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Accueil du site > Actualités > International > La scission de l’Ukraine est inévitable au regard de l’Histoire

La scission de l’Ukraine est inévitable au regard de l’Histoire

Alors que le Président ukrainien, Volodymyr Zelensky tient des propos de plus en plus outranciers envers les russophones et russes ethniques vivant en Ukraine, creusant ainsi encore plus le fossé entre les différentes ethnies, les politologues ukrainiens préparent la population à la scission inévitable du pays et à la perte de nouveaux territoires.

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Zelensky veut l’épuration ethnique des Russes du Donbass

Lors de plusieurs déclarations faites à la chaîne en langue russe « Dom » (« maison » en russe), qui est censée aider l’Ukraine à reconquérir le coeur et l’âme des habitants de la Crimée et du Donbass, le Président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a tenu des propos outranciers, qui ont plus choqué que rallié les habitants des deux régions à la cause de Kiev.

La première déclaration, faite le 3 août, concernant le fait que la Crimée ne sera jamais un territoire russe, car la Russie ne l’aimera prétendument jamais comme l’Ukraine aime la péninsule, a fait bondir tout le monde de Sébastopol à Moscou. Déjà parce que la Crimée est déjà un territoire russe en l’état actuel des choses, que cela plaise ou non à Zelensky.

Il a d’ailleurs tellement peu convaincu que même le chef des Tatars de Crimée, Eïvaz Oumerov, a répondu à Zelensky du tac au tac, en lui disant que «  la Crimée est et sera un territoire russe », et que «  la péninsule ne deviendra jamais un territoire ukrainien  ».

Et deuxièmement, pour rappel, l’Ukraine a coupé l’approvisionnement en eau et en électricité de la Crimée après sa réintégration au sein de la fédération de Russie. Si ça c’est de « l’amour », alors il s’agit d’amour vache, parce qu’il est difficile de qualifier autrement le fait de rendre invivables les conditions de vie de la population de la péninsule. Si c’est cela que Zelensky entend par le mot « amour », alors effectivement la Russie « n’aimera » jamais la Crimée comme l’Ukraine le fait, et tant mieux pour la population de Crimée !

Quant à l’affirmation de Zelensky que la Crimée est « sa terre » et pas « leur terre », sachant que ce clown est né à Krivoï Rog (c’est-à-dire pas en Crimée), j’aimerais qu’il m’explique en quoi il a plus de droits sur la péninsule que ceux qui y sont nés et y vivent depuis des générations ! C’est comme s’il prétendait que la Turquie est « sa terre » sous prétexte qu’il y a passé ses vacances étant enfant et qu’il y a des superbes souvenirs (c’est exactement la justification qu’il a avancée pour prétendre que la Crimée est « sa terre », non ce n’est pas une blague).

Et au lieu de s’arrêter là après s’être fait ridiculiser par tous les politiciens et commentateurs concernant sa déclaration complètement à côté de la plaque, Zelensky en a rajouté une couche deux jours plus tard, toujours sur la chaîne Dom.

Cette fois c’est le Donbass qui s’est vu prédire qu’il ne sera jamais un territoire russe, par le Président ukrainien.

« Les habitants du Donbass et de la Crimée occupés doivent absolument comprendre. Il ne s’agit pas de mettre quelqu’un à la porte quelque part. Je veux juste être compris. Je pense que si vous vivez aujourd’hui dans le Donbass temporairement occupé et que vous pensez que « notre cause est juste – nous allons en Russie, nous sommes des Russes », c’est une grosse erreur de rester vivre dans le Donbass. Ce ne sera jamais un territoire russe  », a déclaré Zelensky.

Comme pour la Crimée, cette déclaration à la fois débile et ignoble à plus d’un titre. Comme la péninsule, le Donbass a fait partie de la Russie pendant plusieurs siècles, bien avant que l’Ukraine n’existe même en tant que pays ! Le Donbass était un territoire russe, qui a été rattaché de force à la RSS d’Ukraine par l’URSS !

