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Accueil du site > Actualités > International > La financiarisation de l’économie ou la mutation du capitalisme (...)

La financiarisation de l’économie ou la mutation du capitalisme occidental

A l'issue de la période florissante du capitalisme contractuel et de l'économie mixte des Trente Glorieuses, on assiste au passage au cours des années 1980 de la financiarisation de l'économie, de l'explosion de la spéculation, du surendettement des ménages et des Etats. Le capitalisme occidental vit de nos jours dans une ère d'instabilité, de dérèglements et de crises récurrentes.

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Dérégulation, spéculation, privatisations, ou le retour du capitalisme anglo-saxon.

De par l'essor de la mondialisation, le néolibéralisme a substitué à la régulation une dérégulation rampante en réaffirmant la supériorité des mécanismes de marché et de la maximisation de la valeur actionnariale, à l'indépendance de l'Etat son asservissent à l’intérêt des entreprises multinationales se nourrissant de l'évasion fiscale, à la protection de la concurrence, l'encouragement des monopoles dans l'économie numérique ( GAFAM). Depuis les années 1980, on assiste à la réduction de la part de la masse salariale dans le revenu global de l'entreprise et à la montée en puissance des investisseurs institutionnels dans leur capital. Les années 1980 inspirées par les théories libérale de l'école de Chicago ont vu, à la faveur d'une maitrise de l'inflation postérieure aux chocs pétroliers, des cours boursier quadrupler entre 1982 et 1987 à l'origine de krachs postérieurs récurrents ( 1987, 1994, 2001, 2008 ).

En France la décennie 1980 a remodelé ce que l'on a nommé « le capitalisme à la française. » A l'issue de la nationalisation des principaux groupes industriels et financiers en 1981, on a assisté à trois vagues de privatisations entrecoupées par deux étapes de « ni-ni. » mitterandiennes. Le phénomène de la concentration des entreprises a conduit à la dérégulation de secteurs d'activité tels que la banque et l'assurance, les télécoms, le transport aérien, l'énergie, la chimie... Dans cette course à la mondialisation, les stratégies de croissance externe de fusions et acquisitions des firmes existantes l'ont emporté sur celles de la croissance interne ( investissements productifs) pour les groupes français de taille auparavant insuffisante, leur permettant de pénétrer de nouveaux marchés en Europe et dans le monde. Dans un contexte de marchés dérégulés, l'industrie financière fit preuve d'une grande imagination à travers l'apparition de marchés dérivés opaques sauf pour les banques, de produits financiers complexes, de la spéculation représentée par la figure emblématique du trader et ce jusqu'à la crise des subprime déclenchée en 2008, mettant en péril tout le système capitaliste occidental.

L'exigence de rentabilité du capitalisme actionnarial devient intenable

Pour Michel Aglietta « la valeur actionnariale résulte d'une combinaison d'un capitalisme prédateur et d'un capitalisme dominé par une élite financière. »

http://www.cepii.fr/blog/bi/post.asp?IDcommunique=757# : :text=Le%20capitalisme%20n'est%20pas,ann%C3%A9es%20post%2DSeconde%20Guerre%20mondiale.

Il est déraisonnable que l'exigence de rentabilité des entreprises reste aussi élevé que dans les années 1990, au moment où les taux d’intérêt à long terme, compte tenu des politiques accommodantes des banques centrales sont nuls, voire négatifs et quand sur le plan social on assiste à une déformation du partage de la valeur ajoutée au détriment des salaires. Si les entreprises cotées investissent moins, c'est que le rendement de leurs fonds propres ( ROE) s'élève actuellement entre 13% et 15% avec en contrepartie un cout du crédit nul. Ces mêmes entreprises préfèrent procéder à des rachats d'actions, ce qui enrichit leurs actionnaires et augmente mécaniquement leur ROE et leur cours boursier. Il convient aussi de souligner que les versements de dividendes n'ont jamais enrichi les actionnaires dont la valeur des actions baisse mécaniquement du même montant au moment du versement.

