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Accueil du site > Actualités > International > L’Ukraine va devenir une dictature terroriste ou se désintégrer

L’Ukraine va devenir une dictature terroriste ou se désintégrer

Depuis le coup d’État qui a eu lieu à Kiev en février 2014, j’ai soutenu et j’affirme que, quelle que soit la personne qui dirigera l’État et quelle que soit la force politique chargée de gouverner le pays, le régime de Kiev suivra la voie de la radicalisation jusqu’à se transformer en une dictature ouvertement terroriste.

C’est la loi de l’histoire. C’est aussi inévitable que le lever du soleil le matin. Le soleil se lève, que vous croyiez en son existence ou non, et que vous voyiez le processus du lever du soleil ou que le ciel soit couvert de nuages.

La seule alternative à la dégénérescence du régime en dictature terroriste est la désintégration du pays – qui n’a pu faire face à ses problèmes – avant que le régime ne parvienne à passer par toutes les étapes de la dégénérescence. Ce n’est d’ailleurs pas la meilleure option, car il n’y aura pas d’annihilation naturelle des structures nazies oligarchiques. Elles resteront dans la société post-ukrainienne et auront un effet toxique sur tous les systèmes politiques qui grandiront sur les ruines de l’Ukraine.

En introduisant la loi martiale dans dix régions d’Ukraine et dans les eaux territoriales de la mer d’Azov, Petro Porochenko a fait l’avant-dernier pas vers la réalisation de l’option militaire de son maintien au pouvoir. Le régime a clairement démontré son incapacité à garder le contrôle du pays dans le cadre de procédures même quasi-démocratiques. La terreur dissimulée du SBU et des escadrons de la mort nazis ne suffit plus. Il est nécessaire de refuser officiellement le respect des « droits et libertés démocratiques » non seulement en ce qui concerne les « séparatistes » et les « vatniks » (les Russes NDLR), mais aussi les « patriotes » patentés du Maïdan.

Il ne faut pas se laisser abuser par le succès relatif de l’opposition, qui a réussi à réduire la période de la loi martiale à 30 jours et à la limiter à une partie du pays. Nous avons affaire à l’Ukraine, et là-bas, comme nous le savons depuis l’époque de Iouchtchenko, les lois sont reniflées afin de sentir leur esprit, et ne sont pas exécutées à la lettre.

Donc, en lisant la disposition sur le régime juridique de la loi martiale et en essayant de déduire les actions futures de Porochenko et de l’opposition, nous devons partir du fait que la loi sera interprétée par les deux parties de la manière qui leur est profitable. En particulier, l’opposition prétendra qu’il n’y a pas de loi martiale, car elle n’a pas été déclarée dans la capitale.

Porochenko a beaucoup plus de possibilités. Le compromis obtenu à la Rada était en sa faveur, quel que soit le point de vue de l’opposition. Le plus important, c’est que la loi martiale a été introduite, fût-ce partiellement. Il peut maintenant utiliser dans ses décrets l’expression « sur base de la loi martiale », et il peut alors exiger ce qu’il veut.

Par exemple, la loi martiale permet de limiter les activités des forces politiques et des médias destructeurs. Sauf qu’ils n’opèrent pas dans des zones spécifiques, mais dans toute l’Ukraine. Et cela signifie qu’une agence de presse ou, supposons, un parti, sera complètement fermé, et pas seulement ses filiales dans les régions où la loi martiale a été imposée. De même, si on le souhaite, toute autre disposition du régime juridique de la loi martiale peut être étendue à l’ensemble du pays, sans rien changer à la décision de la Rada.

Un autre joli bonus pour Porochenko : la loi martiale ou l’état d’urgence est toujours plus facile à instaurer qu’à annuler. Les autorités s’habituent à travailler sans contrôle, la bureaucratie et les politiciens commencent à comprendre le charme de la dictature, car ils font partie de cette dictature. Le travail de l’opposition est difficile, et donc, jour après jour, elle perd du terrain. Il sera donc plus facile de prolonger la loi martiale de Porochenko que de l’introduire.

