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Accueil du site > Actualités > International > La fin du « marché libre »

La fin du « marché libre »

Le « capitalisme d'état » est un système économique dans lequel l'état est le principal acteur, et dans lequel les marchés sont des outils au service d’une politique, alors que dans les économies de marché », c’est l’état qui est au service de la politique des principaux groupes industriels et financiers, le plus souvent des multinationale, qui contrôlent les marchés.

L'industrie pétrolière est un secteur dans lequel les multinationales du « marché libre » sont en concurrence avec des sociétés d'état. Soixante-quinze pour cent de la production pétrolière mondiale est contrôlée par des sociétés appartenant à l'état, comme en Arabie Saoudite, en Norvège, en Russie et au Venezuela.

En Chine, les firmes « occidentales » sont en concurrence avec des entreprises nationales liées à l’état. Le développement du secteur aéronautique de ce pays le plus peuplé de la planète (1,3 milliards d’habitants), inquiète Boeing et Airbus, les deux géants qui se partagent le marché mondial (et ne sont d’ailleurs pas eux-mêmes totalement indépendants des états où ils sont implantés).

De nombreuses multinationales font de « bonnes affaires » en Chine, mais elle découvrent qu'elles ont de vrais concurrents sur le terrain, dans le deuxième plus grand marché au monde, à la croissance la plus rapide et elles ont du mal à admettre que les règles de la concurrence, qui sont pourtant leur credo, puissent avoir des implications qui leur soient défavorables.

L’exemple de Google est éclairant de ce point de vue. En 2010, Google a décidé de transférer ses opérations de la Chine à Taiwan. Le « leader » des moteurs de recherche (qui se défend malgré les évidences de viser une position de monopole) considérait que sa propriété intellectuelle lui avait été volée et il accusait le gouvernement chinois de se livrer à une censure, sans expliquer d’ailleurs ses propres relations avec l’état US, la CIA et le FBI. Mais ce que Google n’acceptait pas, sans l’avouer, c’était d’être confronté à la concurrence du moteur de recherche dominant en Chine, Baidu, filiale d’une société nationale. Quand la concurrence à une société privée est le fait d’une société d’état, pour Google, cette concurrence serait « déloyale » en considérant que la croissance des sociétés multinationales dépend d'un accès sans entrave aux marchés mondiaux et que les systèmes capitalistes d'état ne le permettent pas !

Les principaux « think-tanks » occidentaux pensaient que les « marchés libres » enterreraient rapidement le capitalisme d'état du fait de la taille-même du marché mondialisé, des investissements (privés ou non) dans la recherche et le développement, et du fait d'institutions d'enseignement (privées ou non) perçues comme plus solides et plus avancées, mais les succès de la conquête spatiale menée par la Chine ont commencé à entamer leur optimisme.

L’implosion de l’Union Soviétique avait provoqué une fausse joie dans les milieux du business qui étaient convaincus de la défaite définitive d’un modèle d’économie planifiée sans chercher à savoir si la cause de cet écroulement était bien celle qu’ils pensaient. Car en fait, une économie parallèle tolérée par la gérontocratie en place en contrepartie d’avantages réciproque avait relayé très tôt l’incompétence de la bureaucratie, et ce qui était en place était bien une « économie de marché », même s’il s’agissait de « marché noir ». Les « oligarques » déjà en fonction n’avaient eu qu’à transférer les titres de propriété de l’état à leur compte personnel pour assurer une transition qui n’a pas décapité pour autant l’armée ni la police, ni les services spéciaux.

Pendant ce temps-là (c’est-à-dire pendant la conquête du « far-east », le nouvel Eldorado ouvert aux conquistadors mondialisés), la Chine corrigeait les erreurs du grand timonier et réformait ses règles économiques en conservant ses structures politiques et en les consolidant.

De l’autre côté du Pacifique, les responsables de l'administration Reagan prêchaient l'évangile libertarien et limitaient le rôle de l’état à ses fonctions régaliennes, avec un tel succès qu'en 1996, Clinton, un président démocrate supposé plus « de gauche ( ?) » avait déclaré dans son discours sur l'état de l'Union que "l'ère du grand gouvernement (était) terminée".