Les priorités des entreprises devraient être les suivantes :`

réaliser des investissements productifs visant à leur pérennité en privilégiant leur trésorerie nette

partager la valeur ajoutée avec les salariés

en dernier lieu rémunérer les investisseurs / actionnaires

De plus, le rôle des investisseurs institutionnels dans le capital des sociétés cotées s'est accru en passant de 40% en 1980 à 84 % en 2015 aux Etats-Unis et de 40% en 1995 à 60% en 2015 en Europe et c'est leur rôle accru qui explique la part croissante de la valeur ajoutée redistribuée aux actionnaires

D'autre part, en ces temps de pandémie, la liquidité d'une entreprise cotée devrait prévaloir sur celle de ses actionnaires, le dividende correspondant à un excès de liquidité non utile à l'entreprise. A ce propos rappelons que les groupes du CAC 40 très internationalisés ont versé en 2019 60,2 Md d'Euros de dividendes, dont 11 Md d'Euros sous forme de rachats d'actions, renouant en cela avec leurs sommets de 2007. En 2020, les chiffres sont de 35,9 Md d'Euros dont 7,4Md d'Euros sous forme de rachats d'actions, en baisse de 40%. Le dividende de Total en tête de liste du versement n'a pas été réduit depuis 1981, malgré les variations erratiques des cours du pétrole, les fonds de pension anglo saxon étant très attachés à recevoir des dividendes réguliers, en raison notamment de leurs clients bénéficiant de régimes de retraite par capitalisation ( Source Lettre Vernimmen Janvier 2021 ).

Quelques pistes pour remédier à ces dysfonctionnements

A un moment de notre histoire où la concentration des richesses a atteint un point de paroxysme, où les inégalités explosent, où les investissements collectifs et sociaux ont été sacrifiés, il est de l’intérêt de tous de réinventer un capitalisme plus juste et équitable, au travers de politiques économiques respectueuses des citoyens avec des Etats qui retrouvent leurs fonctions régaliennes et régularisatrices.

La mise en place d'un taux d'imposition minimum sur les bénéfices mondiaux des entreprises multinationales.

Aux Etats-Unis la nouvelle administration mise en place par Joe Biden souhaite durcir la fiscalité des entreprises, avec un taux d'imposition minimum de 21% pour les bénéfices réalisés à l'étranger, permettant de financer des investissements publics en infrastructures. Ceci permet de relancer le projet de réforme conçu par l'OCDE qui réunit 140 pays dans le monde. C'est un changement de paradigme, se félicite Pascal Saint Amans architecte du projet de réforme de la fiscalité internationale au sein de l'OCDE. Le seuil plancher mondial devrait avoir des répercutions en Europe dont de nombreux pays pratiquent un féroce dumping fiscal ( Irlande ...), la convergence des taux y étant la bienvenue. C'est au cours de cette année que cette réforme fiscale devrait aboutir à la mise en place d'un accord international, sonnant le glas de l'évasion fiscale, dont celle pratiquée par les multinationales du numérique, grandes gagnantes en 2020 de la pandémie de Covid-19.

Un nouveau mode de gouvernance démocratique des entreprises 

La crise récente de gouvernance chez Danone qui s'est traduite par le départ d'Emmanuel Faber est un dur rappel de la primauté des actionnaires sur les autres parties prenantes que sont les salariés, consommateurs et citoyens. Il convient de passer des déclarations de Milton Friedman, qui au cours des années 1970 considérait que « la seule responsabilité sociétale de l'entreprise est d'accroitre ses profits » au développement de sociétés à mission nées en France depuis la loi Pacte en 2019, et à la création dans le tissu des PME/TPE d'entreprises du secteur de entrepreneuriat social (ESS) dont le mode de gouvernance démocratique est indispensable au développement des biens communs que représentent les ressources de la planète. Il conviendrait, conformément au modèle scandinave, de renforcer la présence des salariés dans les conseils d'administration afin de palier au court-termisme des décisions prises par les actionnaires.

