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La crise sénégambienne face au douteux représentant de l’ONU Mohamed Ibn Chambas...

C'est pour nous un véritable coup de théâtre : nous allons montrer comment l'actuel représentant de l'ONU en Afrique de l'Ouest, le ghanéen Mohamed Ibn Chambas semble encore une fois mouillé dans une affaire louche à l'origine de l'ire de la diplomatie mauritanienne. Ce n'est pas la première fois que cet homme entraîne l'ONU dans une affaire diplomatiquement scandaleuse.

Il appartient à d'autres journalistes de voir si le représentant de l'Union Africaine dans l'affaire gambienne a ou non un passif aussi lourd en matière de sinistre trafic d'influence...

Depuis le début la crise diplomatique Mauritano-Sénégambienne, les faits et les déclarations officiels de toutes les parties prenantes nous ont amené à éclairer les intellectuels francophones et bilingues mauritaniens au profit de la diplomatie sénégalaise. Nous pensions que la culture du complot permanent telle qu'elle est vécue en Mauritanie, doublée de nos accointances douteuses avec le régime Gambien justifaient à elles seules cette mauvaise foi apparente de la diplomatie mauritanienne dans la sortie de crise gambienne allant jusqu'à accuser les va-t-en-guerre d'avoir trahi l'accord que nous pensions non justifié selon les règles du droit international tel que l'a dit le ministre sénégalais des affaires étrangères.

Seulement, depuis le début de cette affaire, alors que nous disions qu'il semblerait que la Mauritanie ait péché par naïveté en croyant qu'un accord verbal ou fondé sur un texte indéfendable, quelque chose nous disait qu'il y a quelque chose de louche comme le dit Aziz en parlant de ce qui s'est passé entre le moment où il a quitté Jammeh avec un présumé accord de départ et l'entrée des troupes de la CEDEAO pour accentuer la pression.

Cette gêne comme nous l'avions soulignée venait du Centre D'actualités de l'ONU qui rapportait des informations confirmant les dires de la diplomatie mauritanienne à propos d'amnistie générale pour Yammeh et ses proches. Nous rappelions alors que lors du passage d'un rapporteur de l'ONU Philip Alston en Mauritanie, ce même centre avait cité une phrase que le rapporteur n'avait jamais prononcée. Phrase qui mit le feu aux poudres en Mauritanie...

 

C'est très grave. Nous avions même écrit aux services compétents au bureau du rapporteur pour leur signaler cette affaire.

Aujourd'hui nous pouvons dire sans risque de nous tromper, preuve à l'appui, que ce centre d'actualités de l'ONU a encore versé dans la manipulation. A cette heure alors que la Mauritanie s’inquiète du non respect futur de l'accord d'amnistie après la sortie du ministre sénégalais des affaires étrangères niant la pertinence d'un tel accord face au droit international et l'accusant de faux, alors que la CEDEAO par la voix du président de la commission a dit clairement que le sort de l'amnistie n'est pas acquis puisqu'il devrait être étudié par les représentants de l'ONU, de l'UA et de la CEDEAO, ce centre d'actualité tient toujours en ligne l'article confirmant les dires de la diplomatie mauritanienne.

Si la Mauritanie n'était pas un si petit pays face à des enjeux soutenus par l'ONU, l'Union Africaine et la CEDEAO, un tel couac ne pourrait jamais avoir lieu surtout qu'il va plus loin...

Première bizarrerie, le centre d'actualités de l'ONU a pondu un article tout plein de brouillard qui pourrait laisser croire que le nouveau secrétaire général de l'ONU a officiellement soutenu l'accord d'amnistie dont il est question dans l'article alors que c'est faux ! Le lecteur attentif lira que le secrétaire général n'a officiellement soutenu aucun accord d'amnistie à ce jour, il n'a fait qu'un mot sur Twitter de moins de 140 caractères disant que " l'état de droit a prévalu en Gambie " . Tout le reste de l'article parlant d'accord de l'ONU, de l'UA et de la CEDEAO n'engage que le centre d'actualités et ceux qui représentent l'ONU dans le dossier gambien...

Ainsi pas un seul lien dans l'article vers le texte entier de l'accord d'amnistie présenté et défendu par la Mauritanie.

Nous pensions introuvable un lien vers les sites officiels de l'ONU et de l'Union Africaine confirmant les dires de la Mauritanie. Les voilà...

 

Les premiers a l'avoir donné c'est le site guineenews, nous croyions à un faux puisque personne d'autre ne le reprend et le lien reste introuvable directement sur le menu des sites concernés. Pourtant l'accord dont parle la Mauritanie à propos d'amnistie est à ce jour encore sur le site des Nations Unies dans son intégralité via le bureau du porte-parole du secrétaire général...

 

et sur le site officiel du conseil de paix et sécurité de l'Union Africaine...

 

Aussi, quand une déclaration est disponible sur le site officiel des Nations Unies et l'Union Africaine, c'est que cela engage les deux institutions au plus haut niveau. La Mauritanie a raison d'estimer que l'accord d'amnistie générale est légal du point de vue du droit international, du moins cet accord engage les Nations Unies et l'Union Africaine à moins que leurs représentants dans cette affaire n'aient dépassé leur pouvoir auquel cas ils devraient être désavoués et sanctionnés.

Seule la CEDEAO n'a pas repris en ligne cet accord. Au contraire, par la voix du président de la commission, elle le contredit dès le 24 janvier en disant qu'en ce qui concerne l'amnistie de Yammeh cela devra être étudié par l'ONU, l'UA et la CEDEAO or l'accord en ligne sur les deux sites prouvent que c'était déjà fait...