Déjà, de l’autre côté de l’Atlantique, dans les années 1980, les gouvernements d'Europe occidentale avaient suivi l'exemple du Premier Ministre britannique Margaret Thatcher en privatisant les entreprises d'état rentables dans les domaines de la production d'énergie (pétrole, gaz, charbon et nucléaire), des transports (compagnies aériennes nationales, chemins de fer et compagnies de bus) et des télécommunications. Les années 1990 ont vu s’étendre les vertus du capitalisme de marché libre (déréglementé) aux pays d'Europe de l'Est, territoires de chasse convoités de longue date et enfin ouverts aux appétits des prédateurs du business. Les institutions financières mondiales leur ont enjoint d’adhérer aux théories économiques dites « libérales » adoptées par les États-Unis, connues collectivement sous le nom de consensus de Washington et ont commencé à les intégrer dans le marché unique de l’UE.

Les sociétés multinationales et de nombreuses petites entreprises se sont mondialisées pour réduire leurs coûts de production et cibler de nouveaux clients, à savoir les centaines de millions de consommateurs vivant dans les pays à marchés émergents supposés passer, grâce aux formules prescrites dans le consensus, d’un état de pauvreté catastrophique au statut enviable de membres de « la classe moyenne ». Ni le ralentissement économique du début des années 90 ni le « terrorisme » et les dégâts causés par les attentats du 11 septembre 2001, ne pouvaient remettre en cause les certitudes et la domination du modèle économique « libéral ». Les méthodes des fortunes privées, des investissements privés et des entreprises privées semblaient avoir porté leurs fruits.

Mais à l’aube du troisième millénaire, ce rêve a commencé à présenter des signes d’altération. Non seulement les états sont toujours présents, mais ils semblent reprendre du poil de la bête. Discrètement mais sûrement, une nouvelle catégorie d’entreprises a fait son entrée sur la scène internationale : les entreprises détenues ou étroitement contrôlées par leurs gouvernements nationaux. En 2008, le groupe mexicain Cemex, qui occupe désormais le troisième rang mondial dans le secteur de la fabrication de ciment, était évalué à égalité avec Coca-Cola et possédait plus d'actifs étrangers que Dow Chemical ou Alcoa. La société minière brésilienne Companhia Vale do Rio Doce (connue sous le nom de Vale) a affiché un actif total d'une valeur supérieure à celle des leaders traditionnels du secteur, tels que Roche, Anglo-American et BHP Billiton. En Chine, des géants de l’énergie appartenant à l’état, tels que la compagnie pétrolière nationale, Petro China, mais aussi ailleurs dans le monde, le Brésilien Petrobras, le Mexicain Pemex et les Russes Rosneft et Gazprom se retrouvent propulsés sur le fameux podium de Forbes. China Mobile enregistre le plus grand nombre d'abonnés au téléphone mobile au monde (488 millions).

Il ne s’agit pas d’entreprises multinationales traditionnelles, car ceux qui les dirigent rendent des comptes à des gouvernements et non à des actionnaires.

 

Après l'effondrement et le rachat de nombreuses grandes banques américaines, britanniques et autres de 2008, Bloomberg News a annoncé que les quatre plus grandes banques, en termes de capitalisation boursière, étaient des banques d’état chinoises : la Banque industrielle et commerciale de Chine (ICBC), China Construction et la Banque de Chine, qui sont par ailleurs classées parmi les cinq plus grandes entreprises mondiales en termes de valeur marchande. En d'autres termes, les multinationales occidentales privées ne risquent pas de remplacer les états-nations en tant que principaux acteurs de la politique internationale et des marchés mondiaux, car désormais, ce sont ces états qui possèdent et exploitent certains de leurs principaux concurrents ou de leurs anciennes filiales.