 

C'est sans doute par sa capacité à intégrer la dimension écologique et sociale dans son modèle que dépendra l'avenir du capitalisme. Mais il est évident que sa perpétuelle résilience comme caractéristique majeure des cent cinquante dernières années, explique la longévité de ce régime économique. Il a surmonté les grandes crises qu'il a rencontré, grâce à une capacité de rebond que peu de théoriciens ont correctement anticipé.

« Le capitalisme connait toutes les ruses de l'argent. Sa caractéristique et sa force sont de pouvoir passer d'une forme d'action à une autre, de changer dix fois ses batteries selon les circonstances de la conjoncture et, ce faisant, de rester assez fidèle, assez semblable à lui-même. » Fernand Braudel, La dynamique du capitalisme

 


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26 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 13 avril 10:51
    DAMNED !!!!!! Ce diable d’OLRIK !!!!!

    • freedom2000 freedom2000 13 avril 17:56

      https://www.youtube.com/watch?v=SyBEMRyt6Qg

      La chanson contestaire de HK désormais déclinée en différentes langues !

      https://www.youtube.com/watch?v=phrCiosJB-Q version allemande

      https://www.youtube.com/watch?v=HlT-vwnIAEk version espagnole

      https://www.youtube.com/watch?v=F-7TF-DwnvY et l’italienne la dernière arrivée


    • Clocel Clocel 13 avril 11:16

      Questions :

      Combien ont compris qu’ils ne possédaient plus le fric sur leur compte en banque ?

      Que son utilisation est soumise à autorisation ?

      Combien ont testé un retrait conséquent pour voir comment cela allait réagir ?

      Sans doute pas grand monde, ils auraient mis la rue en chaleur sinon...


      • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 13 avril 11:41

        Le capitalisme occidental vit de nos jours dans une ère d’instabilité, de dérèglements et de crises récurrentes.

        Pourquoi « de nos jours » ? C’est une grave erreur historique et conceptuelle de ne pas voir qu’il n’y a aucune forme de stabilité dans le mode de production capitaliste. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les théories fumeuses des économistes bourgeois tendent toujours à reformuler une théorie de la stabilité, dont ils justifient la non-constatation dans la réalité par des causes externes, choc pétrolier, covid, etc. 

        il est de l’intérêt de tous de réinventer un capitalisme plus juste et équitable

        Pas de tous, uniquement dans l’intérêt des travailleurs, qui ne disposent d’aucun levier politique pour y parvenir. Le capital ne peut compenser la baisse du taux de profit que par l’augmentation de l’exploitation des travailleurs. Le « partage de la valeur ajoutée » est le parfait opposé de la nature même du capitalisme qui ne réalise de plus-value que par accaparement. Un Milton Friedman ne fait que reformuler la Fable des abeilles de Mandeville, soit justifier arbitrairement la domination et l’exploitation d’un petit nombre en bricolant des systèmes idéologiques censés se baser sur la « nature » ou la physique...


        • chantecler chantecler 13 avril 11:46

          Danone a viré Faber (pas le colonel) mais on ne sait pas le montant de ses indemnités ni ce qu’il emporte avec lui en stock actions et autres gratifications .

          A mon avis il aura de quoi vivre .

          Parce qu’une des particularités de ce capitalisme c’est qu’un dirigeant peut devenir milliardaire tout en mettant l’entreprise en faillite .

          D’où l’intérêt de racheter ses actions puisque les parachutes dits dorés sont en rapport avec la valeur desdites actions.


          • njama njama 13 avril 12:20

            @ Eliane Jacquot

            Analyse très intéressante, merci. A mettre en parallèle avec celle de Valérie Bugeault, si vous ne la connaissez pas

