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Accueil du site > Actualités > International > G7 à Biarritz : Emmanuel Macron consacré prince du multilatéralisme

G7 à Biarritz : Emmanuel Macron consacré prince du multilatéralisme

« Tous nos défis sont mondiaux (…), tout cela, nous ne les réglerons qu’à l’échelle de la planète, de manière multilatérale. [Sinon], nous laissons la loi du plus fort l’emporter. (…) C’est [la règle du droit] qui nous a faits, c’est cela qui construit la paix dans la durée. (…) Aujourd’hui, plus que jamais, nous avons besoin du multilatéralisme (…). C’est la règle du droit, c’est l’échange entre les peuples, c’est l’égalité de chacune et chacun d’entre nous, c’est ce qui permet de construire la paix et de relever chacun de nos défis. » (Emmanuel Macron, à l’ONU le 19 septembre 2017).

Parce que personne n’attendait plus rien du G7, le Sommet de Biarritz réunissant les chefs d’État et de gouvernement de pays produisant 40% du PIB mondial du 24 au 26 août 2019 a été une grande réussite. Ceux qui affichent volontiers un supposé patriotisme, un supposé amour de la France (mais qui ne cessent de dénigrer la France d’aujourd’hui) devraient être fiers d’avoir Emmanuel Macron comme Président de la République. Avec lui, c’est bien la voix de la France qui est audible sur toute la planète. La grandeur d’un pays se mesure aussi par le volontarisme politique de ses dirigeants.

On pourra toujours pérorer sur le contraste entre les mots et les faits, sur l’image et la réalité de ce sommet. La réalité, c’est que la diplomatie se nourrit de mots et d’images, et c’est pour cela que ce sommet a été un succès, et en particulier, évidemment, un succès pour le Président français Emmanuel Macron qui présidait ce G7 à Biarritz.

L’une des grandes réussites de ce sommet, c’est le retour du multilatéralisme. Depuis plusieurs années, les institutions de dialogue entre les États se délitent. Donald Trump est un adepte de l’unilatéralisme forcené, qui permet à la première puissance économique et militaire du monde d’imposer ses diktats aux autres États qui, pris isolément, ne sont pas en meilleure position dans un rapport de force avec les États-Unis. Ce pays a quitté aussi certaines instances internationales, comme les Accords de Paris, l’Unesco, etc. La guerre commerciale déclenchée par Donald Trump contre l’Europe, la Chine, le Canada, etc., n’était pas non plus de nature à rassurer l’avenir économique du monde.

Mais d’autres États quittent aussi des instances de dialogue et de décision, c’est le cas du Royaume-Uni qui a bien du mal à concrétiser le Brexit voulu par les électeurs britanniques. La nécessité d’une coopération militaire entre la France et le Royaume-Uni ne fait pourtant aucun doute des deux côtés de la Manche, mais elle devra se poursuivre hors des instances communautaires. La forte audience électorale de Matteo Salvini et de sa Lega pourrait aussi faire craindre un délitement de l’Union Européenne qui est une construction fragile, longue, progressive, et surtout, positive pour l’ensemble de ses États membres. C’est toujours plus facile de détruire que de proposer des solutions concrètes pour résoudre les problèmes d’aujourd’hui.

Même le Brésil rejette le multilatéralisme en repoussant ce 26 août 2019 l’aide proposée par le G7 de 20 millions de dollars pour lutter contre les incendies de la forêt amazonienne. Reconnaissons toutefois que 20 millions de dollars, c’était un montant assez faible, l’Allemagne avait déjà proposé 100 millions de dollars pour une telle aide. Les propos de machiste alcoolique de bistrot qu’a envoyés le Président brésilien Jair Bolsonaro (comparaison des conjointes), qui n’étaient même pas du niveau d’une cour de récréation, aident finalement Emmanuel Macron dans sa démarche constructive sur le plan international, et même sur le plan national.