Encore une fois ce n’est pas parce qu’à la création de l’Ukraine, tous les habitants des territoires de l’empire russe intégrés à cette mosaïque se sont tous vu affublés de la citoyenneté ukrainienne que cela change le fait qu’ils étaient et sont restés majoritairement russes tant ethniquement, linguistiquement, culturellement que religieusement ! Vous pouvez appeler un chat un chien il n’aboiera pas pour autant !

De plus, comme l’a souligné la ministre des Affaires étrangères de la RPD, Natalia Nikonorova, il semble que Zelensky est tellement inculte que non seulement il ne connaît pas l’histoire de la région, mais en prime il ne sait pas la différence entre l’adjectif « русский » (qui signifie « russe » d’un point de vue ethnique), qu’il a utilisé concernant l’appartenance territoriale du Donbass, et l’adjectif « российский » (qui signifie « russe » dans le sens, qui appartient à la Russie).

Or d’un point de vue purement ethnique, comme l’a souligné la ministre, le Donbass est russe depuis des siècles ! Si Zelensky voulait dire que le Donbass ne serait jamais un territoire faisant partie de la Russie, c’est l’adjectif « российский » qu’il aurait dû utiliser. Il faut d’ailleurs souligner qu’il a fait la même faute dans sa déclaration concernant la Crimée !

De plus son appel aux habitants du Donbass qui se sentent Russes de partir n’est ni plus ni moins qu’un appel à l’épuration ethnique de la région ! Il a beau s’en défendre en disant qu’il ne s’agit pas « de mettre quelqu’un à la porte », c’est en fait exactement ça. Car appeler plusieurs millions de personnes à quitter leur terre natale, qui est aussi celle de leurs ancêtres, parce qu’ils revendiquent être ce qu’ils sont ethniquement, ça s’appelle une épuration ethnique ! Je rappelle que ceci est un crime contre l’humanité !

Et quand il prétend dans la même interview que l’Ukraine aime le Donbass et qu’elle ne le laissera pas tomber, alors que l’armée ukrainienne continue d’augmenter ses bombardements avec des armes lourdes contre les zones résidentielles, endommageant 17 habitations en à peine 24 h en RPD (République Populaire de Donetsk) entre le 4 et le 5 août 2021, on se dit définitivement qu’il se fout de la gueule du monde (pour rester poli).

Surtout qu’il continue de prétendre que l’armée ukrainienne ne bombarde pas les civils du Donbass, que ce sont des mensonges de dire cela. Il prétend aussi que ce sont les milices populaires qui tirent sur les civils. Sauf que les chiffres de l’OSCE et de l’ONU, et les témoignages des civils bombardés disent le contraire de ce que Zelensky raconte.

L’écrasante majorité (plus des 3/4) des victimes civiles de bombardements et tirs se trouvent en RPD et RPL (République Populaire de Lougansk), c’est-à-dire que l’écrasante majorité des victimes civiles sont dues à des tirs de l’armée ukrainienne ! Et les habitants touchés par les bombardements disent ouvertement face caméra que c’est l’armée ukrainienne qui les a bombardés !

Si c’est en racontant autant de mensonges et de bêtises à la seconde que Zelensky espère reconquérir les cœurs et les âmes des habitants du Donbass et de la Crimée, j’ai le regret de lui annoncer que ces derniers ne sont pas débiles et que ce type de discours les met plus en colère qu’autre chose.

La scission de l’Ukraine est inévitable

Alors que Zelensky agrandit de plus en plus la fracture ethnique entre les différentes populations qui forment l’Ukraine, de plus en plus de politiciens et de politologues avertissent que la scission du pays est inévitable, semblant ainsi préparer psychologiquement la population à l’éclatement futur de cette mosaïque ethnique.