            De l’État profond au gouvernement mondial
            (...) « – A partir de la seconde GM et en particulier à partir de la signature des accords de Bretton Woods, le terrain de la « géopolitique » s’est déplacé du champ de bataille militaire vers le champ de bataille économique et monétaire et
            – Depuis quelques mois, nous assistons à une seconde évolution de la « géopolitique ». Le terrain économique et financier est en effet en cours de déplacement vers le terrain juridique. Le « droit » existait auparavant mais il n’était pas perçu comme enjeu majeur. Il était perçu comme un simple moyen d’action car les finalités du droit n’étaient plus discutées depuis trop longtemps. On arrive aujourd’hui à un moment particulier de l’Histoire où le droit va devenir, il faudrait dire « redevenir », le véritable champ de bataille, supplantant le domaine monétaire et économique, pour devenir le véritable enjeu de la géopolitique moderne.
            Le « droit anglo-saxon » et le « droit continental » véhiculent une conception antagoniste de la vie en Société. Le droit britannique est, depuis le XVIème siècle, conçu comme une arme règlementaire au profit des puissants tandis que le droit continental traditionnel s’est développé, jusqu’à l’avènement du Code civil de 1804, comme un art politique : l’art d’améliorer la vie du groupe (c’est-à-dire de la Société), le moyen de pacifier les relations interpersonnelles en imposant aux « hommes de l’art » la recherche de justice.

            Alors que le droit civil est le seul « Droit » à véhiculer le concept de justice, de vie en commun et in fine de civilisation, ce dernier est, malheureusement, en voie de fusion-absorption par le système britannique commercialiste.

            Pour la France, et par extension pour le monde, l’enjeu majeur des prochaines décennies sera de réinitialiser notre droit civil en tant que « droit commun », lui-même développé autour du droit naturel.

             » (.......)

            https://valeriebugault.fr/de-letat-profond-au-gouvernement-mondial-avec-pierre-bergerault-tvl


            • njama njama 13 avril 12:22

              ou l’écouter sur Youtube pour TVLibertés

              De l’Etat profond au gouvernement mondial - Politique & Eco n°291
              (54’54)
              https://www.youtube.com/watch?v=AVZiNDMKOjk

              pour faire court, la conception anglo-saxonne du droit, utilitariste, « commercialiste », est en train de phagocyter celle du droit continental pour nous ici en Europe par le biais de l’U€

              L’État profond, Valérie Bugaut le définit (à 33’56 dans la vidéo) comme « la haute finance globalisée d’origine britannique »

              La crise du Covid n’est qu’un prétexte à un changement de paradigme politique et d’éthique sociale, la question de la santé publique une question transversale dans l’univers des nations, et un cheval de Troie pour transférer davantage de pouvoirs vers l’Union €uropéenne, et la dette engendrée par cette crise pour la création d’une nouvelle monnaie dématérialisée ou quelque chose dans le genre.

              La propagande contre la Russie va donc plus loin que le simple renforcement de l’OTAN, c’est une question civilisationnelle.

              Le passeport vert, ou sanitaire, la vaccination, des actes symboliques de coercition et de soumission consentie...


            • Eliane Jacquot Eliane Jacquot 13 avril 18:53

              @njama
              Merci à vous pour le lien , et merci de m’avoir lue 


            • tashrin 13 avril 14:35

              Les priorités des entreprises devraient être les suivantes :`

              réaliser des investissements productifs visant à leur pérennité en privilégiant leur trésorerie nette

              partager la valeur ajoutée avec les salariés

              en dernier lieu rémunérer les investisseurs / actionnaires

              En vertu de quoi ? ils font bien ce qu’ils veulent chez eux...

              Je partage votre diagnostic, mais cette assertion me pose un souci car elle méconnait la propriété privée. Si je vous explique là maintenant que le bien immobilier que vous venez d’acheter doit servir en priorité à loger des indigents et que vous ne pourrez pas ni l’habiter ni le louer, vous achetez toujours ?

              Si les actionnaires se rémunèrent, c’est parce qu’ils ont investi et pris un risque. Et s’ils le font, c’est précisément parce qu’ils pourront en tirer une rémunération, sinon ils font autre chose... 

              Du coup pourquoi pas, mais ca suppose surtout de réformer le droit de propriété individuel... ou de l’aménager en ce qui concerne les outils de production du moins


              • Rinbeau Rinbeau 13 avril 18:18

                Il a surmonté les grandes crises qu’il a rencontré, grâce à une capacité de rebond que peu de théoriciens ont correctement anticipé.

