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La Russie porte plainte contre l’Ukraine auprès de la CEDH, pour le Donbass, Odessa, le Maïdan, et le MH17

Pour la première fois de son histoire, la Russie a déposé une plainte interétatique auprès de la CEDH (Cour Européenne des Droits de l’Homme), dans laquelle elle accuse l’Ukraine de violer la Convention européenne des droits de l’homme depuis le coup d’État du Maïdan en 2014. Cette plainte vise à attirer l’attention de la Cour européenne de justice et de la communauté internationale sur les violations flagrantes et systématiques commises par les autorités ukrainiennes.

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Détails de la plainte de la Russie contre l’Ukraine auprès de la CEDH

Dans cette plainte envoyée à la CEDH, la Russie accuse l’Ukraine de :
– la mort de civils, d’emprisonnements illégaux et de mauvais traitements, notamment sur le Maïdan, à Odessa et dans le Donbass ;
– la mort de personnes, de dommages à la santé et de destruction de biens lors du bombardement du territoire russe voisin du Donbass en 2014 ;
– la suppression de la liberté d’expression et la persécution des dissidents, notamment des politiciens et des journalistes ;
– la discrimination à l’encontre de la population russophone et le remplacement de la langue russe ;
– la discrimination à l’encontre des entreprises et des entrepreneurs russes ;
– priver les résidents du sud-est de l’Ukraine de la possibilité de participer aux élections ;
– mener le blocus hydrique de la Crimée ;
– ne pas punir les attaques contre les missions diplomatiques, consulaires et autres de la Russie ;
– être responsable du crash du MH17 en raison du fait que l’Ukraine n’a pas fermé son espace aérien au-dessus de la zone de guerre.

Le bureau du Procureur Général russe a ensuite détaillé les différents points de la plainte déposée auprès de la CEDH contre l’Ukraine :
– La prise de pouvoir par la force à Kiev a dégénéré en terreur nationaliste et en guerre dans le Donbass avec des milliers de civils tués, les autorités ont encouragé et couvert les nationalistes pendant plus de 7 ans sans mener une enquête indépendante et efficace sur les crimes – une violation de l’article 2 de la CEDH (droit à la vie) et de l’article 3 (interdiction de la torture).
– Dans les oblasts de Donetsk et de Lougansk, une guerre civile se déroule depuis 7 ans, déguisée en « opération antiterroriste » – violation des articles 2, 3 et 8 (droit au respect de la vie privée et familiale et du domicile) et du Protocole n° 1 (droit à la jouissance sans entrave de ses biens).
– Enlèvement et torture d’habitants du Donbass et de citoyens russes transformés en pratique de masse par le SBU et l’armée ukrainienne – violation des articles 2, 3 et 5 (droit à la liberté et à la sécurité de la personne) et 13 (droit à un recours effectif).
– Les autorités ukrainiennes sont responsables du déplacement forcé de réfugiés du Donbass – violation de l’article 8 et de l’article 1 du Protocole n° 1.
– De nombreux Russes dans les zones frontalières ont été victimes de bombardements de l’Ukraine – violation des articles 2, 3 et 8 et de l’article 1 du Protocole n° 1.
– L’Ukraine est pleinement responsable de la mort des personnes à bord du MH17 en raison du fait qu’elle n’a pas fermé son espace aérien au-dessus de la zone de conflit – violation des articles 2 et 3.
– Les autorités ukrainiennes éliminent physiquement des politiciens et des journalistes de l’opposition – violation des articles 2, 3, 5, 8 et 10 (liberté d’expression) et 14 (interdiction de la discrimination).
– Les droits des russophones à utiliser la langue russe sont violés – violation des articles 8, 10, et 14 de l’article 2 du Protocole 1 (droit à l’éducation) et de l’article 1 du Protocole 12 (interdiction générale de la discrimination).
– Le blocus hydrique de la Crimée se poursuit depuis 2014, ce qui a déjà causé plus de 1,4 trillion de roubles de dommages – violation des articles 3, 8, 14, 1 du protocole n° 1 et du protocole n° 12.
– Le site web extrémiste « Mirotvorets », qui publie des données collectées illégalement sur des Ukrainiens, des Russes et d’autres étrangers, y compris des politiciens européens et des journalistes occidentaux, a été créé avec le soutien des autorités ukrainiennes – violation des articles 2, 3, 8, 10, 14, 18, 33 et 34.
– La vie et la santé des diplomates russes sont constamment en danger ; il y a des cas de menaces, de coups et autres violences ; la Russie a envoyé 33 demandes d’assistance juridique à Kiev en cinq ans, aucune n’a été dûment satisfaite – violation des articles 2, 3, 8, 14, 18 et de l’article 1 du Protocole n° 1.
– Les résidents du Donbass sont privés de la possibilité de participer aux élections du Président de l’Ukraine et de la Verkhovna Rada – violation de l’article 3 du Protocole n° 1 (droit à des élections libres).
– Des sanctions à motivation politique sont imposées aux entreprises russes – violation de l’article 1 du protocole n° 1, de l’article 14 et de l’article 1 du protocole n° 12.

