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La guerre de Tchétchénie ressemble-t-elle à celle du Donbass ?

Alexandre Sladkov est un reporter de guerre russe très connu, et qui a déjà couvert de nombreux conflits. Cette expérience lui permet de comparer les guerres où il s’est trouvé comme journaliste, ce qu’il y a vu.

Il y a quelques jours, il a publié sur son compte Telegram un commentaire sur la comparaison qui est souvent faite par certains en Occident, mais aussi en Russie, pour justifier la guerre qui a lieu dans le Donbass en l’amalgamant avec la guerre de Tchétchénie.

Alexandre ayant couvert les deux conflits, il a tenu à remettre les points sur les i, et souligner les différences fondamentales entre ces deux guerres, pour que ce qui s’est passé en Tchétchénie ne serve plus à justifier l’injustifiable dans le Donbass.

J’ai tenu à traduire cette analyse, car elle me semble importante pour comprendre en quoi les prétendues « similitudes » entre les deux guerres n’en sont pas.

Certaines personnes en Occident, en Ukraine et parmi nos libéraux disent : la guerre en Tchétchénie et dans le Donbass sont identiques. Ce n’est pas vrai. Je suis témoin.

Premièrement. L’Ukraine ne mène pas de négociations avec les habitants du Donbass, car pour Kiev ce sont tous des bandits. Mais en Tchétchénie, l’armée russe a immédiatement entamé un dialogue avec la population locale, totalement, dans tous les districts. Et avec de l’aide humanitaire. Nous aurions même négocié avec le chef officiel d’Itchkéria Aslan Maskhadov, mais il ne s’est pas dissocié des militants, et ne s’est pas occupé de la population, il a opté pour la guerre.

Deuxièmement. Les gens ont fui le Donbass, la guerre, principalement non pas en Ukraine, mais à l’étranger, en Russie, rappelez-vous les milliers de camps de réfugiés du Donbass dans la région de Rostov, et l’accueil des familles du Donbass partout en Russie. En Tchétchénie, tous les réfugiés ont été acceptés et accueillis par la Russie elle-même, il y avait des camps, il y avait des allocations et une part correspondante du budget de l’État était consacrée à leur financement.

Troisièmement. Reconnaissance des droits civils des citoyens tchétchènes. Les passeports ont été renouvelés et délivrés dans tout le pays, tant le passeport intérieur que le passeport extérieur. Oui, tous les documents ont été produits pour la voiture, le logement, le permis de conduire, sans refus. L’Ukraine ne délivre pas de documents aux résidents du Donbass.

Quatrièmement. Il y a eu encore et encore des crimes de la part des forces de sécurité. La population locale et des enfants mouraient. Le sang des civils innocents a coulé. Mais je me souviens comment des centaines de procureurs militaires et civils ont atterri à Mozdok, comment ils ont traité chaque affaire avec soin et ont mis des gens en prison. Oui, oui, ils ont emprisonné des soldats pour crimes. Les combattants et les officiers qui se battaient n’aimaient pas du tout cela, ils grognaient, ils disaient, c’est la guerre, mais…. Un représentant du bureau du procureur s’est rendu à chaque opération spéciale, où il était prévu de combattre dans des zones où se trouvaient des civils. Ils ont lutté avec cela comme ils le pouvaient. Et dans le Donbass, les militaires ukrainiens tuent des civils sans arrêt. Et personne ne les poursuit pour ça.

Cinquièmement. Indemnisation pour les logements détruits. En Tchétchénie, les compensations monétaires fédérales en faveur de la population et la construction de nouvelles habitations et infrastructures publiques ont été activement mises en œuvre pendant la guerre. Alors que dans le Donbass, maintenant, pendant la guerre, Kiev ne donne pas un sou pour la restauration des logements endommagés et détruits par l’armée ukrainienne. C’EST MOSCOU QUI DONNE.

Sixièmement. Les mercenaires. Les forces fédérales russes ont combattu contre les militants avec leurs unités et formations régulières. Alors que dans le Donbass, sur le front du côté de Kiev, des mercenaires étrangers sont apparus instantanément, des groupes de nationalistes informels mais armés jusqu’aux dents et des instructeurs de l’OTAN.

Il y a une chose en commun. La corruption. Comment ont-ils volé l’argent alloué par Moscou pour la Tchétchénie ? Volé en masse. Et mon souhait est que tout le monde, le ministère de l’Intérieur de la fédération de Russie, le Service fédéral de sécurité (FSB) de la fédération de Russie, les forces de Ramzan Akhmadovitch trouvent chacun de ceux qui ont volé l’argent des gens et les empalent. C’est ce qui s’est passé aussi dans le Donbass.

Voici les véritables images du début de la Seconde Guerre de Tchétchénie.