                Le capitalisme n’a rien surmonté du tout ! Les grandes crises dont vous parlez ont toutes été déclenchées par ceux qui détiennent le grand capital ! Que se soient les guerres où les crack boursiers ! et ce pour spolier le patrimoine mondial ! et veiller à bien transmettre celui-ci à sa caste !

                Lorsque vous avez le pouvoir de créer la monnaie, c’est tellement facile de corrompre !

                On voit bien grâce au COVID le niveau de cette corruption !

                J’ai une de ces frousses des médecins maintenant..


                • Zolko Zolko 15 avril 14:42

                  @Rinbeau

                  Le capitalisme n’a rien surmonté du tout !


                  c’est la phrase qui m’a marqué aussi, et qui indique que l’auteur ne sait pas ce qu’est la capitalisme.
                   
                  Le principe du capitalisme est l’investissement et le retour sur investissement : si on investit dans une entreprise et que cette entreprise fait des profits, l’investisseur reçoit un multiple de son investissement initial, mais si l’entreprise perd de l’argent et fait faillite, l’investisseur perd tout. Cela concerne aussi l’évolution de la société et des technologies, et une entreprise rentable peut perdre de l’argent et même faire faillite : pensons au Minitel par exemple. Ou à Kodak, Polaroïd ...
                   
                  Ainsi, en 2008, les banques et le système financier mondial (« occidental ») ont fait faillite, et le capitalisme aurait du les laisser faire faillite, avec perte totale des investisseurs .... ce qui inclut aussi ceux qui ont placé leur argent à la banque, sans être conscient que c’était un investissement privé.
                   
                  MAIS, ce n’est pas ce qui s’est passé : l’argent public a été utilisé pour sauver des entreprises privées en faillite, et pour ce faire les lois ont été violées. Pour notre bien, bien-sûr, comme à chaque fois que le fascisme apparaît. Le résultat est que le système économique « occidental » n’est plus le « capitalisme » depuis 2008. Le « capitalisme » est mort en 2008 en bien ou en mal et ce que nous avons depuis est autre-chose. Et, bien-sûr, ça s’est accentué et empiré depuis 2020.

                • pasglop 13 avril 23:24

                  Si au moins la convergence fiscale pouvait faire mordre la poussière aux banquiers d’affaires, optimiseurs fiscaux et autres parasites, ce serait déjà ça.
                  Mais il ne faut pas se leurrer, il y aura un lobbying intense !


                  • devphil30 devphil30 14 avril 04:57

                    Article exact et intéressant

                    Merci à vous


                    • Jean Keim Jean Keim 14 avril 09:54

                      Pas un mot (est-ce une omerta même inconsciente ?) sur les mécanismes de la dette : les marchés financiers, c’est-à-dire des intérêts privés, que ce soit aux particuliers, aux entreprises ou aux états, « prêtent » de l’argent virtuel créé en qq. clics sur un clavier d’ordinateur, mais le remboursement – suivant la litanie bancaire tout emprunt DOIT être remboursé – lui s’opère dans le réel.

                      On peut faire des km d’analyses expliquant comment fonctionne le monde des affaires, passer sous silence la cause profonde est sidérant.

                      Il me semble qu’une idée vient tout naturellement à l’esprit : supprimer l’argent-fric et le remplacer par une monnaie partageuse qui autodétruira périodiquement toute thésaurisation et autres accumulations monétaires, l’argent ne travaille pas , ne produit rien et ne se mange pas, tout reste à inventer, la seule valeur est ce que le travail produit de tangible, la spéculation et l’enrichissement n’ont pas leur place dans une société vertueuse.


                      • eau-pression eau-pression 14 avril 10:07

                        @Jean Keim

                        une monnaie partageuse qui autodétruira

                        Avez-vous regardé du côté du projet June. Il a des caractéristiques dans ce sens.

                        Il existait une simulation où on comparait un monde évoluant avec cette monnaie au monde basé sur des monnaies spéculatives. Une espèce de jeu qui méritait d’ếtre amélioré quand j’ai regardé (il y a 3 ans environ).


