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Accueil du site > Actualités > International > Le 6 avril 1994 : un détail de l’Histoire ?

Le 6 avril 1994 : un détail de l’Histoire ?

Ce 06 avril 2017 il y a eu tout juste 23 ans que le Falcon 50 de la présidence rwandaise était abattu par deux tirs de missiles, assassinant Habyarimana, président du Rwanda et Ntaryamira, président du Burundi, leurs suites et l'équipage. Il est unanimement(1) reconnu que cet attentat a été l'étincelle qui a initialisé le génocide rwandais. La commémoration de cet acte terroriste est passée inaperçue compte tenu que la symbolique du chiffre 23 ne vaut, pas plus qu'une autre d'ailleurs, qu'on s'attarde à ces détails-là de l'histoire (comme le chiffre de "27" des 27 ans que l'Ouganda de Musévéni a "envahi" le Rwanda, premier de tous les crimes : le crime contre la Paix le 01 octobre 1990,).....Il n'empêche que depuis 23 ans, personne ne sait qui a commis cet attentat. "De plus", de moins en moins de gens s'en souvienne et beaucoup ne s'en soucie plus du tout....

Cependant, depuis avril 1994, dans cette région, chaque fois que des situations de guerre (M23) et des incidents violents (disparitions et attentats) surviennent, que des actes délictueux (pillage du coltan et des diamants) sont dénoncés, que des assassinats (pou enlèvements) sont commis, que des coïncidences étonnantes (accidents improbables) et mystérieuses (suicides impossibles) se révèlent et que, chaque fois, il ne peut être démontré qui en sont les auteurs, les fauteurs, les commissionnaires (sauf, hors de tout doute raisonnable, le dictateur Kagamé lui-même et ses complices US-GB-Belgo-Canadiens), les accusations de "populisme", de "conspirationnisme", "complotisme", "négationnisme", de "révisionnisme" d'"anti-sionisme" et d'"anti-sémitisme" sont relancées et fusent à qui mieux mieux, à l'encontre de ceux qui osent poser des "questions". Un nouveau génocide est annoncé, ce qui fait taire tout esprit critique et qui interdit toutes autres questionnements telles que les "5W anglophones" : "Who ? ; What ? ; When ?, Where ? ; Why ?". Et surtout, il est défendu d'ajouter à chaque "W", le "How ?" (qui est le plus important(2)).... Le "Plus jamais ça !" est une fois de plus bradé comme un vaccin périmé, brandi comme le sont les fausses bannières, une arme prophétique de dissuasion massive.....pour étouffer toute velléité de réflexion.

