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L’Empire américain est déjà révolu – Le Saker interviewe Dmitri Orlov

« Je pense que l’empire américain est déjà bien révolu, mais il n’a pas encore été soumis à un test de résistance sérieux, et donc personne ne se rend compte que c’est le cas. »

Si je devais caractériser la situation internationale actuelle avec un seul mot, le mot « chaos » serait un choix assez convenable (mais pas le seul). Chaos en Ukraine, chaos au Venezuela, chaos partout où l’Empire est impliqué à quelque titre que ce soit et, bien sûr, chaos aux États-Unis. Mais vous ne le saurez pas en écoutant les têtes parlantes et les autres « experts » qui ont pour l’Empire à peu près la même fonction que l’orchestre sur le Titanic : distraire le plus longtemps possible de la ou des catastrophes qui se produisent.

J’ai décidé de me tourner vers l’expert incontesté de l’effondrement social et politique, Dmitri Orlov, que j’ai toujours admiré pour ses analyses comparatives très logiques, non idéologiques, de l’effondrement de l’URSS et des États-Unis. Le fait que ses détracteurs doivent recourir à des attaques ad hominem grossières et, franchement, stupides, me convainc encore davantage que les vues de Dmitri doivent être largement partagées. Dmitri a très aimablement accepté de répondre à mes questions de façon assez détaillée, ce dont je lui suis très reconnaissant. J’espère que vous trouverez cet entretien aussi intéressant que moi.

Le Saker


Le Saker : Comment évaluez-vous la situation actuelle en Ukraine en termes d’effondrement social, économique et politique ?

Dmitri Orlov : L’Ukraine n’a jamais été viable en tant qu’État indépendant et souverain et sa désintégration, déjà amorcée, est donc à prévoir. L’applicabilité du concept d’effondrement repose sur l’existence d’une entité intacte et autonome capable de s’effondrer, ce qui n’est certainement pas le cas avec l’Ukraine. Jamais, dans son histoire, elle n’a été capable de fonctionner seule en tant qu’entité stable, autosuffisante et souveraine. Dès qu’elle a accédé à l’indépendance, elle s’est effondrée. Tout comme les pays Baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie), elle avait atteint son apogée de développement économique et social au moment même où l’URSS était sur le point de s’effondrer, et elle n’a cessé depuis de dégénérer et de perdre sa population. Ainsi, le bon modèle pour en discuter n’est pas celui de l’effondrement soudain, mais celui d’une dégénérescence et d’une déliquescence constantes.

Le territoire de l’Ukraine a été assemblé par les bolcheviques – d’abord par Lénine, puis par Staline, puis par Khrouchtchev. C’est Lénine qui y a mis ses régions orientales (Donetsk et Lougansk en particulier) qui faisaient auparavant partie de la Russie proprement dite. Staline a ensuite ajouté des terres occidentales, qui étaient à différentes époques polonaises, austro-hongroises ou roumaines. Enfin, Khrouchtchev y a jeté la Crimée russe dans un mouvement anticonstitutionnel à l’époque, car aucun référendum public n’avait été organisé en Crimée pour trancher cette question comme l’exigeait la Constitution soviétique.

Avant cette initiative bolchevique, le mot « Ukraine » n’était pas utilisé comme une dénomination politique ou géographique propre. Le territoire était considéré comme faisant partie de la Russie, se distinguant du reste par le préfixe « Malo- ». (petit) et appelé « Malorussie » (Petite Russie). Le mot « Ukraine » est simplement une forme archaïque du mot russe « okraina » (périphérie, terre frontalière). C’est pourquoi l’article défini « le » est nécessaire : l’Ukraine est littéralement « la périphérie de la Russie ». Les Soviétiques ont doté cette terre frontalière d’une identité imaginaire et ont forcé nombre de ses habitants à se déclarer officiellement comme ethniquement « Ukrainiens » afin d’obtenir un siège supplémentaire à l’ONU, avec succès.

Cette bouillie politique était censée tenir debout grâce une identité ethnique ukrainienne, qui est elle-même une mixture. La langue ukrainienne est une combinaison de dialectes des villages du sud de la Russie avec un peu de polonais ajouté comme arôme. Elle a une tonalité que les Russes trouvent enchanteresse, ce qui la rend bien adaptée aux chansons folkloriques. Mais elle n’a jamais eu beaucoup de valeur pratique, et la langue de travail des Ukrainiens a toujours été le russe. Aujourd’hui encore, les nationalistes ukrainiens passent au russe si le sujet est suffisamment exigeant. Sur le plan religieux, la majorité de la population est orthodoxe russe depuis de nombreux siècles et l’est toujours.

Lors de mes conversations au sujet de l’Ukraine avec de nombreux Ukrainiens, au fil des ans, j’ai découvert une vérité choquante : contrairement aux Russes, les Ukrainiens semblent avoir une solidarité ethnique absolument nulle. Ce qui les unit, c’est leur expérience historique commune au sein de l’Empire russe, puis de l’URSS, mais cet héritage historique est activement effacé. Après l’effondrement soviétique et l’indépendance de l’Ukraine, une campagne de désoviétisation et de dé-russification de l’Ukraine a suivi, désavouant cet héritage historique commun pour le remplacer par une identité synthétique ukrainienne basée sur une fausse histoire qui est étrangère à une partie importante de la population. Cette fausse histoire honore les collaborateurs des nazis et tente d’effacer complètement le souvenir du rôle autrefois très actif de l’Ukraine dans le monde russe au sens large.

Nous avons donc un territoire majoritairement russophone, historiquement majoritairement russe, où la plupart des gens parlent soit le russe (certains d’entre eux avec un accent), soit une sorte de patois ukrainien appelé Sourjik, qui sonne ukrainien mais avec surtout des mots russes (le chevauchement entre les deux langues est si grand qu’il est difficile de tracer la frontière entre elles). L’ukrainien proprement dit est parlé dans l’ouest du pays, qui n’a jamais fait partie de l’Empire russe, mais c’est un dialecte inintelligible dans la plupart des autres régions du pays.

Malgré cette situation linguistique confuse, l’ukrainien a été imposé comme langue d’enseignement dans tout le pays. Le manque de manuels scolaires en ukrainien et le manque d’enseignants qualifiés pour enseigner en ukrainien ont fait chuter la qualité de l’enseignement public, donnant naissance à plusieurs générations d’Ukrainiens qui ne connaissent pas vraiment l’ukrainien, qui n’ont reçu qu’un enseignement peu formel en russe et qui parlent une sorte de langue informelle. Plus récemment, des lois ont été adoptées qui restreignent sévèrement l’utilisation du russe. Par exemple, les gens qui n’ont jamais parlé un mot d’ukrainien sont maintenant obligés de l’utiliser pour faire des achats ou pour obtenir des services gouvernementaux.

L’identité ukrainienne artificielle et synthétique est trop mince pour donner au pays un sens de soi ou une orientation. C’est une identité purement négative : L’Ukraine est ce qui n’est pas la Russie. Le trou qui en a résulté dans la conscience collective a été comblé en faisant de l’intégration européenne un culte fervent : on a annoncé que l’Ukraine abandonnait le monde russe pour rejoindre l’Union européenne et l’OTAN. Plus récemment, l’intention d’adhérer à l’UE et à l’OTAN a été inscrite directement dans la constitution ukrainienne. Entre-temps, il est devenu tout à fait clair que ni l’adhésion à l’UE ni à l’OTAN ne sont le moins du monde probables ou nécessaires : l’UE a obtenu de l’Ukraine tout ce qu’elle voulait en la contraignant à signer un accord d’association sans contrepartie valable et le territoire de l’Ukraine sert déjà de terrain de jeu aux exercices de formation de l’OTAN.

