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Accueil du site > Actualités > International > L’atlantisme, voilà l’ennemi… !
#67 des Tendances

L’atlantisme, voilà l’ennemi… !

 
 

Proposition liminaire pour penser l’impérialisme dans le moment actuel.

par Aymeric Monville

L’une des tâches majeures qui se pose au mouvement communiste international consiste à définir l’impérialisme ou plutôt les impérialismes dans le moment actuel. C’est cette démarche – léninienne par l’esprit – qu’il nous faut aujourd’hui fermement opposer à une lecture littérale et caricaturale de “L’impérialisme, stade suprême du capitalisme”, hélas aujourd’hui trop courant dans la mouvance communiste, et consistant en la répétition hâtive de thèses qui ressortissent principalement au contexte de la Première Guerre mondiale mais non à notre époque. Le moment actuel diffère en effet de celui du premier conflit mondial en ce que nous sommes arrivés, de par la réalité, d’ailleurs bien vue par Lénine, du développement inégal des impérialismes, à un point de la domination de l’impérialisme états-unien tel que celle-ci va de l’hégémonie militaire jusqu’à la capacité de contrôler la monnaie au plan mondial. Cette domination en fait la menace numéro un pour la cause des peuples.

Dès 1935, dans la démarche séminale qui fut celle du VIIe congrès de l’Internationale communiste, l’on sortait d’un certain schématisme pour prendre conscience de la nécessité d’une alliance anti-fasciste, c’est-à-dire la désignation d’une cible prioritaire et la fin du mot d’ordre du défaitisme tous azimuts. Certes, lesdites démocraties occidentales ne cessaient pas d’être considérées comme des impérialismes réels ou en puissance, mais l’on prenait conscience de la dangerosité primordiale du fascisme et de la nécessité d’un large front, comme en Espagne notamment. C’est cette démarche – maintenue par le Komintern jusqu’à sa dissolution en 1943, à l’exception de la période du Pacte de non-agression, imposé par la honteuse trahison de Munich – qui a permis la victoire de l’Union soviétique, puis de résister ensuite, pendant la guerre froide, aux impérialismes occidentaux, qui ne pouvaient plus compter sur l’alliance “munichoise” avec un fascisme définitivement défait. Il faut donc séparer, et pas seulement distinguer les impérialismes, c’est-à-dire jouer sur leurs contradictions. Cette stratégie est la seule gagnante. Elle relève avant tout de la nécessaire « ruse de la raison » d’un prolétariat qui a d’abord pour seule arme son organisation et sa faculté à diviser l’ennemi, comme Horace est dit avoir vaincu les trois Curiace en les affrontant l’un après l’autre. Mais n’oublions pas non plus qu’en divisant ses ennemis, les plus irréductibles les uns après les autres, la classe ouvrière trouve également dans sa lutte différents alliés, progressistes et intellectuels, ce qui permettra plus tard la construction du socialisme sur la base d’un large consensus national.

C’est pourquoi, pour le moment, toutes les discussions – fréquentes dans nos milieux – sur la réalité, l’importance ou la dangerosité d’un impérialisme russe ou chinois, certes, sont légitimes dans la mesure où la Russie et la Chine participent à l’exportation de capitaux sur la base de la fusion du capital bancaire et du capital industriel en capital financier, critère léninien majeur de l’impérialisme, mais deviennent déplacées, contre-productives, voire douteuses dans la mesure où l’on tairait que cet avantage comparatif n’est pas de nature à asservir les économies, mais apporte – en tout cas aujourd’hui – au Venezuela, comme en Syrie, une garantie de leur souveraineté et de leur pérennité. 

Ce n’est pas un hasard si les principaux opposants au président Maduro sont les puissances coloniales de l’ère moderne (Royaume-Uni, France, Espagne, Allemagne, Portugal, Pays-Bas) et si ses principaux défenseurs sont les pays qui ont le plus contribué à la décolonisation au XXe siècle (Russie, Chine, Cuba). La prise en compte de ce temps long, braudélien, montre aussi que même un pays capitaliste comme la Russie est intriquée dans un réseau d’alliances et d’intérêts de long terme qui en fait aujourd’hui une protectrice pour la souveraineté de nombreux Etats. Ajoutons également que lorsque nous parlons de problèmes aussi graves que les menaces nucléaires exterministes (cf. les thèses de G. Gastaud à ce sujet), le contrôle des secteurs clefs de l’économie chinoise par le PCC ou la mise au pas – partielle, certes – de certains oligarques par V. Poutine, donne de meilleures garanties du fait que dans ces pays-là, il y a – à défaut d’une direction prolétarienne – au moins “un pilote dans l’avion” et non un complexe militaro-industriel, véritable « monstre froid, le plus froids de tous les monstres froids » dont la résistible ascension effrayait jusqu’à Eisenhower lui-même.

