• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > Émission « Vérité de la Tranchée » - Une avancée diplomatique pour le (...)

Émission « Vérité de la Tranchée » - Une avancée diplomatique pour le Donbass ?

Samedi 24 août 2019, la chaîne russe « Rossia 24 » a diffusé une émission intitulée « Vérité de la tranchée » qui a déchaîné les passions et suscité pas mal de commentaires souvent négatifs sur les réseaux sociaux. Mais certains soulignent, à l’instar de Daniil Bezsonov, que de telles émissions pourraient aider à faire avancer la résolution diplomatique du conflit dans le Donbass.

Retour sur ce qui s’est passé le samedi 24 août. Le journaliste de « Rossia 24 », Alexandre Rogatkine, a réuni sur un même plateau à Moscou, trois vétérans de l’armée ukrainienne ayant combattu dans le Donbass et deux soldats plus un vétéran des milices populaires des Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL), pour discuter de la guerre dans laquelle ils s’affrontent.

Voir la vidéo, en russe :

Une telle idée peut sembler farfelue, mettre des ennemis face à face sur un même plateau télévisé pour discuter de la guerre qu’ils mènent… Et pourtant pas tant que ça.

C’est d’ailleurs l’un des vétérans de l’OAT (« Opération Anti-Terroriste », qui était le nom initialement donné par Kiev à la guerre dans le Donbass), Alexandre Medinski, qui est à l’origine de cette émission. Rogatkine dit d’entrée de jeu en début d’émission que c’est sur son initiative qu’il a décidé de réunir ces six soldats ou ex-soldats.

Medinski n’est pas un inconnu. Participant actif du Maïdan en 2014, puis soldat dans le Donbass jusqu’à 2016, il finit par se rendre compte qu’il s’est totalement fourvoyé, et se lance alors comme journaliste indépendant pour dire la vérité. Mais cette vérité ne plaît pas aux néo-nazis ukrainiens, qui le kidnappent et le torturent fin 2017, en plus de publier ses informations personnelles sur le site Mirotvorets. Après cela Medinski a dû fuir en Union Européenne, et y demander l’asile politique.

En plus de dire la vérité sur ce qui se passe dans son pays natal, Medinski a été jusqu’à demander publiquement pardon pour ce qu’il a fait et soutenu, lors du Dimanche du Pardon en février 2018.

Voir la vidéo sous-titrée en français par Thalie Thalie :

 

Cette émission s’inscrit donc dans la lignée des actions de Medinski pour essayer de changer le cours des choses qu’il a participé à mettre en place, comme les vidéo-conférences qu’il avait organisée avec Denis Lotov, un activiste anti-Maïdan et le commandant « Abkhaze » qui sert en RPD.

Cette émission a provoqué un torrent de commentaires négatifs, tant côté ukrainien (qui ont prétendu que les vétérans de l’OAT présents sur le plateau étaient des acteurs), que du côté des soutiens du Donbass.

Ce qui semble le plus avoir irrité certains côté Donbass, c’est le fait qu’après l’émission, ils sont tous sortis ensemble en ville et ont chanté des chansons ukrainiennes. Je comprends qu’après plus de cinq ans de guerre certains en viennent à haïr tout ce qui est ukrainien, mais, il ne faut pas oublier que les trois soldats ou vétérans des milices populaires sont nés, et ont grandi dans un Donbass ukrainien.

Et comme l’ont dit les participants de l’émission de Rogatkine, en réalité les Ukrainiens sont des Russes qui ont oublié qui ils sont. Ukrainiens, Russes et Biélorusses sont un même peuple issu d’une histoire commune, qui a été divisé artificiellement il y a un siècle par les bolcheviques (ceux que les nationalistes ukrainiens haïssent, alors qu’ils leur doivent l’existence même de l’Ukraine en tant que pays, et l’ajout de plusieurs régions, dont le Donbass, la Volynie, la Galicie, la Transcarpatie, et la Crimée).