Comme je l’ai dit, Porochenko a fait l’avant-dernière pas vers l’établissement d’une dictature ouvertement terroriste et vers une solution brutale au problème des élections. L’avant-dernier, non pas parce que la loi martiale n’est pas imposée partout et pas pour toujours, mais seulement en l’absence d’une décision finale sur le début de la répression par la force de l’opposition. Porochenko hésite encore. Soit il a simplement, comme d’habitude, peur, soit (quoique peu probable) il comprend qu’il peut écraser l’opposition et établir une dictature, mais qu’il ne pourra pas rester à la tête de cette dictature pendant longtemps. Les dictateurs doivent posséder au moins une certaine popularité – idéalement élevée – parmi le peuple, qui leur remet le pouvoir absolu pour la destruction des « parasites », « compradors », « cinquième colonne », etc. Un dictateur avec une cote de zéro, c’est un non-sens. Mais la dictature est un système de gestion très pratique pour la bureaucratie. Par conséquent, il est plus facile pour l’appareil d’État de changer le dictateur (du moins pour un officier de sa garde personnelle, si tous les politiciens se sont retirés d’ici là) que d’abandonner la dictature en raison de sa faiblesse personnelle et de son impopularité.

Néanmoins, peu importe à quel point Porochenko a peur, peu importe comment il tire le chat par la queue (en gros, ce qu’il fait maintenant, il aurait dû le faire en juillet-septembre 2014), la logique des processus historiques nous amène au prochain, et dernier, pas. Si Porochenko ne le fait pas, quelqu’un d’autre le fera à la place de Porochenko et contre Porochenko. Si l’opposition parvient à prendre le pouvoir, elle n’abandonnera pas non plus la loi martiale et appliquera exactement les mêmes méthodes et avec le même résultat, que ce pour quoi Porochenko est maintenant critiqué.

Cependant, le sort des araignées oligarchiques nazies dans le bocal ne nous intéresse guère. Non pas parce que ce sont de mauvaises personnes, mais uniquement parce que c’est la conclusion inéluctable de 2014, quand ils ont pris le pouvoir. Ils peuvent prolonger leur agonie dans le temps (ce qui brise les destins des individus vivant dans le temps physique, mais passe complètement inaperçu à l’échelle du temps historique dans lequel vivent les États), mais ils ne peuvent ni empêcher leur fin inévitable ni changer sa forme ou le contenu de leurs actions.

Il est beaucoup plus important de voir comment les actions de Porochenko affecteront les opposants anti-Maïdan du régime actuel. J’écris « anti-Maïdan » parce qu’ils incluent un large éventail de groupes et de personnes qui ont des opinions différentes – souvent diamétralement opposées – et qui sont même souvent en guerre les unes contre les autres. Indépendamment de leurs convictions, les communistes les plus authentiques (à ne pas confondre avec le « Parti communiste d’Ukraine ») sont également exposés au même danger, de même que la gauche plus radicale, les monarchistes et les libéraux pro-russes qui scandent « Poutine a trahi » – en général, les partisans du spectre des opinions politiques qui ne sont pas représentées dans la Rada et qui sont expulsées du champ politique, mais qui, si elles étaient légalisées, occuperaient une place au Parlement à gauche du centre (même s’ils sont partisans de la restauration de la monarchie des Romanov, car ils ne peuvent être assis à côté des nazis qui occupent la droite). Ces forces dans la société ukrainienne portent le nom conditionnel de gauche et pro-russe. J’utilise le terme « anti-Maïdan » parce qu’ils ne sont pas tous de gauche et qu’ils ne sont pas tous pro-russes, mais ils sont tous des opposants au Maïdan et au régime actuel.

Ainsi, avant de répandre les méthodes de la dictature terroriste pour combattre l’opposition issue du Maïdan, les autorités doivent travailler sur l’opposition anti-Maïdan. Premièrement, une partie importante de l’opposition anti-Maïdan, du moins ceux qui sont restés actifs et qui essaient de se battre, coopère avec les forces qui s’opposent à Porochenko dans l’espace légal, pas uniquement avec les soi-disant représentants du sud-est (les politiciens ukrainiens qui prétendent représenter le sud-est du pays NDLR), mais également avec ceux qui sont des supporters invétérés de Tymochenko (ce qui n’est pas surprenant, car certains « représentants du sud-est » travaillent pour Tymochenko, d’autres pour Porochenko). En d’autres termes, en les frappant, le régime prive l’opposition de certaines possibilités de propagande. Le travail de ces personnes n’est peut-être pas très visible, mais il mobilise contre Porochenko de larges couches d’opposants convaincus du régime, qui autrement seraient dans l’apathie et seraient exclus de la politique.