Une tentative d'exercice, même partielle, quant aux sujets et aux "questions 5W +H " appliquée à quelques "cas" (sur les milliers qui peuvent être répertoriés) est cependant intéressante à aborder à l'occasion cette date anniversaire. Quelques exemples :
1 - Bill Clinton, annonce le 6 octobre 1993, sa décision de fixer la date d'achèvement du retrait des troupes US de Somalie à 6 mois, soit le 6 avril 1994. Au Pentagone, l'avis était d'achever ce retrait plus tôt. L''attentat sur le Falcon 50 de la présidence rwandaise aura lieu ce même 06 avril 1994(3)
2 - L'assassinat du président Ndadaye du Burundi a lieu le 21 octobre 1993 (le premier Hutu à être élu démocratiquement 100 jours auparavant), alors que la présence de Kagamé, la veille, à Bujumbura (Burundi) est avérée. Il était notoire que si Ndadaye ne partageait pas toutes les positions d'Habyarimana, il aurait cependant refusé la présence de troupes US au Burundi.
3 - La rencontre de David Rawson(4) avec Kagamé le 06 janvier 1994 à Kigali (la veille de la présentation de ses lettres de créance au Président rwandais en tant qu'Ambassadeur US à Kigali, successeur de Robert Flaten) dans la résidence de l'Ambassadeur de Belgique au Rwanda, laisse perplexe quant au contenu de l'entretien.
4 - Lors de la visite du Général Shalikashvili(5) à l'USS Peleliu(6) en rade de Mogadishio, le 12 mars 1994 celui-ci annonce le report du départ du Peleliu des eaux somaliennes de quelques 6 semaines. L'attentat contre le Falcon 50 se "produit" le 6 avril 1994 (trois semaines plus tard)
5 - La présence attestée des troupes américaines de Stuttgart (Africom - RFA) à Bujumbura plusieurs jours avant l'attentat du 6 avril 94, suivant Colette Braeckman(7) et Johan Swinnen(8), ne semble n'interpeller personne.
6 - Les arrivées simultanée, le 05 avril 1994 (la veille de l'attentat) à Kigali de Vukovic (premier attaché militaire de l'Ambassade US à Kigali avec résidence au Cameroun "chargé" de l'évacuation des ressortissants américains) et de Roger Winter (CIA) à Mulindi, chez Paul Kagamé, au quartier général du FPR à la frontière ougandaise, sont sans doute des purs hasards.
7 - La mystérieuse mission dans l'Akagéra du lieutenant Lotin du Peloton Mortier de la Minuar, le 06 avril 1994, jour de l'attentat qui n'a jamais reçu aucune explication, à l'indifférence générale, même celle du Général Dallaire et de Louise Arbour.
8 - L'annonce le 07 avril 1994, vers 8 h sur RFI de "la mort de trois observateurs belges de la Minuar tombés dans une embuscade sur la route de l'aéroport", par Madeleine Mukamabano (Cfr 10 ci-après). Cette dernière s'est révélée être probablement un agent du FPR, et aussi particulièrement proche du couple Ockrent - Kouchner.
9 - L'arrivée de la 113 MEU venant de Somalie à Bujumbura (USS Peleliu - cfr 4 ci-dessus) dès le 7 avril 1994 (impliquant un départ avant le 06 avril de Mogadishio !)
10 - La confusion sur le nombre de casques bleus belges tombés entre le 6 avril dans la nuit et le 7 avril vers midi (entre 10 et 13 !!!)

Depuis cette époque (trop proche de la catastrophe) beaucoup d'autres cas, beaucoup d'exemples de situations plus récentes, interpellent et doivent être évoquées.
1 - L'absence d'analyses ADN sur les dépouilles mortelles des 10 casques bleus belges en vue des identifications, compte tenu des confusions citées plus haut est étonnante.
2 - La "disparition" de l'appareil photographique d'un des dix casques bleus belges assassinés au Camp Kigali ; il était un de ceux qui avaient participé à la "Mission Akagéra" (cfr 7 ci-desssu), aurait-elle favorisé le "camouflage" de la nature de la mission du Lieutenant Lotin ?
3 - La livraison par l'US Air Force, entre le 10 et le 19 avril 1994, à l'aéroport de Kigali de deux blindés M-113 que les hommes de la Minuar doivent "déguiser" en véhicule ONU(9). étonnante "initiative" américaine, alors qu'"aucun" avion n'atterrit plus à l'aéroport de Kigali sous le feu des combats.
4 - La révélation par Samantha Power de la présence dans les tous premiers jours du génocide de quelques 2 douzaines de Forces Spéciales à Kigali en mission de reconnaissance d'une journée : d'où viennent ces hommes, qui sont-ils, quelle est leur mission ? (10)
5 - De l'expression même de Roméo Dallaire (11) et de son caractère prophétique : ... je me demandais "si la campagne et le génocide n'avaient pas été orchestrés pour un retour du Rwanda au statut quo d'avant 1959 époque à laquelle les Tutsi dirigeaient tout. Les extrémistes hutus avaient-ils été plus dupes que je ne l'avais moi-même été", on ne peut absolument plus invoquer, actuellement, une "dérive autoritaire" du régime de Kigali.
6 - Les faits troublants liés aux diverses péripéties du TPIR :
  Louise Arbour , choisie comme Procureur Général en remplacement de Richard Goldstone (12), par Madeleine Albright, suite à un "unusual" entretien secret (13) avec cette dernière, demande à son enquêteur Michael Hourigan, en 1997 (14) de détruire son rapport mettant Kagamé en cause dans l'attentat du 6 avril 1994. Louise Arbour reconnaît actuellement qu'elle "savait".(15)
  Carla Del Ponte a dit que si c'était Kagamé qui avait fait abattre le Falcon 50, l'"histoire du génocide devait être revue". Elle a ajouté que ce serait démoniaque de la part de Kagamé d'avoir sacrifié les Tutsis de l'intérieur du Rwanda, en ajoutant sur un ton sarcastique : ...Mais le diable existe peut être (16), en faisant allusion au livre de Dallaire (qui n'a jamais précisé si la main qu'il avait serrée était celle d'Habyrimana ou de Kagamé).
  Carla Del Ponte a été écarté du TPIR, en 2003, par Kofi Annan (17),agissant sur injonction de Paul Kagamé représenté par Gérald Gahima(18) en présence de Pierre Richard Prosper(19).
  Elle est remplacée par Hassan Bubacar Jallow (20) qui n'a pas fait ce qu'il avait promis à propos des poursuites de tous les acteurs impliqués dans le Génocide.
7 - Tous les journalistes qui investiguent sur le génocide sont sous la menace d'assassinat par des tueurs envoyés dans les ambassades rwandaises des pays où ils sont de passage.(21)
8 - En octobre 2008 la "rocambolesque fuite" en Allemagne de Rose Kabuyé, son "rattrapage" par Kagamé, en personne, jusque dans sa prion de Francfort, l'affichage de son amitié avec Bernard Kouchner, son retour triomphal à Kigali et sa descente inexpliquée aux enfers des geôles rwandaises n'attirent l'attention de personne.
9 - La simagrée de l'arrestation à Londres en juin 2015 de Karenzi Karake tient du même scénario et du "langage codé très particulier" des membres de l'Akazu de Kagamé. Ce qui a permis de mettre en évidence les liens de cette cour avec le clan de Blair, dont la très catholique épouse, Cherie, a été l'avocate de celui qui était surnommé KK. Le Premier Ministre d'Angleterre ne pouvant pas être catholique Tony Blaire, Anglican, a attendu de ne plus être Premier Ministre pour se convertir au catholicisme. Peut-être accédera-t-il de la sorte au poste de Conseiller auprès de la Banque du Vatican et passer des "deals" avec Kagamé le Visionnaire (Sic Tony Blair)...Le Visionnaire récemment reçu par le pape François !!!!

