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L’Iran et le dernier chapitre de la saga nucléaire

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Les négociations pour relancer l’accord nucléaire sont à quelques mètres de la fin de partie et de l’annonce des résultats. Soit un accord sera trouvé, soit les négociations seront ajournées, soit les négociations seront déclarées un échec et le dossier de négociation sera clos, avec toutes les conséquences et implications stratégiques que cela implique.

L’Iran s’enhardit alors que les négociations approchent de la dernière ligne droite.

A titre d’exemple le plus récent, le ministère iranien des Affaires étrangères a répondu à une déclaration trilatérale européenne qualifiant les demandes iraniennes de «  non constructives  » en menaçant indirectement que «  si cette approche se poursuit, les trois pays [France, Grande-Bretagne et Allemagne] devront en assumer la responsabilité et les conséquences ».

Il convient de noter qu’un langage iranien dur a été utilisé ici, alors que la déclaration européenne s’est contentée d’exprimer des doutes sur les intentions de l’Iran et s’est caractérisée par un ton diplomatique sobre et parfaitement calme, mais ne contenait aucune menace ou insinuation de ce type.

Plusieurs raisons expliquent cette dureté diplomatique de la part de l’Iran, au premier rang desquelles les réalités de l’environnement stratégique international. Les parties chinoise et russe sont plus en phase avec la position iranienne qu’auparavant.

Elles sont passées de la facilitation des négociations, du soutien, de la présentation d’alternatives et de propositions, et de la tentative d’utiliser toute la situation pour atteindre des intérêts stratégiques communs avec les États-Unis, à l’utilisation de l’Iran dans le contexte d’un conflit stratégique qui a été enflammé par la crise ukrainienne, les tensions entre les États-Unis et la Chine sur la position sur Taïwan, et l’erreur stratégique grossière des États-Unis d’ouvrir largement cette question à un moment totalement inopportun.

Toutes ces circonstances et événements sont dans l’intérêt de l’Iran. Ajoutez à cela l’urgence pour les Européens de chercher à obtenir la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien et d’accélérer son retour sur les marchés internationaux, et il n’y a pas d’environnement plus idéal pour l’Iran pour négocier que l’actuel.

La question qui préoccupe désormais les experts est de savoir quelles sont les options dont dispose l’Iran à la lumière de cette nouvelle réalité. La réponse est simple  : L’Iran est dans une position où il peut en tirer pleinement parti.

Il utilise toute son expérience de la négociation, notamment dans la pratique de la politique de la corde raide, pour remporter une victoire stratégique qui pourrait être historique et dépasser les précédentes réalisations de l’accord de 2015.

Un autre point important pour répondre à cette question est que le calcul des gains et des pertes de l’Iran semble être essentiellement le même dans les deux cas de figure  : parvenir à un accord ou déclarer un échec et, dans une moindre mesure, reporter les négociations. Le report comporte plus de risques que les deux autres options.

La signature d’un nouvel accord offre de nombreux avantages à l’Iran, tant sur le plan économique et politique que sur le plan de la sécurité. Elle donne à l’Iran une nouvelle occasion de poursuivre son plan d’expansion régionale et de menacer ses pays voisins après avoir fait de nouveaux progrès dans l’élargissement de ses capacités nucléaires, tant au niveau des connaissances que du stockage.

L’échec représente également une perte pour les États-Unis qui dépasse de loin celle de l’Iran. Téhéran est bien conscient que le succès ou l’échec ne changera pas les calculs de l’administration Biden sur les perspectives d’une action militaire américaine.

L’affirmation d’Israël selon laquelle il n’est lié par aucun accord nucléaire et dispose d’une liberté d’action totale pour éliminer une éventuelle menace nucléaire iranienne est d’une importance capitale pour l’Iran à ce stade. Les cartes du jeu sont désormais entièrement entre les mains de l’Iran.

C’est elle qui déterminera la scène pour les quelques mètres restants du marathon de négociations de Vienne. Cela résulte d’un calcul stratégique précis qui ne tient pas compte du statut de la partie américaine et de ses intérêts en tant que partenaire de négociation.

Au contraire, l’Iran sera plus enclin à choisir un scénario qui mettrait la Maison Blanche dans une situation critique tant sur le plan intérieur qu’extérieur. L’échec des négociations nucléaires est à craindre. Les choses dépendent maintenant de la façon dont la Maison Blanche acceptera la coercition exercée par le négociateur iranien, car le président Biden n’a pas beaucoup de marge de manœuvre.

Les élections de mi-mandat au Congrès arrivent dans environ deux mois, à un moment où la position stratégique de son pays s’effrite alors qu’il traverse un bras de fer ouvert avec ses plus grands rivaux stratégiques, la Chine et la Russie.


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2 réactions à cet article    


  • xana 30 septembre 09:53

    Franchement, le monde s’en moque.

    Ce sera comme il conviendra le mieux à l’Iran, en fonction de ses propres impératifs.

    Pour la partie adverse, l’Iran est déjà gagnant et c’est ce qui compte.


    • bertin 3 octobre 10:06

      Les manifestations soi-disant féministes ont pour seul objectif d’affaiblir l’Iran pour le compte d’Israël et de l’Otan.

      https://fascismeetislamophobie.wordpress.com/2022/10/03/la-nupes-participe-a-une-manifestation-islamophobe/

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