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Kiev sabote les discussions à Minsk et intensifie ses tirs contre les civils

Le 27 février 2019, avait lieu une réunion des groupes de contact à Minsk. Comme à son habitude, l’Ukraine a saboté les discussions, et empêché tout accord, que ce soit en matière de cessez-le-feu ou d’échange des prisonniers. Dans le même temps, l’armée ukrainienne continue de viser délibérément habitations et infrastructures civiles, en violation de la Convention de Genève et des accords de Minsk.

Dans les jours précédant la réunion, l’armée ukrainienne a multiplié les provocations et les crimes de guerre, fidèle à ses mauvaises habitudes.

Le 24 février, les soldats ukrainiens ont tiré sur un civil à vélo qui allait de Maryinka à Alexandrovka, alors qu’il se trouvait dans la zone grise. Blessé au bras, l’homme décide de rentrer chez lui et demande l’aide de ses voisins pour aller à l’hôpital.

Avant même d’atteindre le point de passage des Forces Armées Ukrainiennes (FAU) pour revenir vers Maryinka, ils sont de nouveau pris pour cible par les soldats ukrainiens, et l’homme est blessé une deuxième fois, à l’abdomen, l’obligeant à passer le point de passage d’Alexandrovka, où les soldats de la République Populaire de Donetsk (RPD) prennent en charge le blessé, qui est en état de choc, et appellent une ambulance. L’homme a été opéré et est soigné à l’hôpital N°14 de Donetsk.

Le même jour, on apprenait que l’armée ukrainienne avait déployé des chars d’assaut dans la zone résidentielle de Maryinka, en violation des accords de Minsk et de la Convention de Genève, montrant que les soldats ukrainiens n’en ont rien à faire de la sécurité des civils qu’ils prétendent venir « libérer de l’occupant russe ».

Comme à son habitude l’armée ukrainienne utilise les civils du Donbass comme boucliers humains (ce qui est un crime de guerre) pour éviter des tirs de réponse de la milice populaire de la RPD, lorsqu’ils utiliseront ces chars pour tirer contre la République.

Du 25 au 26 février, les soldats ukrainiens ont endommagé neuf maisons, un gazoduc, une pharmacie, et un bâtiment administratif au cours de 19 violations du cessez-le-feu, durant lesquelles ils ont tiré 119 obus de mortier de 120 mm et 82 mm.

Le 26 février, en fin d’après midi, l’armée ukrainienne a de nouveau pris pour cible la zone de la station de pompage de Vassilievka, tirant sept obus de mortier de 120 mm, et obligeant le personnel de la station à se cacher dans les abris anti-bombardements. Pour rappel, cette station de pompage alimente en eau 1,5 million de personnes des deux côtés de la ligne de front, et la prendre pour cible de manière délibérée est un crime de guerre.

Le 27 février, pendant que commençait la réunion des groupes de contact à Minsk, l’armée ukrainienne a ouvert le feu avec des armes légères contre les employés de la station d’épuration de Donetsk, alors qu’ils se trouvaient près du bâtiment de stockage du chlore. Heureusement, dès qu’ils ont entendu les tirs, les employés de la station se sont jetés au sol et sont rentrés dans le bâtiment. Par chance, aucun n’a été blessé.

Lors de la réunion des groupes de contact, deux questions importantes devaient être réglées. Celle de l’instauration d’un nouveau cessez-le-feu de printemps et de mesures additionnelles pour assurer son respect, et surtout celle de l’échange de prisonniers qui traîne depuis des mois.

Car l’échange des prisonniers au format « tous contre tous » tel que prévu par les accords de Minsk n’a toujours pas été mis en œuvre, et d’après les informations de la médiatrice aux droits de l’homme de la RPD, Daria Morozova, l’Ukraine détiendrait encore 253 personnes (101 dont la présence dans les prisons ukrainiennes a été confirmée et 152 pour lesquelles il n’y a toujours pas de confirmation officielle).

Depuis le dernier échange de prisonniers qui a eu lieu le 27 décembre 2017, aucun autre n’a eu lieu, et les représentants ukrainiens font tout pour faire traîner les discussions sur ce sujet.

La réunion du 27 février n’a pas échappé à cette règle. Alors que les deux représentants principaux, Viktor Medvedtchouk et Irina Guerachtchenko n’étaient même pas présents, les deux experts ukrainiens qui étaient là sont partis au bout de 15 minutes sous des prétextes fallacieux, empêchant ainsi toute discussion !