Pour le politologue Kost Bondarenko, la scission à venir de l’Ukraine n’est que la phase finale du processus de désintégration de l’empire russe et de son successeur, l’URSS. Selon l’expert, si l’Ukraine déclare renoncer à son passé soviétique, elle ne peut pas non plus revendiquer les frontières de la RSS d’Ukraine.

« Quand on dit que pendant la Première Guerre mondiale, l’Empire russe s’est effondré, en fait, cet effondrement était un phénomène plutôt temporaire qui s’est étiré dans le temps jusqu’en 1991. Et on ne sait pas comment cela va se poursuivre. En outre, nous avons déjà dit que les frontières de la République socialiste soviétique d’Ukraine ont été définies de manière tout à fait relative. Elles ne coïncident pas avec les frontières ethniques, elles ne coïncident pas avec les frontières politiques, car plusieurs organismes politiques se sont formés sur le territoire de l’Ukraine, qui étaient constamment en concurrence les uns avec les autres au sein d’un seul État  », a déclaré l’expert.

«  Mais le fait que ces unités administratives, qui ont été formées sur la base des anciennes républiques soviétiques, soient constamment fébriles est une conséquence du fait que nous poursuivons le processus d’effondrement de l’Union soviétique et de révision de ce qui s’est passé en 1991. Si nous nous éloignons complètement de l’héritage de l’Union soviétique, si nous rayons complètement l’héritage de l’Union soviétique et si nous disons que ce qui s’est passé avant 1991 doit être oublié ou montré uniquement sous un jour négatif, alors nous pouvons dire que l’héritage territorial de l’Union soviétique deviendra également vulnérable, il sera également très difficile de le maintenir  », a déclaré M. Bondarenko.

Pour l’ancien député ukrainien Evgueni Mouraev, la scission de l’Ukraine pourrait avoir lieu dans un avenir proche. Il a ainsi déclaré que les radicaux ukrainiens sont actuellement regroupés pour être ensuite utilisés comme outil pour organiser des provocations à Kiev dès cet automne et faire ainsi basculer la situation dans une guerre civile totale.

« Je ne veux jamais faire peur, mais je pense que nous sommes préparés à la partition. Une guerre civile généralisée se prépare. [] Ils vont jouer la carte de l’extrême-droite  », a noté Mouraev.

L’ancien député affirme que le financement des radicaux passe par la fondation internationale de George Soros, Renaissance, et que Petro Porochenko est également impliqué dans cette affaire. Quant à Zelensky, il ne comprend pas ce qui se passe réellement en raison d’une « pensée enfantine », estime Mouraev.

« Savoir qui va le renverser ne m’intéresse même pas. En cas de conflit généralisé, nous serons tous « sauvés ». Les Polonais « sauveront » la Galicie, les Hongrois « sauveront » la Transcarpatie, et les Roumains « sauveront » la Bessarabie et la Bucovine », a suggéré l’homme politique.

M. Mouraev a également suggéré qu’une partie du territoire du sud-est de l’Ukraine serait récupéré par la Russie. En conséquence, a-t-il conclu, il ne resterait du pays qu’un « petit morceau » de son territoire actuel.

Si Bondarenko a absous les autorités ukrainiennes actuelles et post-Maïdan de la responsabilité de l’éclatement du pays, en pointant l’Histoire comme seule responsable de la situation, en réalité les gouvernements ukrainiens sont responsables de l’accélération du phénomène, à cause de leur volonté de faire rentrer l’Ukraine dans l’OTAN et l’UE.

En effet, comme l’a déclaré l’ancien Vice-ministre ukrainien des Affaires étrangères, Alexandre Tchaly, Kiev a une chance de préserver ses frontières issues de la RSS d’Ukraine seulement si elle reste neutre, comme le prévoyait le mémorandum de Budapest. Comme il l’a souligné, l’Ukraine s’est assise sur le mémorandum, entamant dès le milieu des années 1990 son rapprochement avec l’OTAN, violant ainsi la neutralité qui était exigée du pays.

