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Julian, tous les résistants à l’ordre totalitaire néolibéral sont à tes côtés ! #FreeAssange

Par Georges Gastaud et Aymeric Monville, PRCF

Malgré les tortures physiques et psychiques qu’il endure depuis des années, et qui se sont encore aggravées depuis son incarcération officielle, Julian Assange, dénonciateur des crimes de guerre américains et accusateur indirect des médias capitalistes qui occultent ces crimes, a su trouver la force de se rebeller et d’accuser ses accusateurs à la première séance de son procès d’extradition. Au point que lui, le malade terriblement affaibli, a forcé la juge anglaise connue pour sa sévérité, à envisager sa libération sous caution.

Face au totalitarisme capitaliste qui travestit son despotisme globalitaire en “défense du monde libre”, face à l’ignoble Lenin Moreno, qu’il faut débaptiser d’urgence et qui a livré Assange aux vassaux anglais de l’oncle Sam pour trente dollars de plus, cette rébellion salvatrice appelle toute l’humanité pensante et militante à un immense sursaut d’indignation solidaire. En défendant Assange comme nous défendons Mumia, Georges Abdallah, Marwan Barghouti, les communistes polonais et tant d’autres embastillés du libéral-fascisant capitalisme-imperialisme actuel, c’est nous-mêmes, militants de l’émancipation sociale, que nous défendrons. Après Jaurès, pour lequel “le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire”, après Zola, qui défendit Dreyfus contre les mensonges d’État, après Gramsci, qui opposa aux Trump de son époque la dimension révolutionnaire de la vérité, il revient aux militants de la classe ouvrière d’être aux PREMIERS RANGS de la défense de Julian, notre CAMARADE EN VÉRITÉ.

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Révolte à la Woolwich Court

Monika Karbowska

Mercredi 26 février 2020. Troisième jour du procès d’extradition de Julian Assange dans le bâtiment de la Woolwich Crown Court.

Trois jours intenses de combats, de violence et d’émotions. Le premier jour, lecture de l’acte d’accusation, plaidoirie de Edward Fitzgerald sur l’histoire des faits, dans la galerie du public, seules 18 personnes ont pu prendre place. La clameur des Gilets Jaunes nous parvient du dehors, étouffée mais bien présente. Des dizaines de journalistes occupent un espace de la salle et l’annexe de la cour. Julian Assange comparait enfin physiquement et nous pouvons le voir pendant plusieurs heures, même s’il n’a pas le droit de parler, et qu’il a l’air affaibli et triste.

Le lendemain nous assistons à la plaidoirie de Mark Summers réfutant les arguments de l’accusation. Julian Assange est visiblement beaucoup plus faible, il assiste aux événements immobile et prostré.

Mercredi 26 février Edward Fitzgerald présente les arguments invalidant l’extradition, puisque le traité bilatéral d’extradition entre la Grande Bretagne et les Etats Unis de 2003 interdit l’extradition pour motifs politiques.

L’ambiance est tendue, tout le monde est fatigué. Julian Assange est au plus mal. Il fait de grands efforts pour rester droit assis sur le banc, son teint est très pâle et l’après-midi il est livide. Sa souffrance est palpable, nous le sentons malgré deux vitres et 20 mètres de distance. L’expression de son visage est figée, il est prostré. Nous sommes 5 femmes assises ensemble à gauche du box du public. Nous l’encourageons par notre regard et notre mental, tout geste nous étant interdit par le règlement du tribunal.

A 15h l’extraordinaire se produit : alors que le procureur est bloqué dans sa lancée par un document égaré, Julian Assange se lève et parle. C’est la stupeur, il a enfreint les règles, il se révolte, il insiste. Vanessa Baraitser le coupe et lui dit « ce que vous demandez n’est pas dans les habitudes, vous devez parler par la voix de votre avocat ». Mais Julian Assange, épuisé, reprend la parole, cette voix étouffée depuis de si longs mois. Les avocats s’affolent. Gareth Peirce se déplace vers lui, mais ne l’interrompt pas. Les autres s’interrogent. La juge le coupe une seconde fois, il insiste une troisième fois, il parle quelques minutes, nous le voyons faire des gestes de désespoir et d’exaspération. Les personnes qui sont assises au premier rang entendent un peu, alors qu’en général dans le box du public nous n’entendons que ce qui est dit dans les micros. Dans cet espace confiné, les 18 personnes présentes se lèvent, gesticulent dans l’émotion.