Les gouvernements de plusieurs pays en développement ont veillé à ce que leurs avoirs nationaux restent aux mains de ces états et à ce qu’ils conservent suffisamment d’effet de levier au sein de leurs économies nationales pour assurer leur survie. Dans certains cas, ils ont eu recours à des sociétés fournissant des sources d’énergie appartenant à l’état pour accumuler des richesses ou pour assurer un accès aux approvisionnements à long terme en pétrole et en gaz dont leurs économies encore vulnérables auront besoin pour alimenter leur croissance. Ils ont créé des fonds de capitaux à partir de réserves excédentaires et ont commencé à effectuer des investissements stratégiques au-delà de leurs frontières.

Cette tendance à un accroissement de pouvoir d'état dans le monde a dépassé le seuil critique. Lors de la crise financière de 2008, ce sont les responsables politiques des pays développés et des pays en développement qui ont assumé la responsabilité de décisions laissées habituellement aux décideurs des marchés. Les gouvernements du monde entier ont réagi à l'implosion des grandes institutions financières et des secteurs économiques clés en injectant des fonds publics considérables pour relancer la machine et même pour renflouer des entreprises considérées "trop ​​grosses pour faire faillite". Les états ont pris le contrôle d'entreprises qui étaient autrefois considérées comme des produits phares de l'industrie. Ils l’ont fait parce que personne d'autre ne pouvait le faire. Les conséquences de cette dynamique ont entraîné un transfert du pouvoir décisionnel financier des capitales des finances vers les capitales du pouvoir politique dans le monde entier : de Shanghai à Pékin, de São Paulo à Brasilia, de Bombay à New-Delhi, de Sydney à Canberra de Dubaï à Abou Dhabi, et de New-York à Washington. La même tendance a été observée dans les capitales qui intègrent les deux « pouvoirs », politique et financier : Londres, Paris, Berlin, Tokyo et Moscou.

Ce changement est décisif, même s’il n’est que rarement mis en avant.

Des deux côtés de l’Atlantique, les responsables politiques affirment qu’ils ont secouru les banques et les entreprises du secteur privé vitales pour leurs économies afin de les sauver et insistent sur le fait qu'ils leur rendront leur autonomie quand tous ceux qu'ils auront sauvés n'en auront plus besoin.

Et sans contrepartie ? Peu importe, en fait, car de toutes façons, ce n'est pas ainsi que les décideurs politiques de Chine, de Russie et de nombreux autres marchés émergents conçoivent leur rôle dans l'avenir de leurs économies nationales. Ils considèrent que la richesse publique, les investissements publics et les entreprises publiques offrent le chemin le plus sûr vers un développement économique politiquement durable. Ces gouvernements continueront à gérer des secteurs entiers de leurs économies pour promouvoir les intérêts nationaux et protéger leur position politique nationale. Leur influence sur les marchés augmente. Ces gouvernements sont propriétaires des sociétés pétrolières et gazières qui contrôlent désormais la plus grosse partie des réserves mondiales. Ils contrôlent des sociétés en concurrence directe avec des multinationales occidentales dans les domaines de la production d'énergie, des télécommunications, de l'exploitation minière, de la production d'armes, de l'automobile et de l'aviation. Ils possèdent et gèrent des portefeuilles d’investissement, y compris des fonds souverains, qui sont en train de devenir un élément clé des flux de capitaux mondiaux.

Le capitalisme d'état n'est pas la résurgence de la fameuse « planification centrale socialiste » en plein XXIe siècle. C'est une forme de capitalisme d'ingénierie publique aux caractéristiques variables pour chacun des états concernés. C'est un système dans lequel l'état domine les marchés. Le développement de cette tendance a déjà commencé à engendrer des frictions dans la politique internationale et des distorsions de la performance économique mondiale. Les derniers développements au Venezuela et au Moyen-Orient en sont les illustrations, même si les enjeux sont difficiles à analyser.

Si les dirigeants occidentaux, économiques et politiques, continuent à montrer leur incapacité à créer des emplois et à assurer une prospérité à long terme pour l’ensemble de la population de leurs pays, le capitalisme d'état prendra progressivement le relais et les idéologues pourront toujours s’interroger sur la nature « socialiste » ou « communiste » de leurs attributs, le système des « marchés libres » aura vécu et ce ne sont pas les luttes entre classes sociales qui l’auront terrassé, mais les contradiction de capitalisme lui-même. L’alternative pertinente n’est pas « capitalisme/socialisme », mais « privé/public ».