Détail de l'histoire ? Mais le diable, même au Vatican, n'est-il pas dans les détails ?

(1) Boutros Boutros Ghali ; Willy Claes, Louise Arbourg, Carla Del Ponte, Khoffi Hannan, Bill Clinton et Hilary, etc., etc....
(2) "Et c'est dans le comment que réside toute la différence" Hofmmansthal
(3) https://rha.revues.org/7214
Le 25 mars 1994, l’armée américaine a quitté la Somalie, à l’exception de quelques Marines chargés d’assurer, si le besoin s’en faisait sentir, le retrait des derniers civils et conseillers militaires, restés sur place
(4) David Rawson, fils d'un missionnaire protestant oeuvrant au Burundi avant l'indépendance ; après ses études au USA revient au Burundi membre du personnel de l'Ambassade US à Bujumbura ; Il fut membre de la délégation US aux négociations de paix d'Arusha, membre notoire de la CIA, et ambassadeur des USA à Kigali depuis janvier 1994.Interdit de séjour au Rwanda depuis 2010 !!!! (? ??).
(5) Chairman of the US Joint Chiefs of Staff du Cabinet Clinton.
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/USS_Peleliu_(LHA-5)
(7) In "Le carnet "de Colette Braeckman 9 avril 2012
(8) In "Rwanda Mijn Verhaal" Pp 536 - J. Swinnen (Ambassadeur de Belgique au Rwanda)
(9) In "Rwanda 7 avril 1994 : 10 commandos vont mourir" André Goffin. P 148
(10) In "A problem from Hell" p 354
(11) In "J'ai serré la main du Diable" Dallaire p 588.(publié septembre 2003) A moins que cette réflexion n'ait été "ajoutée" par la "Ghost Writer", Sian Cansfield, "suicidée" en juin 2002 (?). Celle-ci avait aussi, auparavant, été la Ghost Writer de Carol Off pour "The Lion, The Fox, The Eagle" pour la partie concernant Louise Arbour (cfr point 6 ci-dessus)
(12) Entre autres titres honorifiques : "Governor" de l’Université hébraïque de Jérusalem et membre du comité directeur d'Human Rights Watch
(13) In The Lion, The Fox, The Eagle" Carol Off : p 287 :"You'llhave to be very tough"
(14)http://www.globalresearch.ca/evidence-of-kagames-crimes-suppressed-by-chief-rwanda-prosecutor-louise-arbour-testimony-of-michael-andrew-hourigan/5377200
(15)http://www.theglobeandmail.com/news/world/kagame-government-supporters-complicated-un-efforts-to-investigate-crimes/article32524359
(16) https://www.youtube.com/watch?v=mzSGKIF2rYs
(17) En 1993 sous-secrétaire général de Boutros Boutros-Ghali. SG de l'ONU le 1er janvier 1997
(18) Gerald Gahima Procureur Général de la République Rwandaise. En fuite. En exile probablement aux USA depuis 2011 semble-t-il. Condamné au Rwanda par le régime à 20 ans de Prison.
(19) Ambassadeur de Washington à l'ONU pour les droits de l'homme. Avocat de Kagame
(20) Dans sa lettre du 11 janvier 2005 adressée au procureur du TPIR, le gambien Hassan Bubacar Jallow, le Professeur Filip Reyntjens déclare : « je ne pourrai, ainsi, pas coopérer avec le bureau du procureur, avant que le premier suspect du FPR n’ait été mis en accusation ». M. Reyntjens coopèrait depuis 1995 avec le TPIR, et le procureur l'avait cité à plusieurs reprises comme "témoin expert".
(21) Cas de Judi Rever, journaliste Canadienne, en Belgique en 2015.
http://www.rtl.be/info/monde/international/menacee-par-des-agents-rwandais-une-journaliste-canadienne-a-beneficie-de-la-protection-de-la-surete-de-l-etat-en-belgique-745142.aspx