Il est vrai qu’un “monde multipolaire”, terme clef de la diplomatie russe actuelle, si elle est un scandale pour les Folamour de Washington, n’est évidemment pas un mot d’ordre satisfaisant pour un marxiste si l’on ne remet pas en cause la constitution de blocs impérialistes concurrents. Mais nous sommes loin d’en être là. Rappelons cette évidence : l’OTAN dispose d’un système complet de bases militaires entourant la Russie, la réciproque n’est pas vrai. Il serait aussi déplacé de méconnaître l’héroïsme de cette puissance russe qui a détruit le fascisme brun et récemment le fascisme vert de Daesh, lorsque notre « gauche » se vautre dans la collaboration de classe et la complicité avec les politiques de la canonnière depuis tant d’années. Oserons-nous dire que nous préférons de loin, malgré nos réserves, les néo-« gaullistes » russes aux sociaux-traîtres et aux sociaux-impérialistes bien chez nous ? Certes, nous ne réduisons pas l’impérialisme à la fraction hégémonique de celui-ci (la Triade). Mais notons que la mondialisation est d’abord une USAnisation. Il n’est qu’à voir la domination éhontée du tout-globlish. De plus, ces impérialismes en Europe, français et allemand par exemple, n’ont pas choisi pour rien de s’opposer prioritairement à la Russie. Le récent traité d’Aix-la-Chapelle et la lettre d’Annegret Kramp-Karrenbauer à Macron qui s’en est ensuivie, montre qu’il s’agit bien plus d’une recomposition régionale de l’atlantisme dirigée en priorité contre Moscou. Le capital français gendarme en Afrique pour le compte du capital allemand gendarme en Europe, lequel accepte, par la réactivation de la russophobie, le rôle du capital états-unien comme gendarme du monde. Le “populisme” de l’actuel gouvernement italien n’est simplement qu’une stratégie qu’a trouvé le capitalisme italien pour résister à la pression des ses concurrents – comme l’a montré sa mise à l’écart lors de la guerre en Libye – par un chantage à la sortie de l’Europe, laquelle ne sert en réalité que de monnaie d’échange pour une recomposition ultérieure.

Une autre erreur qui résulte d’une lecture trop mécaniste et atemporelle de l’ouvrage de Lénine consiste à affirmer que toute évocation de la disparition ou du dépassement du cadre national serait un réchauffé du supra-impérialisme facteur de paix mondiale cher à Kautsky et moqué à juste titre par Lénine. Bien entendu, cette dynamique supra-impérialiste (ou ultra-impérialiste) n’est pas à l’oeuvre et le développement inégal des impérialismes oppose encore des capitalismes s’appuyant sur leur appareil étatique national. Néanmoins, il faut dans le même temps constater une évolution du capitalisme monopoliste d’Etat vers ce que Samir Amin appelait le “capitalisme des monopoles généralisés”. Cette évolution est certes avant tout tendancielle et n’efface ni rôle des Etats dans la sauvegarde des capitalismes ni leur mise en concurrence mais elle explique en partie, pour prendre l’exemple le plus frappant pour nous, la déperdition de souveraineté dont notre peuple est victime. Elle explique aussi en partie pourquoi le gaullisme en France est devenue une option subjective et nostalgique mais non plus l’expression d’une classe, en l’occurrence une bourgeoisie nationale capable de résister. Du reste, le dernier ouvrage d’Annie Lacroix-Riz, “Les Elites françaises entre 1940 et 1944”, montre bien que De Gaulle était lui-même une exception, son entourage (Catroux compris !) étant fort inféodé à l’atlantisme. Ne pas comprendre ces dynamiques, c’est ne pas comprendre que, bien que la France soit elle aussi un pays impérialiste, son peuple a besoin d’être défendu en tant que tel.