Ainsi, en ce qui concerne l’effondrement social, il n’y a vraiment pas grand-chose à discuter, car le terme « société ukrainienne » a très peu de fondement dans la réalité. Si nous abandonnons la prétention que l’Ukraine est un pays qui peut être viable s’il est séparé de la Russie, que pouvons-nous dire de ses chances comme partie d’une Grande Russie ?

Ici, je dois faire une digression pour expliquer la différence entre un véritable empire et l’URSS. Un empire proprement dit fonctionne comme une pompe à richesse qui aspire la richesse de ses possessions impériales, que ce soit à l’étranger, comme dans le cas de l’Empire britannique, ou dans une partie de la périphérie, comme dans le cas de l’Empire russe. Ce dernier a hérité des traditions de l’Empire mongol qui l’a précédé. Le terme mongol « tamga » était souvent utilisé pour désigner l’hommage annuel qui devait être collecté auprès des tribus nouvellement conquises à mesure que l’Empire russe s’étendait vers l’est. (Beaucoup de ces tribus étaient auparavant des sujets mongols qui comprenaient le sens du terme.)

Voici le point clé : l’URSS n’était pas du tout un empire normal. Au lieu de fonctionner comme une pompe à richesse, qui pompait la richesse de la périphérie vers le centre impérial, elle fonctionnait comme un incubateur révolutionnaire, exploitant les ressources du noyau (la Russie) et les exportant vers la périphérie pour construire le socialisme, avec l’objectif supplémentaire de fomenter une révolution communiste mondiale. Les divers groupes ethniques qui étaient surreprésentés parmi les bolcheviques venaient tous de la périphérie – de la Zone de Résidence, de Biélorussie, d’Ukraine, du Caucase et des Pays Baltes – et ils s’en fichaient de sacrifier notre mère Russie sur l’autel de la révolution mondiale.

Leur zèle révolutionnaire était entravé par son manque total de sens pratique. Au fur et à mesure que l’on s’en rendait compte, Léon Trotski, le grand représentant de la révolution mondiale, fut d’abord exilé, puis assassiné. Plus tard, lorsqu’il devint clair que sans faire appel aux sentiments patriotiques russes, la tâche de vaincre l’Allemagne nazie avait peu de chances de réussir, Staline ramena l’Église orthodoxe russe et fit d’autres efforts pour restaurer l’identité ethnique russe qui étaient auparavant décriée comme rétrograde et chauviniste. Dans les années 1940, un groupe de dirigeants communistes de Leningrad a tenté de promouvoir les intérêts russes par le biais de la coopération régionale. Ils ont été purgés et ont subi la répression politique dans ce qui est devenu « l’affaire de Leningrad ».

Heureusement, l’idée que la Russie était un terrain de jeu jetable pour la révolution communiste mondiale n’a jamais été pleinement mise en œuvre. Cependant, la tendance à exploiter la Russie au profit de sa périphérie soviétique est restée intacte. Les dirigeants les plus importants de l’URSS – Staline, Khrouchtchev et Brejnev – n’étaient pas russes ; Staline était géorgien et les deux derniers étaient ukrainiens. Toutes les autres républiques soviétiques avaient leurs propres organisations du parti communiste qui développaient des cadres à envoyer à Moscou, alors que la Russie elle-même ne disposait pas d’une telle organisation. Le résultat inévitable était que la plupart des autres républiques soviétiques étaient capables d’aspirer les ressources de la Russie, ce qui les rendait beaucoup plus prospères que la Russie elle-même.

Ainsi, l’image de l’URSS en tant qu’empire typique est tout simplement fausse. La bonne image mentale de l’URSS est celle d’une truie prostrée et émaciée (Russie) que tètent 14 porcelets gras et cupides (les autres républiques socialistes soviétiques). Boris Eltsine, malgré ses nombreux manquements, a bien fait une chose : il a démantelé l’URSS (bien que la façon dont il s’y est pris était plus qu’incompétente et frisait la trahison).

Si vous avez besoin d’une explication sur la raison pour laquelle la Russie est en plein essor, de plus en plus prospère et capable d’investir des sommes considérables dans des systèmes d’armes hypersoniques et dans des infrastructures modernes pour son peuple, c’est cela : les 14 porcelets ont été envoyés se nourrir ailleurs par eux-mêmes. Ce petit point de vue, soit dit en passant, met à l’épreuve l’idiotie de Zbigniew Brzezinski dans son « Grand échiquier  » : sa théorie selon laquelle la Russie veut être un empire mais ne peut le faire sans l’Ukraine s’effondre au contact du constat que la Russie n’est plus un empire depuis un siècle et ne veut ni n’a besoin de redevenir un empire.

En tout cas, les empires d’aujourd’hui sont un peu rétro, vous savez, et pas du tout utiles, sauf comme moyen pour les Américains stupides de finir de se ruiner. La Russie a besoin de partenaires commerciaux fiables qui peuvent payer par eux-mêmes, et non de dépendants ingrats qui réclament des dons. Le simple fait d’amener la Crimée aux normes russes actuelles après 30 ans de négligence ukrainienne s’est avéré être une tâche monumentale ; en ce qui concerne le reste de l’Ukraine, oubliez cela !

Alors, armé de cette perspective, que pouvons-nous dire de l’Ukraine selon le point de vue de la Russie d’aujourd’hui ?

D’abord et avant tout, c’est un spectacle de monstres, comme en témoigne le contenu des talk-shows russes dans lesquels les experts ukrainiens apparaissent comme des personnages clownesques indestructibles : chaque fois que leurs arguments risibles au nom de l’Ukraine leur explosent au visage, ils restent là un moment, carbonisés et furieux, puis se brossent les dents et apparaissent dans la séquence suivante, frais comme une rose. Ce spectacle de monstres a un certain mérite didactique : il aide le corps politique russe à développer des anticorps puissants contre l’hypocrisie occidentale, car c’est l’ingérence occidentale qui a fait de l’Ukraine contemporaine l’horrible gâchis qu’elle est. Mais c’était, en un sens, inévitable : privée de la mamelle soviétique, l’Ukraine tente depuis 30 ans de téter les États-Unis et l’UE et, à défaut, se découpe et grille ses propres entrailles.

Deuxièmement, l’Ukraine est une grande source d’immigrants, ayant perdu environ un tiers de sa population depuis l’indépendance. Une grande partie de sa population est qualifiée de russe : linguistiquement, culturellement et religieusement, elle est parfaitement compatible avec la population russe. Les Ukrainiens constituent déjà le troisième groupe ethnique le plus peuplé en Russie (après les Russes et les Tatars) et la Russie a pu absorber les Ukrainiens qui ont fui en Russie ces dernières années. Au fur et à mesure que la population de l’Ukraine diminue, un tri naturel a lieu. Ceux qui sont les plus compatibles avec le monde russe ont tendance à s’installer en Russie, tandis que les autres vont en Pologne et dans d’autres pays de l’UE.

Pour terminer, le sujet ukrainien fait l’objet d’une grande lassitude en Russie. C’est actuellement un sujet de discussion majeur en raison des élections présidentielles farfelues qui s’y déroulent en ce moment, mais on entend de plus en plus cette question : « Faut-il continuer à parler de ça ?  » Il n’y a rien de positif à dire sur l’Ukraine, et les gens ont tendance à secouer la tête et à changer de chaîne. Ainsi, le dernier élément de la perspective russe sur l’Ukraine est qu’elle fait mal à voir et qu’ils préfèrent aller voir autre chose.

Cependant, ce n’est pas le cas. Pour de nombreuses raisons historiques, la Russie reste le principal partenaire commercial de l’Ukraine. Les économies russe et ukrainienne ont été conçues comme une unité, fondée sur le même ensemble de plans, de normes et de réglementations. Malgré les efforts concertés et politiquement motivés des dirigeants ukrainiens pour rompre ces liens, nombre d’entre eux sont restés obstinément en place, faute d’alternatives. Pendant ce temps, l’Ukraine fait très peu de choses que l’Union européenne ou le reste du monde voudrait, et très peu d’entre elles sont conformes aux normes et réglementations volumineuses de l’UE. En particulier, l’UE n’a aucune utilité pour les produits manufacturés ukrainiens et considère principalement l’Ukraine comme une source de matières premières et de main-d’œuvre bon marché.