Dès lors, pour Tchaly, si l’Ukraine veut intégrer l’OTAN, elle ne pourra pas le faire avec la totalité de ses territoires actuels. En clair, l’Ukraine devra renoncer à ses régions pro-russes si elle veut espérer faire partie de l’OTAN, non pas pour des raisons de loi internationale, mais pour une raison d’équilibre des pouvoir et de géopolitique.

Ces déclarations venant de plusieurs experts et politiciens ukrainiens, dans un court laps de temps, ressemble fort à la préparation psychologique de la population ukrainienne pour la scission de l’Ukraine. Que le prétexte officiel avancé pour justifier cette nouvelle perte de territoires soit l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN ou autre conte de fée n’a aucune importance. La scission de l’Ukraine est désormais inévitable. L’Histoire couplée à l’incompétence des autorités ukrainiennes a généré des forces centrifuges qui vont provoquer l’éclatement du pays.

Il sera trop tard après pour venir pleurer des larmes de crocodile concernant les territoires perdus sur les plateaux TV, comme le fait Zelensky avec le Donbass et la Crimée. À force de réécrire l’Histoire et de jouer sur les lignes de fracture ethnique d’un pays multi-ethnique comme l’Ukraine on ne peut arriver qu’à la scission du pays le long de ces lignes de fracture.

Christelle Néant

Voir l'article sur Donbass Insider


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23 réactions à cet article    


  • roman_garev 10 août 08:43

    Bonjur Christelle, et merci pour cet article.

    À propos de ceci

    « ...il ne sait pas la différence entre l’adjectif « русский » (qui signifie « russe » d’un point de vue ethnique), qu’il a utilisé concernant l’appartenance territoriale du Donbass, et l’adjectif « российский » (qui signifie « russe » dans le sens, qui appartient à la Russie). »

    Dommage que le français (ainsi que l’anglais, etc.) ne connaît pas non plus cette différence, n’ayant qu’un seul adjectif pour ces deux en russe. Le seul moyen de traduire l’adjectif « российский » est de le remplacer par « de Russie ».

    Le même problème existe pour les mots « русский » et « россиянин » fusionnant en un seul mot « le Russe », tandis qu’en fait le deuxième désigne clairement « citoyen de la Russie ».


    • Christelle Néant Christelle Néant 10 août 19:36

      @roman_garev
      Oui la langue russe a des nuances que les autres langues n’ont pas. Ce qui complique les traductions.


    • skirlet 23 août 17:09

      @Christelle Néant
      Je propose le néologisme « russien » pour россиянин :)


    • Christelle Néant Christelle Néant 23 août 20:33

      @skirlet
      Ca sonne bizarre smiley


    • Guy19550 Guy19550 10 août 09:14

      Bon article, j’avais déjà lu la mise au point de Nathalia sur Dan. Y a aussi des S400 en discussion pour la Biélorussie. Ce qui fait que l’Ukraine risque fort d’être prise en en cîble par le sud, l’est et le nord. 


      • goc goc 10 août 09:29

        Bonjour Christelle

        Et encore merci pour ces articles, qui sont d’autant plus important que cette région pourrait bien un jour devenir, par la bêtise congénitale des dirigeants russophobe, le point de départ d’une guerre aussi imbécile qu’inutile, et qui pourrait bien être cette fois-ci « la der des der ».

        Bien sur votre analyse a le mérite d’être faite à partir d’éléments réels et locaux, donc elle est forcement plus pertinente que celle des planqués parisiens (dont botule 1er en est le chef indiscutable et indécrottable).

        Et si j’osais me permettre un simple avis, c’est concernant l’attitude US qui pourrait empêcher par tous les moyens, y compris la provocation (voir plus haut) cette scission, uniquement sur la simple frousse de perdre la face aux yeux du monde entier en abandonnant l’Ukraine, et donc montrer ainsi ses faiblesses, surtout après l’abandon de l’Afghanistan, et alors que les ricains mettent la pression sur la Biélorussie. Je n’ose imaginer la tronche des dirigeants europeens, micron en tête, si après avoir joué les défenseurs ultimes de la démocratie en Biélorussie, se retrouvent abandonnés idéologiquement par les ricains. Quelle rigolade !!


