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GlobalBakuForum : « Challenges to the global world order », une réalité

Un forum international dans un contexte de crise mondiale

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Les visiteurs croisent dans les grandes avenues de nombreux taxis Uber ainsi que les motocyclettes des livreurs rapides de repas. Ils voient se cotoyer les panneaux publicitaires à la gloire du drapeau national, l'Hôtel Hilton entièrement recouvert d'un ensemble lumineux aux couleurs du même drapeau, les Flame towers en forme de torchères avec des hologrammes de silhouettes agitant les 3 couleurs emblématiques.

 Alors que la capitale de l'Azerbaidjan vient de connaître un Grand Prix de Formule1 à retentissement international ; alors que après 2 guerres l'opposant à l'Arménie, le gouvernement veut signer un vrai traité de paix avec ce pays, s'est ouvert à Bakou du 16 au 18 juin un forum international le "Global Baku Forum" "Challenges to the Global world order". La presse française n'en a pas parlé et c'est dommage, tant les enseignements à tirer de ce forum international sont importants.

 Le pays se veut toujours un pont entre Orient et Occident, et les listes des invités, des pays, en attestent ainsi que les panels de discussion. 

De nombreux chefs d'États, chefs de gouvernements, d'organisations internationales étaient présents, venant de toute l'Europe, de l'Asie centrale, d'Afrique, d'Asie, d'Amérique latine, du Moyen-Orient. On a pu noter la présence du directeur de l'OMS, de l'ex-secrétaire général de l'ONU Ban-Ki-Moon, du vice-président de la Banque mondiale, du vice-président de Google, du président de "Robert Kennedy Human Rights", du secrétaire de la Ligue arabe, et même d'une Prix Nobel de la Paix.

Les débats intégraient toutes les grandes problématiques de fonds, la guerre en Ukraine, la sécurité globale, la sécurité énergétique, la gouvernance mondiale de la santé, le sud-Caucase, les Balkans occidentaux, le Moyen-Orient, le monde arabe et musulman, la mondialisation et les inégalités, les droits de l'homme, la démocratie, la pauvreté, l'alimentation et l'évolution de l'agriculture mondiale.

Le monde est en train de changer dans tous les domaines. Les institutions nées après 1945 et la fin de la seconde guerre mondiale, ONU, Banque mondiale, Fonds Monétaire International, OTAN, font actuellement face à des enjeux existentiels nouveaux. Le multilatéralisme est battu en brèche et se trouve défié de mille manières. Il faut donc privilégier les dialogues constructifs entre des partenaires politiques, des organisations internationales aux différences bien marquées, pour surmonter ces différences et sortir de situations dangereuses à court, moyen et long terme.

L'UKRAINE

L'Ukraine a été dans tous les esprits des participants au Forum, avec cette guerre qui la ravage, qui menace le monde de diverses manières. Et ce n'est pas étonnant que le Global Baku Forum se soit ouvert sur la guerre en Ukraine, la résistance, les réfugiés. Avec pour impératifs primordiaux : 1) sortir de la guerre, faire taire les bombes et ouvrir la voie de la paix ; 2) arriver à punir les coupables de crimes de guerre ; 3) trouver les sanctions économiques appropriées ; 4) penser dès maintenant à la reconstruction incontournable du pays.

Dans ce contexte de guerre en Ukraine, la sécurité globale du monde doit être repensée.

LA SECURITE GLOBALE

Les Nations Unies ont 75 ans d'existence et il faut aller au-delà des prérogatives de l'institution. De nouvelles règles doivent être étudiées. Le multilatéralisme est-il mort ? Les grandes puissances et leurs sphères d'influence vont-elles connaître un regain d'importance ?

Un nouveau cadre est à réinventer pour éviter les guerres et les destructions et pour développer le bien-être et le respect dû aux citoyens. Les organisations régionales doivent trouver toute leur place dans ce nouveau cadre. Le monde a sans doute besoin de nouvelles négociations concernant les armements nucléaires et leur prolifération. Le risque de militarisation de l'espace doit être mieux pris en compte.

Le choix est posé aussi entre la non-ingérence dans les affaires intérieures des états et la réponse pour protéger les droits des citoyens. La sécurité globale englobe aussi la sécurité énergétique qui doit prendre de nouvelles voies.

LA SECURITE ENERGETIQUE

3 éclairages importants à court terme : 1) est-il judicieux de couper les approvisionnements en gaz et en pétrole venant de la Russie ? 2) Il est indispensable dans l'ensemble du monde de se pencher sur les nouvelles sources d'énergie renouvelables, l'hydrogène et les autres technologies pour réduire les émissions carbone. 3) Ne pas oublier la fixation des prix de l'énergie, vu l'impact important sur les marchés émergents et tous les pays développés.

La sécurité globale, la sécurité énergétique 2 volets essentiels de la marche du monde. Le 3ème volet en cette crise pandémique qui ne cesse de préoccuper les esprits et les autorités, c'est tout naturellement la gestion d'une gouvernance mondiale de la santé.

UNE NOUVELLE GOUVERNANCE MONDIALE DE LA SANTE 

Avec les questions que bon nombre d'états et de services nationaux se posent : leçons à tirer de l'expérience de plus de 2 ans de gestion de crise Covid ; quid des anti-vax dont les prises de position ont inondé les réseaux sociaux ; la diffusion et le partage, à l'échelle de la planète, des vaccins, des thérapeutiques et des tests de dépistage et du matériel médical indispensable pour sauver des vies ; le financement de l'accès équitable à la vaccination ; la gestion de la période post-Covid et l'indispensable action à mener au niveau de l'environnement pour éviter de nouvelles crises dangereuses pour le monde.