                      • Eric F Eric F 14 avril 10:07

                        @Jean Keim
                        C’est beau sur le papier, mais il faudrait pour cela convaincre les 200 pays de la terre. Vaste programme !


                      • Jean Keim Jean Keim 14 avril 12:04

                        @Eric F

                        Pas 200 pays ! mais les habitants de chacun des 200 pays hormis les profiteurs.


                      • Eric F Eric F 14 avril 10:05

                        Au début du 20è siècle, le « fordisme » a impulsé la « consommation de masse », selon laquelle la productivité devrait conduire à ce que travail soit rémunéré suffisamment pour que les ouvriers puisent acheter les produits qu’ils fabriquent.
                        Les 30 glorieuses ont perpétré cette approche.

                        Désormais, avec la mondialisation, le but est de fabriquer à bas cout des biens vendus avec une forte plus value à des consommateurs à plus haut pouvoir d’achat. La fabrication des produits de consommation courante a été délocalisée en Asie, les pays ex-industrialisés se sont concentré -pour ceux qui l’ont pu sur les produits haut de gamme.
                        Sauf que les transferts de techno ont conduit à ce que l’Asie prenne le lead aussi sur les nouvelles technologies, et par ailleurs produire à bas cout du haut de gamme c’est encore lus juteux pour les entreprises, ainsi les nouvelles C5 et C9 vendues en France seront fabriquées en Chine.

                        On est arrivé à une dépendance complète par rapport à l’extérieur, dont on a vu les effets néfastes dans la crise covid concernant les médicaments et équipements hospitaliers.

                        On ne peut pas attendre du capitalisme des « gestes de bienveillance » spontanés envers les salariés ou l’intérêt national dans le cadre de la mondialisation dérégulée qui maximise les profits, auxquels les financiers et les industriels ne renonceront pas.
                        Seul le volontarisme public peut faire bouger les choses. Mais comme certains états ont bâti leur prospérité récente sur le dumping, ces états là n’y renonceront pas non plus spontanément. Je ne sais pas si la proposition Biden ne vise que les entreprises étasuniennes ayant des filiales à l’étranger ou l’ensemble des entreprises du monde, mais dans le second cas il est peu probable que ça aboutisse.
                        Ce serait déjà difficile à l’échelle de l’Europe où les intérêts sont divergents entre pays bénéficiaires des délocalisations, pays ayant leurs « niches » de prospérité, et les autres (dont nous faisons partie, avec les pays latins).

                        Les préconisations (ou souhaits) exprimés dans l’article, et dont je partage le bien-fondé, me paraissent donc, hélas, plutôt utopiques. Quelle serait la marge de manœuvre pour s’en approcher un peu au niveau national, dans le cadre d’un tissu économique considérablement intriqué avec le reste du monde -notons au passage que les britanniques, pays de financiers, ont quitté l’UE non pas pour se replier sur leur ile, mais être directement immergés dans la mondialisation transcontinentale-.


                        • troletbuse troletbuse 14 avril 10:12

                          Je constate surtout la mise en place d’une dictature qui va régler la crise économique.

                          Article de bisounours qui croit encore au Père Noël.

                          Regler l’évasion fiscale, etc  smiley


                          • Christian Christian 14 avril 10:53

                            Conférence participative de Michel de Kemmeter, ingénieur civil et commercial expert en transition économique et entrepreneur, le 20/09/2019 à Malmedy. 

                            CHANGEONS DEMAIN | Conférence de Michel de Kemmeter : Adapter nos systèmes économiques et sociaux

                            https://www.youtube.com/watch?v=N2szjSvZJKQ


                            • Spartacus Lequidam Spartacus Lequidam 14 avril 11:02

                              Tu tombes de vélo, t’as qu’a accuser le capitalisme, Plutôt que de reconnaitre que l’étatisme est le vecteur des problèmes


                              Soi-disant nous serions un monde moins régulé.

                              Loi, interventionnisme, normes, jamais l’état n’a été aussi présent.

                              La financiarisation de l’économie due au capitalisme ?