Deuxièmement, l’opposition issue du Maidan ne peut que soutenir, au moins tacitement, et en grande partie publiquement, la répression contre les anti-Maïdan. Cela divisera le front d’opposition uni des pro et anti-Maïdan qui se forme contre Porochenko.

Troisièmement, la répression directe comme moyen de lutte politique sera légalisée dans l’espace politique et sanctifiée par le soutien de l’opposition. Encore une fois, quel contraste avec ce qui se passe aujourd’hui, où la répression est également appliquée, mais elle ira de sa forme cachée – en supposant le respect formel de la législation, quoique avec de nombreuses perversions – à une répression ouverte, comme moyen individuel et autonome d’exercer une pression sur des opposants politiques. Même en 2014 et même à Dnipropetrovsk, où Filatov et Korban se sont vantés publiquement d’avoir enterré des centaines d’opposants au régime dans des champs, la répression n’avait aucun caractère public – les meurtres ont eu lieu en secret, même si les assassins ne l’ont pas caché. Korban et Filatov ont également compris la nature illégale de leur activité, tout comme les employés du SBU comprennent l’illégalité de leurs actions – enlèvement et torture des opposants au régime. Maintenant, tout cela, sauf la torture, sera consacré par la loi.

Bien sûr, je ne veux pas dire que le régime commencera immédiatement à tirer sur les personnes indésirables dans la rue (même si ce n’est pas aussi loin que cela peut paraître), mais l’arrestation de n’importe qui sans verdict, sans procès pénal, simplement par décision des autorités administratives et l’emprisonnement officiel (pour une durée déterminée ou arbitraire) sans tribunal peut bien devenir un lieu commun demain. Les militants qui exigent maintenant que le SBU présente un mandat de perquisition, refusent de laisser la police ou des services spéciaux dans l’appartement, qui sont absents, etc. vont rapidement apprendre ce que sont une perquisition ou une arrestation par des patrouilles militaires, éventuellement avec des « activistes civils » légalisés. Et tout cela sera « légal ».

Mais le plus grand danger menace l’Église orthodoxe ukrainienne (du Patriarcat de Moscou NDLR). C’est la seule structure entièrement ukrainienne qui jouit d’un énorme prestige et du soutien de la population dans presque toutes les régions d’Ukraine. Cette structure, malgré toutes les tentatives de rester en dehors de la politique, s’est ouvertement transformée en opposition à Porochenko, refusant de soutenir l’autocéphalie et de s’unir avec les schismatiques. Porochenko, qui ne croit pas que les gens peuvent avoir des convictions sincères, lui qui vend sa « foi » à droite et à gauche, considère que la hiérarchie de l’UOC-MP est semblable à lui en tous points. Par conséquent, il considère leur refus de soutenir ses aspirations autocéphalistes, comme les empereurs romains, qui se voyaient comme des dieux, considéraient le refus des chrétiens de sacrifier dans leurs temples. Porochenko est sûr qu’ils vont la jouer dur pour faire monter les enchères, et a donc l’intention de les briser.

La loi martiale ne fait pas que délier enfin ses mains, qui n’étaient pas très liées auparavant, elle limite sérieusement la capacité de l’église à la résistance légale. Jusqu’à présent, l’argument à l’échelle politique, qui obligeait les autorités à être prudentes dans l’utilisation de la force contre l’église, était que des centaines de milliers de croyants orthodoxes étaient prêts à défendre leurs églises et leurs monastères lorsqu’ils allaient dans les processions religieuses. Sous la loi martiale, toute action dans la rue est interdite. Et cette loi martiale n’est pas annoncée dans toutes les régions, donc, pour commencer, vous pouvez d’abord sélectionner toutes les églises et tous les monastères de l’UOC-MP dans 10 régions (d’autant plus que c’est dans le sud-est qu’ils ont le plus de sympathie pour l’UOC-MP), et seulement ensuite aller vers les autres. Deuxièmement, personne ne s’opposera à l’extension de facto de l’interdiction des rassemblements et manifestations dans tout le pays (surtout si cette mesure est dirigée contre les « séparatistes », les « vatnikis » et « l’église de Moscou »). Troisièmement, si des discours sont prononcés dans des régions non couvertes par la loi martiale, Porochenko aura une raison d’exiger l’extension de la loi martiale à tout le territoire du pays et l’extension de sa période de validité (elle sera motivée par la nécessité de combattre « l’insurrection de la cinquième colonne » de Moscou).