C’est la Russie qui fournit le combustible nucléaire pour les centrales nucléaires vieillissantes de l’Ukraine, qui fournissent bien plus de la moitié de toute l’électricité qui s’y trouve, tandis que le charbon russe (l’anthracite, en particulier) fournit une grande partie du reste. Mais, pour des raisons politiques, les responsables ukrainiens répugnent à admettre que le cordon ombilical qui relie l’Ukraine à la Russie ne peut être coupé. Par exemple, ils n’achètent pas le gaz naturel russe directement, mais via des intermédiaires dans l’UE et moyennant une majoration (dont ils empochent une partie). Sur le papier, l’Ukraine importe du gaz de l’UE ; physiquement, les molécules de méthane acheminées de Russie ne quittent jamais le territoire ukrainien ; elles sont simplement détournées pour être utilisées localement.

Au moment de l’effondrement de l’URSS, l’Ukraine était sa partie la plus développée et peut-être la plus riche, et certains s’attendaient à ce que son avenir, après s’être débarrassée du joug soviétique, soit trop brillant pour être contemplé sans lunettes de protection. Elle disposait de ressources naturelles abondantes (terres fertiles, charbon) et d’une main-d’œuvre instruite. Elle fabriquait de nombreux produits de haute technologie, tels que des avions à réaction, des moteurs diesel marins, des moteurs d’hélicoptères, des moteurs de fusées et bien d’autres qui étaient les meilleurs au monde. Au lieu de cela, ce qui s’est produit, c’est plusieurs décennies de vol, de stagnation et de délabrement. Entre-temps, l’Ukraine a perdu la majeure partie de son industrie et l’infrastructure de l’ère soviétique s’est détériorée au point qu’une grande partie de cette infrastructure est usée et sur le point de s’effondrer. L’industrie a fermé ses portes et les spécialistes qu’elle employait auparavant ont pris leur retraite ou sont partis travailler en Russie, dans l’UE ou aux États-Unis. (Certains chercheurs ukrainiens spécialisés dans les fusées sont apparemment partis travailler en Corée du Nord, ce qui explique les récents succès étonnants de la RPDC en matière de fusées ainsi que son choix improbable et exotique de combustible : la diméthylhydrazine asymétrique).

Et les républiques du Donbass ? Comment compareriez-vous la situation en Nouvelle Russie avec ce qui se passe en Ukraine ?

Le terme « Novorossia » (Nouvelle Russie) remonte à plusieurs siècles, à l’époque où Catherine la Grande a étendu l’empire russe à la Crimée et aux autres possessions du sud. Ce que Lénine a réaffecté à la République Socialiste Soviétique d’Ukraine, ce sont des terres russes, dont les régions de Donetsk et de Lougansk.

Il y a plusieurs autres régions ukrainiennes qui sont presque entièrement russes – Kharkov et Odessa en particulier – mais Donetsk et Lougansk ne sont pas du tout ukrainiennes. C’est pourquoi, après le renversement du gouvernement en 2014, lorsqu’il est apparu clairement que les nationalistes ukrainiens qui se sont emparés du pouvoir à Kiev avaient l’intention d’opprimer la partie russe de la population, ces deux régions ont décidé de se lancer seules. Les nationalistes ukrainiens ont réagi en lançant une guerre civile, qui a commencé il y a exactement cinq ans et qu’ils ont perdue. Pour sauver la face, ils ont déclaré leur défaite comme le résultat d’une « invasion russe » mais n’ont pu en apporter la preuve. Si les Russes avaient envahi le pays, le résultat aurait été une réédition de l’action de la Russie en Géorgie en août 2008, qui a duré environ une semaine.

Les Ukrainiens continuent de lancer des projectiles sur les territoires de Donetsk et de Lougansk, faisant des victimes civiles sporadiques. De temps en temps, ils organisent des escarmouches mineures, subissent des pertes et reculent. Mais principalement leur « opération antiterroriste », comme ils appellent cette guerre civile, s’est transformée en une initiative de propagande, les mythiques « envahisseurs russes » étant invoqués à chaque fois pour expliquer leur série de défaites autrement inexplicable.

Après quelques efforts déployés par les instructeurs de l’OTAN pour former les Ukrainiens, les instructeurs ont abandonné. Les Ukrainiens se sont simplement moqués d’eux parce qu’il était clair pour eux que les instructeurs ne savaient pas du tout comment se battre. Il a alors été décidé que la « feuille de route » pour l’inclusion de l’Ukraine dans l’OTAN devait être mise de côté parce que les Ukrainiens sont tout simplement trop fous pour une OTAN endormie et sédentaire. Les formateurs ont ensuite été remplacés par des types de la CIA qui ont simplement recueilli des renseignements sur la façon de mener une guerre terrestre de haute intensité sans soutien aérien, ce qu’aucune force de l’OTAN n’aurait jamais envisagé de faire. Dans de telles conditions, les forces de l’OTAN battraient automatiquement en retraite ou, à défaut, se rendraient.

Entre-temps, les deux régions de l’Est, qui sont très développées économiquement et qui ont beaucoup d’industrie, se sont intégrées de plus en plus étroitement dans l’économie russe. Leurs universités et instituts sont maintenant pleinement accrédités dans le système russe d’enseignement supérieur, leur monnaie est le rouble, et bien qu’en termes de reconnaissance internationale, ils font toujours partie de l’Ukraine, il est très important de noter que l’Ukraine ne les traite pas comme tel.

Le gouvernement ukrainien ne traite pas les citoyens de Donetsk et de Lougansk comme ses citoyens : il ne paie pas leurs retraites, il ne reconnaît pas leur droit de vote et ne leur fournit pas de passeports. Il revendique le territoire de Donetsk et de Lougansk mais pas les personnes qui y résident. Aujourd’hui, le génocide et le nettoyage ethnique sont généralement mal vus par la communauté internationale, mais une exception est faite dans ce cas à cause de la russophobie : les Russes vivant à Donetsk et à Lougansk ont été qualifiés de « pro-russes » et sont donc des cibles légitimes.

La Russie a résisté aux appels en faveur d’une reconnaissance officielle de ces deux républiques populaires ou d’un soutien militaire sans équivoque (les armes et les volontaires passent du côté russe sans aucun obstacle, mais le flux des volontaires s’est ralenti récemment). D’un point de vue purement cynique, cette petite guerre est utile pour la Russie. Si à l’avenir l’Ukraine échoue complètement et se fracture en morceaux, comme cela semble probable, et si certaines de ces pièces (qui pourraient théoriquement inclure non seulement les régions de Donetsk et de Lougansk mais aussi Kharkov, Odessa et Dnipropetrovsk) demandent à nouveau à rejoindre la Russie, alors la Russie serait confrontée à un grave problème.

Voyez-vous, au cours des 30 dernières années, la plupart des Ukrainiens se sont contentés de boire de la bière et de regarder la télévision pendant que leur pays était pillé. Ils ne voyaient aucun problème à aller manifester et à protester à condition d’être payés pour le faire. Ils ont voté comme ils ont été payés pour voter. Ils n’ont pas bronché contre la fermeture de l’industrie ukrainienne tant qu’ils pouvaient travailler à l’étranger et renvoyer de l’argent. Ils ne sont pas furieux ou même embarrassés par le fait que leur pays est presque entièrement géré par l’ambassade des États-Unis à Kiev. Les seuls qui ont à peu près de la passion parmi eux, ce sont les néo-nazis qui marchent avec des torches et portent des insignes nazis. Bref, ce n’est pas le genre de personnes qu’un pays qui se respecte voudrait côtoyer, encore moins absorber en masse dans sa population, car cela aurait pour effet de démoraliser tout son peuple.