Si on part de ce postulat, ces chansons ukrainiennes sont en réalité des chansons russes, des chansons malorusses (c’est-à-dire des chansons de Malorussie, la « Petite Russie » qui était le nom donné à la partie de l’empire russe qui couvrait la plus grande partie de l’Ukraine actuelle), si on tient à être précis.

Ceux qui ont hurlé à la trahison en accusant les soldats de la milice populaire d’aider un plan visant à ramener le Donbass au sein de l’Ukraine, ou en disant qu’il est hors de question de s’excuser de quoi que ce soit, n’ont pas dû regarder l’émission. À aucun moment les membres ou vétérans de la milice populaire ne tiennent de tels propos. Bien au contraire.

Qu’auraient dû faire ces six soldats ou vétérans si on écoute ceux qui sont contre cette initiative ? S’entre-tuer en plein cœur de Moscou, voire sur le plateau télé (risque pris en compte par la production qui avait « au cas où » logé les deux groupes de soldats dans deux hôtels différents) ? Ça aurait plus acceptable ? Rajouter encore un peu de sang russe (celui des Russes qui se souviennent de qui ils sont et le défendent, et ceux qui ont oublié) à l’océan déjà versé en plus de cinq ans de guerre ?

Je comprends la colère de certains. J’ai moi-même perdu des amis, des connaissances, voire des gens qui étaient pour moi comme les membres de ma famille. La colère, l’envie de vengeance, de leur faire payer pour ce qu’ils nous font subir. En oubliant que nos soldats ont aussi tué beaucoup des leurs, et que la colère et l’envie de vengeance que nous ressentons, ils la ressentent aussi, peu importe les motivations ou événements qui ont amené ces soldats ukrainiens sur le front (propagande, idéologie, mobilisation).

L’un des vétérans de l’OAT présent sur le plateau est un anti-Maïdan qui s’est retrouvé sur le front dans le Donbass à cause de la mobilisation générale. Combien comme lui sont morts, tués lors des combats contre les milices populaires de la RPD et de la RPL ? Bien sûr il y a les criminels de guerre, les néo-nazis prêts à exterminer jusqu’au dernier habitant des deux républiques populaires qui n’adhère pas à leur idéologie. Il ne s’agit pas de nier cela. Mais il faut aussi admettre que tous les soldats ukrainiens ne partagent pas cette idéologie, y compris parmi ceux qui sont morts. Leur famille, leurs proches les pleurent, et eux aussi crient vengeance.

Alors quoi ? Certains disent qu’aucune guerre civile ne s’est jamais finie autrement que par la victoire militaire d’une des parties, pour justifier de ne pas tenter de faire la paix. Qu’il faut aller jusqu’à la défaite complète de l’armée ukrainienne, jusqu’au dernier « Ukrop ». Soit.

Mais comme l’a si bien dit Daniil Bezsonov, le chef du service de presse de la milice populaire de la RPD : « Néanmoins, personne n’a pensé aux pertes auxquelles nous serions confrontés pour obtenir cette défaite. Et si nous disons que la guerre est une guerre civile, et que les Ukrainiens sont des Russes, mais qui ont été trompés, alors à qui profite la perte de plus de 100 000 hommes russes des deux côtés ? N’est-ce pas aux « partenaires occidentaux » ? »

Faire la paix ce n’est pas mettre un genou à terre, se soumettre, ou obliger le Donbass à réintégrer l’Ukraine. Le Donbass est russe, et les Russes ne se rendent pas ! Faire la paix c’est mettre fin à la guerre et aux morts tant civiles que militaires des deux côtés. Et pour faire la paix, il faut discuter.

Et puisque Zelensky a l’air de vouloir suivre le chemin guerrier de Porochenko, puisque les autorités ukrainiennes ne veulent pas discuter directement avec la RPD et la RPL, alors pourquoi ne pas tenter d’amener cette paix par « en bas » plutôt que par « en haut » ? Sous prétexte que cela n’a jamais été réussi, faudrait-il renoncer à essayer ? Si l’humanité avait suivi un tel précepte, nous n’aurions même pas inventé le feu !