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L’une des volontés très fortes d’Emmanuel Macron sur le plan international, c’est de remettre le multilatéralisme en marche. Dès sa première intervention devant l’Assemblée générale des Nations Unies le 19 septembre 2017, Emmanuel Macron avait déclaré : « Regardons la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui. Avons-nous, par l’absence de dialogue, mieux endiguer la situation (…) ? Pas une seule seconde. Partout où le dialogue, le contrôle, le multilatéralisme se dotent d’armes efficaces, il est utile. C’est cela que je veux pour nous tous et toutes. (…) Nous avons laissé s’installer que le multilatéralisme était en quelques sortes un sport confortable, un jeu pour diplomates assis, l’instrument des faibles, c’est cela, ce qui s’est passé depuis tant et tant d’années. Nous avons laissé croire que le multilatéralisme ne pouvait pas tout régler. (…) Nous avons laissé croire qu’on était plus crédibles et plus forts lorsqu’on agissait de manière unilatérale. C’est faux. (…) Nous avons laissé les dérèglements du monde prendre le dessus. Nous avons traîné à régler le réchauffement climatique, à traiter des inégalités contemporaines qu’un capitalisme déréglé s’est mis à produire. (…) Notre défi (…), c’est de savoir refonder [le multilatéralisme]. ».

Il l’a répété l’année suivante et probablement le répétera cette année en septembre à l’ONU. Pour Emmanuel Macron, le multilatéralisme est nécessaire si l’on veut pouvoir résoudre des problèmes internationaux compliqués. Cette constance dans la réflexion et l’action, Emmanuel Macron l’a toujours eue. C’est rassurant et cela change de François Hollande, par exemple, qui n’avait aucune "doctrine" sur rien et naviguait sans radar ni destination, selon les derniers râles du parti socialiste.

Dans ce G7, Emmanuel Macron avait évidemment le premier rôle puisqu’il le présidait, au point d’avoir beaucoup agacé préalablement les diplomates américains qui considéraient que la plupart des thèmes introduits (en particulier la déclinaison des inégalités) n’avaient qu’un objectif de politique intérieure (se gauchiser) sans de grand intérêt international. Certains des participants de ce G7 étaient par ailleurs en difficulté dans leur pays, ce qui les empêchait de prendre des initiatives sur le plan international. C’était le cas en particulier du Président du Conseil italien Giuseppe Conte, démissionnaire à Rome, et de la Chancelière allemande Angela Merkel qui était visiblement "en fin de règne".

Qu’est-il sorti de ce G7 ? Quelques espoirs et certainement un meilleur climat international. D’habitude, il ne sort rien de concret des G7. La première chose qu’a faite Emmanuel Macron en préparant ce sommet, c’était de ne pas l’enfermer dans une réunion à Sept seulement, mais bien de l’ouvrir à de nombreux autres pays du monde (voir mon article précédent). Éviter la dichotomie pays riches/pays pauvres. Dans les enjeux mondiaux actuels (en particulier sur le climat), tous les pays sont nécessaires et les plus pauvres peuvent même avoir une influence déterminante en raison de leur situation.

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Dans son allocution le 24 août 2019, Emmanuel Macron a même déclaré vouloir exprimer, au sein du G7, la part des positions des anti-G7 qui manifestaient parallèlement : « Je sais que d’autres aussi sont complètement en désaccord avec nous et font parfois des sommets alternatifs. J’écouterai aussi ce qu’ils disent comme j’ai écouté ce matin les propositions ici des villes, des départements et de la région. Mais je veux vraiment les appeler aussi au calme, à la concorde. Nous avons des désaccords, parfois il y a des caricatures, mais je pense que les grands défis qui sont les nôtres, le climat, la biodiversité, la transformation technologique, les inquiétudes dans notre société, la lutte contre les inégalités, cette insécurité qui est partout dans le monde, nous ne les résoudrons qu’en agissant ensemble, qu’en étant davantage réconciliés. Donc, je les appelle vraiment au calme et en leur promettant que j’essayerai d’apporter aussi une part de leur vérité autour de cette table. ».

"Ensemble". Ce mot, Emmanuel Macron l’a répété des dizaines de fois dans sa conférence de presse de clôture du G7 ce lundi 26 août 2019. Le multilatéralisme qu’il prône a eu des résultats non négligeables à Biarritz.

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Le principal résultat, car le sujet est très grave, c’est la venue surprise du Ministre iranien des Affaires étrangères le 25 août 2019 à Biarritz, hors de l’enceinte du G7. La crise sur le nucléaire iranien est dangereuse pour l’équilibre et la paix dans le monde. La remise en cause, par Donald Trump, de l’accord conclu en particulier par son prédécesseur Barack Obama, a créé de fortes tensions et un risque d’escalade très inquiétant. Grâce au volontarisme d’Emmanuel Macron, le climat a changé. Donald Trump a même annoncé le 26 août 2019 que, si les circonstances s’y prêtaient, il rencontrerait le Président iranien.