Dans cette plainte, la Russie demande à l’Ukraine d’agir immédiatement sur les points suivants :
– Arrêter le blocus hydrique de la Crimée ;
– Cesser de restreindre les droits des minorités nationales et linguistiques, notamment le libre accès à l’enseignement général et supérieur dans leur langue maternelle ;
– De lever l’interdiction de diffuser des chaînes en langue russe ainsi que la limitation de l’accès aux plateformes Internet et à la presse écrite en langue russe.

La patience de la Russie et de Vladimir Poutine semble être épuisée

Suite à l’article de Vladimir Poutine sur l’unité historique des Russes et des Ukrainiens, certains, comme Evgueni Mikhaïlov, l’ancien chef du Conseil des Ministres de la RPD, avaient déclaré que c’était le signe que la patience de la Russie, et surtout du Président russe concernant l’Ukraine était désormais épuisée, et que Moscou allait désormais s’occuper de régler le problème ukrainien.

« Ces Ukrainiens ont énervé Poutine. C’est un homme très patient, mais ils l’ont harcelé. L’événement le plus grave a été la préparation d’une offensive dans le Donbass, qui était réellement en cours, et il y avait des plans. Je ne sais pas si Kiev voulait une offensive, mais quelqu’un le voulait. Peut-être Washington elle-même. Et le Kremlin l’a pris très au sérieux. Ils ont rassemblé leurs troupes. Cela a provoqué un scandale international. Et il est devenu clair pour tout le monde qu’il n’était plus possible de jouer à ce jeu. Parce qu’aujourd’hui, ils ont réussi à tout régler, mais la prochaine fois, ils ne le feront pas. Et même s’ils parviennent à le faire échouer, la prochaine fois, la Russie devra à nouveau rassembler ses forces. Et cela coûte beaucoup d’argent et semble très étrange – que nous soyons si forts, mais que nous ne puissions rien faire  », a déclaré l’homme politique.

Pour Mikhaïlov, cela a eu pour conséquence que le Kremlin a changé fondamentalement de position et compte résoudre le problème ukrainien.

« C’est pourquoi ils ont commencé à changer le cap sur l’Ukraine d’une manière ou d’une autre. Poutine en a vraiment assez et la situation a atteint un point où continuer à faire la même chose n’est plus du tout « comme il faut », et quelque chose doit changer. Vous ne pouvez pas marcher sur le même râteau pendant sept ans d’affilée  », a-t-il conclu.

Une analyse qui semble être confirmée par la déclaration publiée par le ministère russe des Affaires étrangères concernant la plainte déposée par la Russie contre l’Ukraine auprès de la CEDH.

« Le 22 juillet 2021, la Fédération de Russie a déposé une plainte interétatique contre l’Ukraine auprès de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) en vertu de l’article 33 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CSDH). Cette mesure est attendue depuis longtemps. La situation actuelle en Ukraine n’a laissé à la Russie d’autre choix que de recourir aux tribunaux internationaux », déclare le ministère sur son site officiel.

« Cette décision mûrement réfléchie des autorités russes résulte de plusieurs facteurs : premièrement, l’ignorance totale par les structures internationales des violations des droits de l’homme mentionnées en Ukraine ; deuxièmement, la violation continue par l’Ukraine de ses obligations inscrites dans le droit international, ainsi que dans sa propre Constitution ; troisièmement, l’incapacité des forces de l’ordre et du système judiciaire ukrainiens à enquêter correctement sur ces faits flagrants  », poursuit le communiqué.