 


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12 réactions à cet article    


  • Arcane Arcane 8 avril 10:37

    On pourrait rajouter un autre point à cette liste :

    • Le 6 avril 1994, comme d’ordinaire, quatre fois par semaine vers 19 h 30, entre un quart d’heure et une demi-heure, De Grossouvre voit le président François Mitterrand11,12.

      Le lendemain matin, le 7 avril 1994, De Grossouvre apprend dans son bureau au premier étage de l’aile Ouest du palais de l’Élysée, l’attentat contre le président rwandais Habyarimana et s’écrie : « Les cons, ils n’ont pas fait ça !  »13.

    • Le soir même il se « suicide » à l’Elysée !

    • Bertrand Loubard 8 avril 15:50

      @Arcane
      Merci du commentaire. Effectivement ce suicide est étrange. De plus, il semblerait qu’il y en ait eu d’autres dans l’entourage de Mitterrand. Dans ce cas précis il a été rapporté dans la presse que l’arme de la mort de De Grossouvre n’était pas son révolver (?) Mais qui pourrait citer le nom de « celui » qui a rapporté cette « information » et les dires selon lesquels « on » a entendu dire qu’il" aurait dit : "Les cons, ils n’ont pas fait ça  !« De même à propos du »Un génocide, dans ces pays là, ce n’est pas très important » de Mitterrand, je crois aussi difficilement qu’il se soit confié en ces termes à Patrick de Saint-Exupéry qui les rapportent deux ans après la mort de Mitterrand (? ??). Je n’ai pas pu trouver de réponses à ces questions et je serais intéressé d’avoir des informations.


    • foufouille foufouille 8 avril 11:33

      c’est de la faute aux machettes.


      • Bertrand Loubard 8 avril 16:03

        @foufouille
        Merci pour le commentaire....

        D’après Samantha Power, les « Marines » envoyés à Kigali dans les premiers jours du génocide, pour une mission de reconnaissance d’un jour, ont vu les génocidaires utiliser des machettes faites à partir de lames de ressorts de voitures ....Comment ont-ils pu connaître cette origine des machettes en une journée de reconnaissance ?


      • foufouille foufouille 8 avril 16:52

        @Bertrand Loubard
        ce que l’on sait est que de nombreuses personnes se sont fait massacrer par des machettes magiques tenues par personne.
        il est bien évident que la machette artisanale magique ne se voit pas en une journée. elle est invisible.


      • Harry Stotte Harry Stotte 8 avril 11:42

        « Détail de l’histoire ou pas ? ,Dur à dire. »



        En tout cas, Mitterrand disait qu’ « Un génocide, dans ces pays là, ce n’est pas très important » Le Figaro du 12/01/1998

        • Bertrand Loubard 8 avril 15:53

          @Harry Stotte
          A propos du : »Un génocide, dans ces pays là, ce n’est pas très important" de Mitterrand, je crois difficilement qu’il se soit confié en ces termes à Patrick de Saint-Exupéry qui les rapportent deux ans après la mort de Mitterrand (? ??).