Pour Porochenko, la suppression de la résistance de l’UOC-MP à ses plans est importante non seulement parce qu’il considère l’obtention de l’autocéphalie comme un argument sérieux dans la campagne électorale (il est peu probable qu’il espère encore obtenir le tomos). Il est beaucoup plus important pour Peter Alexeïevitch de contrôler cette structure étendue qui fait autorité et qui peut être utilisée comme un mécanisme de collecte des votes. Porochenko sait très bien que dans les villages, ils votent surtout, « comme le dit le prêtre lors de la messe ». Il a besoin que les prêtres orthodoxes ne soient pas silencieux ou qu’ils ne se dérobent pas à la campagne pour le « président pacificateur », mais qu’ils prêchent chaque jour que Porochenko est le seul choix valable de ceux qui croient en Jésus-Christ.

Porochenko ne peut pas garder le pouvoir et la vie par les méthodes démocratiques habituelles. Il a peur, mais il est déjà à un demi pas de donner l’ordre officiel de commencer à emprisonner et à tuer des opposants politiques. Donner l’ordre de réprimer l’Église est plus facile pour lui que donner l’ordre de réprimer Tymochenko – le public pro-Maïdan traitera cela avec compréhension. En même temps, à ses yeux, l’Église est un ennemi plus terrible que Tymochenko. L’église a un taux d’approbation plus élevé, elle résiste avec plus de persévérance et ne s’enfuira pas à l’étranger, c’est certain.

La répression des activistes politiques anti-Maïdan et des médias est une partie essentielle et importante de la campagne médiatique de Porochenko, mais, étant moins visible de l’extérieur, elle est beaucoup moins importante que la répression de l’Église. Des affrontements avec l’Église orthodoxe ukrainienne (du Patriarcat de Moscou NDLR) ne peuvent que se produire publiquement. Ce qui veut dire que le format du règne terroriste sera peaufiné sur le public pro-Maïdan et devra recevoir son soutien. Et quand les activistes des partis pro-Maïdan se retrouveront dans la ligne de mire, il ne leur restera plus qu’à être surpris, affligés, et à dire : « Camarades ! Il y a eu une erreur tragique. Je suis de votre côté, camarades !  ». Mais ce sera plus tard.

Rostislav Ishchenko

Source : Ukraina.ru
Traduction par Christelle Néant pour Donbass Insider


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73 réactions à cet article    


  • Julien S 30 novembre 2018 09:37

    Ca y est, Christelle, ça devient bon ? 

    Les Occidentaux commencent à se faire tout doucement à l’idée que la réunification de l’ex-URSS est inéluctable ? 


    • Arthur Gohin 30 novembre 2018 12:26

      @Julien S
       Pas toute l’Ukraine. Une partie désirera retourner en Roumanie, une partie désirera rester indépendante. 


    • Christelle Néant Christelle Néant 30 novembre 2018 12:43

      @Julien S
      Je pense surtout que l’Ukraine risque de finir comme la défunte Yougoslavie....


    • Arthur Gohin 30 novembre 2018 18:52

      @Christelle Néant
       Si ce n’est que la Yougoslavie n’avait personne à qui retourner, l’empire d’Autriche Hongrie n’était déjà plus. Mais les regions russophiles de l’Ukraine peuvent elles retourner en Russie. 
       Au grand dam des prédateurs qui auraient bien voulu tout racheter à bas prix...


    • Christelle Néant Christelle Néant 30 novembre 2018 20:02

      @Arthur Gohin
      La Pologne lorgne déjà sur la Galicie-Volhynie, la Hongrie sur la Transcarpatie, et la Roumanie sur la Bessarabie du Sud... Le pays finira dépecé par ses voisins. Et la population paiera les pots cassés....


    • Xenozoid Xenozoid 30 novembre 2018 20:08

      @Christelle Néant

      je pense que les russes préfere une ukraine,les polonais ici ? et pouquoi pas la bielorussie,si tout est dans casser tout ça ,minsk (pas le contrat),sera au millieu


    • Xenozoid Xenozoid 30 novembre 2018 20:10

      @Xenozoid

      mais peut etre que tous ça est une diversion,et tout ce passe ailleur,moldova ? 