        • Attila Attila 10 août 13:15

          @goc
          Les US n’ont pas abandonné l’Afghanistan. Ils organisent le chaos à l’aide de leurs créatures les Talibans. Ils pourraient faire de même en Ukraine avec les néonazis.

          .


        • xana 10 août 13:53

          @Attila
          Les taliban, des créatures américaines ?
          Sérieusement, personne ne croit que les Américains abandonneront la moindre chance d’emmerder la Russie, jusqu’à ce qu’ils finissent eux-mêmes détruits (le plus vite possible).
          Aucune paix mondiale ne pourra être instaurée tant que les Etats-Unis d’Amérique n’auront pas été atomisés, ou au moins définitivement occupés (la Chine est le seul pays qui puisse se le permettre).

          Oeuvrer pour leur destruction est donc oeuvrer pour la pais mondiale.


        • Attila Attila 10 août 14:21

          @xana

          Aveu de Mme Hillary Clinton, Secrétaire du gouvernement de Barack Obama, déclarant sous serment devant une commission d’enquête parlementaire américaine :

          Al-Qaeda, les Talibans, c’est nous, les américains, qui avons créé tout cela
          .

          Les décisions ambiguës de Washington ne datent pas d’aujourd’hui :

          L’absurdité en boucle : tuer les islamistes que nous créons

          .


        • babelouest babelouest 16 août 05:03

          @Attila mais oui, c’est le paradoxe US : on crée un outil, puis au bout d’un moment il se retourne contre nous, alors on tente de le casser : ça ne fonctionne pas, alors on essaie de le dénigrer, et cela ne fonctionne pas non plus. En cherchant bien, il y a de nombreux exemples sur ce modèle-là. Oncle Sam, ou l’apprenti sorcier, qui persiste à utiliser les mêmes méthodes alors qu’à chaque fois, c’est l’échec.
          .
          Quand on y regarde bien, leur seule « réussite » est l’occupation de La Grenade, une île de 100 000 habitants, dont se glorifie dans le film 12 hommes en colère l’un des participants. Succès à la Pyrrhus.... Depuis, rien. Que des « retraits victorieux ». Oh bien sûr, restent des perturbateurs parce que le charognard ne lâche rien et essaie d’avoir tout le monde à l’usure. Sauf que généralement le monde a plus de mémoire que lui.
          .
          Pire que « le crétin des Alpes » ? Le crétin des Appalaches, peut-être.... comme ces Mountain Men qui dans le récit de Tom Clancy « Sur Ordre », tentent de faire sauter la Maison Blanche.


        • Mellipheme Mellipheme 10 août 16:17

          Merci pour votre article qui nous éclaire sur la réalité géo-politique de cette région du monde.


          • wpjo 10 août 18:10

            Staline avait déporté en masse des Russes vers l’Ukraine et des Ukrainiens vers l’URSS (la Russie, si vous voulez). Beaucoup, surtout des Ukrainiens, sont orts dans le Goulag. Puis, avec la politique de terreur le ’Kholod et Kolod’, le ’froid et la faim’, Staline y avait causé un génocide. Avant 1917, les Russes ne présentaient que 5% de la population en Ukraine.Maintenant, après un siècle de manipulations démographiques, de propagande et bien pire, l’heure sera venu à la démocratie version russe !? Comme pour les Tibétains, Ouïgours, Amer-Indiens, Timorais ou (génocide en moins) pour les Kanaks ?


            • wpjo 10 août 18:23

              Quant à l’histoire Russe : avant Moscou (qui est Russe), fin 15° siècle, c’était bien Kiev (Ukrainien), jusqu’au 13° siècle, qui était la capitale. Mais le tour de maître russe, est de prétendre que Kiev était la capitale de la Russie, et donc, que tous ces territoires furent russes et pas ukrainiens. La ficelle est grosse, mais ça marche très bien.

