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George HW Bush, seigneur républicain des États-Unis

« L’homme est un être raisonnable, mais les hommes le sont-ils ? » (Raymond Aron, 1961).



Il n’aura pas attendu très longtemps pour suivre son épouse Barbara. L’ancien Président des États-Unis George Herbert Walker Bush est mort ce vendredi 30 novembre 2018 dans le Maine, à l’âge de 94 ans. S’il a fini sa vie diminué par son état de santé, il se donnait généralement une image sportive, et à son 90e anniversaire, il sautait encore en parachute. À cette date, il a été l’ancien Président américain survivant qui a été le plus âgé de l’histoire. Jimmy Carter, à peine quatre mois plus jeune, est aujourd’hui le doyen de ce petit club très fermé des anciens Présidents des États-Unis.

D’abord industriel dans le pétrole, si George H. W. Bush a commencé sa vie politique par un mandat électoral (représentant, équivalent de député, élu au Texas, du 3 janvier 1967 au 3 janvier 1971), il a surtout pris de l’importance au niveau national par ses responsabilités et compétences en géopolitique : nommé, par le Président Richard Nixon, ambassadeur des États-Unis à l’ONU du 1er mars 1971 au 18 janvier 1972, il fut le très stratégique directeur de la CIA du 30 janvier 1976 au 20 janvier 1977, nommé par le Président Gerald Ford juste après le scandale du Watergate. Le père de George H. W. Bush, Prescott Bush (1895-1972), qui a fait fortune dans le secteur bancaire, était l’un des "parrains" politiques de Richard Nixon. Chez les Bush, la politique était une affaire de famille depuis plusieurs générations.

Lors des élections présidentielles de 1980, George H. W. Bush fut candidat aux primaires républicaines, sans succès. Le candidat investi, ancien gouverneur de Californie (et ancien acteur de cinéma), Ronald Reagan, avait envisagé de prendre Gerald Ford sur son "ticket" pour la Vice-Présidence, ce qui aurait été étonnant de la part d’un ancien Président, le seul à n’avoir pas été élu. Finalement, George H. W. Bush fut choisi et élu deux fois Vice-Président des États-Unis du 20 janvier 1981 au 20 janvier 1989.

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Mais ce qu’on retiendra de George H. W. Bush, c’est bien sûr son élection à la Maison-Blanche le 8 novembre 1988 face à Michael Dukakis (le candidat démocrate) et son action comme "maître du monde" du 20 janvier 1989 au 20 janvier 1993.

Une période où le monde a particulièrement bougé : fin de la guerre froide avec la fin de la course aux armes nucléaires (et même une démilitarisation nucléaire de l’Europe), chute du mur de Berlin et dissolution de l’Union Soviétique (sans effusion de sang). Les bouleversements en Europe, libération politique, démocratisation et libéralisation de l’économie, ont cependant eu des effets négatifs avec la guerre civile en ex-Yougoslavie. Bush Sr a également agi pour renverser le trafiquant de drogue Manuel Noriega de la tête du Panama et pour conclure un accord de libre-échange avec le Canada et le Mexique (ALENA). Mais la "grande affaire" de politique extérieure de George H. W. Bush, ce fut la (première) guerre du Golfe, une réponse à l’annexion du Koweït par l’Irak de Saddam Hussein. Cette période a aussi connu la libération de Nelson Mandela et les négociations pour la future fin de l’apartheid et le partage du pouvoir en Afrique du Sud.

Malgré un succès certain dans ses initiatives diplomatiques, George H. W. Bush a été battu pour sa réélection le 3 novembre 1992 par un jeune gouverneur peu connu d’un État de l’Amérique profonde, Bill Clinton. La raison ? Ce que Donald Trump sait très bien : les élections aux États-Unis se gagnent toujours sur des enjeux de politique intérieure et jamais sur des enjeux internationaux.

Or, entre 1989 et 1993, la situation économique des États-Unis était fragile avec près de 8% de chômage en 1992 (un record depuis une dizaine d’années). Après la Présidence de Ronald Reagan qui a réduit massivement les impôts tout en investissant dans la course aux armements face à l’URSS, le déficit du budget fut colossal et pour le réduire, George H. W. Bush voulait réduire la dépense publique, ce qu’il n’a pas pu faire à cause d’un Congrès à majorité démocrate. Résultat, il a dû augmenter les impôts alors qu’il avait fait campagne en 1988 sur le refus de toute augmentation de la pression fiscale. Par ailleurs, le nombre de crimes a beaucoup augmenté sous sa Présidence (+20% !), des émeutes ont eu lieu à Los Angeles, et le Président n’a apporté aucune solution pour réduire cette insécurité.