En discutant nous avons reconstitué ce que Julian Assange a dit : il s’est plaint de sa condition, du fait d’être entouré d’un garde de chaque côté (je pense que c’est surtout le gardien de la sécurité privé de Mitie qui lui était hostile, plus que celui de la prison de Belmarsh assis à l’autre extrémité du banc). Il dit qu’il est épuisé et ne peut pas se concentrer… En fait, on sait que c’est pire. Il est au bord du malaise. La juge Baraitser le sait, car elle le voit de face alors dans la configuration de la salle ses avocats lui tournent le dos.

Impressionnée par la révolte du prisonnier, Baraitser suspend l’audience. Julian est emmené par les gardiens hors du box. Gareth Peirce, Mark Summers et Edward Fitzgerald sortent dans le couloir se concerter. C’est l’agitation et la stupeur parmi les journalistes et les avocats d’accusation.

Dans notre box notre gardien, effrayé, se sauve pour aller chercher des consignes qui n’arrivent pas. Nous sommes seuls et nous avons enfin le droit de rester dans la salle pour la pause, nous discutons et nous agitons.

orsque 5 minutes plus tard Baraitser revient, Julian est ramené dans le box mais refuse de se rassoir. C’est debout face à la salle qu’il écoute son avocat Fitzgerald demander à la juge de reporter la suite de l’audience à demain « pour qu’il puisse se consulter avec son client dans les murs de la cour, ici même ».

Alors il se produit la deuxième chose extraordinaire : Vanessa Baraitser lui suggère de plutôt « faire une application for bail, une demande de libération sous caution » ! Cela fait 9 mois que nous luttons, certes pas pour une libération sous caution, mais une libération pleine et entière, mais, selon moi, cette proposition est enfin une porte qui s’ouvre ! L’idée que Julian Assange pourrait retrouver sa liberté et accéder aux soins dont il a besoin guide notre, mon action, depuis 6 mois. Wikijustice a déposé 4 demandes de libération prête à l’emploi et voici que la sévère juge juge elle-même qu’il vaudrait mieux que le prisonnier politique de l’Angleterre ne meurt pas devant elle au cours du procès suite aux mauvais traitements et à la torture très probablement subie, mais qu’il puisse avoir la vie sauve et se soigner. Je veux croire à ce miracle, ce retournement de situation !

Fitzgerald prend alors les devants et pour la première fois depuis le procès il s’approche de Julian Assange et lui demande quelque chose avec douceur. Probablement il lui demande un accord formel pour faire cette requête puisqu’il répond aussi à la juge qu’il en a besoin. Il s’excuse aussi « avec tout son respect » auprès du procureur dont le discours loghorrhée a été interrompu.

Cependant Vanessa Baraitser décide malgré tout de laisser le procureur finir sa thèse. Cela dure encore une heure. Plus personne n’écoute le procureur. Dans notre box tout le monde est excédé et le maudit à voix haute. Julian Assange s’endort presque, agrippé au dossier du banc. Dans notre espace d’autres personnes présentes dorment aussi. Le procureur doit sentir que tout le monde attend qu’il finisse et qu’on s’en aille. On est tous marqué par cette magnifique nouvelle d’une possibilité de libération.

L’effet politique de l’accusation « de complot avec Chelsea Manning, d’intrusion informatique en vue de commettre en réunion un vol de documents classifiés » a disparu. L’accusation américaine et ses complices sur le sol britannique se sont heurté à une révolte. Je dis à une de me collègue du public « Ce pays a besoin d’une petite révolution ». Elle me répond « d’une petite seulement » ?
La révolte a été brève mais intense, mais il faut exploiter ses effets et nous escomptons bien être certains que les avocats vont déposer la demande de libération demain à 9h30 comme la juge les y a invités.

Demain sera un jour charnière.

https://www.initiative-communiste.fr/articles/international/julian-tous-les-resistants-a-lordre-totalitaire-neoliberal-sont-a-tes-cotes-freeassange/

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10 réactions à cet article    


  • uleskiserge uleskiserge 27 février 19:40

    Ce qui suit, vient éclairer la nature de notre soutien à Julian Assange :

     

    - Notre instinct
    - Notre émotion
    - Notre capacité de raisonnement

     

    D’instinct nous sentons que le procès qui est fait à Assange est d’une nature politique ; qu’il y a « anguille sous roche ». 