Concluons. Nous célébrons ces jours-ci le triste anniversaire des vingt ans de l’agression de la Yougoslavie par les forces de l’OTAN. Dès cette époque, il était bien vu, – et jugé même léniniste, dans le camp trotskiste notamment -, de rejeter dos à dos les forces en présence. Il avait bon dos le défaitisme ! Et la révolution permanente qui cache l’impuissance politique la plus totale ! Tout cela a joué tout le temps en faveur des maîtres états-uniens. C’est la même démarche obtuse qui avait autorisé LO à ne pas voter contre le traité de Maastricht au nom de la pureté révolutionnaire qui excluait toute considération du cadre (étatique ou supra-étatique) de la lutte des classes. Même chose du renvoi dos à dos de l’impérialisme états-unien et des régimes arabes laïques qui, malgré leurs évidentes limites, avaient au moins nationalisé le pétrole. Cet abandon complet, avec la complaisance de la gauche occidentale, a entraîné la plupart des pays arabes dans la misère et le chaos.

La classe ouvrière ne doit pas s’interdire de passer des alliances – comme toutes les alliances : ponctuelles, et sur la base de l’intérêt réciproque – avec des forces non communistes qui défendent l’indépendance nationale de leur pays. Cette stratégie s’est révélée victorieuse dans la grande séquence de la décolonisation au XXe siècle. C’est le couple entre un parti de combat, marxiste-léniniste et solide de par son organisation centraliste et démocratique, et un large front de libération nationale qui est la condition sine qua non de la victoire. C’est la stratégie du Front populaire qui malgré ses limites évidentes – trahison de l’Espagne par Blum, “pause”, etc. – a empêché l’arrivée du fascisme en France, la soumission à l’Allemagne préparée par la bourgeoisie, et a permis que le fascisme, en tant que “produit d’importation” de l’étranger, fût plus aisément vaincu sur notre sol. 

Les progrès constants du PRCF dans l’opinion publique, mesurés par le fait qu’ « Initiative communiste » est désormais le 8e site politique en France, alors que notre Pôle n’a nullement renoncé aux principes organisationnels léninistes, montrent aujourd’hui également que cette stratégie est la seule valable.

Toutes ces raisons nous confirment, cent ans après la création de l’Internationale communiste, plus que jamais, que les thèses définies par l’Internationale communiste, Thorez, Togliatti, Dimitrov, restent un jalon pour l’avenir.

C’est en cela que nous redisons, avec le grand Gabriel Péri :

« Et s’il était à refaire je referais ce chemin. / Une voix monte des fers. Et parle des lendemains. »

https://www.initiative-communiste.fr/articles/international/latlantisme-voila-lennemi/


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7 réactions à cet article    


  • Julien S 17 avril 16:26

    Il ne faut pas croire que dans les ehpad on ne fait que regarder la télévision. Il y règne une forte activité intellectuelle. 

    .

    Perso, à quelques années seulement d’y entrer, je tiens soigneusement à jour mes fiches d’aviation commencées à douze ans. 


    • Christian Labrune Christian Labrune 17 avril 22:39

      Toutes ces raisons nous confirment, cent ans après la création de l’Internationale communiste, plus que jamais, que les thèses définies par l’Internationale communiste, Thorez, Togliatti, Dimitrov, restent un jalon pour l’avenir.

      ==========================================

      Et Lénine ? Et Staline ? Et les frères Castro avec leur petit boucher de la Cabaña ? Et Pol Pot ? J’allais oublier Mao et Kim Il-Sung, premier grand roi communiste d’une longue lignée !

      Les « thèses », c’est bien, mais ces grands bonshommes que je viens de citer, eux, ne se sont pas contentés d’être des intellectuels. Ils ont su mettre la main à la pâte, et l’immense bonheur des hommes, dans tous ces pays que je viens d’évoquer, n’est-ce pas à eux seuls qu’ils le doivent ? Ne l’oublions jamais.

      Vive Iossif Vissarionovitch Djougachvili, le plus grand d’entre eux et le plus admirable.

      Staline dans le coeur des hommes
      Sous sa forme mortelle avec des cheveux gris
      Brûlant d’un feu sanguin dans la vigne des hommes
      Staline récompense les meilleurs des hommes
      Et rend à leurs travaux la vertu du plaisir
      Car travailler pour vivre est agir sur la vie
      Car la vie et les hommes ont élu Staline
      Pour figurer sur terre leurs espoirs sans bornes.