Mais les habitants de Donetsk et de Lougansk ne sont pas du tout comme ça. Ces mineurs de charbon, ouvriers d’usine et chauffeurs de taxi passent des jours et des nuits dans les tranchées depuis des années, retenant l’une des plus grandes armées d’Europe et luttant pour chaque mètre carré de leur sol. Si l’Ukraine doit un jour renaître comme quelque chose que la Russie trouverait acceptable, ce sont ces personnes qui peuvent fournir la culture de départ. Ils doivent gagner, et ils doivent gagner sans l’aide de l’armée russe, qui peut écraser l’armée ukrainienne comme un insecte, mais à quoi bon le faire ? Ainsi, la Russie fournit de l’aide humanitaire, des opportunités d’affaires, des armes et des volontaires, et attend son heure, parce que la création d’une nouvelle Ukraine viable à partir d’une Ukraine défunte est un processus qui prendra un temps considérable.

Que pensez-vous du premier tour des élections présidentielles en Ukraine ?

Le premier tour des élections a été une fraude flagrante. Le but de l’exercice était de permettre au président Porochenko de se qualifier pour le second tour. Cela a été fait en falsifiant autant de votes que nécessaire. Dans un grand nombre de circonscriptions, le taux de participation a été exactement de 100 % au lieu des quelque 60 % habituels et on a compté les votes des personnes qui avaient déménagé, qui étaient mortes ou ont quitté le pays. Tous ces faux votes sont allés à Porochenko, ce qui lui a permis de passer au second tour.

Maintenant le combat est entre Porochenko et un comédien nommé Volodymyr Zelensky. La seule différence entre Porochenko et Zelensky, ou l’une des 30 autres personnes qui figuraient sur le bulletin de vote, est que Porochenko a déjà volé des milliards alors que ces candidats n’ont pas encore eu l’occasion de le faire, la seule raison de se présenter à la présidence, ou à un poste d’élu, en Ukraine, étant de se mettre en position de voler de l’argent en grande quantité.

Il y a donc une raison objective de préférer Zelensky à Porochenko, à savoir que Porochenko est un grand voleur alors que Zelensky n’en est pas encore un, mais il faut comprendre que cette différence commencera à s’égaliser dès l’inauguration de Zelensky. En fait, les élites de Kiev sont actuellement en train d’acquiescer à leur ingénieux projet de vendre toutes les terres de l’Ukraine à des investisseurs étrangers (sans doute en empochant de généreux « frais »).

Les programmes des plus de 30 candidats étaient identiques, mais cela ne fait aucune différence dans un pays qui a renoncé à sa souveraineté. En termes de relations étrangères et de considérations stratégiques, l’Ukraine est gérée depuis l’ambassade des États-Unis à Kiev. En ce qui concerne son fonctionnement interne, la principale prérogative de tous les détenteurs du pouvoir, y compris le président, est le vol. Leur idée est d’obtenir leur part et de fuir le pays avant que tout n’explose.

Reste à savoir si le second tour des élections sera aussi une fraude pure et simple et ce qui en résultera. Il existe de nombreuses alternatives, mais aucune d’entre elles ne ressemble à un exercice démocratique. Certes, ce que l’on entend par « démocratie » dans ce cas, c’est simplement la capacité d’exécuter les ordres émanant de Washington ; l’incapacité de le faire ferait de l’Ukraine un « régime autoritaire » ou une « dictature » et soumis à un « changement de régime ». Mais à part ça, rien n’a d’importance.

Les machinations des « démocrates » ukrainiens sont à peu près aussi intéressantes pour moi que la vie sexuelle des rats d’égout, mais par souci d’exhaustivité, permettez-moi d’en faire un schéma pour vous. Porochenko est entré dans le deuxième tour par fraude directe, parce que la perte de cette élection, au sein de la chaîne alimentaire politique ukrainienne, le transformerait instantanément de prédateur à proie. Cependant, il n’était pas trop subtil à ce sujet, il y a de nombreuses preuves de sa tricherie, et l’adversaire qu’il a écrasé – Ioulia Timochenko – pourrait théoriquement contester le résultat devant le tribunal et gagner. Cela invaliderait toute l’élection et laisserait Porochenko en place jusqu’à la prochaine élection. Faire mousser, rincer, répéter.

Une autre option serait pour Porochenko de tricher au deuxième tour (d’une manière encore plus musclée, car cette fois il est en retard de plus de 30 %), auquel cas Zelensky pourrait en théorie contester le résultat au tribunal en gagnant. Cela invaliderait toute l’élection et laisserait Porochenko en charge jusqu’à la prochaine élection. Faire mousser, rincer, répéter. Tu es déjà enthousiaste ?

Rien de tout cela n’a d’importance, car nous ne savons pas lequel des deux est le choix du département d’État américain. Selon lequel est leur choix, et quels que soient les résultats des élections ou des poursuites judiciaires, un pied géant sortira du ciel et frappera la tête de l’autre. Bien sûr, tout aura l’air hautement démocratique pour le plaisir des apparences. La direction de l’UE s’engagera avec quelques applaudissements tout en étouffant le vomi et le monde ira de l’avant.

Vers où l’Ukraine se dirige-t-elle, à votre avis ? Quelle est votre meilleure « hypothèse » de ce qui se passera à court et à moyen terme ?

Je crois que nous serons soumis à plus de la même chose, même si certaines choses ne peuvent pas durer indéfiniment, et ne le seront donc pas. Plus inquiétant encore, les centrales nucléaires de l’ère soviétique qui fournissent actuellement la majeure partie de l’électricité en Ukraine approchent de la fin de leur vie utile et il n’y a pas d’argent pour les remplacer. Par conséquent, il faut s’attendre à ce que la majeure partie du pays s’assombrisse avec le temps. De même, le gazoduc qui approvisionne actuellement l’Ukraine et une grande partie de l’UE en gaz russe est usé et prêt à être désaffecté, tandis que de nouveaux gazoducs traversant la mer Baltique et la mer Noire sont sur le point de le remplacer. Après cette date, l’Ukraine perdra également l’accès au gaz naturel russe.

Si les Ukrainiens continuent de capituler sans condition tout en se contentant de rêves chimériques d’adhésion à l’UE/OTAN, le pays se dépeuplera, les terres seront vendues à l’industrie agroalimentaire occidentale et deviendront une sorte de no man’s land agricole gardé par les troupes de l’OTAN. Mais ce genre de transition en douceur peut être difficile à orchestrer pour l’UE et les Américains. L’Ukraine est plutôt fortement militarisée, inondée d’armes, pleine de gens qui ont été sur le front du Donbass, qui savent comment combattre, et qui pourraient décider de se battre à un moment donné. Il ne faut pas oublier que les Ukrainiens, malgré la décadence des 30 dernières années, ont encore quelque chose de l’esprit combatif russe en eux, et se battront comme les Russes – jusqu’à la victoire ou jusqu’à la mort. Les techniciens militaires ambivalents de l’OTAN en matière de genre ne voudraient pas du tout se mettre en travers de leur chemin.

De même, le rêve d’une Ukraine dépeuplée qui deviendrait un terrain de jeu pour l’agro-industrie occidentale pourrait être quelque peu entravé par le fait que les Russes ont une vision très négative des OGM occidentaux et ne voudraient pas que le pollen contaminé par les OGM traverse leur frontière depuis l’Ouest. Ils trouveraient sans aucun doute le moyen le moins compliqué de rendre la tentative de l’agrobusiness occidental en Ukraine non rentable. L’orchestration d’une petite fuite de rayonnement de l’une des anciennes centrales nucléaires ukrainiennes, petite mais très médiatisée, pourrait probablement fonctionner. Curieusement, les Occidentaux ne pensent s’empoisonner avec du glyphosate, mais ils ont une peur mortelle des rayonnements ionisants, ne serait-ce qu’un petit peu.

