• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > La liberté dans le sang
#74 des Tendances

La liberté dans le sang

Le Kurdistan est partagé entre plusieurs pays : la Turquie, l'Iran, l'Irak et la Syrie.

Au Kurdistan Turc (ou « Kurdistan du Nord – Bakur en kurde), il a longtemps été interdit de parler le kurde, mais dans les faits il n'est pas rare que des gens se fassent tabasser par des policiers ou des fascistes quand ils parlent dans la rue ou écoutent des musiques en kurde. Dans le livre, Rojin qui connaît très mal le turc, se retrouve plusieurs fois en difficulté devant la police, comme se trouvent beaucpoup de kurdes, qui n'ont pas appris le turc, notammement ceux qui n'ont pas été scolarisés.

Dans les années 70, on asssite en Turquie au développement d'idées révolutionnaires, et également à l'émergence d'un mouvement kurde organisé : le PKK.

En 1980, suite à un coup d'état miliataire, une répression féroce s'abat sur les révolutionnaires, les syndicalistes et les militants Kurdes. Des centaines de milliers d'entre-eux se retrouvent en prison, et bien souvent torturés, voire assassinés.
En 1984, le PKK déclenche la lutte armée, marquant le début d'une guerre qui ne dit pas son nom. Durant les années 80-90, des villages entiers sont vidés de leurs habitants, obligés de s'installer dans les grandes villes, beaucoup préfèrent émigrer en Europe, comme le père de Rojin. En 1999, le leader du PKK, Abdullah Öcalan est arrêté et emprisonné. Pendant quelques années, il y a une certaine volonté de la part du gouvernenemnt turc, qui souhaite que la Turquie intègre l'Union Européènne, d'apaiser les tensions. La langue kurde est autorisée et même son enseignement commence a être accepté. Ce semblant de répit n'aura qu'un temps. Dès 2006, et surtout à partir de 2013, lors d'un grand mouvement social parti en faveur du maintien d'un espace vert dans le quartier stambouliote de Taksim, mais s'étendant à des revendication politiques et sociales, le gourvernent turc reprend progressivement des positions répressives.

En 2011, dans un contexte de mouvements politiques et sociaux dans les pays arabes, les Syriens se révoltent contre le régime dictatorial de Bachar el Asad. Le mouvement kurde YPG, proche du PKK proclame l'autonomie du Rojava (« Kurdisatn de l'Ouest ») et organise une adminsitration basée sur la laïcité et une forme d'autogestion (confédéralisme démocratique). Ceci déplaît à la Turquie, qui craint une extension du mouveament au Bakur, mais également à Daesh, une organisation rêvant d'unir les régions du Moyen Orient sur les bases combinées d'un islam rigoriste et de la culture arabe, et qui souhaite pour cela détruire la diversité religieuse et linguistique de la région.

En août 2014, Daesh s'attaque aux Kurdistans irakiens et syrien. Il commencent à s'attaquer aux yézidis d'Irak, dont ils massacrent les hommes et réduisent les femmes en esclavage, puis conquièrent d'autres régions. Les YPG de Syrie et les peshmegas d'Irak commencent à organiser la résistance et repoussent progressivement Daesh du Kurdistan. Beaucoup de militants étangers et des personnes de la dispora kurde, à l'instar de Rojin, viennent prendre part à la lutte. La guerilla kurde compte également des milliers de femmes organisées autout des YPJ, qui s'illustrent particulièrement pendant les combats.

Quant à la Turquie, elle s'oppose au départ de « ses » Kurdes pour le Rojava et ferme les frontières. Plus tard, quand le YPG finit par arracher des mains de Daesh l'ensemble du Rojava, la Turquie prend peur et envahit la région d'Afrin, en 2018. Depuis, il y a règulièrement des accrochages entre le YPG et l'armée turque ou les hommes de mains qu'elle a placés à Afrin.

 

ACK

 

La liberté dans le sang

bande dessinée de Kudret Gunes

et de Christophe Girard

 

L'histoire d'une femme entre

France et Syrie au XXIème siècle

158 pages

éditions Marabulles

mars 2024

 

 

Un drame émouvant et l'histoire du courage d'une femme

 

 

Rojin a 18 ans, à peine, elle est kurde.

Le début de l'histoire se situe à Paris dans un appartement où elle doit consommer une union forcée suite à une pression faite par des turcs auprès de son père.

Rojin résiste, frappe l'homme qui veut la violer et s'enfuit pour échapper au père et à l'oncle de celui qui voulait abuser d'elle.

Elle rencontre un journaliste qui vient de perdre sa femme.

Ravagé par la douleur, Olivier a un sursaut et va héberger en tout bien tout honneur la jeune fille.

Le conte de féé s'arrête là, Rojin est suivie, menacée.

Pour protéger son bienfaiteur, elle part dans le Kurdistan turc.

Rojin qui refuse les avances, les gestes déplacés et les menaces des policiers turcs est arrêtée, torturée.

Avec courage, elle résiste et part rejoindre sa tante qu'elle n'a jamais vue auparavant.

Elle trouve là une protection de la part d'une femme extraordinaire qui explique comment elle-même a refusé les diktats d'un islamisme réactionnaire :

« Un jour ton oncle m'a dit « Femme, tu ouvres grandes tes fesses devant moi mais tu refuses de manger avec moi, c'est quoi ce délire ? Viens dîner avec moi ! »

C'est la dernière note d'humour....

Tout va très vite, la jeune femme part à Kobané pour combattre Daesh.

Elle va connaître l'amitié, les combats meurtriers, la mort de ses camarades....

 

Je ne raconte pas la suite, évidemment.

 

Ce livre magnifique, émouvant qui se lit à la fois comme un roman et à la fois comme une BD nous fait vivre le calvaire des kurdes sous la domination du gouvernement turc, leur soif de résistance et de liberté qui les conduit à se battre les armes à la main.

C'est aussi une œuvre vraie et forte qui ne cache aucune réalité comme les difficultés de la résistance face à la peur et aux trahisons.

Les illustrations sont à la hauteur du scénario.

 

Achetez ce livre et montrez le autour de vous !

 

Jean-François Chalot


Moyenne des avis sur cet article :  1.61/5   (23 votes)




Réagissez à l'article

2 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 1er avril 14:54

    Gilets jaunes : 25 yeux de crevés, 5 mains arrachées, une mamie abattue sur son balcon par la BAC, des milliers de traumatismes du au tabassage des équarisseurs de la raie publique, pas besoin d’aller bien loin pour la boucherie elle est la et les auteurs de ces exactions sont bien au chaud et vivent grâce a notre pognon dans leurs casernes attendant qu’on leur donne l’ordre d’attaquer le manifestant ....


    • karibo karibo 2 avril 19:09

      ça y est vous vous exportez ???

      Toujours aussi pathétique !

      les palestiniens et les rohingyas ???

      Rejoignez Rachid Meluche il a besoin de clowns comme vous ...

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON



Publicité




Palmarès



Publicité