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Lapid aux EAU  : nouveau pas vers le but

Bien que la visite du ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid aux EAU constitue un saut qualitatif dans le processus d’établissement de véritables relations officielles entre les deux pays. Cette visite a vu l’ouverture de l’ambassade d’Israël à Abu Dhabi et d’un consulat à Dubaï. Ça implique aussi de nombreuses connotations importantes.

Notamment, ça met l’accent sur les relations «  institutionnelles  » entre les EAU et Israël. Les allégations de certains ont été réfutées, selon lesquelles ces relations auraient décliné à la suite du changement de gouvernement israélien et du passage de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu aux sièges de l’opposition.

La décision de normaliser les relations ne visait pas une personne, mais un pays avec lequel les intérêts stratégiques des EAU convergent. Ainsi, cette décision ne se résume pas à des séances de photos et à l’enregistrement de positions politiques.

Elle se base sur une vision stratégique précise des deux pays pour promouvoir la coopération et réaliser des intérêts communs indépendamment de qui est au pouvoir en Israël. Les dirigeants et les gouvernements changent en fonction de la volonté et des choix de l’électeur israélien. Il s’agit donc d’accords avec des États et non avec des personnes ou des partis spécifiques.

La plupart des rapports médiatiques que j’ai vus sur la visite la décrivent comme «  historique.  » Cette visite témoigne d’un tournant qualitatif symbolique important dans les relations d’Israël avec le monde arabe. M. Lapid est le premier ministre des affaires étrangères israélien à se rendre aux EAU.

Le facteur temps a donné à la visite une importance exceptionnelle  ; elle fait suite à la récente flambée de violence à Gaza entre Israël et les Palestiniens. Certains observateurs ont déclaré que ces événements constituaient un test difficile pour l’accord de normalisation des relations signé il y a plusieurs mois entre les EAU et Israël.

D’autres, qu’ils représentaient un «  arrêt de mort  » pour cette normalisation, sans fournir de justifications rationnelles convaincantes pour leurs prédictions. La visite est venue prouver que les deux parties, les Émirats arabes unis et Israël, pensent aux relations bilatérales au niveau stratégique à long terme.

Ils ne veulent pas tomber dans le piège des dérogations politiques ou laisser les sloganistes se mêler de leurs intérêts communs.

Ils ne veulent pas non plus se soumettre aux pressions propagandistes exercées par certaines parties qui se nourrissent du chaos régional chronique comme climat approprié pour réaliser leurs plans sans tenir compte du besoin des sociétés de sécurité, de stabilité et de paix.

Depuis l’annonce de l’établissement de relations avec Israël, les EAU ont insisté qu’il n’y a aucun conflit entre ces relations et leur position en faveur des droits légitimes du peuple palestinien. La normalisation dès le début n’était pas un slogan éphémère soumis à l’atmosphère politique et sécuritaire dans notre région. Il s’agit d’accords de coopération bilatérale dans différents domaines.

Des partenariats, des accords et des arrangements économiques, scientifiques, commerciaux et touristiques qui ne peuvent être pris en otage par d’autres questions. C’est la caractéristique des relations internationales stables et permanentes.

Les tensions occasionnelles entre certains États régionaux n’ont pas empêché la continuité des relations commerciales et la mise en œuvre des accords de coopération signés entre eux. D’autant plus que l’accord établissant les relations entre les Émirats arabes unis et Israël a été signé dans un climat de tensions régionales et a été critiqué par certaines parties.

Tout ça fortifie ces relations et les préserve des effets des tensions. Les EAU, pour leur part, ne considèrent aucune question sous un angle étroit. C’est un État doté d’une capacité exceptionnelle à construire des visions globales et larges de n’importe quel dossier régional.

Sans ces capacités, les EAU n’auraient pas pris la position stratégique régionale et internationale à laquelle ils se sont hissés. Il en est de même pour les relations avec Israël. Elles ne se limitent pas aux périodes de violence et de tension.