Les vétérans ukrainiens ont pris un risque en venant jusqu’à Moscou pour cette émission. Ils auraient pu se faire arrêter pour être jugés pour leurs éventuels crimes de guerre. Ils auraient pu être reconnus dans la rue et subir la vindicte de certaines personnes, comme celles dont les messages fleurissent sur les réseaux sociaux depuis samedi. Ils se sont aussi exposés au risque de représailles à leur retour en Ukraine, pour deux d’entre eux.

S’ils ont pris ce risque, c’est pour faire « un pas pour la paix » comme ils l’ont dit lors de l’émission. Tout ne sera pas résolu par cette dernière, mais c’est un premier pas. Les deux camps ne se sont pas pardonnés, mais à la fin de l’émission ils se respectaient. C’est déjà un pas positif.

L’autre point majeur oublié par ceux qui critiquent l’émission parmi les soutiens du Donbass, c’est que les miliciens n’ont à aucun moment renié leurs valeurs ni ce qu’ils défendent, ni dit quoi que ce soit qui soit dommageable à la cause du Donbass.

Par contre, les vétérans de l’OAT ont confirmé des faits importants, comme l’a souligné Daniil Bezsonov.
1) Les vétérans de l’OAT ont reconnu que les Forces Armées Ukrainiennes (FAU) tirent à l’artillerie et au mortier sur les villes et villages du Donbass depuis plus de cinq ans, et que ce ne sont pas les républiques populaires qui se tirent dessus elles-mêmes, comme le prétend la propagande ukrainienne.
2) Les vétérans de l’OAT ont reconnu que la guerre dans le Donbass est une guerre civile, et non une guerre contre l’armée russe.
3) Les vétérans de l’OAT ont reconnu que les bataillons punitifs, comme Azov, Aïdar, Secteur Droit, et d’autres, sont des groupes armés illégaux qui doivent être dissous et leurs membres mis en prison.

Ce qu’ils ont dit sera entendu en Ukraine, et il sera difficile pour Kiev de hurler à la propagande russe, quand ce sont ses propres vétérans qui énoncent les faits, qui énoncent la vérité. Ce qu’ils ont dit sera aussi entendu en Russie, où le public russe pourra voir que tous les Ukrainiens ne sont pas des adeptes de Bandera, et qu’il y a des gens qui veulent tout tenter pour ramener la paix.

Pour ce qui est du dénouement possible, je laisse la conclusion à Daniil Bezsonov, qui a très bien résumé les espoirs et les attentes de beaucoup d’entre nous.

«  Je n’arrête pas de dire que peu importe qui sera le président de l’Ukraine, la politique ne changera pas, parce que l’Ukraine est annexée par l’Amérique. Il y a donc plusieurs façons de résoudre le conflit dans le Donbass. Bien sûr, nous voulons tous que la Russie rassemble ses troupes et envoie les « Ukrops » à Bruxelles. Mais, apparemment, pour l’instant, cela reste seulement notre rêve. Envisageons donc d’autres options.
L’option la plus acceptable pour les blogueurs de canapés est une offensive à grande échelle des forces armées de nos républiques et la défaite des FAU. Mais cette option entraînera des dizaines de milliers de morts, y compris de notre côté. On ne sait pas non plus combien de civils mourront.