              Quant au drapeau nazi sur votre carte, était-il si surprenant que les Ukrainiens applaudissaient (avant la grande désillusion), l’arrivée des Allemands ? Après le Holdomor (avec entre 2,6 et 5 millions de morts) et la déportation au Goulag de quelques millions d’autres ?


              • Daruma 11 août 10:24

                @wpjo
                Vous dites n’importe quoi. Allez étudier l’histoire, la vraie. Dire que Kiev était une ville ukrainienne est d’une bêtise crasse. C’est un anachronisme car l’entité politique nommée « Ukraine » n’existait pas. Il existait des principautés qui formaient la Rouss. Jamais cette partie de la Rouss ne s’est appelée « Ukraine ». Il faut vraiment être malhonnête pour dire une telle ânerie et la propager sans vergogne.
                En 911 le prince de Kiev Oleg conclut un traité avec Byzance. Il y est parlé de « princes russes », de « lois russes », de « famille russe », de « la Terre russe ». Pour désigner les habitants on y voit le terme « roussine », au pluriel « rousskié », et comme substantif collectif le mot « rouss ». Le mot « rouss » y est employé dans un sens ethnique dix-huit fois, et dans un sens territorial cinq fois.
                Un traité semblable est conclu en 944 par le prince Igor. On y trouve les mêmes termes.
                En 1006 un missionnaire allemand est envoyé chez saint Vladimir. Dans sa lettre à l’empereur Henri II, il parle de saint Vladimir en l’appelant « Senior Ruzorum ».
                Le premier code composé à Kiev porte le nom de Rousskaïa Pravda.
                En 1075, un document du pape Grégoire VII appelle Iziaslav, fils de Iaroslav Ier, « Rex Ruscorum ».
                On peut multiplier les exemples.

                « okraïna » ou « ukraïna » veut dire « ce qui est à la périphérie, aux confins, à la région frontière, à la bordure » (du mot « kraï » qui veut dire bord).

                Sur quoi les « historiens » nationalistes ukrainiens se sont appuyés pour falsifier l’histoire ? Sur deux passages tirés des chroniques de Kiev et de Galitch.
                Je cite le passage concernant l’année 1187 :
                « L’Ukraine pleurait la mort du prince Vladimir Glebovitch. »
                L’arnaque consiste à transformer le substantif (ou nom commun) ukraïna, qui veut dire « région frontière », en nom propre. La principauté du prince Glebovitch se trouvait entre le fleuve Dniepr et la steppe des nomades, elle était la dernière principauté frontière, et les nomades avaient conquis sa partie orientale.
                Le terme « ukraïna » servait à désigner toutes les régions frontière, pas uniquement celles qui se trouvaient dans l’Ukraine actuelle. En 1625, à Valiouïki (au sud de Voronej) on écrit qu’on s’attend à « la venue des Tartares contre nos ukraines » ! Les villes sibériennes s’appelaient jadis ukrainiennes !

                Autre falsification : le mot « ruteni » ou « rutheni », qui n’est que la forme latine de « russeni », servait à désigner les Russes en général. En aucune façon il ne servait à désigner une ethnie particulière en Ukraine méridionale. Ils s’appelaient eux-mêmes « Russes », « Russini », « Petits-Russes », on trouve même le nom « Russniaki » dans la partie hongroise.
                Depuis la moitié du XIXe siècle, ce mot fut utilisé par la propagande austro-allemande pour détruire chez les Galiciens russes la conscience de leur appartenance au peuple russe. On leur a fait un lavage de cerveau en leur disant que là-bas ce sont des Russes mais vous, vous êtes des Ruthènes. On a modifié des lettres de l’alphabet pour créer une langue distincte. Le but était d’arracher à la Russie sa partie méridionale. Ils ont presque réussi lors de la première guerre mondiale. La suite, on la connaît : Hitler venait soi-disant libérer les « Ukrainiens ». Puis les bolcheviks ont créé artificiellement l’État ukrainien pour avoir une république supplémentaire.