Qu’en est-il de l’UE et de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe ? Où l’UE se dirige-t-elle selon vous ?

L’UE connaît un certain nombre de problèmes majeurs. Elle n’est pas fiscalement ou financièrement saine. Dans son ensemble, ou en tant que nations constituantes, elle n’est plus capable d’exercer pleinement sa souveraineté, après l’avoir abandonnée aux États-Unis. Mais les États-Unis ne sont plus capables de garder le contrôle, parce qu’ils sont en conflit interne au point de devenir incohérents dans leurs déclarations. Dans l’ensemble, la structure ressemble à une poupée gigogne. Vous avez les États-Unis, comme une sorte de coquille extérieure fissurée. À l’intérieur se trouve l’OTAN, qui est une force d’occupation à travers la majeure partie de l’Europe jusqu’à la frontière russe. Elle serait inutile contre la Russie, mais elle peut constituer une menace crédible de violence contre les populations occupées. Au sein de l’OTAN se trouve l’UE – un forum de discussion politique et une bureaucratie tentaculaire qui crache des tonnes de lois et de règlements.

Comme aucune de ces superstructures militaires/politiques n’est en fait structurelle sans l’ingrédient clé de l’hégémonie américaine, nous ne devrions pas nous attendre à ce qu’elle fonctionne particulièrement bien. Il continuera d’être un forum de discussion pendant que divers gouvernements nationaux tenteront de reconquérir leur souveraineté. Les électeurs britanniques qui ont participé au référendum ont certainement essayé de pousser leur gouvernement dans cette direction et, en réponse, leur gouvernement a expérimenté diverses méthodes pour se retourner et faire le mort, mais un gouvernement différent pourrait en fait essayer d’exécuter la volonté du peuple. D’autre part, les gouvernements hongrois et italien ont fait des progrès sur la voie de la réaffirmation de leur souveraineté, avec le soutien du public.

Mais il ne s’est encore rien passé. Une fois que l’élite politique d’une nation a été complètement émasculée par l’abandon de sa souveraineté nationale, il lui faut un certain temps pour que ses poils de poitrine repoussent et commencer à représenter une menace crédible pour les intérêts transnationaux. Même en Russie, il a fallu près d’une décennie pour contrecarrer le pouvoir politique et l’influence de l’oligarchie. On voit que l’empire s’affaiblit et que certains pays commencent à rechigner à être vassaux, mais rien de définitif n’a encore été fait.

Ce qui pourrait accélérer les choses, c’est que l’Europe, avec les États-Unis, semble se diriger vers une récession/dépression. Cela aura pour conséquence que tous les travailleurs invités d’Europe de l’Est travaillant à l’ouest seront contraints de rentrer chez eux. Une autre raison est que les subventions de l’UE à ses récentes acquisitions à l’Est, en particulier en Pologne et dans les pays Baltes, risquent d’être réduites considérablement, voire de disparaître complètement. L’afflux de migrants économiques de retour, conjugué au manque de soutien financier, risque d’entraîner la disparition de certaines élites nationales qui se sont régalées des largesses occidentales en échange d’un peu de russophobie.

Nous pouvons imaginer que ce flot humain, éjecté d’Europe occidentale, se dirigera vers l’est, s’écrasera contre la Grande Muraille de Russie et inondera de nouveau l’ouest, mais désormais équipé d’armes et de savoir-faire ukrainiens et de pensées amusantes de pillage au lieu de travail. Là-bas, ils se battront avec les nouveaux venus du Moyen-Orient et d’Afrique pendant que les autochtones se coucheront, espéreront le meilleur et penseront à la neutralité du genre et à d’autres causes si importantes.

Ces vieilles nations européennes vieillissent toutes, non seulement sur le plan démographique, mais aussi sur le plan de l’âge maximum alloué par nature à une ethnie donnée. Les ethnies (pluriel d’« ethnos ») ne durent généralement qu’un millier d’années environ, et à la fin de leur cycle de vie, elles ont tendance à montrer certaines tendances révélatrices : elles arrêtent de bien se reproduire et deviennent sexuellement dépravés et généralement décadents dans leurs goûts. Ces tendances sont déjà bien visibles. Voici un exemple particulièrement absurde : Les certificats de naissance français ne contiennent plus d’entrées pour le père et la mère mais pour le parent1 et le parent2. Peut-être que les barbares envahisseurs verront cela et mourront de rire ; mais s’ils ne le font pas ?

N’étant plus en mesure de se battre, ces ethnies appauvries ont tendance à être facilement envahies par les barbares, et implorent alors leur pitié. À son tour, en se basant sur l’exemple de l’Empire romain tardif ainsi que sur des exemples similaires de l’histoire chinoise et persane, leur accorder la miséricorde est l’une des pires erreurs qu’un barbare puisse faire : le résultat est une bande de barbares sexuellement dépravés et généralement décadents… qui seront facilement envahis et massacrés par la prochaine bande de barbares à arriver dans la foulée.

Il est impossible de prédire ce qui déclenchera la prochaine vague d’ethnogenèse en Europe occidentale, mais nous pouvons être sûrs qu’à un moment donné, une souche mutante de fanatiques arrivera sur les lieux, avec un instinct de conservation atténué mais une soif inaltérable de destruction, de gloire et de mort, et elle sera ensuite à nouveau sur les routes.

Que se passera-t-il une fois que Nord Stream 2 sera terminé ? Où l’Europe se dirige-t-elle ensuite, en particulier dans ses relations avec les États-Unis et la Russie ?

Les nouveaux gazoducs sous la mer Baltique et la mer Noire seront achevés, ainsi que la deuxième installation de GNL à Sabetta, et la Russie continuera à approvisionner l’Europe et l’Asie en gaz naturel. Je pressens que l’effroyable extravagance des États-Unis touche à sa fin et que le rêve d’exportations massives de GNL vers l’Europe ne se réalisera jamais.

Les nations d’Europe se rendront compte progressivement que ses relations avec la Russie sont surtout bénéfiques, tandis que ses relations avec les États-Unis sont surtout nuisibles, et feront certains ajustements. L’Ukraine, son réseau de gazoducs décrépit et irréparable, continuera d’importer du gaz naturel d’Europe, mais ce n’est qu’à ce moment-là que les molécules de méthane arriveront de l’ouest et non de l’est.

Comment voyez-vous le climat politique en Russie ? J’entends très souvent dire que si Poutine personnellement et la politique étrangère du Kremlin jouissent d’un grand soutien, la réforme des retraites a vraiment nui à Poutine et qu’il y a maintenant une « opposition patriotique » interne (par opposition à une opposition payée et achetée par la CIA & Co), qui devient plus bruyante. Est-ce que c’est vrai ?

Il est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de débats en Russie sur la politique étrangère. La popularité de Poutine a quelque peu diminué, bien qu’il soit toujours beaucoup plus populaire que tout dirigeant national en Occident. La réforme des pensions l’a quelque peu touché, mais il s’est rétabli en adoptant une série de mesures destinées à faciliter la transition. En particulier, tous les avantages dont bénéficient actuellement les retraités, comme la réduction des frais de transport en commun et des impôts fonciers, seront étendus à ceux qui approchent de l’âge de la retraite.

Il devient clair que Poutine, bien qu’il soit encore très actif dans la politique intérieure et internationale, s’apprête à prendre sa retraite. Son principal objectif en politique intérieure semble être de maintenir une discipline très stricte au sein du gouvernement pour faire adopter sa liste de priorités. La manière dont il entend effectuer la transition vers l’ère post-Poutine reste un mystère, mais ce qui s’est passé récemment au Kazakhstan peut offrir quelques indices. Si tel est le cas, nous devrions nous attendre à ce que l’accent soit mis sur la continuité, Poutine conservant un certain contrôle sur la politique nationale en tant qu’homme d’État de haut rang.