Une autre option serait que la société ukrainienne voit et décide de résister à l’annexion américaine, de sorte que garder l’Ukraine sous contrôle pour les États-Unis deviendra un fardeau insupportable. C’est une option très réelle, mais dans un avenir lointain. Cette option exige également des programmes similaires avec des négociations publiques et honnêtes entre les forces de première ligne des deux parties.
À mon avis, le plus réaliste est une option diplomatique complexe. Jusqu’à présent,
tout se passe entre politiciens. Si un processus de négociation global et complet est lancé avec les combattants de première ligne, le résultat ne se fera pas attendre longtemps. Vous demanderez quel sera le résultat ? Je ne vois qu’une seule option – les forces armées ukrainiennes quitteront volontairement le Donbass et retourneront sur les lieux de déploiement permanent de leurs unités. »

Les chances d’arriver à un tel résultat sont faibles, mais aussi faibles soient-elles, il faut le tenter. S’il y a ne serait-ce qu’une chance sur un milliard de résoudre ce conflit sans provoquer un nouveau bain de sang, alors il faut essayer. Mieux vaut essayer et échouer, que de ne rien tenter pour empêcher que la pire option se produise.

Christelle Néant


Moyenne des avis sur cet article :  4.67/5   (9 votes)




Réagissez à l'article

31 réactions à cet article    


  • kimonovert 28 août 11:34

    Mais comme vous le dites, l’important c’est de déchaîner les passions ! L’opposition entre raison et passion est classique en philosophie. L’homme, par définition, serait un animal raisonnable. La passion, soumission irréfléchie et incontrôlée aux désirs, serait associée à la fois à la passivité et à la souffrance. Les passions devraient donc être combattues. Le sage, ayant pleinement réalisé sa nature d’être raisonnable, devrait être sans passion.

    Je suppose que vous êtes sage !


    • skirlet 28 août 12:52

      @kimonovert
      Du point de vue de l’érudition banale, aucun individu doté du bon sens ne peut ignorer totalement les critères du subjectivisme utopique tout en modifiant l’abstraction scientifique et en suivant la tendance d’illusions et d’émotions paradoxales, sans pour autant atteindre le point critique de l’apothéose transcendantal extrapolé à l’aide du genèse heuristique.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 28 août 13:04

      @skirlet

      Toutafait . J’allais ajouter quelque chose mais m’en rappelle déjà plus .


    • skirlet 28 août 13:46

      @Aita Pea Pea
      Moi non plus... Faut réfléchir pour continuer smiley
      (P.S. Sympa votre pseudo smiley )


    • kimonovert 28 août 13:51

      @skirlet

      Je prends comme sentence !


    • skirlet 28 août 13:58

      @kimonovert
      Bien entendu, c’est compréhensible, mais au cas où, et non seulement, pour ainsi dire, si on prend chaque mot, c’est ni plus ni moins que peut-être, cependant entre autres, par rapport à ce qui arrive dans le monde, je suis relativement d’accord à ce niveau-là, alors voilà, en effet.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 28 août 14:21

      @skirlet Pour le jargon de l’art contemporain...un autre...allez sur « Schtroumpfs émergents » . Critiques acides et marrades vis-à-vis des ampoulés . Ps ...vous connaissez cette expression tahitienne.


    • skirlet 28 août 16:13

      @Aita Pea Pea
      Merci pour l’info, j’irai voir. Mes « flots de conscience », comme l’on dit chez nous, sont les traductions des phrases assez connues et existantes en plusieurs versions smiley
      P.S. Oui, je connais cette expression... très utile dans notre monde agité smiley


    • Christelle Néant Christelle Néant 28 août 17:20

      @kimonovert
      Houla je n’irai pas jusqu’à me prétendre sage. Je dirais seulement que je cherche à tendre vers la sagesse. C’est déjà pas mal.


    • nono le simplet nono le simplet 28 août 13:25

      lisant peu tes articles, en survolant juste quelques uns, j’ai lu celui là et je le trouve sympathique comme l’initiative de cette émission ... bravo !


      • Christelle Néant Christelle Néant 28 août 17:27

        @nono le simplet
        Merci. Je trouve aussi que l’initiative est bonne. Il en faut plus comme ça.


      • Sergeant Pepper Sergeant Pepper 28 août 19:30

        Et, sinon, vous arrivez à vivre de vos articles sur Agora Vox et sur Donbass Insider ?? smiley


        • skirlet 28 août 20:37

          @Sergeant Pepper
          Стесняюсь спросить : и какое до этого дело вам ?..