     

    Les conditions d’existence de Julian et le sort qui l’attend s’il est extradé, appellent la compassion.

     

    A chaque fois que nous sommes confrontés aux médias de nos dix milliardaires ( à leurs choix éditoriaux - radio, télé, internet, papier), nous réalisons à quel point le travail de Wikileaks et d’un journalisme de révélation et d’investigation du réel est d’une nécessité absolue. 

     

    D’autant plus que nous sommes attachés à cette information qui prend à bras le corps le questionnement suivant : qui fait quoi, à qui, pour-quoi, où, comment et pour le compte de qui ?

    Pour prolonger, cliquez : http://serge-uleski.over-blog.com/2020/02/a-propos-de-tous-les-assange-d-aujourd-hui-et-de-demain-qui-est-a-meme-de-leur-porter-secours.html


    • Fergus Fergus 28 février 09:31

      Bonjour, taktak

      « Tous les résistants à l’ordre néo-libéral sont à tes côtés »

      Hélas, non ! Deux pétitions ont été lancées pour tenter d’empêcher l’extradition de Jullian Assange vers les Etats-Unis. Elles ont à ce jour recueilli plus de 405 000 signatures pour l’une, et plus de 16 000 pour l’autre. C’est bien, mais c’est encore très insuffisant. C’est pourquoi, indépendamment de la participation à des actions concrètes, il est important de signer ces appels.

      Pétition de Calder Claydon : lien.

      Pétition Ligue des Droits de l’Homme : lien.


      • JC_Lavau JC_Lavau 28 février 10:16

        Ioulia et Serguiéï Skripal non plus ne seront jamais relâchés vivants.


        • uleskiserge uleskiserge 28 février 11:08

          Surprenant que ce billet à propos d’Assange ne recueille que trois commentaires...

          Alors qu’un billet sur une femme rabbin déchaîne des dizaines de commentaires dont 80¨% d’entre eux sont irrecevables (insultes, diffamations...) 

          Un autre billet sur Agoravox Tv déchaîne lui aussi des dizaines de commentaires irrecevables (insultes ; racismes...)...

          Agoravox semble marcher sur la tête... média citoyen d’information et d’analyse... dans le cadre d’une liberté d’expression que nul n’est autorisé en remettre en cause... l’homme le plus seul au monde laisse de milliers de lecteurs d’agoravox indifférents.


          • pasglop 28 février 12:02

            @uleskiserge

            Peut-être que la situation d’Assange révèle au public une partie de ses contradictions, plus ou moins faciles à assumer ?

            Dans tous ces commentaires-fleuve, enlevez ceux qui sont strictement égotiques.
            Que reste-il ?



          • alinea alinea 28 février 15:58

            @pasglop
            quelles contradictions ?


          • pasglop 28 février 21:37

            @alinea

            Par exemple celles qui consistent à s’indigner sur un sujet plus ou moins clivant, dans un sens ou dans l’autre, soit par grégarisme ou à l’inverse par provocation, le tout en se disant qu’il ne faudra pas oublier de signer la pétition ad-hoc (ou pas), et d’oublier le tout dans les cinq minutes.
            Un clou chasse l’autre.
            Je crois qu’on a perdu le sens de la constance, de la durée et de l’attention...


          • alinea alinea 29 février 13:18

            @pasglop
            J’avais compris que les contradictions étaient attribuées à Assange !
            Je comprends mieux, merci !


          • totof totof 29 février 16:03

            Bravo et merci beaucoup pour cet article terrible ! Et pour cette nouvelle de cette possibilité d’une libération sous caution à laquelle, je dois le dire, je ne crois pas trop.

            L’affaire Assange nous montre que nous faisons face à des dictatures totalitaires. C’est 1984.

            En début de semaine, il y avait une centaine de Gilets Jaunes français devant le sinistre tribunal de la prison de Belmarsh. Apparemment, cela a été d’un grand soutien pour tout le monde, y compris Assange et sa famille, et il ressort encore une fois qu’à l’international, tout le monde admire le mouvement des Gilets Jaunes.

            Courage Julian !

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