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova a expliqué pourquoi la Russie n’a lancé cette plainte contre l’Ukraine auprès de la CEDH que maintenant, alors que Kiev a multiplié les plaintes contre Moscou depuis sept ans. Elle a aussi confirmé dans sa déclaration que la patience de la Russie était désormais épuisée.

« Pourquoi la fédération de Russie fait-elle cela maintenant ? Depuis de nombreuses années, nous recevons régulièrement des demandes, des appels et même des plaidoyers de la part de citoyens et d’organisations (tant russes qu’ukrainiennes) pour que Kiev soit tenu responsable de ses actes illégaux devant un tribunal international. Les critiques ont également été fréquentes : l’Ukraine a déjà intenté de nombreuses actions en justice contre la Russie, alors quand est-ce que ce sera le tour de la Russie ? En mettant de côté les chicaneries incontrôlées de Kiev, qui sont déjà de nature maniaque, je voudrais souligner que la position retenue de la Russie pendant toutes ces années n’est pas du tout un indicateur d’un manque d’arguments ou de preuves. Au contraire, une énorme quantité de matériel a été accumulée, et cet ensemble phénoménal de preuves sera utilisé par la Cour : rien n’est oublié, quel que soit le souhait de Kiev. Moscou a toujours maintenu la position selon laquelle l’intervention judiciaire est une mesure extrême qui ne peut être invoquée que dans des cas exceptionnels. D’une part, cela est motivé par l’attitude respectueuse de notre pays à l’égard des instances internationales ; d’autre part, cela est motivé par le désir de rechercher d’autres moyens pacifiques de résoudre les différends en dehors de la salle d’audience. Mais toute patience a une fin. L’impunité totale du régime de Kiev (dont il a bénéficié) et l’inaction des institutions internationales, qui ont fermé les yeux sur ses nombreuses atrocités, lui ont délié les mains. En faisant porter à l’Ukraine la responsabilité internationale d’une violation systématique des droits de l’homme (l’ampleur de ces atrocités est démontrée par d’innombrables plaintes individuelles contre l’Ukraine), la Russie défend l’État de droit européen – une valeur fondamentale du Conseil de l’Europe. Nous en avons tellement entendu parler  », a déclaré Maria Zakharova lors d’un point presse.

Cette plainte contre l’Ukraine auprès de la CEDH est étayée par les nombreuses preuves accumulées par la Russie depuis sept ans, et elle vient renforcer les milliers de plaintes individuelles déposées contre Kiev, entre autre par les habitants du Donbass.

« Nous demandons instamment à la communauté internationale de prêter enfin attention à ce qui se passe en Ukraine. Le recours de la Russie devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme vise, entre autres, à fournir à la Cour des informations complètes sur les atrocités commises par les autorités ukrainiennes ou avec leur complicité, qui entraînent de nombreuses violations des droits de l’homme garantis par la CEDH. L’ampleur du problème des droits de l’homme en Ukraine est également clairement illustrée par le grand nombre de plaintes individuelles soumises à la Cour Européenne des Droits de l’Homme, notamment en rapport avec les événements survenus dans le sud-est du pays [le Donbass – note de la traductrice]  », indique le ministère des Affaires étrangères.

Malheureusement quand on voit comment ces milliers de plaintes prennent la poussière depuis sept ans sur les étagères de la CEDH, le souhait exprimé par le ministère russes des Affaires étrangères de voir la cour adopter « une attitude impartiale et non politisée à l’égard de la plainte russe et qu’elle procède à un examen approfondi des documents et des preuves présentés par l’État requérant  », semble tenir du vœu pieu.

Le problème de la politisation de la CEDH

En effet, comme l’a prouvé la dernière décision de la CEDH, qui tente d’imposer le mariage homosexuel à la Russie, cette instance judiciaire sort de son domaine de compétence quand il s’agit de promouvoir certaines idéologies (car la CEDH n’a pas le pouvoir d’imposer à un pays d’adopter ou non une loi). Par contre les milliers de plaintes d’habitants du Donbass contre l’armée ukrainienne et les autorités de Kiev déposées depuis sept ans sont toujours sans réponse judiciaire de la part de cette même cour.