        • Sergeant Pepper Sergeant Pepper 28 août 20:44

          @skirlet
          Savoir qui paye les journalistes permet de mieux les « situer ». smiley


        • Christelle Néant Christelle Néant 28 août 21:06

          @Sergeant Pepper
          Agoravox ne rémunére pas les auteurs, de une. Je suis rémunérée par mes lecteurs, comme devrait l’être tout média. Donc totalement libre et indépendante. Ca va vous me situez mieux ?


        • Guy19550 Guy19550 28 août 22:23

          @Christelle Néant

          Agoravox ne rémunère rien du tout (je suis formel sur ce point, d’ailleurs cela a déjà fait l’objet de certains départs pour les auteurs, c’est surtout par conviction que Christelle fait ses articles. Ce qui est possible par contre serait d’avoir une rentrée financière via Donbass insider dont vous êtes la fondatrice. Moi cela ne me gêne absolument pas que vous ayez des sous pour le travail que vous apportez, faut bien vivre quand même !


        • Christelle Néant Christelle Néant 28 août 22:31

          @Guy19550
          Eh oui, ce que certains semblent oublier. En l’état actuel de la société je ne peux pas payer en articles.... J’imagine la gueule des vendeurs/vendeuses si je tentais la chose... « Pour un kilo de patates, et un peu de lard je vous file un article ca vous va ? »


        • JC_Lavau JC_Lavau 28 août 22:46

          @Christelle Néant. Déjà illustré aux guignols de l’info : « Je vais m’installer avec une petite table et une clochette devant Beaubourg et crier Nalyses politiques ! Nalyses politiques ! »
          Depuis le 16e siècle, voire depuis les ingénieurs de siège d’Alexandre, les métiers intellectuels  scientifiques inclusivement dépendent de la division du travail et des surplus concrets dégagés par d’autres, des travailleurs primaires et secondaires.


        • skirlet 29 août 02:08

          @Sergeant Pepper
          Et vos conclusions sur les journalistes qui écrivent dans les « grands » médias français ?


        • Sergeant Pepper Sergeant Pepper 29 août 09:19

          @skirlet

          Ben, pour ceux-là, je sais déjà, de manière certaine, qui sont les payeurs.


        • Sergeant Pepper Sergeant Pepper 29 août 10:52

          @skirlet

          Je dois être d’un naturel suspicieux mais j’ai un peu de mal à croire que les contributeurs de Donbass Insider ne vivent que de la générosité de leurs lecteurs comme l’affirme plus haut Christelle Néant :

          - Le trafic sur Donbass Insider (environ 20 000 visiteurs en juillet*, selon Semrush) n’est à priori pas suffisant pour laisser à penser que plusieurs personnes puissent en vivre, surtout lorsque l’on sait que l’immense majorité des lecteurs ne donnent jamais rien et que ceux qui donnent ne le font jamais ou presque jamais de manière régulière. (Voyez, par exemple, combien peu de lecteurs soutiennent financièrement Agora Vox, qui a pourtant une audience bien supérieure à celle de Donbass Insider.)

          - La rubrique A propos de Donbass Insider dit que les contributeurs bossent pour une agence de presse locale, et sont donc certainement rémunérés par celle-ci (« Tout en travaillant pour une agence de presse locale, nous avons pensé qu’il était nécessaire de créer une nouvelle plateforme… »). Quelle est donc cette agence locale et pour qui travaille-t-elle ?

          *Selon Semrush, le trafic du mois de juillet provient pour un tiers d’adresses IP au Cambodge et en Thaïlande. Plutôt curieux pour un site rédigé en français, russe et anglais dont l’audience se chevauche (overlap) avec des sites régionaux comme Ostro.info, Interkomitet.com ou dnipress.com et dont les mots-clés les plus usités sont « max van der werff », « natalia nikonorova », « brenton tarrant ukraine », « donbass news » et « poroshenko refuse discuter avec républiques donbass ». Que viennent donc faire ces 7 000 lecteurs cambodgiens et thaïlandais dans cette affaire ? Utiliserait-on les fermes à clic du Sud-est asiatique pour booster son trafic ?