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19 réactions à cet article    


  • L'enfoiré L’enfoiré 29 janvier 09:10

    Bonjour

    Conclusion du billet : « Si les dirigeants occidentaux, économiques et politiques, continuent à montrer leur incapacité à créer des emplois et à assurer une prospérité à long terme pour l’ensemble de la population de leurs pays, le capitalisme d’état prendra progressivement le relais et les idéologues pourront toujours s’interroger sur la nature « socialiste » ou « communiste » de leurs attributs, le système des « marchés libres » aura vécu et ce ne sont pas les luttes entre classes sociales qui l’auront terrassé, mais les contradiction de capitalisme lui-même. L’alternative pertinente n’est pas « capitalisme/socialisme », mais « privé/public ». »

    Un Etat est d’office perdant face à une multinationale.

    Les emplois à part ses fonctionnaires, doit faire appel au privé.

    On produit plus que ce que l’on peut consommer localement, donc il faut exporter et importer ce qu’on ne peut faire pour y arriver ... à donner des emplois.

    Vous avez tout à fait raison, ce n’est que « Privé/public » que cela peut encore fonctionner.


    • L'enfoiré L’enfoiré 29 janvier 09:27

      C’est aussi ce que j’exprimais dans un billet qui parlait des clivages de la société
      nationalistes qui deviennent parfaitement obsolètes...


    • JL JL 29 janvier 13:52

      @L’enfoiré
       
      ’’On produit plus que ce que l’on peut consommer localement,’
       
      Cela dépend de ce que l’on produit. Il s’ensuit que des entreprises ont besoin se marchés plus grands que le marché national cependant que d’autres non. D’où les clivages que vous dénoncez et qui sont hélas, systémiques, rédhibitoires.
       
      Droite vs gauche c’est dépassé, et le nouveau clivage c’est mondialistes vs régionalistes. Macron qui transforme l’ISF en ISFsur l’immobilier, pénalise de fait les « entreprises » locales au bénéfice des mondialistes.
       


    • titi 4 février 09:25

      @JL

      « Macron qui transforme l’ISF en ISFsur l’immobilier, pénalise de fait les « entreprises » locales au bénéfice des mondialistes. »

      En quoi le fait de ne plus taxer les Français sur les parts et actions qu’ils détiennent dans des entreprises pénalise les entreprises locales.
      Expliquez moi ça…


    • gaijin gaijin 29 janvier 09:44

      " le capitalisme d’état prendra progressivement le relais et les idéologues pourront toujours s’interroger sur la nature « socialiste » ou « communiste » de leurs attributs, le système des « marchés libres » aura vécu« 

      et oui ...le pragmatisme gagne toujours et les chinois sont pragmatiques : » peut importe la couleur du chat « 

      mais les marchés libres n’ont jamais existé ...c’est une illusion doctrinale vu que les entreprises n’ont jamais cessé de multiplier les contraintes légales dans le sens qui les arrangeait .....

       » L’alternative pertinente n’est pas « capitalisme/socialisme », mais « privé/public"

      pas du tout l’alternative c’est de sortir de la pensée binaire pour tenter d’ appréhender ce qui se passe vraiment .....

      ( aristote c’était il y a 2500 ans pourrait on évoluer un peu s’il vous plait ? )


      • François Pignon François Pignon 29 janvier 10:18

        @gaijin

        Si « aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années », il se trouve également que deux et deux sont quatre depuis belle lurette et qu’il ne serait pas souhaitable que les choses évaluassent en la matière. 
        Pour ce qui est de la pensée binaire que d’aucuns qualifient de « manichéenne », elle est bien pratique en informatique mais je vous concède qu’elle a ses limites dès qu’il s’agit d’aborder la dialectique.
        J’aurais dû formuler le passage incriminé de la façon suivante :

        « Pour les inconditionnels du toutourianisme, du dualisme et de la photo argentique noir et blanc, s’il fallait réduire toute réalité à une alternative, la pertinence en matière de macro-économie ne serait pas « capitalisme/socialisme », mais « privé/public »

         Cela correspondrait davantage à ce que je voulais exprimer, j’en conviens, mais je trouve que c’est un peu lourd.