Les réflexions et propositions pour cette nouvelle gouvernance de la santé au niveau mondial ont amené les congressistes à élargir leur angle de vue à la mondialisation et aux inégalités en expansion, conséquences de cette globalisation.

LA MONDIALISATION ET LES INEGALITES CROISSANTES

Le constat effectué des inégalités hommes femmes, inégalités touchant les minorités dans les pays, inégalités de revenus, de richesses, paradis fiscaux, amène à des propositions portant sur les systèmes de taxation et d'imposition divers d'un pays à l'autre, l'exécution effective des décisions prises en matière de fiscalité compensatoire, l'évaluation des résultats des politiques mises en place pour lutter contre les inégalités. Le levier des politiques globales doit s'articuler avec les politiques nationales de mise en place d'un salaire minimum, de garantie d'accès aux soins et à l'éducation pour tous, de redistribution (notamment en matière de terres agricoles).

Le secteur agricole vital pour pouvoir nourrir les populations doit se transformer pour faire face aux demandes toujours plus importantes, pour lutter et réduire la pauvreté endémique.

LA TRANSFORMATION DE L'AGRICULTURE ET DE L'ALIMENTATION MONDIALE

La guerre en Ukraine montre tous les jours son importance sur l'établissement des prix des denrées agricoles, sur le stockage des céréales, les réserves alimentaires dans le monde. Conséquences locales, régionales, internationales. La déforestation à grande échelle a aussi des conséquences sur le climat mondial et donc sur l'agriculrure ; la désertification est aussi un danger mortifère ainsi que la détérioration de la biodiversité. Le fait qu'un pourcentage important de la nourriture produite soit détruit avant l'arrivée aux consommateurs est un énorme problème. Les nouvelles techniques d'information et de communication, les biotechnologies, les banques de gènes ne sont pas suffisamment partagées dans ce monde, alors qu'elles sont le moteur du développement.

Sécurité globale, sécurité énergétique, santé mondiale, inégalités, agriculture et alimentation ont donc été au centre des préoccupations du Global Baku Forum qui a aussi pris en compte 2 questions de géopolitique régionale : le Moyen-Orient et le monde arabe et musulman et les Balkans occidentaux.

LE MOYEN-ORIENT ET LE MONDE ARABE ET MUSULMAN

La recherche de la paix, de la stabilité et du développement au Moyen-Orient est indispensable à la paix dans le monde. Les tensions sont immenses et anciennes et un cadre nouveau de négociations pour mettre fin à ces tensions est à développer, pour sortir des risques incommensurables de la prolifération des armes nucléaires dans cette région, pôle essentiel de la production et de l'exportation d'énergie au travers des gisements de pétrole et de gaz, la Russie elle-même productrice et exportatrice d' hydrocarbures fait partie de l'ensemble de cette OPEC (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) qui impacte les marchés mondiaux et locaux de l'énergie. La division chiites et sunnites du monde musulman est une dimension à prendre en compte, sans oublier le risque d'un retour en action de l'État islamique, de Daesch et des extrêmistes. La situation de l'Afghanistan où les Talibans ont tout le pouvoir ne peut qu'inquiéter les observateurs et les décideurs.

LES BALKANS OCCIDENTAUX

L'Europe change dans sa conformation actuelle et envisager la sécurité des Balkans occidentaux ne peut se faire que dans ce contexte en élaboration. L'Europe, l'Union Européenne et les états européens hors de l'UE, doivent être envisagés au-delà d'un marché économique commun, car l'Europe c'est aussi un ensemble formé autour des libertés fondamentales et une promesse de droits humains pour tous les citoyens du monde. La question est posée des conséquences du Brexit et de l'apparition des démocraties illibérales sur la cohésion de l'ensemble européen. Des accords de sécurité militaire de l'Europe et de ses voisins et le rôle des USA et de la Russie sont à envisager dans la nouvelle architecture émergente. Il faut donc travailler les relations entre l'UE et les Balkans occidentaux et le Sud Caucase.

Le Forum international ne pouvait pas ne pas englober les nouveaux challenges du 21ème siècle concernant les droits de l'homme et la démocratie.

DROITS DE L'HOMME ET DEMOCRATIE

En ce 21ème siècle la volonté des peuples, la démocratie sont entravées par les stratégies de communication, le marketing politique,les fake news. Les prises de décisions des "élites" peuvent se heurter aux mobilisations des populations. L'abstention toujours en hausse et la non participation des peuples au processus démocratique des élections posent également problème à la démocratie représentative. Dans le nouvel ordre mondial qui prend forme des modèles politiques centralisés semblent gagner en adhésion et influence face aux démocraties de l'ouest.

A l'issue des débats de ces 3 jours de Forum international à Bakou les observateurs présents n'ont pu que souhaiter que de tels forum se multiplient aux quatre coins de la planète pour mettre en présence et en discussion des partenaires dans la diversité des approches, des pays, des régimes, des peuples. Ce Forum va incontestablement compter,dans une période de dangerosité extrême avec la récente guerre en Ukraine, avec les grands enjeux mondiaux , climatique, environnemental, alimentaire, énergétique, démocratique. Le nouvel ordre mondial doit se créer dans la recherche de solutions pacifiques et globales.

Photos de l'auteur de l'article

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Le directeur général de l’OMS Ghebreyesus
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L’ex secrétaire général des Nations Unies Ban KI Moon

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