    • Christelle Néant Christelle Néant 30 novembre 2018 20:44

      @Xenozoid
      Les Russes ne veulent pas que l’Ukraine finisse dépecée, parce qu’ils savent ce que la population va endurer si c’est le cas. Mais ils ne peuvent qu’assister impuissants aux forces qui sont en train de déchirer le pays voisin, qui est aussi leur pays frère. Ne pas oublier qu’une bonne partie de l’Ukraine a fait partie de l’empire russe pendant un bon moment. C’est pour ca que l’Ukraine aurait toujours dû rester neutre pour servir de pont entre l’Europe et la Russie. Mais les Occidentaux ont voulu l’Ukraine comme bélier contre la Russie, et voilà ce qui se passe...


    • Arthur Gohin 1er décembre 2018 05:07

      @Christelle Néant
        Bien d’accord sur le destin géographique que vous dessinez. Mais cet aspect géographique n’est pas un drame pour la population pourvu que les pays acquéreurs s’occupent d’elle correctement. 
       Pourquoi pas ? Il est clair par exemple que le Dombass intégrera la Russie avec bonheur. 
       Ceci pour le futur ; certes aujourd’hui la population fuit par millions à l’étranger pour trouver du travail. 


    • Jelena Jelena 1er décembre 2018 08:02

      @Christelle Néant >> La Pologne lorgne déjà sur la Galicie-Volhynie, la Hongrie sur (...)

      C’est exact... Mais pour que cela se fasse, il va falloir que « la communauté internationale » reconnaisse ces annexions et ça, ce n’est pas gagné.


    • Christelle Néant Christelle Néant 1er décembre 2018 08:44

      @Arthur Gohin
      Si je sais que la Russie s’occupera bien des populations qu’elle récupèrerait (comme avec la Crimée), je ne suis pas sûre que les Polonais seront aussi généreux par exemple...


    • Christelle Néant Christelle Néant 1er décembre 2018 08:44

      @Jelena
      Quand il s’agit de pays occidentaux là d’un seul coup ça devient légal, vous inquiétez pas.


    • Jelena Jelena 1er décembre 2018 10:13

      @Christelle : Qu’un jour la Galicie-Volhynie réclame son indépendance, c’est possible... Mais qu’elle se fasse annexée par la Pologne, je n’y crois pas une seule seconde. Car au minimum Paris, Berlin et Moscou, pour différentes raisons, s’y opposeront.


    • Arthur Gohin 1er décembre 2018 10:14

      @Christelle Néant
       Cela sera tout de même plus confortable que leur situation actuelle où ils travaillent en Pologne comme plus ou moins clandestins. Là ils seront citoyens polonais, et leur terre d’origine sera incluse dans une économie polonaise réelle. 
       La langue ukrainienne de l’ouest n’est pas lointaine du polonais.
       L’important est que cette guerre s’arrête. 


    • Christelle Néant Christelle Néant 1er décembre 2018 11:53

      @Jelena
      Le problème est que cette région n’est pas viable économiquement seule. Donc ils s’y résoudront.


    • Mychris Mychris 30 novembre 2018 10:29

      KIEV (Reuters) - Les ressortissants russes âgés de 16 à 60 ans ne seront désormais plus autorisés à pénétrer sur le territoire ukrainien, a annoncé vendredi le chef des services douaniers.

      "L’entrée des étrangers - principalement celle des citoyens de la Fédération de Russie - est aujourd’hui limitée. Plus d’admission des citoyens de la Fédération de Russie de sexe masculin âgés de 16 à 60 ans", a déclaré Petro Tsiguikal.

      Kiev a proclamé la loi martiale dans les zones les plus vulnérables d’Ukraine après l’incident naval survenu dimanche dans le détroit de Kertch, où les forces russes ont arraisonné trois bâtiments ukrainiens qu’elles accusent d’avoir franchi illégalement la frontière maritime et de ne pas avoir obtempéré aux sommations.

      Voilà une mesure aussi débile que dangereuse. Ou comment se mettre une bonne partie de la population à dos...


      • Christelle Néant Christelle Néant 30 novembre 2018 12:42

        @Mychris
        Oui, du grand guignol comme l’a très bien décrit Karine http://russiepolitics.blogspot.com/2018/11/poroshenko-ferme-la-porte-lhomme-russe.html


      • Christelle Néant Christelle Néant 30 novembre 2018 14:24

        @Christelle Néant
        Ce qui est beaucoup plus inquiétant c’est la perquisition du SBU chez le métropolite de la Laure de Kiev-Petchersk...