Elles font l’objet d’une évaluation stratégique à long terme. Une évaluation qui tient compte de toutes les variables liées à ce dossier vital, à l’échelle régionale et internationale. Dès lors, on peut comprendre l’approche des EAU à l’égard de ces relations.

Le plus frappant dans la visite du ministre israélien aux Émirats arabes unis est que le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré que «  les accords de normalisation n’aboutiront pas et ne permettront pas d’instaurer la paix dans la région.  » Il ne suit peut-être pas bien les réalités des choses et la façon dont elles se déroulent sur le terrain.

Les EAU n’ont jamais dit qu’un accord pour établir des relations avec Israël apporterait la paix au Moyen-Orient. Ce n’est tout simplement pas dans les mains des EAU. Les clés de la solution sont entre les mains des siens. Le parti de la cause. C’est le peuple palestinien, dont l’UAE a toujours affirmé les droits légitimes. Son rôle est limité à la recherche d’un règlement politique, à la création de moyens pour y parvenir et à l’incitation des deux parties à s’engager dans cette voie.

Quant à la question du succès ou de l’échec de ces accords, les chiffres disent que les EAU et Israël ont signé le 12e accord entre eux depuis l’annonce de l’établissement des relations. Confirmation que les choses se passent comme prévu pour les deux pays.

Les dirigeants palestiniens feraient mieux de trouver des alternatives innovantes pour sortir la question de l’impasse et trouver des solutions qui répondent aux aspirations du peuple palestinien à vivre dans la sécurité et la paix, plutôt que de poursuivre les tensions et les conflits. Surtout maintenant que l’administration américaine est ouverte aux vues palestiniennes.


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4 réactions à cet article    


  • Docteur Faustroll Lampion 8 juillet 17:08

     Quand Israël s’abaisse, c’est jusqu’au sable ; quand elle s’élève, c’est jusqu’aux étoiles. 
    Proverbe juif - Les proverbes de la sagesse juive (2015)

    Les EAU, c’est plutôt côté sable, non ?


    • sylvain sylvain 8 juillet 17:54

      disons que vu sa drole de position dans le monde arabe, les EAU comme l’arabie saoudite ont besoins du soutien des occidentaux pour ne pas se faire manger


      • Docteur Faustroll Lampion 8 juillet 18:59

        @sylvain

        et tant que les occidentaux auront besoin de leur pétrole (tant qu’ils auront du pétrole), ça n’est pas un « soutien » qui leur est acquis mais carrément une inclusion...


      • Jonas 10 juillet 09:05

        Pourquoi l’auteur qui connaît bien la géopolitique de la région , ne fait pas une distinction ,entre Gaza , sous l’autorité du gouvernement des « Frères musulmans du Hamas et la Cisjordanie sous celle Fatah ? 

        Pourtant depuis le coup d’Etat sanglant du Hamas de 2007 , Gaza est autonome et contrôlée par le Hamas.

        Quoi qu’on dise , il y a bien deux entités palestiniennes ennemies qui partagent les territoires dits palestiniens. 

        La preuve le président de l’OLP issu du Fatah , ,Mahmoud Abbas , qui contrôle la Cisjordanie est interdit de séjour à Gaza . Il peut se rendre dans presque toutes les capitales du monde sauf à Gaza dirigée par les » Frères musulmans « du Hamas 

        En 2018, pour la première fois un Premier ministre du Fatah , Rami Hamdallah se rendant a Gaza , a échappé de justesse à un attentat et doit faire demi-tour. Attentat que Mahmoud Abbas du Fatah , qualifie de » lâche" et l’attribue au Hamas. 

        Donc , il faut séparer les deux entités palestiniennes qui n’ont pas le même projet et ne parlent pas d’une même voix. Comme on le fait pour les deux Chypre , celle du nord occupée par la Turquie depuis 1974 , et celle du Sud, qui fait partie de l’Union européenne.

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