           

          Il ne semble pas plus malsain de s’interroger sur l’origine du salaire de la journaliste Christelle Néant que sur l’origine du salaire de Joffrin de Libération ou de Rioufol du Figaro, pour ne citer que deux escrocs/marionnettes parmi tant d’autres.


        • skirlet 29 août 13:58

          @Sergeant Pepper
          Ben, pour ceux-là, je sais déjà, de manière certaine, qui sont les payeurs.


          Et ?..

          Quant à Christelle, ne cherchez plus : je sais de source sûre qu’elle est payée directement par le Kremlin. La rémunération se passe dans les locaux du KGB à Moscou, où elle se rend chaque mois pour recevoir le pognon et les consignes.


        • Sergeant Pepper Sergeant Pepper 29 août 14:47

          @skirlet
          Ah bon ? Vous êtes certain que ce ne sont pas plutôt les rois du Cambodge et de Thaïlande, deux pays où Donbass Insider compte apparemment bien plus de lecteurs qu’en Russie ? smiley

          Bon, ce n’est pas grave. Je continuerai malgré tout à approuver les articles de Christelle Néant en modération. (Mais je trouve tout de même curieux que, sur Agora Vox, on puisse s’interroger sur la partialité d’un auteur pro-atlantiste sans soulever de vagues mais pas sur celle d’une auteure pro-russe.)


        • foufouille foufouille 29 août 15:05

          @Sergeant Pepper

          Certainement de nombreux expats........


        • skirlet 29 août 16:43

          @Sergeant Pepper
          Si, si, je suis certaine. Cambodge, Thaïlande... ce sont les trompe-l’oeil organisés par les hackers russes qui sont très forts, on le sait : à quelques personnes, ils arrivent à faire élire un président aux EUA, pousser au brexit et ô combien d’autres actions. Alors faire en sorte que les visiteurs d’un site affichent telle ou telle provenance est un jeu de bébé pour des pros pareils. Je vous ai dit que ma source est sûre.

          Par ailleurs, qui vous a dit que vous ne pouviez pas vous interroger ?.. Faites donc. (Au fait, vous n’avez pas répondu à ma question ci-haut.)

          Il ne faut pas oublier un détail : la plupart d’atlantistes agoravoxiens ne font que répéter le choeur russophobe des médias français (qui copient leurs « articles » très souvent sur les médias anglophones) ; il ne se donnent pas la peine de faire un tour en Russie et voir quelque chose de leurs propres yeux... et encore moins dans le Donbass, ma patrie maltraitée sous l’égide des EUA. Christelle a l’avantage indéniable d’être sur place.


        • Christelle Néant Christelle Néant 29 août 17:53

          @JC_Lavau
          Ah je ne savais pas que les guignols avaient illustré ça, faudra que je trouve cet épisode.


        • Sergeant Pepper Sergeant Pepper 29 août 18:20

          @skirlet

          « Christelle a l’avantage indéniable d’être sur place. »

          J’habite actuellement en France et je pourrais écrire un bouquin entier sur les turpitudes de mon gouvernement. J’ai longtemps habité en Thaïlande et je pourrais également écrire un livre entier sur les turpitudes du gouvernement siamois. J’ai passé 20 ans à traverser le Sud-est asiatique et je pourrais écrire un catalogue sur les turpitudes des gouvernements du Vietnam, du Laos, du Cambodge et, surtout, de la Birmanie. Je pourrais même certainement écrire des bouquins sur les turpitudes de pays où je n’ai jamais mis les pieds (à commencer par les USA et l’Arabie saoudite). À l’inverse, et je trouve cela pour le moins curieux, Christelle Néant, qui « a [pourtant] l’avantage indéniable d’être sur place » comme vous dites, n’a jamais rien à dire de critique sur les Russes ou les pro-Russes alors qu’ils sont pile sous son nez et qu’ils ne sont certainement pas toujours parfaits. Tout ce qu’elle écrit à leur sujet est systématiquement positif. N’est-ce pas là un indice pour l’observateur que je suis que, peut-être, elle donne plus dans la propagande que dans l’information ?