Mais le changement de loin le plus significatif dans la politique russe est qu’une nouvelle génération de dirigeants régionaux a été mise en place. Un grand nombre de gouvernorats ont été accordés à de jeunes cadres ambitieux ayant le potentiel d’une fonction nationale. Il s’agit d’une nouvelle génération de politiciens de carrière tout à fait professionnels, dotés de compétences managériales à jour. Entre-temps, un nettoyage en profondeur des rangs a eu lieu, certains hauts fonctionnaires purgeant des peines de prison pour corruption. Ce qui est particulièrement remarquable, c’est que certains de ces nouveaux dirigeants régionaux sont maintenant aussi populaires ou plus populaires que Poutine. La malédiction de la gérontocratie, qui a condamné l’expérience soviétique, et qui afflige maintenant l’establishment américain, ne menace plus la Russie.

Vous avez récemment écrit un article intitulé « Le navire USS des Imbéciles prend-il l’eau ? » dans lequel vous discutez du haut niveau de stupidité de la politique américaine moderne. J’ai une question simple pour vous : pensez-vous que l’Empire peut survivre à Trump et, si oui, pour combien de temps ?

Je pense que l’empire américain est déjà bien révolu, mais il n’a pas encore été soumis à un test de résistance sérieux, et personne ne se rend compte que c’est le cas. Il se produira un événement qui laissera le centre du pouvoir complètement humilié et incapable d’accepter cette humiliation et de faire les ajustements nécessaires. Les choses vont se détériorer à partir de là, car tous les membres du gouvernement dans les médias font de leur mieux pour prétendre que le problème n’existe pas. J’espère que le personnel militaire américain actuellement dispersé sur la planète ne sera pas simplement abandonné une fois l’argent épuisé, mais je ne serais pas trop surpris si c’était le cas.

Pour finir, une question similaire mais fondamentalement différente : les États-Unis (par opposition à l’Empire) peuvent-ils survivre à Trump et, si oui, comment ? Y aura-t-il une guerre civile ? Un coup d’État militaire ? Insurrection ? Des grèves ? Une version américaine des gilets jaunes ?

Les États-Unis, en tant qu’ensemble d’institutions servant les intérêts d’un nombre décroissant de personnes, vont probablement continuer à fonctionner pendant un certain temps. La question est la suivante : qui sera inclus et qui ne le sera pas ? Il ne fait guère de doute que les retraités, en tant que catégorie, n’ont rien à attendre des États-Unis : leurs retraites, qu’elles soient publiques ou privées, ont déjà été dépensées. Il ne fait guère de doute que les jeunes, qui ont déjà été saignés à blanc par de mauvaises perspectives d’emploi et des prêts étudiants ridicules, n’ont rien à espérer non plus.

Mais, comme je l’ai déjà dit, les États-Unis ne sont pas tant un pays qu’un country club. L’adhésion a ses privilèges, et les membres ne se soucient pas du tout de ce qu’est la vie de ceux qui sont à la campagne mais qui ne sont pas membres du club. Les récentes initiatives visant à laisser entrer tout le monde et à laisser les non-citoyens voter démontrent amplement que la citoyenneté américaine, en soi, ne compte pour absolument rien. Le seul droit d’un citoyen américain est de vivre comme un clochard dans la rue, entouré d’autres clochards, dont beaucoup sont des étrangers venant de ce que Trump a appelé des « pays de merde ».

Il sera intéressant de voir comment les travailleurs et travailleuses du secteur public et du gouvernement, en tant que groupe, réagiront à la prise de conscience que les départs à la retraite qui leur ont été promis n’existent plus ; peut-être que cela fera basculer tout le système dans un état défunt. Et une fois que la bulle est terminée et qu’un autre tiers de la population découvre qu’elle n’a plus les moyens de conduire, cela pourrait également forcer une sorte de réinitialisation. Mais alors tout le système de police militarisée est conçu pour écraser toute forme de rébellion, et la plupart des gens le savent. Étant donné le choix entre une mort certaine ou le simple fait de s’asseoir sur le trottoir et de se droguer, la plupart des gens choisiront cette dernière option.

Et donc, Trump ou pas Trump, nous allons avoir plus de la même chose : de jeunes informaticiens brillants qui sautent et sifflent en chemin pour aller travailler près de tas de cadavres humains et de leurs excréments ; des ménagères botoxées qui achètent de faux produits biologiques alors que des gens affamés à l’arrière du magasin fouillent dans les poubelles ; des citoyens préoccupés demandant que les migrants soient admis, puis appellent les policiers dès que ces migrants montent une tente sur leur pelouse ou sonnent à leur porte et demandent à utiliser les toilettes ; des couples de personnes âgées aisées qui rêvent d’aller à la rencontre d’un gringo tropical dans un marais de mangrove où ils seraient découpés à la machette et donnés à manger aux poissons, et qui croient tous que tout va bien car la bourse se porte si bien.

À ce rythme, quand la fin des États-Unis arrivera enfin, la plupart des gens ne seront pas en mesure de le remarquer tandis que les autres ne seront pas capables d’absorber ce genre d’informations dérangeantes et choisiront de les ignorer. Tout le monde veut savoir comment se termine l’histoire, mais ce genre d’information n’est probablement pas bon pour la santé mentale de quiconque. Le climat mental aux États-Unis est déjà suffisamment malade ; pourquoi voudrions-nous le rendre encore plus malade ?

Dmitri, merci beaucoup pour votre temps et pour cette interview des plus intéressantes !

Source : The Unz Review
Traduction par Christelle Néant pour Donbass Insider


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25 réactions à cet article    


  • Dom66 Dom66 20 avril 18:46

    Re salut Christelle,

    J’ai lu sur le blog du Saker

    A écouter aussi ceci

    La course à l’apocalypse de l’empire américain devenu fou

    le Saker interrogé par Slobodan Despot  


    • Christelle Néant Christelle Néant 20 avril 18:57

      @Dom66
      Merci pour ce lien, je vais écouter ça.


    • JPCiron JPCiron 21 avril 22:30

      @Dom66

      Intéressant et inquiétant.
      Aux USA et en Europe (y/c France) il semble que les réactions soient irrationnelles là où la raison devrait prédominer.

      Là-bas et ici, derrière ceux qui semblent être aux manettes, d’autres s’activent et mènent le bal. Sur la base de leurs propre agendas, je suppose. 

      Y a-t-il des analyses de cet aspect-là ? L’interview se termine sur une note mystique. Est-ce une piste ?


    • Christelle Néant Christelle Néant 22 avril 10:23

      @JPCiron
      Il faut regarder pour ce qui est de l’analyse des agenda de ceux qui sont aux manettes. Beaucoup d’analyses d’Orlov ne sont pas traduites en français, il faut aller les lire sur le Saker ou Unz Review.
      Pour la fin c’est plus une note psychologique que mystique, et c’est une chose importante à prendre en considération.


    • Dom66 Dom66 22 avril 12:18

      @JPCiron

      Salut je reviens sur AV à cette heure, aussi Christelle néant a répondu pour moi, j’aurais dis la même chose.

      Oui cet interview du Saker est très Intéressant et inquiétant, car cela explique beaucoup de chose et cet interview devrait être écouté par beaucoup de personnes comme ceux par exemple, qui ont fait les trolls sur cet article.

      Le Saker et Slobodan Despot sont toujours très intéressant à écouter ou à lire.

      cordialement


    • Ornicar 20 avril 20:34

      Vladimir Vladimirovitch est grand-croix de la Légion d’Honneur. Trump ne l’est pas. Il y a bien une raison. 

      .