Et l’Ukraine est bien consciente qu’elle bénéficie, comme l’a déclaré Maria Zakharova, d’une impunité totale de la part des instances européennes et internationales. Ce qui lui permet de pavoiser dans les déclarations de ses officiels qui annoncent que la Russie n’a aucune chance.

«  Sans interférer avec la justice de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, je peux absolument vous assurer que cette plainte n’a aucune chance d’être satisfaite. Et elle a été déposée par la Russie uniquement à des fins de propagande. Il n’y aura pas d’autres résultats que le bruit de l’information et le temps perdu par le tribunal pour écrire une réponse à cette requête (plainte – ndlr) », a déclaré le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmitri Kouleba lors d’une visite conjointe dans le Donbass avec le ministre hongrois des Affaires étrangères Péter Szijjártó, dans une vidéo diffusée sur la page Facebook du ministère ukrainien des affaires étrangères.

Le ministre ukrainien de la Justice, Denis Maliouska, a lui aussi commenté le dépôt d’une plainte par la Russie contre l’Ukraine auprès de la CEDH, peu ou prou dans les mêmes termes que Kouleba.

«  À en juger par le communiqué de presse du bureau du procureur général du pays agresseur et de son propre ministère des affaires étrangères, la Russie a confondu la CEDH avec une émission de la télévision russe – la demande adressée à la Cour a exposé tous les mythes de la propagande russe. On ne peut pas du tout qualifier un tel acte d’inutile – ils obtiendront une plateforme médiatique supplémentaire pour le lavage de cerveau et un débouché médiatique. Mais d’un point de vue juridique, ils seront confrontés à une défaite inévitable  », a écrit Denis Maliouska sur son mur Facebook.

Contrairement à ce que raconte ce monsieur, les faits dénoncés par la Russie dans sa plainte ne sont pas des « mythes de la propagande russe » mais elles sont tout à fait attestées.

Faut-il rappeler que l’Ukraine a enlevé Vladimir Tsemakh chez lui en RPD (République Populaire de Donetsk) ? Que l’homme a été battu, comme bien d’autres prisonniers qui sont passés par les geôles du SBU ou des bataillons néo-nazis ?

Dois-je rappeler le cas de Daria Mastikacheva, arrêtée sur base de charges complètement bidons, torturée, et dont le SBU a menacé de tuer son fils pour qu’elle avoue des crimes qu’elle n’a pas commis ? Un cas de torture que même HRW avait dénoncé ! L’Ukraine a aussi torturé un homme qui avait vu des avions militaires partir pour le Donbass le jour du crash du MH17. Même l’ONU a dénoncé l’usage systématique de la torture par l’Ukraine, et entre autre par le SBU.

Les preuves des crimes de guerre de l’armée ukrainienne et des bataillons néo-nazis dans le Donbass quant à elles sont légion, tant ces troupes visent de manière systématiques les habitations et les infrastructures civiles, y compris les écoles, les hôpitaux et les stations d’épuration !

La réponse de la CEDH à la plainte de la Russie contre l’Ukraine sera un moment de vérité

Croire que la Russie est naïve au point de penser que la CEDH va condamner l’Ukraine pour ses multiples crimes et discriminations, c’est la sous-estimer gravement. En réalité la Russie a décidé de pousser l’institution européenne à montrer son vrai visage, et à se discréditer ainsi définitivement.

En effet, comme l’a souligné le porte-parole de la Douma d’État, Viatcheslav Volodine, la réponse de la CEDH à la plainte de la Russie contre l’Ukraine sera un « moment de vérité ».

« Pour la première fois, notre pays a fait appel à la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour des violations systématiques des droits et libertés en Ukraine. […] Compte tenu de la pertinence des faits exposés, la Cour Européenne des Droits de l’Homme n’a, à mon avis, pas d’autre choix que de les reconnaître et de donner une appréciation juridique aux actions des autorités de Kiev. Nous savons, d’après les décisions récentes qui ont été prises, que la CEDH est assez politisée. Bien sûr, ce ne sera pas facile pour elle dans cette situation où tout est si évident. Mais pour la Cour Européenne des Droits de l’Homme, c’est le moment de vérité : soit elle admet les violations énumérées ci-dessus et prouve sa validité en tant qu’institution, soit son existence n’a pas de raison d’être », a déclaré Volodine sur sa chaîne Telegram.