Alexandre Sladkov

Source : Sladkov+
Traduction : Christelle Néant pour Donbass Insider


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18 réactions à cet article    


  • Mychris Mychris 13 novembre 20:06

    Ramzam Kadyrov et sa légendaire ouverture d’esprit)

    https://www.youtube.com/watch?v=PWF2FIuNzwc


    • Christelle Néant Christelle Néant 13 novembre 20:20

      @Mychris
      Il n’est pas moins ouvert d’esprit que ceux qui en Europe continuent de voir la Russie comme le Mal incarné et ont leur logiciel coincé sur l’époque de l’URSS. Kadyrov a bien des défauts, mais il a le soutien d’une grande partie de la population Tchétchène.


    • Mychris Mychris 13 novembre 20:44

      @Christelle Néant

      Je ne sais pas comment vous pouvez trouver des circonstances atténuantes à Kadyrov (ou plutôt oui je me doute). Hitler aussi avait le soutien de sa population, ça n’en fait pas une personne recommandable pour autant.


    • Christelle Néant Christelle Néant 13 novembre 20:57

      @Mychris
      Ai-je parlé de circonstances atténuantes ? Non encore une fois vous interprétez tout à votre sauce. Je dis qu’avant de se pencher sur le manque d’ouverture d’esprit de Kadyrov, vous devriez commencer par le votre. Vous savez l’histoire de la poutre et de la paille...
      Et puis j’ai hâte de voir votre analyse de l’ouverture d’esprit du prince Saoudien, à qui la France vend des armes qui servent à génocide les Yéménites. Marrant l’indignation occidentale sélective à géométrie très variable.
      Je suis très loin d’être une fan de Kadyrov, mais je sais aussi pourquoi il est à la place où il est. C’est une question de pragmatisme politique pour Poutine après les deux guerres de Tchétchénie. 
      En politique (quand on est pas un guignol et qu’on fait passer l’intérêt de son peuple avant tout) on fait rarement ce que l’on veut, et on fait plus souvent ce que l’on doit.


    • Jelena Jelena 13 novembre 21:43

      @Mychris : Votre video de Kadyrov tapant sur les homos c’est petit, car que je sache les banderistes n’ont pas grand chose de « pro-LGBT » (c’est le moins que l’on puisse dire).


    • Jelena Jelena 13 novembre 22:10

      @u zozo qui fait mumuse avec les petites étoiles >> mème pas mal.


    • Christelle Néant Christelle Néant 13 novembre 22:31

      @Jelena
      C’est clair qu’Azov and co sont pas vraiment des grands fans de la gay pride...
      Pour ce qui est du zozo qui fait mumuse avec les petites étoiles c’est vraiment pathétique. Y en a qui n’ont rien de mieux à faire de leur vie.



    • Mychris Mychris 14 novembre 10:35

      @Jelena

      Ce que vous n’arrivez pas à comprendre, c’est que j’ai une haine viscérale pour tous les extrêmes de droite, de gauche, tous ce qui racisme, baillonnage etc... Donc votre comparaison est valable mais elle ne s’applique pas dans mon cas


    • Christelle Néant Christelle Néant 14 novembre 10:48

      @Mychris
      Oui et non. Ils font des articles mais aucun battage sérieux avec pétitions internationales etc comme ils l’ont fait pour l’affaire des homosexuels de Tchétchénie. Cela reste mieux que rien, mais j’aimerai bien qu’ils y mettent un peu plus de cœur quand ce n’est pas dans la ligne du gouvernement. Autant au moins que lorsqu’ils suivent les ordres de l’Elysée. Là ça prouverait qu’ils ne font pas du deux poids deux mesures.


    • Mychris Mychris 13 novembre 23:31

      Extrême droite ukrainienne, nationalistes néo-nazi et votre Kadyrov pour moi c’est pareil, c’est au mieux des pantins grotesques au pire des assassins...


      • aimable 14 novembre 11:25

        Dans le Donbass il n’y a pas de djihadistes qui opèrent a l’étranger a la différence de Tchétchénie , donc cela ne peut pas être la même guerre puisqu’ils ne se battent pour les mêmes causes .


        • Christelle Néant Christelle Néant 14 novembre 11:33

          @aimable
          En effet c’est aussi un point de différence important


        • eric 14 novembre 12:07

          Il me semble aussi qu’il y a beaucoup de différences entre les deux conflits.

          Le journaliste dont il est question présente cependant une vision assez personnelle de Maskhadov ; Je me souviens de ses négociations avec Lebed. Par la suite et à chaque étape, il a fait des propositions de paix. Il est un fait que les tchétchènes avaient établit une sorte de souveraineté de fait par la force, et que Poutine a décidé de ramener cette région sous la loi russe. Je crois que Maskhadov était un officier soviétique respectable.

          Après, sur le plan du droit des peuples à disposer d’eux même, je ne suis pas sur que Poutine ait pris soin de savoir ce que voulait vraiment les Tchétchènes. Les autres non plus. Chaque génération qui arrive à l’âge de se battre tente d’échapper à la tutelle russe depuis 2 siècles. Mais je pense que pour la plupart d’entre eux aussi, rien n’est plus cher que la paix.