           

          Quelle question m’avez-vous posé à laquelle je n’aurais pas répondu ?


        • Christelle Néant Christelle Néant 29 août 18:43

          @Sergeant Pepper
          Vous partez de mauvaises sources et de mauvais postulats pour parvenir à des conclusions illogiques. Reprenons donc point par point.

          1. Votre source Semrush raconte de la merde tant sur le nombre de visiteurs que sur leur origine. Je ne sais pas d’où il sort ces Cambodgiens et ces Thaïlandais, vu qu’en juillet mes visiteurs se répartissent comme suit : 37,81% France, 8,61% USA, 5,46% Belgique, 3,93% Russie, 3,4% Canada, 3,26% Suisse, 2,61% Ukraine, 2,19% Grande Bretagne, 2,10% Pays Bas, 1,95% Allemagne pour les 10 premiers pays.... La Thaïlande est loin, très loin avec 0,4% des visiteurs et le Cambodge 0,01%.... Donc votre délire paranoïaque d’achat de visiteurs pour boooster mon trafic tombe à l’eau, d’autant plus que cela n’aurait aucun intérêt pour moi. Je m’en fous de booster mon trafic. Ce qui est important pour moi c’est d’avoir des lecteurs, et surtout des gens qui vont potentiellement contribuer pour que je puise continuer mon travail. C’est pas les petits Cambodgiens ou Thailandais de ces fermes à clic qui vont me rapporter quoi que ce soit, ce serait pour moi comme jeter l’argent par les fenêtres. Du grand n’importe quoi.
          2. Votre à priori sur le rapport nombre de lecteurs/dons est faux. De une, Agoravox a une audience qui est en grande partie différente de la mienne, la mentalité est donc différente. Les gens qui me suivent régulièrement sont des gens engagés, qui soutiennent le Donbass, donc qui vont plus volontiers aider financièrement. De deux, je mène aussi des missions humanitaires en plus de mon travail de journaliste, ce qui de facto attire plus les gens prêts à donner, et bon nombre de mes donateurs donnent pour les deux budgets (humanitaire et travail journalistique). De trois, Agoravox est une société « anonyme », les gens ne savent pas concrètement à qui il donnent. Mes lecteurs savent et voient qui je suis, il y a un lien plus personnel qui incite donc plus à donner. En plus au fil des ans plusieurs de mes lecteurs assidus sont devenus des amis, qui trouvent logique de me soutenir pour que je puisse continuer mon travail. La relation que j’entretiens avec mes lecteurs est plus proche que celle qu’Agoravox a avec son public. Quatrièmement, Agoravox a fondé sa politique de dons sur du don en une fois, ce qui est à mon sens une erreur. De mon coté j’ai au contraire dès le début axé mes demandes de dons sur du régulier, du mensuel, ce que j’obtiens bon gré mal gré. Enfin, le niveau de salaire et de vie ici, ce n’est ni la France ni la Belgique. Le salaire minimum ici c’est 6000 roubles, soit même pas 100 euros....
          3. Concernant le paragraphe que vous citez, j’ai créé Donbass Insider quand je travaillais encore officiellement pour l’agence DONi, alors que je ne recevais déjà plus de salaire de cette dernière depuis des mois, pour cause de procédure administrative d’enregistrement officiel de l’agence non mené à terme. Donc votre à priori sur notre rémunération potentielle est faux là aussi. Nous n’avons pas publiquement fait mention de ce fait, car nous espérions arriver à régler l’imbroglio administratif qui avait mené à cette situation. Malheureusement il n’en fut rien. La mort d’Alexandre Zakhartchenko a même aggravé la situation en nous obligeant à tout refaire depuis le début. Pour rien. Les derniers irréductibles dont je suis ont donc quitté l’agence officiellement il y a peu. Je n’ai juste pas eu le temps de modifier ce texte récemment, car je cours actuellement de mission humanitaire en mission humanitaire.
          Enfin concernant le fait que je n’écrirais jamais de mal sur les Russes ou les pro-Russes, je suis avant tout venue ici pour parler des crimes de guerre de l’armée ukrainienne dans le Donbass, montrer la situation réelle sur le terrain pour débunker la propagande ukrainienne et OTANienne, et aider les civils sur place.
          La presse locale se charge très bien de critiquer le gouvernement et dénoncer ce qui fonctionne mal. Ce qui intéresse mon audience ce n’est pas de savoir si la bureaucratie ici est un problème, ou si je trouve que la politique de bidule me sied ou non. Et il se trouve que je suis d’accord avec la plus grande partie de la politique actuelle de la Russie, que j’appréciais aussi celle d’Alexandre Zakhartchenko, même si comme tous les hommes il a parfois fait des erreurs, et que pour l’instant ce que je vois de la politique de Pouchiline est plutôt bon.
          Après y a des trucs qui ne marchent pas, ou pas du premier coup, mais c’est le cas dans tous les pays. Et je ne suis pas là pour ça. J’ai plus grave à dénoncer que les problèmes de bureaucratie ou de politique locale. De plus il y a des mécanismes qui marchent pas trop mal pour faire remonter les problèmes rencontrés. Je les ai déjà utilisés plusieurs fois avec quelques petits succès, et parfois ca ne suffit pas. Je préfère être dans la critique constructive et contacter les responsables directement pour leur suggérer d’améliorer telle ou telle chose en privé plutôt que de râler publiquement dans une langue que de toute façon les responsables locaux ne liront pas.