      • Mychris Mychris 30 novembre 2018 16:38

        https://fsspx.news/fr/crise-ouverte-au-sein-du-monde-orthodoxe-un-schisme-dans-le-schisme-42197

        Ainsi que le souligne le Courrier de Russie, « pour les traditionalistes, c’est l’occasion de réaliser leur rêve d’une Moscou Troisième Rome qui prendrait la place de la Deuxième, Constantinople, jugée trop progressiste. » La frange la plus conservatrice de l’Église russe veut désormais aller plus loin, jusqu’à un concile œcuménique qui déposerait le patriarche Bartholomée Ier de Constantinople et reconnaîtrait la domination de Moscou sur le monde orthodoxe.

        C’est bien de domination dont on parle ici...


      • Mychris Mychris 30 novembre 2018 16:48

        https://www.apnews.com/a84e97376fbf4d698bc7cc8836af3240

        La guéguerre entre Moscou et Constantinople faisait déjà des remous en Aout .


      • Christelle Néant Christelle Néant 30 novembre 2018 18:19

        @Mychris
        Là c’est plus du progressisme ce qu’on voit chez Constantinople, c’est anti-canonique.... Normal que l’église orthodoxe russe s’y oppose, et elle n’est pas la seule, la Serbie et d’autres Églises refusent les délires de Constantinople.


      • Arthur Gohin 30 novembre 2018 12:31

         Au lieu d’empêcher les russes de rentrer, il ferait mieux de chercher à ce qui reste de l’Ukraine ne se vide pas. 

         A ce rythme son pays va devenir un fantôme. 


        • toutenun 30 novembre 2018 13:03

          Une confusion rédactionnelle qui n’aide pas à la compréhension d’une situation déja confuse elle-aussi.


          • r_latouche 30 novembre 2018 17:17

            @toutenun
            Et un peu long pour en faire une lecture.


          • Lestrade Lestrade 30 novembre 2018 17:00

            La démocratie ukrainienne a suffisamment montré sa vivacité depuis 1991 et le peuple ukrainien, sa volonté de lutter pour ses libertés et droits démocratiques pour que ne soit pas évacuée, si rapidement, l’hypothétique résistance populaire aux vélléités de dictature d’un président de passage. Qu’est-il encore possible de faire en Ukraine sans le consentement du peuple ?

            Bien que l’on ne puisse décemment qualifier le président Ianoukovitch de dictateur, le souvenir qu’en conservent les ukrainiens, son régime, sa chute ont, de concert, dessiné et gravé dans la conscience collective les traits du tyran tel qu’on ne veut plus en voir. Fût-il ethniquement ukrainien, Porochenko, fruit du Maĩdan, pas plus qu’un autre ne peut se risquer à tromper la vigilance d’un peuple rompu à la lutte pour la souveraineté démocratique.

            Ce n’est, en outre, point faire preuve d’angélisme que de ne pas résumer la volonté populaire ukrainienne aux démonstrations tapageuses des factions nationalistes, minorités trop visibles. Dans l’Ouest ukrainien, Svoboda et les groupuscules approchant n’atteignent pas la barre des 10% de sympathisants chez les électeurs.

            Au-delà de l’adhésion populaire, l’indispensable soutien des nations occidentales à l’Ukraine interdit à cette nation européenne d’être tentée par la dictature. Une question de convenance autant que de sécurité. Les incertitudes nées de l’arbitraire des régimes autocratiques ne seraient pas de nature à rassurer les partenaires occidentaux. L’exemple de la Turquie d’Erdogan est, à cet égard, le plus éloquent.

            Si risque de dérive totalitaire il y avait, ce serait en suite d’un coup d’Etat des militants nationalistes contre le pouvoir légitime... Faute de pouvoir y accéder par les urnes. Pour l’heure, les agités du patriotisme exacerbé se contentent de pressions, de revendications et, sporadiquement, de violences sur la population...

            L’internationalisation, mieux encore, la bipolarisation des enjeux qu’elle soulève est toute la chance de la cause ukrainienne. Territoire d’importance stratégique ; Convoitée de part et d’autre ; L’Ukraine ne peut être abandonnée à son sort et à ses démons. Elle ne tombera pas davantage aux mains d’un dictateur fantasmé qu’en celles de nationalistes d’opportunité. Ni la Russie, ni l’Union européenne ne souhaitent voir s’installer un régime instable et perturbateur au voisinage commun de leurs confins respectifs.

            La Turquie était devenue celle d’Erdogan après que lui avait été signifiée le refus de prendre part au concert des nations européennes...