Donald Trump n’a dans l’esprit que les dollars que son pays peut gagner. C’est regrettable, surtout d’un point de vue politique et humaniste, mais c’est ainsi, c’est une réalité diplomatique et en plus, en période préélectorale, cela a peu de chance de changer. Or, Donald Trump a bien conscience que l’Iran et la Corée du Nord sont deux pays à très fort potentiel économique. Son objectif, c’est le chaud et froid, c’est créer des rapports de force qui mettent les États-Unis en position de force. Mais à force de créer des chauds et froids, le risque est de briser les liens. L’entremise d’Emmanuel Macron a donc été décisive dans ce dossier qui pose aussi un autre problème : le Président iranien doit lui-même faire face aux ultras de son pays qui refusent tout accommodement avec "l’impérialisme américain".

Parmi les autres résultats, on peut citer aussi l’acceptation, dans son principe, d’une taxation des GAFA (grandes entreprises du numérique qui peuvent délocaliser facilement leur fiscalité) qui devrait se faire par un organisme international dont ce n’était pas le but, l’OCDE. Et aussi, l'engagement de gros de l'industrie textile de réduire drastiquement leur pollution en plastiques.

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Les opposants à Emmanuel Macron veulent souligner l’absence d’accord concret. Pourtant, les perspectives des décisions du G7 sont bien concrètes. Et l’essentiel, c’était d’infléchir la position de Donald Trump. C’est là la vraie réussite d’Emmanuel Macron : avoir réussi à créer un nouveau climat favorable au multilatéralisme. Même le différend commercial entre les États-Unis et la Chine, qui pourrait avoir de fâcheuses conséquences économiques en Europe, pourrait bénéficier de ce nouveau climat.

Certains parlent aussi de bel emballage, de bonne communication. Sauf que tous les G7 n’ont pas profité d’une bonne communication, il doit bien y avoir des raisons à cela. En somme, Emmanuel Macron n’est pas un magicien, il n’est pas un bonimenteur, il est plutôt un Monsieur Loyal du cirque mondial, un entremetteur pour faire avancer les dossiers chauds du monde à venir. En ce sens, je suis fier d’être Français et je ne regrette vraiment pas d’avoir voté pour lui le dimanche 7 mai 2017


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (26 août 2019)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
G7 à Biarritz : Emmanuel Macron consacré prince du multilatéralisme.
L’ardeur diplomatique d’Emmanuel Macron.
Le Sommet du G7 à Biarritz du 24 au 26 août 2019.
Allocution du Président Emmanuel Macron le 24 août 2019 à Biarritz.
Union Européenne : la victoire inespérée du Président Macron.
La Simone Veil d'Emmanuel Macron ?
Emmanuel Macron, deux ans après.
Emmanuel Macron et l’art d’être Français.
Conférence de presse du Président Emmanuel Macron du 25 avril 2019 (vidéo et texte intégral).
Allocution du Président Emmanuel Macron du 16 avril 2019 (texte intégral).
Emmanuel Macron à la conquête des peuples européens.
Gilets jaunes : le syndrome du Fouquet’s.

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11 réactions à cet article    


  • amiaplacidus amiaplacidus 28 août 07:03

    @Rakotoarison,

    Si vous êtes en manque de cirage, comme vous en consommez beaucoup, je peux vous faire un bon prix pour une grosse commande.


    • taktak 28 août 09:43

      Il n’y a que le système médiatique des milliardaires et quelques gogos comme Rakotoarison pour ne pas voir que Macron s’est fait piétiner comme une carpette au G7.

      Des insultes de Bolsonaro à l’humiliation infligé par Trump en passant par le mépris de Merkel et le grand sourire Jonhson, Macron est le gros perdant de ce G7. Juste bon à passer les plats et japper comme un caniche


      • troletbuse troletbuse 28 août 10:54

        Pourtant Mazcronomo ou Macrocon a fait un discours lundi vantant les objectifs « atteints » du G7. Rentrés chez eux, Bolsonaro a demandé des excuses au freluquet et Trump a tweeté tout son soutien à Bolsonaro.

        Habitué à baissé son froc d’une certaine manière, va-t-il s’écraser devant eux ? Je le pense. C’est d’un comique


        • troletbuse troletbuse 28 août 11:02

          @troletbuse
          Un oubli : Trump impose de nouvelles conditions à l’Iran. On voit que Micronomo a raté toutes ses actions de communications électoralistes.