 

Alors que s'est-il passé ? Quoi qu'il se soit passé, la Mauritanie a le droit de dire haut et fort que les représentants des Nations Unies et de l'Union africaine l'ont trompée et laissent la CEDEAO nier un accord reconnu officiellement par eux...

Hélas, la communication Mauritanienne étant ce qu'elle est, elle n'a pas su très tôt engager les journalistes ayant un minimum de crédibilité pour donner de l'écho à son engagement et permettre aux citoyens de bonne foi de défendre notre diplomatie. Au contraire, comme à son habitude le pouvoir mauritanien a distillé des informations au compte-goutte à son cheptel de journaleux qui ont raconté tout et n'importe quoi dès le début de l'engagement mauritanien. Assurant heure après heure bien avant que Jammeh ne s'exprime qu'un accord a été trouvé et que Jammeh accepte de partir. Cette presse l'a même annoncé dans l'avion avant même qu'il ne s'exprime : donnant l'impression d'humilier la CEDEAO et surtout risquant d'inquiéter ceux qui défendent Jammeh par les armes et apprennent qu'il compte fuir sans eux...

Bilan la Mauritanie s'est retrouvée seule à défendre sa bonne foi dans une affaire où tout l'accusait de trafic diplomatique en vue de sauver son poulain sans souci pour les intérêts supérieurs ni de la Gambie encore moins ceux de la confiance retrouvée avec son voisin Sénégalais.

Mais cela est une autre histoire.

Quelques clics sur le net rappellent quelque chose de plus grave. Ce n'est pas la première fois que Mohamed Ibn Chambas représentant spécial de l'ONU pour l'Afrique de l'Ouest est mouillé dans une affaire louche de diplomatie. C'est lui qui actuellement s'occupe du dossier gambien or c'est lui qui alors à la tête la Minuad a vu ses services accusés d'avoir trafiqué les rapports de l'ONU pour ne pas y mettre des exactions du régime soudanais.

La porte-parole de la Minuad à l'époque avait démissionné dégoûtée par ce genre de trafic venant de l'ONU alors qu'il s'agit de crime de guerre

 

RFI rappelle l'affaire en détail avec pour titre " l ONU " troublée" par les défaillances de la Minuad au Darfour. "

 

Monsieur Mohamed Ibn Chambas est donc mouillé dans une affaire grave de trafic d'information. Voilà qu'en Gambie aussi nous assistons à un trafic d'information, trafic d'accord officiel d'abord avant d'être nié par la CEDEAO sans que le réprésentant de l'ONU ne dise un mot...

 

N'y a-t-il d'ailleurs pas conflit d'intérêt à représenter l'ONU alors que Mohamed Ibn Chambas a été en 2002 secrétaire exécutif de la CEDEAO ? Faut pas s'étonner qu'il soit aujourd'hui mouillé dans une affaire qui fait le jeu de la CEDEAO en piétinant un accord conclu au nom de l'ONU...

 

Quand on cherche alors quels peuvent bien être les liens entre le Darfour et la Gambie de Jammeh. Non seulement on se rappelle que la Minuad alors dirigée par Mohamed Ibn Chambas a connu beaucoup de pertes en hommes au Soudan du Sud, on se rappelle que Yahya Jammeh est mêlé à des trafics d'armes ayant atterri au Soudan du Sud et un peu partout en Afrique...

 

Vu tous les trafics d'armes et autres dans lesquels le Yammeh est mêlé vu qu'il semble avoir servi à bien des tyrans pour semer le désordre dans certains coins de l'Afrique même avec Khadhafi même l'Iran, voir cet article qui reprend le journal espagnol El Pais

on comprend mieux alors la phrase de notre ministre des affaires étrangères à Barcelone quand il a dit que lever l'accord contre Jammeh risque de semer le chaos quand la région.

Nous l'avions alors accablé injustement...

Ce qu'il craint c'est qu'un procès contre Jammeh ne révèle non seulement les liens mauritaniens dans la déstabilisation de la Casamance mais surtout l'implication de plusieurs états un peu partout en afrique jusqu'au Maghreb qui se sont servis de Jammeh et de la petite Gambie comme plateforme de jeux politiques douteux et souvent meurtriers. On ne s'étonne plus que le Tchad du si démocrate Idris Déby ait envoyé des avions pour le déménagement douteux de Jammeh.

En ce qui concerne l'opinion publique, au moins que la vérité soit dite en ce qui concerne les enjeux et les trafics des uns et des autres or on n'en est même pas là... 

 

Conclusion : La Mauritanie devrait prendre acte de ce qui s'est passé et avaler cette couleuvre sans insister... Nous n'avons aucun moyen de défendre notre diplomatie dans cette affaire sans créer de graves tensions avec la CEDEAO et même l'ONU qui ne sacrifiera pas son représentant pour la Mauritanie. Créer des tensions, réveiller des démons avec le Sénégal au nom de Yahya Jammeh ? Non merci.

Nous avons beaucoup de choses à nous faire pardonner par le Sénégal dans nos rapports avec la Gambie sur certains dossiers. Laissons la Gambie à la CEDEAO dont nous ne faisons plus partie à moins que la communauté mauritanienne établie en Gambie ne vienne à souffrir du nouveau régime. Rien n'annonce cela mais cela pourrait arriver à l'avenir si la Mauritanie continue à paraître défendre Jammeh contre le nouveau régime élu démocratiquement.

La Mauritanie doit tirer les leçons de cette affaire où elle a perdu surtout à cause d'un défaut majeur de communication.


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1 réactions à cet article    


  • Lonzine 26 janvier 19:34

    amusante la photo du début, face à 6 bombes , sa protection ne sera surement pas efficace....

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vlane

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