                              Quelle farce, il n’y a pas d’endroit plus « régulé » que le secteur financier. Interdit de prêter pour aller dans la norme. Le premier emprunteur c’est l’état. Pas le secteur privé.

                              Faire croire que les dividendes arrivent dans la poche des actionnaires privés.

                              « les groupes du CAC 40 très internationalisés ont versé en 2019 60,2 Md d’Euros de dividende »

                              Dans le monde réel expliqué au naifs, c’est l’étatisme qui est le 1er actionnaire qui se gave de dividendes du CAC 40.

                              https://www.contrepoints.org/2019/05/17/344537-letat-et-les-salaries-premiers-beneficiaires-des-entreprises-du-cac-40


                              Soi-disant les entreprises devraient intégrer la dimension écologique et sociale.

                              C’est la connerie de l’année. Les bonnes intentions entrainent les pires tyrannies.

                              On a supprimé les centrales nucléaires en Allemagne, le pays est devenu le plus pollué d’europe.

                              On refuse de construire un pipe-line au non de l’écologie, le transport par camion sera plus cher et polluant.

                              Créer une boite en France est impossible avec ces notions a la con. Même une usine de fritte ne peut ouvrir. 

                               https://www.leparisien.fr/environnement/nord-200-personnes-manifestent-contre-l-implantation-d-une-usine-belge-de-frites-18-06-2020-8337627.php


                              Les établissements d’enseignement financés par les contribuables ont été transformés en écoles d’endoctrinement, prêchant la haine du capitalisme et fait croire come ce texte ubuesque que quand tu tombe de vélo, t’as q’a accuser le capitalisme.


                              Les administrations financées par les contribuables sont devenues des lieux où l’accomplissement effectif des tâches est moins important que la promotion anti-capitaliste. L’hôpital public dans la crise COVID a préférer jouer le misérabilisme anti-capitaliste plutôt que d’envoyer des malades vers le secteur privé.

                              Plus aucun pays n’est capitaliste. Nous sommes dans une économie étatiste de favoritisme. Après avoir vaincu le socialisme, nous y retournons et c’est pour cela que nous allons mal.


                              • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 14 avril 12:44

                                @Spartacus Lequidam
                                Oui, si ça fait mal, c’est parce qu’on ne tape pas assez fort.


                              • Jean Keim Jean Keim 15 avril 08:50

                                @Spartacus Lequidam

                                Votre pensée, telle celle d’un robot, est mécanique ou encore monolithique.

                                On peut accuser dieu ou diable quand tout vient de nos modes de pensée.

                                Apparemment vous vivez bien mais le monde des humains globalement lui ne va pas bien, le dire n’est pas une simple idée, c’est un constat.

                                Le monde, ses composants, ses institutions et ses « ismes » comme capitalisme ou étatisme ne sont que des abstractions, des concepts sans consistance si nous oublions que ce sont des hommes qui mènent la danse soit comme dominants, soit comme dominés, les uns sans les autres ne peuvent exister.

                                Votre nouveau pseudo est contradictoire, vous êtes soit un spartacus soit un quidam.



                                • Eliane Jacquot Eliane Jacquot 14 avril 22:09

                                  @Octave Lebel
                                  Un grand merci à vous pour le lien vers Les matins de France Culture toujours très pertinents :

                                  « Le résultat de 40 ans de mondialisation, c’est la séparation des populations. Les cadres vivent dans des quartiers et des villes homogènes, créant une coupure géographique et physique. Il n’y a plus de fréquentation entre les milieux sociaux. »Pierre Vermeren


                                • Révélation  : le Gouvernement a lancé un appel d’offres pour « détecter, analyser et mesurer » les opinions politiques sur les réseaux sociaux… autrement dit pour surveiller les Français et les opposants ! Trois entreprises privés – dont deux étrangères – seront en charge d’inspecter nos contenus… Avec le pass-sanitaire, dérivons-nous vers une société du contrôle numérique ?

                                  https://www.facebook.com/nicolasdupontaignan/videos/181472770486838

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