Les représentants ukrainiens ont bloqué les discussions en refusant de présenter la position officielle ukrainienne sur les trois questions majeures qui étaient à l’ordre du jour : l’échange des prisonniers au format « tous contre tous », le fait d’inclure dans la liste des prisonniers à échanger les citoyens russes capturés par l’Ukraine, ainsi que la question de la division des détenus en plusieurs catégories (système utilisé par Kiev pour rendre le moins de prisonniers possibles, en justifiant que les crimes de certains seraient trop graves pour les échanger).

Après ce fiasco, Irina Guerachtchenko (qui n’était même pas présente rappelons-le), n’a rien trouvé de mieux à faire que de faire un post sur Facebook afin de rejeter la faute de cet échec sur les représentants de la RPD, qui eux étaient là et ont fait leur travail ! Le coordinateur de l’OSCE qui était là lors de la réunion a dû démentir cette déclaration publique mensongère de madame Guerachtchenko, tant c’était outrancier.

Au total, les représentants ukrainiens ont réussi à saboter trois des quatre groupes de contact qui se réunissaient ce jour-là.

« Dans le groupe de travail sur les questions politiques, le représentant de Kiev a déclaré qu’il avait reçu des instructions pour ne pas aborder les questions prévues dans l’agenda pourtant approuvé par le groupe de contact. Il a aussi déclaré qu’il ne négocierait pas sans plaque avec son nom devant lui. En outre, il a mis en avant toute une série de conditions préalables, qui non seulement ne sont pas prévues dans les accords de Minsk, mais qui se contredisent aussi les unes les autres et vont à l’encontre du droit international  », a déclaré le représentant de la République Populaire de Lougansk (RPL), Rodion Mirochnik.

L’attitude des représentants ukrainiens, et leurs propos étaient tellement choquants que le représentant de l’OSCE, Pierre Morel, a été obligé de commenter cette situation, en déclarant que la position de Kiev menait à une impasse et à la rupture des négociations.

« Le coordinateur de l’OSCE a averti la partie ukrainienne que si le représentant de Kiev continuait à utiliser un langage offensant, il serait contraint d’arrêter les négociations  », a déclaré Rodion Mirochnik.

Le groupe de contact en charge des questions de sécurité n’a pas plus avancé. La proposition de l’OSCE d’introduire un cessez-le-feu de printemps à partir du 6 mars a été refusée par la partie ukrainienne sans aucune justification valable. Les représentants de Kiev ont essayé de convaincre les autres représentants que cette discussion pouvait attendre Pâques !

Quand on voit la dégradation continue de la situation sur le front, on se rend bien compte que cette position vise à permettre une escalade continue des tensions dans le Donbass jusqu’aux élections présidentielles ukrainiennes !

Un objectif qui a été bien compris par l’OSCE qui a insisté auprès des représentants ukrainiens et obtenu qu’une vidéo-conférence soit organisée afin de fixer une date de cessez-le-feu avant la journée internationale des femmes (8 mars).

Un nouveau cessez-le-feu dont la nécessité apparaît clairement quand on regarde le bilan des dernières 24 heures.

Aujourd’hui, suite aux tirs de l’armée ukrainienne sur la zone autour de la mine Gagarine à coups de mortiers de 120 mm et 82 mm, un civil a été blessé à Gorlovka. L’homme a été envoyé à l’hôpital où il a été soigné. Les tirs qui ont lieu depuis ce matin ont aussi endommagé 24 appartements à Gorlovka et une maison à Krasnyi Partizan, et la journée n’est pas encore finie…

Et pendant que Kiev instrumentalise l’escalade des tensions dans le Donbass à des fins électoralistes, les deux garants occidentaux des accords de Minsk (France et Allemagne) se font remarquer par leur silence assourdissant. Au lieu d’exiger d’un autre garant de ces accords (la Russie) qu’il applique Minsk-2 alors qu’il n’est pas partie prenante dans ce conflit, Paris et Berlin feraient mieux de s’occuper des violations flagrantes de ces accords par un des signataires principaux : l’Ukraine.

Christelle Néant

Voir l'article sur Donbass Insider


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2 réactions à cet article    


  • Guy19550 Guy19550 1er mars 12:50

    C’est un très bon article Christelle, il va un peu plus loin que celui de Tass, ici :

    http://tass.com/world/1046754

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