      Et Staline pour nous est présent pour demain
      Et Staline dissipe aujourd’hui le malheur
      La confiance est le fruit de son cerveau d’amour
      La grappe raisonnable tant elle est parfaite

      Paul Eluard


      • Super Cochon 18 avril 07:55

        L’atlantisme, voilà l’ennemi… ! ......... sans oublier les Communistes ! ........ les pires criminels de l’humanité qui ont mis en esclavage la Classe Ouvrière russe et tuer les autres dans des camps d’extermination par le travail dans des Goulags !

        .


        • Christian Labrune Christian Labrune 18 avril 11:22

          @Super Cochon

          Vous n’êtes qu’un sale réactionnaire et vous justifiez parfaitement votre pseudonyme. Vous ne sauriez donc pas que si le communisme a bien été la cause directe de la mort de millions d’hommes, cela ne résultait aucunement de la théorie, qui était et demeure excellente, mais d’une application quelquefois un peu hasardeuse ou maladroite, mais l’erreur est humaine. Ce n’est pas parce que le communisme réel s’est effondré partout que l’idée communiste est morte. Elle renaîtra de ses cendres, comme Notre-Dame de Paris, et produira dans l’avenir, espérons-le, bien d’autres massacres, pour le plus grand bonheur de l’humanité future.
          C’est ce que pense aujourd’hui un immense philosophe français, Alain Badiou. Il n’est pas encore mort, mais la puissance de sa pensée est telle que, pour moi, il devrait être le premier grand homme à entrer vivant au Panthéon.
          Pour parler comme Villon : « En cette foi je veux vivre et mourir ».
          Viva la muerte !


        • Luniterre 18 avril 15:09

          En réponse à Aymeric Monville

          https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/04/18/en-reponse-a-aymeric-monville-et-a-son-texte-latlantisme-voila-lennemi/

          Bien évidemment, il est stupide de se livrer à une lecture et à un application dogmatique des classiques du Marxisme-Léninisme, que ce soit Marx, Lénine, mais aussi Dimitrov, du reste…

           

          Ce qui reste essentiel, en tout temps, c’est l’analyse de l’infrastructure, de la base économique. C’est ce qui détermine les interactions dans la superstructure, et notamment, les rivalités entre puissances économiques et financières.

           

          Ce n’est donc pas pour rien que Lénine insiste sur la dimension internationale du capitalisme financier, dès son époque. Ce sont déjà essentiellement les mouvements de capitaux entre les nations qui déterminent leurs rapports de force.

           

          Dans la définition de l’impérialisme le critère d’exportation de capitaux est déjà essentiel, non pas en soi-même, évidemment, mais bien en tant qu’instrument de domination politique et économique d’une nation sur une ou plusieurs autres.( …)

          L’ARTICLE INTEGRAL SUR TML :

          https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/04/18/en-reponse-a-aymeric-monville-et-a-son-texte-latlantisme-voila-lennemi/

          Luniterre


          • Luniterre 18 avril 19:29

            En réponse à Aymeric Monville

            Extrait  : « Si le budget militaire US représente à lui seul 40% du budget militaire mondial, il en va de même déjà simplement pour la capitalisation boursière située aux USA, qui représente donc également 40% du total mondial. Sur l’ensemble mondial des titres financiers, ce sont largement plus de 50% qui sont contrôlés par des américains…

            Par comparaison, la capitalisation boursière de la Chine, son challenger, équivaut à 40% …de celle des USA, soit environ 16% du total mondial.

            La capitalisation boursière de la Russie, pour sa part, représente moins de 1,5% de la capitalisation US, soit aux environs de 0,6% du total mondial !

            Une seule entreprise américaine, comme Apple, représente à elle seule plus du double de la capitalisation boursière totale en Russie… !

            Et qu’en est-il de l’exportation « massive » de capitaux russes qui devrait être la manifestation essentielle de cet « expansionnisme » dévergondé… ?

            Comparons les chiffres chinois et russes pour l’année 2016 :

            La Chine a exporté en 2016 pour 183 Millards de Dollars de capitaux, et en a importé 133, soit un différentiel POSITIF, pour l’export, de 50 Mds de Dollars.

            https://www.tradesolutions.bnpparibas.com/fr/implanter/chine/investir

            Cette même année, la Russie a importé en tout moins de 33 Milliards de Dollars, et n’en a exporté que 22, soit un solde NEGATIF de près de 11 Mds.

            https://www.tresor.economie.gouv.fr/Ressources/File/438470

            Et encore, selon la source, environ 70% de ces 22 Mds exportés le sont vers des « zones à fiscalité privilégiée », et ne sont donc pas réellement de l’investissement productif. Plutôt de l’évasion fiscale, en termes moins diplomatiques… »

             

            Il est donc particulièrement absurde de parler de la Russie et de la Chine comme deux candidats également potentiels au titre de challenger impérialiste des USA ! C’est manifestement vrai dans le cas de la Chine, et faux dans le cas de la Russie.