            • Christelle Néant Christelle Néant 30 novembre 2018 18:22

              @Lestrade
              Votre commentaire c’est une blague ou vous êtes sérieux ? Parce qu’autant au deuxième degré ça me fait rigoler, autant au premier ca me fait pas rire du tout. Si vous pensez ce que vous avez écrit, soit vous ne connaissez strictement rien à l’Ukraine, soit vous avec une déficience de compréhension de ce qui s’y passe. Mais grave....


            • JC_Lavau JC_Lavau 30 novembre 2018 18:31

              @Lestrade. Les néocons des Tazunis, eux ont beaucoup tenu à « installer un régime instable et perturbateur au voisinage » de la Russie.
              Avec conseillers et professionnels des armes, y compris venant d’israël.


            • Cali Cali 1er décembre 2018 06:35

              @JC_Lavau
              C’est marrant j’ai un peu de mal a croire que les USA soit à l’origine du bordel en Ukraine pour « affaiblir la Russie »... En prenant un peu de recul il me semble que la politique calamiteuse Russe du 20 eme siècle soit plus en cause dans le merdier actuel de toute cette région du monde...



            • Christelle Néant Christelle Néant 1er décembre 2018 08:48

              @Cali
              Vous avez du mal à croire ? Ah non mais ne croyez pas. Ils ne se sont même pas cachés. Entre la miss Nulland qui distribuait ses cookies sur le Maïdan et a balancé dans une conversation téléphonique qui a fuité que les USA ont mis 5 milliards sur la table pour décider qui dirigerait l’Ukraine, et McCain qui venait faire des discours enflammés sur le Maïdanpour exciter les manifestants, sans parler du fait qu’il y a eu une ministre des finances américaine en Ukraine après le Maïdan, et maintenant un conseiller militaire US directement rattaché au ministère de la Défense ukrainien.... Si ca c’est pas de l’ingérence, je suis la Reine d’Angleterre....


            • Cali Cali 1er décembre 2018 10:38

              @Christelle Néant
              Bon peut-être... mais alors autant d’ingérence tout juste aux portes de la Russie... et dirigée manifestement contre la Russie... Si c’est vrai je ne peux pas m’empêcher d’avoir l’impression que les Russes se protège extraordinairement mal des états unis... A ce niveau même on peut se dire que les Russes sont des enfants de coeur et ne sont pas près de sortir du clan des pays sous développé... (A ma grande tristesse d’ailleurs car la Russie pourrait être l’un des plus grand et beau pays de cette planète si elle n’était pas dirigée aussi mal depuis aussi si longtemps..)


            • Cali Cali 1er décembre 2018 10:43

              @JC_Lavau
              haaa .. je me rappelle de vous... smiley c’est drôle le vague souvenir qui me revient c’est une sorte de méchanceté aigrie... un truc dans le genre... c’est ça ? je veux dire c’est bien comme ça que vous vous voyez dans le miroir ? ou bien vous avez changé ? Mais est-ce qu’on peut changer....


            • Christelle Néant Christelle Néant 1er décembre 2018 11:56

              @Cali
              Mauvaise interprétation des faits de votre part. Ce n’est pas de l’angélisme de la part de la Russie, qui est au contraire très bien dirigée depuis des années (sans Poutine, la Russie aurait explosée). C’est juste que comparativement aux USA, la Russie n’a pas les moyens de déployer un soft power aussi puissant. La CIA a une longue expérience d’organisation de révolutions colorées. Et puis surtout, Ianoukovitch n’a pas écouté Poutine, quand ce dernier lui a dit de ne surtout pas quitter Kiev après la signature de l’accord avec l’opposition. La Russie ce n’est pas Dieu tout puissant... 


            • Cali Cali 1er décembre 2018 12:17

              @Christelle Néant
              La Russie n’a pas un soft power aussi puissant que les USA ? Sauf quand il s’agit d’influencer les élections présidentielles Américaines ! (rien que ça...)

              Non, franchement, et d’ailleurs je ne crois pas que les Russes soient des enfants de coeur en vérité, à la limite j’ai plus l’impression qu’ils ont « laissés » les US (et l’Europe) se planter lamentablement en Ukraine comme c’était prévisible (voir en aidant à la chute) pour pouvoir reprendre le contrôle (ou même la possession ?) légitimement plus tard... Bientôt apparemment.