          Vu comment évoluait le Tchétchénie ( banditisme esclavage, etc...), malgré Maskhadov, il était sans doute préférable pour tous le monde sans exception que la Russie rétablisse l’ordre ( enfin...dans le contexte local l’ordre....).

          La principale différence est ailleurs à mon avis ; Ukrainiens et russes sont deux populations extrêmement proches, caractérisée par les plus fort taux de mariage mixte de l’URSS.

          Le Caucase est un baril de poudre ethnique où de temps en temps, l’usage de la force est la méthode habituelle de dialogue entre les peuples. Arriver à un conflit dans des parties très russisées d’une Ukraine voisine amie et élément historiquement constitutif de l’empire russe implique pas mal de mauvais de volonté de tout côté.

          Avec un voisin et grand frère raisonnable, et des moyens diplomatiques, de pression, de communication qu’a la Russie, etc...des trucs pareil n’aurait jamais du arriver.

          Imaginer la grande Russie exclusivement victime d’un complot de quelques nationalistes ouest ukrainiens soutenus politiquement et matériellement par des américains qui ne savent pas tous situer le Donbass sur une carte me parait porter peu de considération à ce grand pays...

          Imaginer qu’elle ait pu ignorer que le juste retour de la Crimée à la Russie n’entraînerait pas des émules... je n’y croit pas trop non plus.

          La différence de traitement entre ces régions ne me parait pas non plus prouver une stratégie extrêmement claire.

          Ce conflit se terminera un jour par des discussions à trois. Locaux, Ukraine et Russie. Passez son temps à prétendre que seule une partie est responsable est une façon assez claire de dire qu’on refuse toute solution pour l’instant.


          • Mychris Mychris 14 novembre 12:55

            @eric

            Voilà somme toute une analyse que je rejoins, personne ne peux prétendre être blanc-bleu dans cette histoire, la population restant la principale victime. Quand à la différence de traitement entre la Crimée et le Donbass, cela me parait pour le moins évident. La Crimée est stratégique pour les Russes, le Donbass moins. 


          • eric 14 novembre 13:01

            @Mychris

            A voir. Il était moins compliqué politiquement et à l’international d’imposer un accord à l’Abkhazie qui est déjà financée au deux tiers par la Russie et d’équiper Sukhum, qui est le seul vrai port en eau profonde potentiel de rechange pour la flotte de la mer Noire.
            La part de la population qui a le passeport russe et de retraités pensionnés par la Russie est encore supérieur à ce qu’il était en Crimée. Là aussi avec un bon référendum, je pense que les russes auraient été populaires. Du reste dans KVN, qui est quand même un en émission politique et contrôlée, l’équipe Abkhaze était favorable à une abolition des frontières...


          • Mychris Mychris 14 novembre 13:16

            @eric

            En effet, n’oublions pas également que le retour de la Crimée est arrivée au bon moment pour Poutine pour les élections de 2014 en faisant exploser sa popularité (déjà haute mais limite).


          • Christelle Néant Christelle Néant 14 novembre 13:25

            @eric
            Je ne suis pas d’accord avec la fin de votre analyse. Vous partez du principe que la Russie aurait pu empêcher la guerre du Donbass, grâce à des pressions etc. Sauf que ces pressions ont des limites. Quand en 2014 la Russie demande d’annuler le référendum du 11 mai, la RPD et la RPL refusent. La Russie n’est pas toute puissante. Et croire que tous les stratèges américains sont des débiles profonds est tout aussi bête, et vous empêche d’analyser la situation avec réalisme.
            La stratégie de Moscou vis à vis du Donbass est celle de la mise devant le fait accompli. La différence de traitement entre les deux régions que sont la Crimée et le Donbass tient en plusieurs points.
            La Crimée était déjà une république autonome dotée d’un parlement et d’une constitution, ce qui lui permettait de lancer de manière totalement légitime du point de vue du droit international le référendum de 2014. Le Donbass n’était qu’une région sans constitution ni parlement.
            Deuxième point, la Crimée avait déjà voté en 1991 dans un référendum sur lequel tout le monde s’est assis, mais qui était légal sur le plan international, pour ne pas rester au sein de l’Ukraine. Je vous renvoie à cet article très bien fait http://stoprussophobie.info/index.php/top-actu-menu/item/95-qui-a-annexe-la-crimee
            Le référendum de 2014 n’était qu’un remake de celui de 1991, ce qui augmente encore sa légitimité. Le Donbass n’a pas eu un tel référendum de manière indépendante du reste de l’Ukraine.
            De plus en 2014, alors qu’l était clair que l’écrasante majorité des Criméens voulait retourner au sein de la Russie, la situation était beaucoup moins claire dans le Donbass, avec presque un 50/50...
            Tout cela mis bout à bout explique pourquoi la Russie n’a pas agi avec le Donbass comme avec la Crimée.
            Enfin je conclurai en disant qu’il suffit qu’un seul adversaire le veuille pour qu’il y ai une guerre. Les gens d’ici n’en veulent pas. La situation actuelle tient majoritairement à la mauvaise volonté de Kiev d’appliquer ce qu’elle a signé. Point.

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