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Massacre d’Odessa, cinq ans après – L’ONU épingle Kiev

Le 2 mai 2014, 48 personnes perdaient la vie à Odessa (d’après les chiffres officiels), dont la plus grande partie dans l’incendie de la maison des syndicats. Cinq ans après, personne n’a été jugé pour ce massacre. Résultat, la Mission de Surveillance des Droits de l’Homme de l’ONU en Ukraine (MSDHU) vient d’épingler Kiev pour le fait de n’avoir pas été capable de mener une enquête efficace et non-biaisée.

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La note résumant la situation a été présentée lors d’une conférence de presse ce matin à Odessa même, par Fiona Frazer, chef de la Mission de Surveillance des Droits de l’Homme de l’ONU en Ukraine.

Le verdict de la Mission de Surveillance des Droits de l’Homme de l’ONU envers les autorités ukrainiennes actuelles est limpide.

« Cinq ans plus tard, il n’y a toujours pas eu de condamnation pour l’assassinat de six personnes et la mort violente de 42 autres. Certaines des procédures pénales engagées après les événements tragiques ont été bloquées au stade de l’enquête préliminaire, tandis que d’autres l’ont été au stade du procès. Cela suggère un manque d’intérêt réel de la part des autorités [ukrainiennes NDLR] à assurer la justice pour les victimes et la condamnation des auteurs de crimes. La MSDHU craint que les enquêtes policières sur les affrontements dans le centre-ville et l’incendie à la maison des syndicats ne répondent pas aux critères d’indépendance et d’impartialité, étant donné les allégations de complicité des forces de police dans cette affaire. »

Personnellement, je ne comprends pas pourquoi les 42 personnes mortes dans l’incendie de la maison du syndicat sont juste classés en morts violentes. Les vidéos prises ce jour là montrent clairement une volonté de tuer de la part des pro-Maïdan. Ces personnes ont bel et bien été assassinées.

Madame Frazer se focalise ensuite rapidement sur des accusés de second ordre (comme le chef des pompiers qui ne sont pas intervenus assez vite, ou de la police qui s’est tournée les pouces au lieu de faire son travail) et passe très vite sur un fait pourtant important.

« Dans le même temps, cinq ans après l’incendie à la maison des syndicats, la police n’a pas réussi à identifier les responsables de l’incendie. Selon la police et le Bureau du Procureur général, les principaux obstacles aux enquêtes sont la difficulté d’identifier tous les individus impliqués dans les affrontements »

Pourtant il y a bien assez de vidéos prises ce jour là et assez de logiciels de reconnaissance faciale pour être capable d’identifier un nombre significatif de personnes impliquées dans l’incendie de la maison des syndicats ! Un fait que madame Frazer ne relève pas.

On en voit un échantillon, dans le documentaire de Paul Moreira, « Ukraine – Les masques de la révolution  » (à partir de 27 minutes 55 environ) :

Y compris des responsables. Des gens qui ont organisé ce massacre. Pourquoi madame Frazer ne souligne-t-elle pas ce point pourtant majeur ? Il y a assez d’images (et même des aveux de certains responsables) pour inculper des dizaines de personnes qui ont pris d’assaut et incendié la maison des syndicats, ou qui ont ordonné ce massacre.

Elle peut bien conclure ensuite que « la MSDHU note avec préoccupation que les autorités [ukrainiennes NDLR] n’ont pas fait le nécessaire pour que des enquêtes et des poursuites rapides, indépendantes et impartiales soient menées sur les meurtres et les morts violentes commis lors des violences du 2 mai  », elle occulte les faits les plus graves.

À savoir que l’excuse du Procureur général selon laquelle il est difficile d’identifier les auteurs du massacre ne tient absolument pas la route au vu des éléments disponibles publiquement en ligne !

Il suffit de regarder les vidéos prises ce jour-là (qui sont disponibles sur Internet), et de faire tourner un logiciel de reconnaissance faciale pour identifier les auteurs ! Ces logiciels sont assez au point pour être utilisés dans des aéroports américains comme système de contrôle d’identité !

Cette excuse bidon sert à cacher le fait que Kiev ne veut absolument pas enquêter sur ce massacre commis par des groupes ultra-nationalistes ou néo-nazis sur lesquels le gouvernement actuel s’est basé pour asseoir son pouvoir, et qui ont des ramifications jusqu’au parlement et au gouvernement ukrainiens !