            • capobianco 1er décembre 2018 12:48

              @Cali
              «  Sauf quand il s’agit d’influencer les élections présidentielles Américaines ! »
              Le peuple américain sensible à la démocratie russe, vous le pensez vraiment ? Les us qui interviennent en permanence de partout pour influencer les élections ou déstabiliser les régimes qui ne leur plaisent pas , vous ne le voyez pas ? Leur politique de « sanctions » (cuba, russie, iran....) les assassinats de dirigeants (allende...), les pressions en aidant les droites extrêmes comme au brésil ou en ukraine. La liste est trop longue pour ne pas la voir mais je comprends qu’il vous soit difficile d’accepter de vous tromper à ce point.  


            • Balkanicus 1er décembre 2018 12:57

              @capobianco

              Franchement !

              Les us se meler des affaires des autres pays !!!!!

              Il n ont jamais ..... oooohhhh grand jamais ..... envoyer la cia dessouder des presidents elue d amerique du sud......

              Il n ont jamais attaquer un pays en pretextant des armes de destruction massive

              Il n ont jamais attaquer un pays pour voler une partie de son territoire pour l offrir au peuple voisin....


            • JC_Lavau JC_Lavau 1er décembre 2018 13:01

              @capobianco. Présidentielles de décembre 1965. Tous les candidats opposés à de Gaulle ont reçu de l’argent américain, et bien sûr Lecanuet bien plus que les autres. Source orale : Stanley Hoffmann.

              Auparavant, ils ont amplement aidé l’OAS.


            • Christelle Néant Christelle Néant 1er décembre 2018 14:51

              @Cali
              Vous croyez sérieusement à cette fable pour enfants de l’ingérence russe dans les élections américaines ? Ah ouais.... Là effectivement vous êtes trop loin dans la crédulité pour ne pas dire autre chose. Cette histoire a été prouvée comme étant un énorme fake de A jusque Z. Vous avez loupé un paquet d’épisodes. Pfiou...


            • Cali Cali 1er décembre 2018 16:28

              @Christelle Néant
              Ha tiens je suis un peu déçue... Je vous considère comme une sorte de référence dans les sujets concernant l’Ukraine et la Russie et c’est d’ailleurs pour ça que je suis revenue, pour m’informer « réellement » sur le sujet, après l’histoire des bateaux Ukrainiens.

              Mais que vous ignoriez que les Russes ont bien fait « pencher la balance » (qui était presque à l’équilibre, c’est vrai, il faut le rappeler) et qu’il s’agit bien d’un des très grands succès réel de la Russie contre les US (que j’applaudi chaleureusement des deux mains d’ailleurs) je suis un peu étonnée...

              Vu ce que vous dites on part de zéro, c’est encore une fois très étonnant, presque suspect même, mais bref, sachez juste que les Russes, à l’instar des Echecs, sont à la super-pointe en informatique, DEVANT les US (ce qui est si rare quand on parle du couple Russie/US qu’il me semble essentiel de le noter, surtout dans un domaine aussi « à la pointe »). A tel point que dans les milieux underground IT, loin d’être un secret, c’est devenu une bonne blague et les US vont se rappeler longtemps de cette humiliation, car c’est est une, claire et nette.

              Et maintenant la différence entre les US et la Russie dans un cas pareil : Les US, ils vont tout faire pour montrer cette faiblesse, la dévoiler, la décortiquer, et en public même ! au grand jour !! d’ou les procès, la poursuite de leur propre président !!... Mais l’avantage c’est qu’ils auront appris, « reconnu », accepté leur erreur, et ils en sortiront plus fort !...

              En Russie ? un truc comme ça serait géré à l’ancienne, comme d’hab, par le déni, par le mensonge, ça n’est pas arrivé, c’est faux, on est les plus fort !... Mais en définitive, personne n’aurait été responsable, ou alors en privé, vite fait, en grand secret, et au final on apprend très peu de la mésaventure, et surtout du coup on ne progresse pas ! et on reste « faible » sur le sujet... Et c’est comme ça depuis plus d’un siècle... Ils n’ont toujours pas compris... C’est d’une tristesse, un comportement de môme : c’est pas moi, j’ai rien fait, je vous le JURE ! Le tout avec des traces de chocolat plein la bouche...


            • Christelle Néant Christelle Néant 1er décembre 2018 17:20

              @Cali
              Oui les Russes sont très bons en informatique, que ce soit en hacking ou en sécurité. Mais ils n’ont pas fait pencher la balance aux USA. Leur influence a été absolument minime dans cette élection. Même si je comprend que certains ont envie d’y croire pour diverses raisons.

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