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Faina Savenkova – Les enfants ne devraient pas mourir à cause d’un conflit entre adultes

La jeune auteure de Lougansk, Faina Savenkova, a répondu à quelques questions sur la vulnérabilité des enfants en temps de guerre, et expliqué ce qu’elle ressent lorsqu’elle voit que des enfants continuent de mourir dans le Donbass, à cause d’un conflit dans lequel ils n’ont rien à voir.

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L’actualité récente a montré que si la guerre est une histoire d’adultes, les enfants en payent souvent eux aussi le prix (mines, tirs, bombardements, actes terroristes, armes en circulation). Que ressens-tu quand tu vois que des enfants continuent de mourir à cause de la guerre dans le Donbass malgré les accords de Minsk ?

Tout ce qui se passe actuellement est inacceptable. Les enfants ne devraient pas mourir à cause d’un conflit entre adultes. Jamais. Il est encore plus étrange de voir le monde tourner honteusement le dos, de peur de voir accidentellement un autre enfant mourir, au lieu de prévenir d’autres tragédies. J’ai du mal à comprendre comment une telle indifférence à l’égard de la vie humaine est possible au XXIe siècle.

En temps de guerre, les enfants sont encore plus vulnérables que les adultes, et dans le conflit du Donbass beaucoup sont morts lors de véritables crimes de guerre. Qu’aimerais-tu dire à ceux qui commettent des crimes de guerre contre des enfants ?

Je voudrais demander à ceux qui donnent et exécutent de tels ordres : n’ont-ils pas peur de se coucher le soir dans l’obscurité totale après avoir fait tout cela ? N’ont-ils pas peur de sortir de la maison et de se montrer aux gens ? Leurs proches savent-ils qu’ils communiquent et vivent à côté d’un meurtrier ?

Est-ce que cette vulnérabilité des enfants en temps de guerre t’inspire pour tes textes, et plus particulièrement t’a-t-elle inspirée pour ton dernier roman, écrit en commun avec Alexandre Kontorovitch ?

Je ne dirais pas que c’est une source d’inspiration. Cela m’effraye plutôt. Et cette peur est réellement reflétée dans le roman « Ceux qui se tiennent derrière ton épaule ». Certes le roman est fantastique, mais il contient beaucoup de questions de tous les jours, très concrètes, auxquelles Alexandre Kontorovitch et moi-même avons essayé de trouver des réponses. Certaines d’entre elles concernent justement la vulnérabilité des enfants.

En tant qu’auteur et personne publique, est-ce que tu reçois des menaces ? N’as-tu pas peur de montrer ton visage ?

Non, je n’ai pas été menacée ouvertement, mais j’ai été insultée. Il y a des gens qui n’aiment pas mes activités, et j’y suis habituée. Ai-je peur ? Je ne sais pas. J’essaie de ne pas y penser.

Quelle est ta vision de ton avenir ?

L’essentiel dans ce futur est la paix. Pas celle qui nous est imposée, mais celle à laquelle chacun de nous parviendra par ses propres moyens. Et le reste, je pense, n’est pas si important.

Interview réalisée par Christelle Néant pour Donbass Insider


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14 réactions à cet article    


  • JP94 15 avril 16:57

    Je pense que cette auteure répond naïvement, dans un contexte où la naïveté n’est pas de mise.

    C’est un conflit entre adultes ? non, c’est un coup d’Etat fasciste avec une dimension de classe, et une connotation politique. Parler de « conflit entre adultes » réduit cette guerre à un différend entre adultes également responsables, renvoyés dos-à-dos. Très surprenant de la part d’une habitante du Donbass, ou de cette région historiquement marquée. Que je sache, les adultes côté Donbass ne tuent pas d’autres enfants : le crime est unilatéral et l’Occident le porte. 

    Bien sûr, on peut se demander comme elle le fait comment les criminels de Kiev peuvent dormir tranquilles : pourtant, la réponse est dans le contexte : un fasciste n’a aucun état d’âme à tuer des enfants « inférieurs », tout en tenant les siens sur ses genoux.

    Justement, j’ai visionné hier un reportage ( en espagnol) sur le procès de Minsk, en 1946 (le « Nuremberg de Minsk »). Le peuple biélorusse, qui a compté la plus grande proportion de résistants au fascisme, et la plus grande proportion de victimes civiles, y assistait. 