Un point de vue partagé par le chef du comité des affaires internationales de la Douma d’État, Léonid Sloutski, et le vice porte-parole de la Douma d’État, Piotr Tolstoï.

« La plainte du bureau du procureur général russe auprès de la CEDH contre les actions des autorités ukrainiennes a des motifs plus que solides et sera un « test décisif » de l’impartialité de la cour de Strasbourg. […] Les juges de la CEDH devront se saisir de la plainte du Procureur Général et se prononcer sur le lien entre les meurtres commis dans le Donbass et les lois sur la langue et les peuples autochtones d’Ukraine avec la Convention européenne des droits de l’homme. C’est là que toute leur compétence est nécessaire ! Il ne s’agit pas du mariage homosexuel, nous parlons du droit de vivre en paix, du droit de parler sa langue maternelle. », a écrit Léonid Sloutski sur sa chaîne Telegram.

« Plus de sept ans se sont écoulés depuis le début du conflit militaire dans le Donbass, le massacre des habitants d’Odessa, le début du blocus humanitaire et hydrique de la Crimée et le génocide des Russes. Pendant tout ce temps, nous avons dénoncé sur toutes les tribunes les violations flagrantes du droit international commises par ce pays, mais nous n’avons pas été entendus, et ils ne veulent pas nous entendre. D’autre part, la Cour Européenne des Droits de l’Homme n’a cessé, pendant toutes ces années, de rendre des arrêts anti-russes politisés et fondés sur rien. Nous présentons des faits et chacune de nos accusations contre l’Ukraine est étayée par des arguments irréfutables et indiscutables. Nous attendrons la décision de la CEDH sur notre plainte. Son contenu montrera clairement à quel point cet organisme international est objectif et impartial et à quel point les Européens sont aujourd’hui prêts à regarder la vérité en face » a déclaré Piotr Tolstoï sur sa chaîne Telegram.

L’instant de vérité est donc venu. Soit la CEDH juge correctement la plainte de la Russie contre l’Ukraine, soit l’institution se discrédite totalement et définitivement, ouvrant la voie à un retrait possible de Moscou de cet organisme manifestement inutile.

Christelle Néant

Voir l'article sur Donbass Insider


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17 réactions à cet article    


  • roman_garev 23 juillet 10:36

    Je dirais, pas « la plainte », mais « la requête ». Cela sonne un peu autrement.

    D’après Wiki

    La Cour peut être saisie d’une requête par un État ou « par toute personne physique, toute organisation non gouvernementale ou tout groupe de particuliers qui s’estime victime d’une violation » de ses droits ou libertés, garantis par la Convention.


    • Christelle Néant Christelle Néant 23 juillet 12:29

      @roman_garev
      Plainte est plus judiciaire que requête, c’est pour ça que j’ai utilisé ce terme. Sputnik France aussi a utilisé le mot plainte https://fr.sputniknews.com/international/202107221045907568-la-russie-saisit-le-haut-commissariat-aux-droits-de-lhomme-contre-lukraine/


    • roman_garev 23 juillet 13:38

      @Christelle Néant
      Sputnik France n’est pas un étalon en langue française.
      Mais parlons juridique.
      Le Règlement de la CEDH elle-même ne connaît pas le mot « plainte ».
      Il ne connaît que des requêtes.

      Titre II – Procédure
      Chapitre I – Règles générales
      Article 31 – Possibilité de dérogations particulières ...................................................... 18
      Article 32 – Instructions pratiques ...................................................................... .......... 18
      Article 33 – Publicité des documents............................................................. ......... ....... 18
      Article 34 – Emploi des langues ...................................................................... ............... 18
      Article 35 – Représentation des Parties contractantes .................................................. 20
      Article 36 – Représentation des requérants ................................................................... 20
      Article 37 – Communications, notifications et citations ................................................. 20
      Article 38 – Observations écrites ...................................................................... ............. 21
      Article 38A – Examen des questions de procédure ........................................................ 21
      Article 39 – Mesures provisoires ...................................................................... ............. 21
      Article 40 – Communication en urgence d’une requête ................................................. 21
      Article 41 – Ordre de traitement des requêtes .............................................................. 21
      Article 42 – Jonction et examen simultané de requêtes................................................. 22
      Article 43 – Radiation du rôle et réinscription au rôle.................................................... 22
      Article 44 – Tierce intervention ...................................................................... ............... 22
      Article 44A – Obligation de coopérer avec la Cour ......................................................... 24
      Article 44B – Non-respect d’une ordonnance de la Cour ............................................... 24
      Article 44C – Défaut de participation effective .............................................................. 24
      Article 44D – Observations hors de propos formulées par une partie ............................ 24
      Article 44E – Non-maintien d’une requête .................................................................... 24