              • yakafokon 11 août 17:30

                @Daruma
                Un grand bravo à vous, pour ce cours d’Histoire magistral !
                Comme tout ce qui est précis et étayé par des preuves, c’est un peu difficile à comprendre, mais ça a le mérite d’être clair.
                Félicitation pour vos recherches !


              • samy Levrai samy Levrai 10 août 22:39

                Salut christelle,

                Stratpol dit que Ze t’honore de son courroux , c’est quoi au juste ? 


                • Christelle Néant Christelle Néant 11 août 17:21

                  @samy Levrai
                  Zelensky vient de me mettre sur la liste des personnes sanctionnées par l’Ukraine pour trois ans (Porochenko avait fait la même chose à mon encontre en son temps), pour le fait que je travaille pour l’agence DONi, alors que celle-ci n’existe plus depuis trois ans (d’où la création de Donbass Insider). Sans parler des multiples fautes d’orthographe dans mon nom tant en cyrillique qu’en alphabet latin.


                • skirlet 23 août 17:13

                  @Christelle Néant
                  Ah, que faire, que faire ?.. Toi qui rêvais d’aller visiter la grande Ukraine, admirer ce pays florissant... smiley


                • Christelle Néant Christelle Néant 23 août 20:38

                  @skirlet
                  [ironie ON]

                  Aller regarder les néo-nazis ukrainiens défiler avec une crampe au bras droit c’est sûr que ca va me manquer... [ironie OFF] smiley smiley smiley


                • Krokodilo Krokodilo 11 août 11:57

                  pareil : bravo pour vos articles détaillés, précieuse source pour qui veut suivre en français le conflit du Donbass, avec souvent les déclarations précises des uns et des autres, toutes choses malheureusement introuvables dans nos médias traditionnels... D’ailleurs, beaucoup n’ont même plus les moyens de faire du journalisme, ils se contentent de débats (sans contradicteurs, bien sûr...), de commentaires et d’éditoriaux qu’on peut écrire dans un café parisien ! Et au passage, vous redorez le blason d’AVox...


                  • Christelle Néant Christelle Néant 11 août 17:23

                    @Krokodilo
                    Merci pour ces compliments, ca me touche beaucoup.


                  • nemesis 15 août 11:42

                    Partition de l’Ukraine ??? !!!

                    Yzon intérêt à faire fissa...parce que... au rythme où ça va.... bientôt tous les continents seront envahis par... les océans et on pourra plus distinguer les frontières...


                    • babelouest babelouest 16 août 05:29

                      Christelle Néant, merci mille fois, pour ce cours magnifique, et pour les commentaires très pertinents qui en sont issus. Nous autres pauvres moujiks des bords de l’océan (personnellement selon mes recherches, je serais descendant des colliberts, ces réprouvés qui, vers les VIIe à Xe siècles, survivaient dans les îles du golfe des Pictons en comblement), pouvons difficilement savoir comment se combinent les populations du côté du Don. Cependant, je pense qu’entre un vrai paysan russe, et un vrai paysan comme j’en ai connus il y a 60-70 ans, à part la langue les différences doivent être minces, non ? En revanche, je ne sais pas quelles langues vernaculaires ils peuvent, ou pouvaient, utiliser.

                      .

                      Cela me rappelle un ami maintenant décédé, né sur les bords du canal de Suez, et qui avec ses copains français ou égyptiens parlait une sorte de sabir, mélange d’arabe local, de quelques mots de français, d’autres d’italien.... et qui tenta de parler au moyen de ce dialecte avec les habitants de la Kasbah d’Alger : il y avait été envoyé « en coopération » alors qu’il était trop jeune pour être incorporé. Il a été fort bien reçu, mais les gens du coin ne le comprenaient pas, et lui ne comprenait pas « leur » arabe. Ils se sont parlé..... en français.

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