    A un moment, le président du Tribunal s’adresse à l’un des accusés ( tous des officiers ou hauts gradés qui auraient préféré être jugés à Nuremberg, où il n’y eut que 11 pendus et tout l’Appareil bénéficiant d’un non-lieu) :

    « vous avez torturé et assassiné des enfants de 3 ans, parfois moins. Pourquoi ? vous prétendiez vous venger des résistants qui attaquaient vos convois. Ces enfants ne combattaient pas. Vous ne pouviez pas prétendre qu’ils étaient impliqués. . »

    L’officier nazi : « ils étaient communistes ».[ NB : les nazis massacraient bien sous ce prétexte]

    Le président : "Mais comment pouvez-vous dire cela. Vous avez des enfants ?

    le nazi : oui, 3 enfants, de 2 , 3 et 5 ans.

    le président : si on vous disait qu’ils étaient nazis et si on voulait les condamner comme vous, vous trouveriez cela normal ?

    l’officier nazi : non, bien sûr !

    Le président : si quelqu’un disait que vos enfants sont des nazis, vous seriez d’accord pour l’affirmer, à cet âge, que déjà ils ont l’idéologie nazie ?

    L’officier : non, évidemment !

    le président : alors dans ce cas, pourquoi affirmer que les enfants de 3 ans étaient communistes et les assassiner, c’est une contradiction.

    l’officier nazi : nous voulions exterminer la race slave.

    Il exécuté comme les autres et les témoins racontent que si 3 condamnés se sont tenus correctement, les autres se sont mis à pleurnicher et supplier et ont déféqué.

    Je pense que Zélenski et les autres méritent un procès de Minsk et ils en chieront dans leur froc, comme ces officiers dont ils sont les héritiers.

    Dans le même reportage : il est question des enfants résistants biélorusses : ils sont estimés à 5000 partisans enfants : bien sûr volontaires, voulant combattre les nazis et venger leur famille. Mais les soldats de la Wehrmacht, qui en tuèrent dans un groupe lors d’une embuscade, furent très surpris de découvrir des enfants, la grenade à la main, qui les avaient attaqués. Et ils leur offrir une sépulture...ils ne devaient pas être nazis, eux.


    • Christelle Néant Christelle Néant 16 avril 01:21

      @JP94
      Elle a 12 ans, et ce qu’elle perçoit du conflit ce n’est pas ce que vous en percevez. Elle voit la guerre avec ses yeux d’enfant.


    • JP94 16 avril 06:54

      @Christelle Néant
      ah désolé, je n’avais pas capté qu’elle n’avait que 12 ans, mais alors pas du tout. Et même sa photo ne m’a pas fait deviné.
      Néanmoins, ça me rappelle l’expo itinérante de dessins d’enfants ( surtout russes, mais en fait de divers pays) à destination de Minsk ( les enfants rêvent d’un monde de paix ) que j’avais eu le privilège de pouvoir présenter dans mon établissement. Tout le monde avait admiré mais les élèves français se sentaient si peu artistes en regard qu’ils n’avaient pas osé y ajouter des leurs, et puis, au-delà de l’admiration pour l’art, rien, aucune révolte contre cette guerre injuste.
      J’avais eu aussi des lettres d’enfants du Donbass ( avec les fac similé et la traduction, trois lettres d’âges divers ; également admirables de style et de maturité : et là encore, les élèves pétris de bons sentiments et touchés par la situation n’avaient malgré tout pas compris réellement le sens : ils avaient de la compassion, mais pas la compréhension...et n’avaient pu répondre que des bribes...( on en là ici). Par la suite, il y avait eu un échange via une sorte de skype et là, ça m’a attiré des ennuis...( par un pseudo parent marié à une Ukrainienne, tous deux fascistes)
      Toutefois, à la fin de l’année, la petite vidéo des enfants du Donbass avait suscité l’admiration des parents qui l’avaient regardée, et ils louaient le prix que « là-bas » ils attachaient à l’Education ( contrairement à ici).                        


    • Christelle Néant Christelle Néant 16 avril 13:28

      @JP94
      J’ai déjà fait plusieurs interviews avec elle, et traduit plusieurs de ses textes. Elle est très mature pour une enfant de 12 ans. Ca se voit dans son regard.