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Vladimir_Poutine


      • UnLorrain 21 avril 11:13

        J’étais sûr d’un article trop long,là où Dmitri Orlov s’exprime,proclame et déclame. ..déclarant qu’on se corrige,qu’on ajuste et réajuste son mode de vie occidentale ou autre,en résumé et pour faire simple. La locomotive de l’économie planétaire tient bon et il en est heureusement ainsi....sinon un autre peuple veut ces rênes que je ne tiendrais pour rien au monde ?

        Le choix du camp se fait de plus en plus étroit. .j’y louvoie,modérément affolé.


        • Ornicar 21 avril 11:42

          Toute le discours russe cherche à laisser entendre à l’Europe occidentale que le meilleur protecteur pour elle n’est pas les Etats-Unis. 

          .

          C’est ici que s’interprète correctement le récent traité d’Aix-la-Chapelle : au diable les protecteurs. Le traité s’adresse à tout le monde :

           Chers pays européens d’importance secondaire, vous pouvez faire tous les grexit, italexit, espagnexit... que vous voulez ; on s’en moque ; on constitue à deux le vrai noyau dur, comme on aurait dû le faire depuis longtemps, loin de l’impuissance d’une construction à 28, et si après un « -exit » quelconque vous vouliez revenir, ce serait évidemment à nos conditions.

           Chers Etats-Unis, puisque vous voulez absolument que nous dépensions deux fois plus en armements, méfiez-vous, si nous vous prenons au mot vous pourrez rembarquer. 

           Chère Russie, à présent qu’avec deux pays puissants nous avons un noyau défensif au développement stimulé par l’amitié trop pesante des Etats-Unis, eh bien, quel temps fait-il à Moscou ? Avez-vous un bel été ? 


          • tiers_inclus tiers_inclus 21 avril 12:03

            @Ornicar

            « Toute le discours russe cherche à laisser entendre à l’Europe occidentale que le meilleur protecteur pour elle n’est pas les Etats-Unis.   »

            La Russie revient de loin, et de manière époustouflante. Il nous appartient de faire la même chose pour ne pas vivre de tutelles, mais pour cela il faut changer nos paradigmes.


          • skirlet 22 avril 16:32

            @Ornicar
            Oh non, la Russie n’a pas envie de se coltiner les pays qui ne veulent que la tutelle... Elle voudrait faire affaire (et les affaires) avec les pays indépendants et pas avec les marionnettes étasuniennes. D’ailleurs, même les pires russophobes ne peuvent pas donner un seul exemple d’un chantage politique que la Russie aurait exercé dans le cadre d’un accord économique. Leurs vociférations se résument à « elle veut » ou « elle pourrait »...


          • Eric83 Eric83 21 avril 14:47

            Merci pour cette traduction. Les publications de Dmitri Orlov sont toujours aussi enrichissantes.

            Les informations concernant l’histoire de l’Ukraine et notamment celle des dernières décennies permet de mieux comprendre la situation actuelle et le délitement qui s’accélère.

            Les sources potentielles pour un chaos mondial ou un « grand reset » comme disent certains sont nombreuses et l’Ukraine en fait incontestablement partie.

            Concernant la Russie, il n’y a que les néocons et leurs affidés qui peuvent prétendre que la Russie voudrait envahir l’Ukraine et/ou des pays de l’UE. La Russie a d’immenses ressources, notamment de pétrole et de gaz, a le pays le plus étendu et une population restreinte en proportion...non gangrenée par un prétendu « progressisme »...etc...

            Pourquoi voudrait-elle envahir des pays qui ne seraient que des boulets économiques, sociaux, sociétaux et culturels ?

            Quant aux US, le délitement finira-t-il en effondrement brutal ? En tous cas, ce ne sont pas les conditions potentielles qui manquent : sociales, politiques, géopolitiques, climatiques...


            • Christelle Néant Christelle Néant 21 avril 15:08

              @Eric83
              « Pourquoi voudrait-elle envahir des pays qui ne seraient que des boulets économiques, sociaux, sociétaux et culturels ? » vous avez parfaitement résumé l’absurde de ces accusations de volonté d’invasion russe


            • JC_Lavau JC_Lavau 21 avril 15:09

              @Eric83. L’invasion pour envahir, Gengis Khan a fait cela. Les arabes ont fait cela.
              Des peuples sédentaires ? Il faut une sacrée bonne raison.
              Les vikingrene avaient une sacrée bonne raison : au bord des fjords, la terre cultivable est très limitée. Les pauvres et les cadets devaient aller chercher fortune par mer ; ou par fleuves, le long des fleuves russes, par les suédois Ros.
              Les japonais ont eu une sacrée bonne raison : serrés sur leur île comme des harengs en caque.


            • Guy19550 22 avril 09:08

              Je ne sais pas vraiment expliquer pourquoi, mais je vois les choses différemment. En fait avec ce qui se passe, on est en train de refaire les deux guerres mondiales. Les boches sont tout aussi envahissants qu’avant (cela se limite cette fois à des prises de sociétés), les collabos sont devenus leurs alliés et les brits cherchent leu part de gâteau également.


              • skirlet 22 avril 13:13

                Une très bonne analyse, à laquelle je veux juste ajouter mes cinq kopeïek smiley

                J’ai presque assisté aux débuts de l’ukrainisation de l’enseignement apparus avant l’effondrement de l’URSS. À l’époque j’enseignais dans une école de médecine (медучилище) dans le Donbass, le bruit a couru qu’on allait bientôt devoir enseigner en ukrainien… sans manuels. C’était assez plausible, surtout avec une directrice adjointe venant de l’Ukraine de l’Ouest. Les enseignants étaient quelque peu paniqués, moi y compris smiley Je connaissais l’ukrainien un peu moins bien que le russe, mais ayant fait toute ma scolarité, y compris universitaire, en russe, j’avais quelques difficultés avec les termes scientifiques. La tendance s’est confirmée par la suite, vu l’historique de l’ukrainien dans le Donbass…

                Le dialecte de l’Ouest n’est pas tellement inintelligible – je suis allée à Lvov et je n’ai pas éprouvé de problèmes avec la compréhension.

                Sans être allée dans toutes républiques soviétiques, je confirme que leur niveau de vie était supérieur à celui de la Russie. J’ai pu le constater en Géorgie par moi-même, et par les témoignages de mon père qui se déplaçait dans plusieurs coins dans le cadre de son travail. D’ailleurs, l’Ukraine était peut-être la plus riche de point de vue industriel, mais les revenus des Géorgiens étaient plusieurs fois supérieurs aux revenus des Ukrainiens…

                J’ajoute que l’enseignement dans l’Ukraine soviétique était (statistiquement parlant, et en excluant les universités « prestigieuses ») meilleur qu’en Russie : davantage d’examens, exigences plus élevées. Ma cousine du même âge vivait en Russie smiley

                Gaspiller de telles richesses – il fallait le faire, mais, comme on dit, ломать не строить, душа не болит.

                De l’autre côté, ces « parent 1 » et « parent 2 » en France m’agacent depuis leur adoption. Je les ai toujours barrés pour remplacer par les mots « père » et « mère ». Je n’ai rien contre les homosexuels – dans les sens que je ne les considère pas comme « exterminables » ou citoyens avec les moindres droits, mais je refuse qu’une minorité impose sa vision du monde à la majorité.

                L’entretien a été fait avant le second tour des élections, et aujourd’hui les médias français soulignent lourdement que le nouveau président est comédien et novice en politique smiley


                • Guy19550 22 avril 16:04

                  @skirlet
                  J’ai été surpris par votre commentaire. Je suis en Belgique et on a également des problèmes linguistiques (sans qu’il n’y ait de russe). Certains diront que le problème a été résolu par la régionalisation mais moi je constate surtout que la régionalisation aura permis la réalisation de choses qui étaient interdites avant voire même sanctionnées. C’est une erreur de tolérer le flamand dans les écoles flamandes, il y a le Néerlandais à respecter or depuis que c’est régionalisé, la tolérance du dialecte est devenue un grand classique. Je n’accepte pas cela.