        • skirlet 29 août 19:20

          @Sergeant Pepper
          Ben, partout il y a des turpitudes... Si c’est votre sujet de prédilection, pourquoi ne pas anéfé les décrire ? Et même faire un tableau comparatif des turpitudes pays par pays, avec les avis des consommateurs... euh, des citoyens, le rapport qualité-prix... euh, pots-de-vin rendement, et la proportion des particularités culturelles qui donnent de la couleur locale auxdites turpitudes.
          En France, il y a si peu de médias non-russophobes et si peu (voire zéro) de journalistes qui sont sur place (et la plupart des rares qui y sont livrent soit le discours russophobe habituel, soit des textes plats avec les inévitables babouchkas qui vont au magasin chercher du pain), que ce n’est pas la peine d’en rajouter. Par contre, le silence quasi-total sur la situation en Ukraine rend les articles de Christelle d’autant plus appréciables.
          Ma question était sur les journalistes qui écrivent dans les « grands » médias français, dont vous prétendez connaître le financement.


        • Guy19550 Guy19550 28 août 19:48

          C’est nouveau pour moi, je n’avais rien lu à ce sujet avec mes recherches personnelles. Je ne sais pas si l’idée est bonne ou mauvaise puisque d’après ce que je lis les terroristes de Kiev ont critiqué l’initiative, les propos tenus aussi sans doute. Ce qu’il faut pour satisfaire les terroristes de Kiev, c’est par exemple parler de la mission de L’ONU dans le Donbass avec en plus des soldats d’ailleurs 10000 participants en soldats ukrainiens, là Kiev approuverait, mais pas les autres. Je suis curieux de ce que fera la SDU avec les participants ukrainiens, c’est probablement encore trop tôt pour le savoir. Mon opinion personnelle est simplement que je ne sais pas si cela est positif ou négatif car cela dépend essentiellement des suites. Discuter n’a jamais blessé ou tué quelqu’un, ce qui peut se voir c’est ce qui se passe après. Ce que je peux cependant dire, c’est que la participation de l’Ukraine à l’émission devrait donner lieu à des médailles du mérite pour les ukrainiens car ils défient les terroristes de Kiev.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès