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Le très intéressant choix des britanniques

Aujourd’hui, les britanniques votent. Dans son dernier numéro, l’ultralibéral The Economist se plaint « du centre manquant  » et du fait que « les chefs des deux principaux partis se soient éloignés d’une vision vieille de décennies d’un pays ouvert et libéral  ». Et si, comme en 1979, où notre voisin avait lancé la vague ultralibérale, il lançait enfin une nouvelle vague politique ?

 

Une gauche de gauche et une droite populaire
 
Le temps de Blair et Cameron semble loin outre-Manche. Le premier représentait sans doute un sommet dans la droitisation de ce qui représentait pourtant théoriquement la gauche politique de son pays, au point de suivre bien docilement Georges Bush dans son aventurisme interventionniste en Afghanistan et en Irak, sans mandat de l’ONU, qui a laissé ses pays en ruine. C’est aussi lui qui a privé le peuple de son pays du contrôle sur la banque centrale et mené une politique qui a produit une explosion des inégalités. Et Cameron n’a mené qu’une variante plus austéritaire et oligarchique de la politique de son prédécesseur. Mais, cela s’était avant le Brexit, et la fin de cette convergence délétère.
 
Il faut croire que ce vote et la sortie future de notre voisin du monstre institutionnel qu’est l’UE ravive sa démocratie, même si cela déplait aux partisans d’une globalisation camisole de nos démocraties. En effet, alors que notre pays voit une forme de convergence eurolibérale prendre le pouvoir, tout en proposant une grande continuité avec les politiques du passé, malgré leur échec et leur impopularité, la scène politique britannique voit s’affronter un parti travailliste et un parti conservateur transformés. Il y a quelques jours, The Economist notait que Theresa May était probablement la plus interventionniste des leaders Tory depuis plus de quarante ans, sur l’économie comme sur l’immigration.
 
Et bien sûr, Jérémy Corbyn a fait oublier Tony Blair en proposant un agenda bien plus interventionniste encore, et notamment un salaire minimum plus élevé. Cette évolution politique est doublement intéressante. D’abord, elle semble indiquer qu’en dehors du cadre juridique de l’UE, un gouvernement, et donc le peuple, a bien plus de liberté démocratique, démontrant par ricochet que l’UE et une camisole serrée pour nos démocraties. Ensuite, comme dans le mouvement inverse il y a quatre décennies, le Royaume-Uni pourrait être la pointe avancée d’un grand retournement des opinions publiques contre la loi de la jungle oligarchique mise en place par nos dirigeants depuis trop longtemps.
 

 

Finalement, la crise de 2008-2009 est peut-être venue un peu trop tôt pour enclencher ce nouveau cycle idéologique que François Lenglet avait décrit dans « La fin de la mondialisation  ». Voilà pourquoi il faut se réjouir d’autant plus de l’évolution politique de notre voisin. Les britanniques pourraient bien avoir enclenché le grand reflux des idées ultralibérales que nous appelons depuis si longtemps.
 

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3 réactions à cet article    


  • JL JL 8 juin 10:17

    Bonjour Laurent Herblay,

     
     pas facile de vous lire : le style et les liens, ça n’aide pas ...
     
     Vous dites : ’’Les britanniques pourraient bien avoir enclenché le grand reflux des idées ultralibérales que nous appelons depuis si longtemps’’
     
     Vous voulez dire « le grand reflux (des idées ...) que nous appelons depuis longtemps » je suppose ?
     
     Pour ma part, je crois au contraire de vous, que les Britanniques ont quitté l’UE parce qu’elle n’est pas assez libérale pour eux. Mais ce n’est que mon point de vue.

    • JP94 9 juin 06:59

      @JL

      L’analyse de LH est bien renseignée. On veut justement nous faire croire, pour mieux masquer la dérive ultralibérale du PS et de ses avatars macroniens, que le Brexit serait lui-même purement une pulsion ultralibérale,, rétrograde etc ... c’est une vue éminemment tronquée, pour nous faire avaler la pilule ultralibérale réelle en marche ici.

      Mais si on observe ce qui se passe dans des bastions travaillistes populaires, on constate qu’il y a une poussée non pas conservatrice, mais travailliste favorable à Jeremy Corbyn, et qui a voté en faveur du Brexit.
      Donc des lieux où on a combattu Thatcher, l’égérie des néo-libéraux, et où la lutte se renouvelle par le Brexit et le rejet des Cameron ( noter que Cameron est le quasi-anagramme de Macron).

    • JL JL 9 juin 11:18

      @JP94, bonjour,
       

       Sur la dérive ultralibérale du PS, je suis d’accord.
       

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