                  L’autre point qui m’a fait plaisir, c’est quand vous parlez d’homosexualité. Il se peut que deux personnes de même sexe puissent très bien s’entendre, cela dépend d’eux essentiellement, mais dès que ce couple est en présence d’enfants, je crois que plus rien ne peut garantir une ouverture d’esprit suffisante chez les enfants. J’ai de ce fait difficile à accepter l’adoption dans des cas pareils. Ces parents ne sont pas à même de donner une éducation adéquate selon moi, c’est biaisé !

                  Je suis d’une famille d’enseignants mais j’ai finalement opté pour les études d’ingénieur mais j’ai quand même été plusieurs fois dans l’enseignement.


                • skirlet 22 avril 16:21

                  @Guy19550
                  J’ai parlé uniquement du point de vue linguistique : l’ukrainien de l’ouest n’est pas opaque pour quelqu’un qui maîtrise l’ukrainien « littéraire » et qui est régulièrement en contact avec le sourjik, ce mélange parlé par plusieurs membres de ma famille. Mais en ce qui concerne la place des langues et dialectes dans les régions et le pays tout entier, c’est une autre chose. À mon époque, l’ukrainien était une matière scolaire dans les écoles où l’enseignement était en russe. Les parents avaient la possibilité d’exonérer leur enfant de l’ukrainien, à la place il aurait davantage d’heures du russe. En pratique, ce droit s’exerçait rarement (la flemme de faire les démarches, et puis la connaissance d’une langue peut servir). Je précise que très rapidement, les leçons de l’ukrainien se faisaient entièrement dans cette langue, et même les pires cancres pouvaient lire les textes non adaptés, y compris littéraires, suivre les émissions, les films, parler couramment etc. Par contre, le plus souvent c’est le russe qui était utilisé dans les conversations. il n’était pas rare d’entendre un interlocuteur parler ukrainien et l’autre lui répondre en russe.

                  Mais en général l’Est n’était pas sur la même longueur d’onde avec l’Ouest, et la question linguistique y avait son importance. Tant que l’ukrainien restait une matière scolaire, ça allait, mais dès qu’il a commencé d’être imposé dans l’enseignement et dans la vie quotidienne, les réactions sont devenues bien plus vives...

                  Je ne connais pas bien la situation en Belgique (sauf quelques clichés les plus connus) et je n’ai pas d’avis.


                • skirlet 22 avril 16:26

                  @Guy19550
                  Concernant les homosexuels, je n’ai pas abordé la question de l’adoption. Les enfants, ce n’est plus le couple, et je ne suis pas certaine que leur éducation se fasse convenablement, mais là je n’ai pas assez d’information. Ce qui est inquiétant, c’est le nombre d’articles prétendant que pour les enfants se retrouver dans un couple homosexuel, c’est tout bénef’... Il y a eu un téléfilm franco-belge qui abordait le sujet, mais je ne suis pas convaincue par la fin.


                • Krokodilo Krokodilo 22 avril 15:42

                  Le principal défaut de cet article, c’est qu’en ne livrant pas la version des évènements que nous entendons continuellement, il nous oblige à réfléchir, c’est très fatigant !


                  • sylvain 22 avril 15:56

                    Vous avez signé il y a peu un article prédisant que porochenko gagnerait par la fraude et que même en cas de défaite il ne laisserait pas le pouvoir

                    après sa défaite écrasante et son simple abandon du pouvoir, vous ne semblez pas vous remettre en cause, ni ne revenez sur vos déclarations, ni ne mettez de bémol quand à votre aptitude à commenter ( sans arrêt ! ) la politique ukrainienne

                    Vous nous assénez quotidiennement une propagande pro russe sans la moindre subtilité ni nuance, la réalité a t elle la moindre prise sur vous  ??? 

                    je suppose que bientot naitra un nouvel article expliquant que vous aviez quand même raison et que c’est encore un coup des méchants nazis contre les gentilles républiques . Vous êtes à vous toute seule une catastrophe jounalistique


                    • Guy19550 22 avril 16:10

                      @sylvain
                      C’est délicat de répondre mais ce sujet n’est pas encore tout à fait clos, il y a eu une action en justice pour débouter le candidat gagnant du premier tour. Les juges ont rejeté la demande introduite, mais il y a un délai d’appel. On ne sait de ce fait encore pas vraiment grand chose et il peut encore y avoir un revirement de situation. Ensuite, il ne sert à rien de commenter éternellement les remarques antérieures.


                    • Christelle Néant Christelle Néant 22 avril 17:04

                      @sylvain
                      Alors, en fait vous me prêtez les propos de l’ex-agent du SBU qui a fait une conférence de presse à Moscou https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/ex-agent-du-sbu-revelations-sur-le-213811
                      Dans cet article JE parle clairement de « risque » https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/elections-ukrainiennes-porochenko-213965 pas de certitude que Porochenko fera ci ou ca. Vous comprenez la nuance entre « il y a un risque ou une chance que » et « il fera ça » ?
                      Avant de m’insulter, apprenez à lire, à comprendre ce que vous lisez et à m’attribuer les propos qui sont les miens et pas ceux de quelqu’un d’autre. Cela vous évitera de passer pour un idiot, un troll, ou les deux à la fois....
                      De plus Porochenko a essayé de se débarrasser de Zelensky jusqu’au bout puisqu’une plainte avait été déposée samedi par un « observateur » pro-Porochenko demandant d’invalider la candidature de Zelensky... Donc c’est pas faute d’avoir essayé. Rajoutez à ça qu’il va certainement tenter de se présenter comme député. Si c’est ça l’abandon du pouvoir pour vous, c’est que vous n’avez rien compris à la façon dont fonctionne la politique ukrainienne.
                      Avant de critiquer le fait que je fais mon travail (commenter la politique ukrainienne), commencez par apprendre à voir la réalité, à lire, et à comprendre ce que vous lisez avant de commenter. Ca vous évitera de pondre des commentaires aussi catastrophiques.


                    • Dom66 Dom66 22 avril 18:54

                      @sylvain

                      Pour votre info à Kiev ce n’est pas fini, ensuite que vont faire les groupes nazis (car ce sont bien des nazis) Que va faire le nouveau président, il a entre autre, été invité à venir en Crimée, pour comprendre comment ce passe la vie là-bas, et pourquoi les Criméens sont toujours, et de plus en plus favorables au rattachement à la Russie.

                      Au sujet des articles de Christelle Néant, je les regardes presque toujours même si je ne les commente pas, car contrairement à vous, ce qui se passe au Donbass m’intéresse, et là je lui dis merci. J’ai des amis qui vivaient peinard leurs retraites qui ont été obligé de fuir et en Russie, car des bombes sont tombées près de chez eux, avec la bénédiction de l’OTAN et de l’UE Alors propagande propagande !!!

                      Quand à ce que vous prenez pour de la propagande pro Russe, c’est ni plus ni moins que de l’info sur des sujets, moi c’est de la propagande anti Russe qui me gonfle dans nos médias.

                      Et puis si cela vous dérange vous avez la possibilité de zapper et ne pas venir sur ses reportages et sujets.  


                    • roman_garev 23 avril 09:30

                      @sylvain
                      « Vous êtes à vous toute seule une catastrophe jounalistique... »
                      Vous faites rire mes pantoufles. La catastrophe journalistique, c’est justement ce qui s’est passé dans le monde soi-disant « civilisé », y compris la France. Votre ministère de la vérité essaie même de s’infilter en votre digne personne ici, sur Avox...


                    • skirlet 23 avril 15:00

                      @roman_garev
                      Mes pantoufles aussi sont mdr smiley Faut croire que sylvain est jaloux de la carrière de Zélenski, alors il espère qu’en faisant le bouffon, il deviendra un jour le président smiley

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