             

            Le fait que la Russie ait une alliance relativement privilégiée avec la Chine par rapport aux USA et même par rapport à l’Europe c’est encore une évidence géostratégique qui peut se passer d’explication mais qui n’infère rien, quoi qu’il en soit, et à priori, concernant la nature de classe de ces deux États. Une autre évidence est cependant que ce sont bien deux États capitalistes, quoi que certains le nient encore, y compris le PC chinois lui-même, du reste, et pour commencer !

            Ce n’est donc pas non plus la nature de classe qui les distingue, mais, simplement et précisément, le stade de développement du capitalisme où ils en sont :

            La Chine est bel et bien rentrée dans le concert des nations impérialistes et la Russie, non !


            https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/04/18/en-reponse-a-aymeric-monville-et-a-son-texte-latlantisme-voila-lennemi/



            Luniterre


          • Luniterre 18 avril 19:39

             En réponse à Aymeric Monville

            Autre extrait :

            "Ce que M. Monville prétend donc « découvrir » à travers la littérature de Samir Amin et de ses alter ego, ce serait une nouvelle « déperdition de souveraineté dont notre peuple est victime ». et qui imposerait donc de « comprendre que, bien que la France soit elle aussi un pays impérialiste, son peuple a besoin d’être défendu en tant que tel. » … « La classe ouvrière ne doit pas s’interdire de passer des alliances – comme toutes les alliances : ponctuelles, et sur la base de l’intérêt réciproque – avec des forces non communistes qui défendent l’indépendance nationale de leur pays. » 

             

            Et c’est donc contre cette « déperdition de souveraineté » que M. Monville se propose donc de « passer des alliances »… Or, comme on l’a vu, une telle « déperdition », intrinsèque au capitalisme, et encore plus, à l’impérialisme, n’a rien de nouveau.

             

            C’est clairement pour les pays victimes de l’impérialisme que cette « déperdition » impose des conditions particulièrement dégradantes et ouvre une possibilité d’alliance entre prolétariat et bourgeoisie nationale, s’il s’en trouve une, et non, bien évidemment, dans les pays impérialistes eux-mêmes !

             

            Du reste, M. Monville semble tout de même être assez lucide pour constater la disparition de toute bourgeoisie nationale en France, actuellement :

             

            « le gaullisme en France est devenue une option subjective et nostalgique mais non plus l’expression d’une classe, en l’occurrence une bourgeoisie nationale capable de résister. »

            Et donc, ipso facto, son « parallèle » avec la situation des années 30 et du front anti-fasciste tombe de lui-même, et le panel de forces « nationales » auquel il prétend s’adresser reste pour le moins mystérieux !

             

            Pour en finir, et tenter de comprendre, il nous faut donc en revenir au début, là où il nous parlait d’alliance avec tel ou tel impérialisme, comprenant bien, in fine, que c’est donc nécessairement, en réalité, de l’impérialisme chinois qu’il s’agit.

             

            Il nous parle donc du PRCF comme d’un prétendu « parti marxiste-léniniste » qui deviendrait l’allié d’un « front de libération nationale », libérant la France, de quoi déjà ? Ah, oui, certes, de l’ « Atlantisme »… « Voilà l’ennemi » ! Et donc, finalement, pour faire de la France un satellite de la Chine… Solution qu’une bonne partie de la bourgeoisie française monopoliste serait certainement capable de choisir d’elle-même, même sans les conseils « avisés » de M. Monville et du PRCF, effectivement, en cas de renversement du rapport de forces international.

             

            D’ici là, le PRCF peut continuer à recycler les discours creux de Samir Amin et consorts, ce n’est pas grave, il n’est là, au mieux, que pour fournir l’emballage, de toutes façons.

             


            https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/04/18/en-reponse-a-aymeric-monville-et-a-son-texte-latlantisme-voila-lennemi/

            Luniterre


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