    • JP94 16 avril 23:47

      @Christelle Néant
      Oui et je m’y suis trompé, on dirait une adulte.
      ça m’est arrivé un 8 mai à Paris avec la fille d’une historienne russe ( qui d’ailleurs aidait le Donbass et je me rappelle le cas d’un professeur d’histoire devenu infirmier, blessé par un éclat d’obus, opéré, et finalement, décédé.)...donc voilà que la fille discute avec moi, mais elle a une telle maturité que je n’arrive pas à la situer : je me dis : cette fille est en 1ère ! mais pourtant non ... pas moyen de me repérer. En fait elle était en 5ème, assez grande de taille, certes, mais c’est sa maturité qui m’égarait. Elle suivait en parallèle les cours à l’ambassade et la scolarité française...

      Lorsque j’étais en 6ème, on parlait littérature et politique. Il me semble que c’est plus rare...
      Il y aussi la patineuse Shcherbakova, qui se distingue par sa maturité et la qualité de son russe, paraît-il : elle, au moins, vit dans un pays certes menacé, mais où la paix est assurée...
      La question de l’enfance dans la guerre me rappelle le fameux film : L’Enfance d’Ivan... une histoire qui ressemble à des récits réels dont j’ai eu connaissance par des Russes.
      Une amie, à qui j’ai transmis cette interview, a publié une traduction d’un livre d’Albert Likhanov : les Derniers Froids : 2 enfants en URSS durant les derniers mois de la guerre. Mais traduire du russe n’est pas évident : un traducteur se paie ( et il n’y en a qu’une seule à l’ambassade), et comprendre le russe ne suffit pas publier une traduction...

      C’est vrai, Faïna, vous l’aviez déjà interviewée, mais parfois, je suis occupé et lis trop vite, ou j’oublie, désolé.
      Déjà, il n’est pas évident de diffuser des publications sur la Russie en France de la littérature pour enfants, cela se heurte aujourd’hui au préjugé dans les écoles...
      Pourtant, cela changerait de la mode de cette sous-littérature anglo-saxonne pour la jeunesse, sans contenu  ou plutôt si, avec un contenu sous-jacent, idéologiquement orienté, et trompeur, et dépourvu de substance littéraire.


    • Guy19550 Guy19550 16 avril 00:50

      J’aimerais apporter une autre réponse à ce que j’ai lu. Faina répond avec un cerveau normal mais elle donne sa réponse pour des individus (terroristes) qui ont un cerveau anormal. C’est dommage de mélanger les choses tant pour les questions posées que pour les réponses reçues. Je suis certain du fait qu’il existe des ukrainiens avec un cerveau normal mais pas trop sur la ligne de front. 


      • Guy19550 Guy19550 16 avril 01:03

        Pour ce qui est des insultes reçues, j’aimerais en savoir plus. S’agit-il réellement d’insultes ou de reproches ? Ce sont en effet deux choses très différentes. Un professeurs peut émettre des reproches s’ils pensent que son activité conditionne son éducation et ce serait tout de même différent d’insultes. Les insultes peuvent cependant provenir d’ailleurs. La source des insultes n’est pas mentionnée dans l’article. Elle a la bonne aprroche pour les insultes, mais son approche l’est moins s’il s’agit de reproches. Quelqu’un devrait lui expliquer la différence entre les deux choses.


        • Christelle Néant Christelle Néant 16 avril 01:20

          @Guy19550
          Faina est assez intelligente pour faire la différence entre reproches et insultes. Les insultes en question viennent de néo-nazis ukrainiens. Elle n’a donc pas besoin que je lui explique une différence qu’elle connait déjà.


        • Guy19550 Guy19550 16 avril 15:04

          @Christelle Néant
          Votre réponse ne m’a pas convaincu, et je vous assure que c’est normal car je regarde toujours les choses à charge et à décharge. Je sais d’un article antérieur que certains professeurs ont eu des reproches. Et vous parlez carrément de choses que l’on peut qualifier de menaces venant des néonazis. Je suis donc « paf » avec ce que vous écrivez. Si ce sont des insultes venant de néonazis, il y a lieu de la mettre sous protection rapprochée. 