        • Harry Stotte Harry Stotte 8 avril 17:58

          @Bertrand Loubard


          « ...je crois difficilement qu’il se soit confié en ces termes à Patrick de Saint-Exupéry. »


          Patrick de Saint-Exupéry a dit qu’il avait surpris le propos, jamais que Mitterrand l’avait tenu à son intention. 


          Ce que je constate, c’est qu’il l’a mis en exergue de son livre La fantaisie des Dieux - Rwanda 1994, et que personne ne l’a démenti, mais aussi qu’il figure dans Wikipedia, et que personne ne l’a corrigé. 

        • Bertrand Loubard 8 avril 22:36

          @Harry Stotte
          Merci des précisions. Dans certains cas, la stratégie et la structure de la « propagande de guerre » (suivant Michel Collon) se base sur l’oubli, par le « destinataire - récepteur » du message, que le contenu de celui-ci n’a de prégnance que par le crédit de l’auteur de l« ’émission »...mais donc in fine que par la crédibilité que le récepteur, lui même, présuppose et accorde à « celui qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours »...Il est intéressant de noter qu’un message qui dérange « provoque » une attaque du messager (plutôt que du contenu de son message et de sa vraisemblance), tandis que l’acceptation d’un message « conforme » se base sur le « créance » du messager, « créance » lié généralement à sa « visibilité », au « temps d’antenne qui lui est attribué », à sa « photogénie » et à celle de ses proches..... et surtout (suivant Edwards Bernays) à ce qui est attendu par le destinataire.


        • Paul Leleu 8 avril 22:37

          si je comprends bien, 2 thèses s’affrontent : avec en toile de fond l’accaparement des sous-sols de l’est-Congo qui valent cent fois ceux d’Arabie Saoudite (minerais rares et uniques). 


          - la France associée au pouvoir Hutu, ne mesure pas la monté des éléments les plus radicaux à l’intérieur du camp Hutu... Les radicaux Hutu assassinnent le Président (hutu trop « modéré ») Habyarimana pour éviter de voir les Tutsis revenir dans le jeu politique à cause des accords d’Arusha. La France qui a peur de perdre ses positions stratégiques dans la région tarde à réagir et à mettre fin au massacre. Finalement, la France doit se résoudre à mettre fin au génocide, et ne peut pas empêcher le FPR Tutsi de prendre le pouvoir à Kigali. 

          - les Tutsis radicaux de Kagamé en exil au Burundi voient d’un mauvais oeil les accords d’Arusha qui permettraient aux Hutus de rester au pouvoir, tout en faisant certaines concessions aux Tutsis modérés. Kagamé qui a vent de la préparation du génocide de ses frères décide de déclencher l’horreur, afin d’en profiter pour envahir le Rwanda et prendre le pouvoir à Kigali dans le cadre d’une « intervention légitime ». Derrière lui, le « camp anglo-saxon » rêvant de dégager le « camp francophone » de la région des grands lacs, pour s’accaparer les ressources. 


          Moi j’ai toujours cru plutôt à la première hypothèse (ce qui ne fait pas de Kagamé un saint ni un démocrate). Parce-que le scénario n°2 était quand même hyper risqué stratégiquement, et sordide humainement. Maintenant, on apprendra peut-être des choses dans l’avenir. Je reste attentif aux nouveaux éléments. 

          Dans tous les cas, c’est une histoire immonde. Les grandes puissances et leurs alliés locaux (hutus ou tutsis) se sont comporté de manière immonde. Tout cela pour s’accaparer les ressources de l’est-congo (et le business actuel des métaux rares via le Rwanda de Kagamé est immonde). D’ailleurs, en 1997 Kabila remplacera le camp Mobutu au Zaïre. Et entre 1998 et 2006, deux guerres feront plus de 6 millions de morts dans l’indifférence du monde entier. 