      • gaijin gaijin 29 janvier 10:21

        @François Pignon
         smiley


      • François Pignon François Pignon 29 janvier 10:24

        @François Pignon

        SGANARELLE.- Voilà un homme que j’aurai bien de la peine à convertir. Et dites-moi un peu, encore faut-il croire quelque chose. Qu’est ce que vous croyez  ?

        DOM JUAN.- Ce que je crois ?

        SGANARELLE.- Oui.

        DOM JUAN.- Je crois que deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit.

         

        Molière –Dom Juan – Acte 3, scène 1


      • François Pignon François Pignon 29 janvier 14:04

        @gaijin

        « mais les marchés libres n’ont jamais existé ...  »

        c’est bien pour ça que j’ai mis des guillemets
        par contre, la déréglementation a été le rêve des banksters pour se livrer à tous les raids possibles et imaginables
        et, de même que les pirates ont fini par être à peu près éradiqués par les corsaires au service des états-royaumes, les banques d’état et les monnaires d’état vont avoir le dessus sur le dollar, monnaie privée


      • leypanou 29 janvier 11:29

        Si les dirigeants occidentaux, économiques et politiques, continuent à montrer leur incapacité à créer des emplois et à assurer une prospérité à long terme pour l’ensemble de la population de leurs pays

         : à coup de propagande, les gens admettent que c’est de leur faute s’ils ne trouvent pas du travail (pas assez mobile, pas assez formé, pas la bonne « spécialité », etc).

        Les pauvres finiront même par admettre que s’ils sont pauvres c’est à cause d’eux-mêmes, jamais à cause du système capitaliste qui ne peut que générer des pauvres, en plus ou moins grand nombre en fonction du pays.

        Mais l’auteur a raison de souligner que la Chine est devenue ce qu’elle est à cause de son système politico-économique, les autres pays laissant tout ouvert à tout vent ont créé quelques oligarques et des millions de miséreux. Mieux, la Chine en un rien de temps et grâce à une « bonne » vision de l’avenir a pu devenir un concurrent dans tous les domaines des pays occidentaux.


        • Sergio Sergio 29 janvier 14:18

          Bonjour François, si je résume bien, le pétrole extrait, est dans la sphère de l’économie de marché ainsi que dans celle du capitalisme d’état, sauf que pour celui-ci, on fore des taxes !


          • François Pignon François Pignon 29 janvier 14:59

            @Sergio

            salut Sergio

            dans l’un et l’autre système, le seul luxe qui échappe aux taxes est de croire au père Noël
            ce qui change, c’est lurs destinataires et, éventuellement, leur redistribution


          • BA 30 janvier 07:26

            Européennes : Volkswagen appelle à voter contre les eurosceptiques.


            Boycott total de Volkswagen.


            Tous les patriotes devraient boycotter Volkswagen.


            https://www.lesechos.fr/industrie-services/automobile/0600600478036-europeennes-volkswagen-appelle-a-voter-contre-les-eurosceptiques-2240374.php


            • pingveno 30 janvier 07:52

              Si en Chine les entreprises rendent des comptes à l’Etat, en Occident au contraire, c’est l’Etat et ses politiciens qui rend des comptes aux entreprises. Elles contrôlent tellement bien notre « démocratie » qu’elles réussissent à faire toujours élire celui qui sert leurs intérêts tout en donnant au peuple l’illusion qu’il a eu ce qu’il voulait.

              L’arrivée de Trump aux USA et de Macron en France en sont de parfaites illustrations : les deux ont incarné le « changement » au moment de la campagne parce qu’ils n’étaient pas issus du monde politique ; mais ensuite ils ont mené, chacun à leur manière, une politique favorable aux très grandes entreprises, au détriment des petites et, bien évidemment, du citoyen de base.