        • Christelle Néant Christelle Néant 16 avril 20:14

          @Guy19550
          Faina est déjà protégée suite à l’envoi de ces insultes par les néo-nazis.


        • JP94 16 avril 07:31

          Quand Faïna parle d’indifférence,et que tout le monde tourne honteusement le dos, c’est une évidence ici. Et pour moi qui enseigne, je suis d’autant plus choqué par cette attitude de mes collègues notamment. L’une des raisons en est la russophobie, cynique. Mais pas seulement : les enfants palestiniens, les enfants colombiens différemment, connaissent une vie sous la menace : « c’est loin ». L’Ukraine est en Europe, et le rôle de nos journalistes joue pour beaucoup. Qu’est-ce qui les empêche d’aller faire des reportages, qui ? Les fascistes seraient-ils donc si puissants ici qu’un responsable de l’information sur une chaîne publique  ou privée n’ose simplement montrer cette vérité de la guerre ?

          Je comprends que Faïna en soit choquée, puisqu’en principe on doit préserver en premier les enfants. Or, la censure généralisée du sort de ces enfants permet le crime. 

          Mais ce crime est aussi nié : lorsque j’avais organisé cette activité pour la paix, et qu’une vidéo montrait les enfants de Iassinovataïa ou d’une autre ville, dans leur classe spacieuse, demandant la paix et l’arrêt des bombardements, que m’objecta-t-on à mon travail ? ceci est de la propagande pro-russe, ils mentent, ces bombardements n’existent pas ! 

          Rien de moins que nier un crime, et un crime contre des enfants, alorss que les images sont là, et qu’il n’y pas de mise en, scène comme dans ces vidéos tournées à Londres par des terroristes « casque blanc » montrant leur enfant de 7 ans, dans sa chambre parlant couramment anglais se prétendant victime, à Alep, du méchant Assad...mais cette vidéo-là à tourné en boucle sur nos chaînes, sur ordre de qui ?

          L’indifférence est en réalité la complicité active de nos services de presse. .Il est avéré qu’en GB, c’est le MI6 qui pilote les opérations, et c’est à croire qu’il les pilote jusqu’ici. Cela s’était vu déjà lors des massacres de 1965 en Indonésie : la BBC avait inversé les rôles ...


          • Christelle Néant Christelle Néant 16 avril 13:30

            @JP94
            Le problème avec la presse occidentale est qu’elle suit la ligne de politique étrangère de l’occident. Or l’Occident soutient l’Ukraine. CQFD.


          • Guy19550 Guy19550 16 avril 16:22

            @Christelle Néant
            Un exemple ici que je reprends avec plaisir pour montrer que cela ne se limite pas à la guerre en Ukraine :

            https://www.investing.com/news/coronavirus/britain-has-no-plans-to-halt-rapid-covid19-testing-health-ministry-2476195

            Regardez les commentaires (c’est édifiant ce qui passe), il n’y en a plus qu’un seul pour le moment mais il y en avait deux autres avant, le mien est bloqué et était le suivant :

            Is absolutely false. The false positive cases are not important at all because they are detected as false with more testing. But the false negatives are important because those people are speading the virus and they say nothing about them. Less than 1 false positive ... on 1000 tests meens a fiability of 99.9% for testing and this is abslutely impossible..

            Such news is only destinated to sell more of those tests.

            Wait a minute and try again... Je me doute que àa passera jamais.

            Les news sont filtrées, hé oui, le droit de réponse également.

          • JP94 16 avril 23:54

            @Christelle Néant
            et il n’y a qu’un son de cloche, on doit vraiment aller chercher l’info...mais on nous garantit que la presse et les médias sont libres .. et Assange se meurt, torturé dans le silence fracassant de ses confrères fustigeant Maduro, Poutine, ...
            Même dans les années 30, la France offrait plus de diversité de point de vue dans la presse...on savait les crimes des nazis au pouvoir ( dès 33) , Mussolini avait mauvaise presse ( enfin, pas auprès de tous)... dorénavant, on n’a plus que la vertueuse UE...garante de nos droits ... bien que le doute pointe. 

            Au fait, il y a une super chaîne russe, avec Inna Afinogenova  en espagnol. L’équipe est remarquable et cette Inna est très forte, très convaincante...

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