          Depuis l’indépendance du Zaïre, les impérialistes commettent des crimes. Ca a commencé avec l’assassinat du premier ministre socialiste Patrice Lumumba en 1961 et la pseudo sécession Katangaise (qui ressemble à l’affaire du Koweit vis-à-vis de l’Irak), où la France et la Belgique étaient mouillées jusqu’aux coudes (y compris par l’intermédiaire des mercenaires de Bob Denard). Puis il y eu le saut de la Légion Etrangère sur Kolwezi en 1978, sois-disant pour sauver les civils, mais surtout pour empêcher des partisans zaïrois et angolais (soutenus par l’URSS) de s’accaparer à leur tour les ressources de cette région. Les exemples sont sans fin. Mais comme il n’y à là-bas ni « musulmans » ni « juifs » alors tout le monde s’en fout. Pourtant en nombre de morts, c’est 10 fois pire. 

          Il ne sera possible de mettre fin à ces tueries (Rwanda, Syrie, etc.) qu’en changeant de modèle de développement. Car l’appropriation des ressources (et des marchés) est motivée par le modèle consumériste et par la concurrence entre les différentes factions capitalistes (et leurs alliés locaux). 

          Il faut sortir du consummérisme et du productivisme. Sortir du capitalisme qui se nourrit de la concurrence et de l’expansion toujours renouvellée. Il faut une gestion mondiale et démocratique des ressources. Il faut refonder un ordre mondial basé sur les intérêts populaires. D’une manière ou d’une autre les peuples du monde devront dépasser leur seule conscience nationale pour comprendre qu’ils sont tous liés par ce système. 


          - pollution de l’écosystème et de l’homme 
          - exploitation ouvrière 
          - Immigration (déplacements massifs de population) 
          - abâtardissement moral (consommation) 
          - nationalisme, sectarisme religieux, militarisme 

          tout cela est entièrement relié. Et debouche sur des horreur comme le génocide au Rwanda. 

          • JC_Lavau JC_Lavau 9 avril 11:06

            @Paul Leleu. Non, cet assassinat multiple a été programmé, voire exécuté par les américains. Dans l’intérêt de leur brigand intermédiaire, Kagamé.


          • Bertrand Loubard 9 avril 13:28

            @Paul Leleu

            Merci de vos commentaires.

            A propos du premier paragraphe et l’exposé des deux thèses j’estime qu’une schématisation aussi bipolarisée ne peut pas approcher assez objectivement la réalité de ce qui s’est passé sur le terrain ces 500 ou 600 dernières années au Rwanda. L’histoire de la région inter lacustre de l’Afrique Centrale est véritablement passionnante. Il est intéressant de relire Jan Van Sinna, Reinarth Bindseil, Luc de Heusch, Richard Kandt, André Coupez, Catharine Newbury, etc., etc. pour mieux cerner la complexité socio - culturelle, économique et politique caractéristique de cette civilisation.....En ce qui concerne l’immédiat (c’est à dire depuis les événements de 1959, et l’indépendance et la deuxième république) il faut se rappeler que le pouvoir Hutu n’a pas a été aussi absolu qu’on le présente actuellement, puisque le « système » des « Mouvements » semblait devoir minimiser les dérives, pendant un certain temps du moins. Même si, au Rwanda, l’application des « quotas » n’était pas une solution soutenable à long terme, elle n’excluait pas l’évolution vers un autre mode de gestion. De même la question des mentions ethniques sur les cartes d’identité ne doit pas être uniquement vue sous l’angle "imposé par les récits conformes actuels" en en négligeant les divers aspects de contexte. A très courts termes il faut se rendre compte que le régime Habyarimana se positionnait dans une attitude qui a provoquer l’« intervention » conduisant au génocide : refus d’une base militaire US dans le Bugesera, établissement de relations diplomatiques avec l’URSS, la Chine et la Corée du Nord. De même vis à vis de l’Eglise Catholique, la nécessité d’aborder la question de l’explosion démographique et du contrôle des naissances avait amené le pouvoir à « aborder la question » d’une manière timide (sans doute) mais réelle. Quand à la présence de Dignitaires de l’Eglise Catholique dans le Mouvement, s’il peut paraître « abusif » ou « anachronique » aux occidentaux, il faudrait que ceux-ci regardent dans l’assiette anglicane pour savoir de quelle religion doit être un premier Ministre en Grande Bretagne et quel est son rôle dans la nomination des Evêques, membres de droit de la Chambre....

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