On pourra toujours donner comme explication de l’échec électoral de George H. W. Busj la présence d’un troisième candidat, le milliardaire Ross Perot, qui lui a pris beaucoup d’électeurs. C’est le même problème que celui de Lionel Jospin en 2002 qui rendait responsable de son échec présidentiel les candidatures de Christiane Taubira, Jean-Pierre Chevènement, etc. La réalité, c’est que malgré cette configuration délicate où l’offre politique peut être plus importante, si celui qui est au pouvoir est populaire et fait adhérer la population à son action, il sera forcément réélu (et même, aura su éviter les candidatures "dissidentes").

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C’est justement l’objectif de l’actuel Président des États-Unis, Donald Trump : garder le soutien de la base du Parti républicain et ne se focaliser que sur la politique intérieure, se moquer du reste du monde au point de risquer de bouleverser les fragiles équilibres internationaux (économiques et politiques). Comme je l’avais indiqué il y a quelques mois, George H. W. Bush était ainsi l’anti-Trump, qui préférait l’intérêt général, au-delà du simple intérêt national, à son intérêt électoral propre.

George H. W. Bush (Sr) fut (malheureusement) "vengé" par l’élection de son fils George W. Bush (Jr) qui, en deux mandats (2001-2009), a, au contraire de son père, ravagé le monde par la guerre en Irak, comme réponse inadéquate aux attentats du 11 septembre 2001.

Honoré déjà dans son pays par un porte-avions à propulsion nucléaire qui porte aussi son nom, George H. W. Bush (le père donc) sera forcément regretté car il a été le dernier Président républicain "raisonnable", qui ne "jouait" pas "légèrement" à la guerre, comme ses successeurs du même parti. Pas sûr que dans le futur proche, un homme de sa stature surviendra dans une course jusqu’à la Maison-Blanche. C’est pour cette raison qu’il faut saluer cet homme qui vient de s’éteindre vendredi.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (01er décembre 2018)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
George HW Bush, seigneur républicain des États-Unis.
Les tweets moqueurs des Finlandais.
Rakenews : le râteau de Forest Trump.
La guerre commerciale trumpienne.
Tristes Trumpiques.
George Gershwin.
Leonard Bernstein.
Spiro Agnew.
Michael Dukakis.
Vanessa Marquez.
John MacCain.
Bob Dole.
George HW Bush a 94 ans.

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12 réactions à cet article    


  • troletbuse troletbuse 1er décembre 2018 15:19

    Apprenez l’orthographe. Pour Bush, c’est SAIGNEUR


    • Le421 Le421 1er décembre 2018 21:43

      @troletbuse
      Allons, allons, soyons compatissants.
      Ce pauvre homme est mort sans avoir trouvé ses « Armes de Destruction Massive » en Irak...
      Un drame familial.
      Et son fils, G.W. a hérité de sa clairvoyance.
      Heureusement, Trump est arrivé pour... Comment dire, « relever le niveau ».
      Pas de raison de faire les malins, ici, on a élu Macron.
      Trump est largement aussi con que le nôtre, mais au moins, il essaie de relever l’économie.
      Macron « Titanic », lui...
      No comment more.


    • cétacose2 1er décembre 2018 16:45

      Père et fils ,ils ont surtout été de très bon « bouchers » .Les peuples du moyen orient s’en souviennent encore...


      • Giordano Bruno 1er décembre 2018 17:05

        L’ancien Président des États-Unis George Herbert Walker Bush est mort ce vendredi 30 novembre 2018 dans le Maine, à l’âge de 94 ans.

        Merci pour cette bonne nouvelle.


        • Clocel Clocel 1er décembre 2018 17:10

          Le secret pour durer, c’est de pourrir de son vivant...

          Champagne !


          • amiaplacidus amiaplacidus 1er décembre 2018 17:24

            Le monde est aujourd’hui un peu meilleur.


            • math math 2 décembre 2018 08:27

              Cet article m’en Bush un coin..

              Apologie d’un assassin ?


              • armand 2 décembre 2018 12:23

                J’ai repris du cassoulet deux fois...


                • Emohtaryp Emohtaryp 3 décembre 2018 11:30

                  Hommage à une pourriture par une autre...... Même les asticots vont rechigner la barbaque avariée....


                  • QAmonBra QAmonBra 3 décembre 2018 14:00

                    «  C’est quoi un néoconservateur ? » demanda George W. Bush à son père un jour de 2003 (après trois ans à la Maison-Blanche et une guerre d’Irak sur le feu).


                      « Tu veux des noms, ou une description ? » répondit Bush père.

                    - « Description. »

                    - « Eh bien, je te la donne en un mot : IS..RA..ËL » [1]. »



                    (1) Andrew Cockburn, "Caligula au Pentagone : Rumsfeld, les néoconservateurs et le désastre irakien", Editions Xenia, 2007. Cockburn prétend tenir cette anecdote d’ « amis de la famille. »



                    • Odin Odin 3 décembre 2018 14:28

                      Il serait préférable à l’auteur, avant de rendre hommage à un tel genre d’individu, de s’informer sur cette dynastie luciférienne issue de « Skull and Bones » et particulièrement le rôle du grand père lors de la 2ème guerre mondiale.

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