagande’’ n’est pas un doctorat, que je sache. »

      C’est Rakoto avec un pseudo arabe.


    • phan 22 janvier 17:20
      Une frappe aérienne contre une prison tenue par les Résistants yéménites a fait au moins 70 morts et 138 blessés au Yémen. L’attaque est attribuée à la coalition wahhabite menée par l’Arabie saoudite et l’Emirat arabes unis. La veille, la bande de criminels salafistes avait revendiqué un raid contre la ville de Hodeïda qui a coûté la vie à trois enfants (Ils jouaient apparemment sur un terrain de football voisin quand les missiles de fabrication des humanistes occidentaux ont frappé). C’est par Hodeïda que transite la majeure partie de l’aide humanitaire destinée au Yémen.

      • xana 23 janvier 19:05

        Mon pauvre Salem Aleketbi, j’ai bien peur que votre idole américaine soit incapable de mener des négociations avec qui que ce soit.

        C’est vrai qu’ils n’ont jamais appris à parler d’égal à égal avec aucune nation, préférant terroriser les faibles avec leur gros bâton. Donc ce qu’on voit aujourd’hui n’est qu’un juste retour des choses. Et ils ont encore de la chance car leurs adversaires ne sont pas du tout agressifs...

        Vous allez devoir changer de patron et sans doute de pseudo.

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