    • roman_garev 23 juillet 13:53

      @roman_garev
      Ce n’est pas qu’une question de voabulaire.
      J’imagine très mal la Russie en rôle du plaignant.
      Elle ne peut être qu’un requérant (voir l’Article 36 du Règlement de la Cour en haut).


    • Christelle Néant Christelle Néant 23 juillet 19:36

      @roman_garev
      Il n’y a pas que Sputnik France, plein d’autres médias francophones qui en parlent utilisent le mot plainte. Y compris RFI.
      De plus vu que des citoyens russes ont été impactés par certaines des violations des Droits de l’homme que Moscou dénonce, le rôle du plaignant n’a rien de saugrenu. Je signale d’ailleurs que lors des requêtes/plaintes de l’Ukraine contre la Russie, les médias français utilisent aussi le mot plainte.


    • roman_garev 23 juillet 19:53

      @Christelle Néant
      Je signale encore une fois que la Russie a déposé la requête à la CEDH selon le Règlement de la CEDH qui ne prévoit pas de plaintes, mais uniquement des requêtes (et dont le Règlement vous préférez tout simplement ignorer).

      Je ne discute ici la compétence des médias francophones. Quant il y a un terme imposé formellement, inutile d’imaginer ses remplaçants. 


    • Christelle Néant Christelle Néant 23 juillet 21:06

      @roman_garev
      Même TASS en anglais utilise le terme complaint et pas request ou application. Parce que c’est plus parlant pour Mr tout le monde.


    • JPCiron JPCiron 23 juillet 23:07

      @Christelle Néant

      Oui, les gens doivent comprendre que les plaintes sont adressées à la Cour, qui les traitera (ou non ?) avec ses propres mots.

      Par ailleurs, doit-on dire que cette structure (comme bien d’autres) est ’politisée’ ou bien ’pourrie’ comme diraient les gens ordinaires, avec leur regard plus technique et pragmatique... car le mélange du droit et de la politique a un relent mafieux.


    • Guy19550 Guy19550 23 juillet 12:52

      Excellent article Christelle, je vous en félicite car cela va bien au-delà de ce que l’on peut écrire pour une guerre civile.


      • V_Parlier V_Parlier 23 juillet 23:25

        @Guy19550
        Mais si la Russie veut que la CEDH daigne jeter un coup d’oeil au dossier, il fait forcément y ajouter une histoire de Covid. Du genre, l’Ukraine n’a pas de pass sanitaire, ce n’est pas sérieux, etc... là ça pourrait marcher. Mais bombarder des gens, ça c’est pas grave...


      • Guy19550 Guy19550 23 juillet 13:00

        Plainte ou requête n’a que peu d’importance, c’est une épine de plus à traiter. C’est un fait indéniable que c’est politisé et là ils vont devoir choisir pour continuer des se ballader sur une lame de rasoir ou pas. Tout cela indique que la Russie pousse un max et je ne pense pas qu’ils aient en vue de solution dans l’immédiat, l’essentiel est d’avoir enfoncé le suppositoire bien profondément. 


        • roman_garev 23 juillet 14:02

          @Guy19550
          « Plainte ou requête n’a que peu d’importance, c’est une épine de plus à traiter. »
          Certes, mais le diable est dans les détails.




            • Guy19550 Guy19550 27 juillet 00:41

              Entr’acte : https://tass.com/world/1317947

              V’là le boostershot des russes et le premier à en bénéficier est la DPR (étant entendu que les russes ont fort bien pu en donner chez eux avant), ce n’est pas le seul usage, il peut aussi servir à autre chose. C’est plus facile à mettre en oeuvre quand on n’a pas encore trop vacciné, ce qui est le cas en Russie. 

              Si Christelle peut me dire comment cela est distribué, cela m’intéresse de le savoir. En somme, ce que je voudrais savoir, c’est qui va en bénéficier. 



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