              • CN46400 CN46400 3 février 14:59

                @pingveno
                Bravo, vous avez raison, vous résumez parfaitement comment Lénine, avec la NEP, et plus tard Deng Xiao Ping avec ses chats, ont défini le « capitalisme d’état ». L’état doit commander au capital, alors que dans les contrées désignées comme capitaliste, c’est le capital qui commande à l’état.
                Lorsque le capitalisme d’état dominera la planète, le socialisme, corollaire du dépérissement de l’état, des armées et des frontières, s’imposera progressivement à l’ordre du jour


              • L'enfoiré L’enfoiré 30 janvier 17:17

                En 1961, entrée en fonction de John F. Kennedy comme 35e président des États-Unis. Son discours est resté dans la mémoire des Américains : « Vous qui, comme moi, êtes Américains, ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. Vous qui, comme moi, êtes citoyens du monde, ne vous demandez pas ce que les États-Unis peuvent faire pour le monde, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour le monde. ».

                Clinton n’a fait que le répéter


                • ninportequoi 30 janvier 18:49

                  En remontant d’environ 2 siècles dans l’histoire économique et politique de la planète on trouverait une succession de cycles alternant mondialisation et repli étatiste. Régulièrement les Etats laissent faire, puis reprennent la main.

                  Cette situation de reprise en main c’est ce qui s’est passé après la grande crise des années 30. Mais cette reprise en main peux prendre des directions assez radicalement différentes. Dans une direction progressiste d’imposition, de protection sociale et de redistribution aux Etats-Unis. Dans une direction fanatiquement nationaliste et réactionnaire en Allemagne. 

                  Le premier pays est devenu la première puissance économique de la planète et à fait apparaître l’Amérique comme l’endroit le plus enviable. L’autre a fini totalement ravagé avec des millions de morts. 

                  Un courant de pensée de plus en plus puissant aux Etat-Unis (aile gauche des démocrates) prone des taux d’imposition des riches nettement plus forts pour, d’une part, limiter les inégalités qui deviennent proprement vertigineuses (au point sans doute de nuire à la cohésion du pays) et, d’autre part, donner des moyens à l’Etat pour agir dans de nombreux domaines (éducation, formation, infrastructure, etc).

                  Un tel courant de pensée est évidemment fortement combattu aux Etats-Unis, mais le seul fait qu’il existe et qu’il trouve à s’exprimer est révélateur d’une évolution des mentalités dans le sens d’un retour de la confiance dans le role de l’Etat.


                  • François Pignon François Pignon 31 janvier 09:42

                    @ninportequoi

                     Sauf que Clinton (gauche du parti démocrate) a déclaré (comme je cite dans l’article) : "l’ère du grand gouvernement (était) terminée".

                    Et, comme le souligne justement l’ »Enfoiré » un peu plus haut, « en 1961, entrée en fonction de John F. Kennedy comme 35e président des États-Unis. Son discours est resté dans la mémoire des Américains : « Vous qui, comme moi, êtes Américains, ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. Vous qui, comme moi, êtes citoyens du monde, ne vous demandez pas ce que les États-Unis peuvent faire pour le monde, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour le monde.  ».Clinton n’a fait que le répéter ».

                    A votre avis, c’est « l’ évolution des mentalités dans le sens d’un retour de la confiance dans le rôle de l’Etat » qui a amené au pouvoir Trump et son administration ?


                  • titi 3 février 18:27

                    @L’auteur

                    Vous pouvez dire ce que vous voulez, l’innovation de ces 20 dernières années, elle provient uniquement des pays « non étatiques ».

                    La Chine protège son marché tout en profitant de l’ouverture des marchés des autres, et copie les process des occidentaux en ne reconnaissant pas la propriété intellectuelle.

                    Alibaba copie EBay… Baidu copie Google…
                    Même le « Land Win » copie conforme d’un « Land Rover »

                    https://fr.motor1.com/news/143860/landwind-x7-range-rover-evoque-succes/

                    Mais à part copier, les Chinois ne font rien.

                    Ce qui finalement correspond bien à une logique d’apparatchik : aucun esprit d’entreprise, aucun risque, juste du parasitisme et du fayotage.

                    Perso je suis très content des décisions de Trump sur les relations avec la Chine.

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