Pareil pour les sponsors occidentaux de Kiev, comme l’a souligné le ministère russe des Affaires étrangères.

«  Il n’est évidemment pas avantageux pour eux d’admettre qu’ils soutiennent ces forces à la tête du pays, dont les bras sont couverts de sang jusqu’aux coudes. Au lieu d’exiger des autorités ukrainiennes qu’elles trouvent et punissent les responsables de crimes cruels à la maison des syndicats, nous avons entendu ces cinq dernières années les partenaires occidentaux se contenter de délibérations sur la nature démocratique de leurs protégés,  » indique le document du ministère.

Et c’est exactement ce qu’on observe dans le rapport de l’ONU malheureusement. Et pendant que la Russie veut soulever la question de l’enquête sur le massacre d’Odessa auprès de l’OSCE, des personnes ont lancé une pétition en ligne demandant à l’ONU de mener l’enquête puisque Kiev n’en est pas capable.

Mais au vu du contenu partial et partiel de la note de madame Frazer, et du biais permanent des pays occidentaux face aux crimes commis contre les russophones et les Russes ethniques en Ukraine, je ne suis pas sûre que cela changera grand-chose au résultat.

La déclaration de la MSDHU est un bon début de dénonciation du problème, mais elle est insuffisante à cause du fait que madame Frazer ne va pas jusqu’au bout de la démarche et occulte des faits qui dérangent la version officielle de Kiev.

Le jour où l’ONU appellera un chat, un chat, on pourra lui demander d’enquêter sérieusement sur tous les crimes du régime ukrainien post-Maïdan, y compris le massacre d’Odessa. En attendant, cela ne mènerait qu’à enterrer un peu plus les vérités les plus dérangeantes sur ce qui s’est réellement passé à Odessa ce 2 mai 2014.

Christelle Néant

Voir l'article sur Donbass Insider


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3 réactions à cet article    


  • Guy19550 3 mai 18:02

    Je partage votre point de vue, mais j’ajoute ceci : Quand le putch a eu lieu, les prisons ont été vidées et s’il est exact qu’il avait là quelque chose à faire comme par exemple Ti..., faut m’expliquer pourquoi les truands ont été libéré également. C’est truands ont une part très active par la suite. Il ne fait aucun doute après cela que des gens avaient peur des suites possibles, car s’il en était autrement, il n’y aurait jamais eu les réfugiés partis pour l’Allemagne et Israël. Bref, les responsables sont les mêmes que ceux des battailons spéciaux avec certaines têtes bien connues (Turchinov par exemple, car il a incité à cela). C’est une honte pour l’Europe de n’avoir pas réagi de manière correcte. Et il y a eu maintes occasions par la suite de rectifier le « tir » et cela aussi n’a jamais été fait. Les dix milles morts du Donbass, l’Europe y tient une co-responsabilité.

    Si cela ne tenait qu’à moi, y a pas un ukrainien qui rentre dans l’espace européen en de telles conditions, je crois que c’est assez clair.


    • toma 3 mai 19:30

      Oh vous savez, sur les LBD l’ONU réagit et réagit, et Macron s’en fout et s’en fout. L’affaire de Pitié-Salpetrière semble faire plus de mal que les avis d’une ancienne prisonnière torturée par Pinochet, comme après Dilma Roussef aussi prisonnière politique, au Brésil on a élu un militaire comme président... Les gens sont tellement cons. Le citoyen lambda réfléchit a 3 jours. L’Histoire est tellement mal enseignée (volontairement). Aujourd’hui j’ai dit a des connaissances : « les soviétiques avait rendu l’Autriche », personne n’a compris. Jusque 1955 y avait un secteur soviétique. Oui oui. Je passe pour un extraterrestre.

      Je disais que les droits aux minorités valaient pour presque tous en Europe, mais sûrement en dernier pour les Russes, qui se trouvent au niveau des Roms (qui eux n’ont pas la chance d’avoir ni Lavrov, ni de km3 de gaz à vendre).

      En Urkaine pareil, on hisse le drapeau croix gammée, et les journalistes allemands parlent de l’humour du bataillon Azov.... Alors les victimes de Odessa, on pissera longtemps dessus hein.

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