        • Aimable 28 août 11:07

          Macron devrait prendre exemple sur les Américains , c’est a dire envoyer des troupes pour mettre au pas ce président Bolsonaro qui n’obéit pas aux injonctions .


          • the clone the clone 28 août 12:42

            Prince-mi prince-moi son en bateau , prince-mi tombe a l’eau , qui reste t’il ? 


            • troletbuse troletbuse 28 août 12:49

              @the clone
              Pour Micronomo, ce serait plutôt « Pince-cul » comme a sa fête de la musique. Mais attention, pas les femmes.  smiley


            • ETTORE ETTORE 28 août 14:59

              C’est bien domage....Une grosse vague, et ...hop....tout ce beau monde....au large.

              Naaaannn ! franchement...depuis que Biarritz s’est embourgeoisé....Tous les peignes culs de la planète viennent y surfer....

              Et beaucoup, comme dans ce clownesque G7, juste sur les idées et leur égo.

              Ce mano à mano de tous les corrompus, est une belle photo de famille réunis autour d’une table qui ne dit pas son nom.

              En fait, les pieds de cette table sont sponsorisés par les donneurs d’ordres qui manipulent les « cartomanciens » assis en rond.

              Pas extras lucides pour deux sous, même pas voyants, mais juste criards !


              • Un des P'tite Goutte un des p’tite goutte 28 août 15:01

                @ Sylvain Rakotoarison

                Il est bon que vous puissiez vous exprimer ici : qu’Agora Vox reste apolitique, propose une charte honorable, surtout par les temps qui courent.

                J’avoue que je lis l’un de votre article pour la première fois (je crois, de mémoire).

                Lorsque je commençais l’un de vos précédents, j’arrêtais immédiatement. Pourquoi ? Parce qu’une sorte de réflexe de rejet, de dégout, un hérissement des poils m’éloignaient de suite :

                Après tous les mensonges, toutes les déclarations sans suite, les boniments, la corruption, les conflits d’intérêts, les logiques de domination mises en place, le lent et insidieux glissement vers un totalitarisme qui ne dit pas son nom, l’omniprésence du politiquement correct, les collusions politique / puissances d’argent se voulant concrètement dominantes, l’incompatibilité Europe lobbyisée bien profond / souveraineté même minimale, la difficulté à vivre lancinante, quotidienne des appauvris, de plus en plus nombreux, etc.

                Après tout ça…ma sphère émotionnelle et affective est atteinte comme elle ne l’a sans doute jamais été, au point que je ne peux pas supporter l’écoute ne serait-ce que de la voix de Macron, de Schiappa, de Gris-veau et de quelques autres LREM : je baisse le son immédiatement à ZÉRO.

                Bien sûr, je fais l’effort de lire au sujet de leurs dires. C’est moins agressif. Puis je cherche à me contrôler, à dépasser la réaction épidermique.

                Et puis il arrive que des entités politiques nulles commettent une bonne chose dans leur vie, parmi des milliers d’autres. C’est ce que j’ai pensé à propos de Mme Quotas pour je ne me rappelle plus quelle mesure, et à propos de Freluquet lorsqu’il a invité Poutine et (peut-être) favorisé, en tout cas accepté l’irruption du représentant iranien.

                Je sais à peu près, avec vous, ce qu’il peut se passer dans la tête d’un LREM ou affilié. Mais…Quant à votre acharnement à conserver votre ligne « éditorialiste », il me laisse pantois.

                Vous intervenez sur Agora. Ne lisez-vous pas les articles qui s’y trouvent, dont ceux, par exemple de GJs, de tenants d’autres courants politiques que le vôtre ; l’actuel « Découvrez la technique pour débiter à volonté des MACRONERIES » de Vomcandide, article beaucoup plus sérieux qu’il n’en a l’air, etc. ?

                 

                Quelle cristallisation, quelle induration, fossilisation de zones cérébrales se produit pour créer des « soldats » de parti, encore de nos jours ? Enfin fi du sectarisme, vous écrivez ici et c’est tant mieux.

                 

                Si conflit il y a entre les forces qui sont au pouvoir (d’ailleurs illégitimement au moins d’un point de vue mathématique et éthique) et l’opposition, plus le dialogue aura été important avant moins brutale sera la confrontation ; de plus mieux l’on connait son ennemi, mieux on le combat.

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