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Medvedtchouk poursuivi en justice pour avoir demandé d’appliquer Minsk-2

Alors que la campagne électorale pour les élections présidentielles ukrainiennes bat son plein, la répression politique envers les opposants au régime de Kiev devient de plus flagrante. La dernière victime en date n’est autre que Viktor Medvedtchouk, opposant bien connu à Porochenko, et négociateur pour l’Ukraine à Minsk.

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Son crime ? Avoir demandé d’appliquer les dispositions inscrites dans les accords de Minsk-2 que l’Ukraine a signés !

L’histoire peut sembler ubuesque ou kafkaïenne, voire complètement irréelle, et pourtant elle est vraie.

Le bureau du procureur général ukrainien a lancé une procédure pénale contre Viktor Medvedtchouk, à cause du discours qu’il a tenu lors du congrès de son parti (plateforme de l’opposition ukrainienne – Pour la vie) le 29 janvier.

Lors de ce congrès, Medvedtchouk a parlé de « la nécessité de mettre en place ce qui est appelé la « région autonome du Donbass » avec son propre parlement et son propre gouvernement  », c’est-à-dire simplement de mettre en œuvre le volet politique des accords de Minsk-2 que l’Ukraine a signés il y a quatre ans !

Sauf que le pouvoir en place ne l’entend pas de cette oreille, prouvant par là même que ces accords ne seront jamais appliqués. Car en poursuivant Medvedtchouk pour infraction au 1er article de la constitution ukrainienne qui déclare que le pays est un État uni (qui ne peut donc pas être fédéralisé), cela montre clairement que l’Ukraine est dans un cul-de-sac dont elle ne pourra pas sortir de sitôt.

La rhétorique ultra-nationaliste voire néo-nazie post-Maïdan a accouché d’une situation qui ne pourra se dénouer que de deux façons : par la reprise de la guerre et la victoire de l’un ou l’autre camp, ou une nouvelle révolution en Ukraine qui renverserait le pouvoir actuel et changerait la constitution pour permettre l’application des accords de Minsk.

En attendant ces poursuites tombent à point nommé pour Porochenko, toujours très mal engagé dans la course électorale en cours. Quoi de mieux que de frapper le soutien le plus médiatique d’un de ses concurrents (Iouri Boïko), pour essayer de lui faire perdre des voix, voire de le disqualifier en l’accusant d’être complice de ses « crimes » ?

Comme l’a souligné Medvedtchouk, la ficelle est tellement grosse, que l’aspect politiquement motivé de ces persécutions est visible comme le nez au milieu de la figure.

«  L’absurdité de la déclaration du Bureau du Procureur général et les absurdités qui ont été écrites dans ce document démontrent que cette situation n’a rien à voir avec l’État de droit  », a déclaré le Viktor Medvedtchouk.

«  J’ai exposé mon plan pour un règlement pacifique, pour la fin des hostilités en Ukraine, dans le Donbass, qui est le plan soutenu par le parti de l’opposition – Pour la vie et le plan de notre candidat à la présidence, Iouri Boïko. Naturellement, le gouvernement n’a pas aimé cela et ils ont fait de leur mieux pour empêcher la réconciliation, y compris au moyen de persécutions politiques », a-t-il déclaré.

Le parti de Medvedtchouk et Boïko a publié un communiqué officiel dénonçant ces persécutions politiques.

« L’attaque contre Viktor Medvedtchouk démontre que la plus grande crainte du parti de la guerre est la mise en œuvre du plan Medvedtchouk, la réconciliation dans l’est de l’Ukraine et le retour du Donbass en Ukraine, et de l’Ukraine dans le Donbass. Le fait que les procureurs soient prêts à poursuivre des accusations aussi absurdes démontre clairement que le gouvernement est prêt à prendre toutes les mesures nécessaires pour persécuter le parti de l’opposition, dont le candidat est leur principal rival idéologique lors de la prochaine élection présidentielle  », peut-on lire dans la déclaration.

Le candidat à l’élection présidentielle, Iouri Boïko, a d’ailleurs rappelé que la déclaration de Medvedtchouk était totalement conforme aux accords de Minsk, et au plan de rétablissement de la paix dans l’Est de l’Ukraine, signés par le gouvernement de Kiev. Il a souligné que ces accords comportent une profonde réforme constitutionnelle du pays qui doit mener à une décentralisation du pouvoir et un statut spécial pour les régions de Donetsk et de Lougansk.

«  Aucune des déclarations de Viktor Medvedtchouk, dont j’ai connaissance, n’a violé les accords de Minsk signés par tous les États membres du Format Normandie. C’est pourquoi je pense que ce n’est rien d’autre que de la pression sur les dissidents, sur ceux qui veulent la paix, et ce n’est pas inhabituel. Si cette rhétorique belliciste domine au Parlement, c’est une voie sans issue. Cette rhétorique ne nous mènera nulle part  », a déclaré Boïko.

Après la fermeture des bureaux de vote en Russie, l’interdiction de venir faite aux observateurs russes, voilà la nouvelle méthode trouvée par Porochenko pour truquer les élections en sa faveur : essayer de faire tomber l’opposition par des poursuites judiciaires délirantes.

L’Ukraine continue sa descente aux enfers et rien ni personne ne semble pouvoir l’arrêter, faute d’une volonté politique de ses patrons occidentaux de faire le ménage. Les élections présidentielles du 31 mars 2019, entreront certainement dans l’Histoire comme la pire bouffonnerie, et la pire mascarade de toute l’histoire de l’Ukraine.

L’ex-président ukrainien, Viktor Ianoukovitch a récemment déclaré que ce qui se passe en Ukraine depuis cinq ans sont les pages les plus noires de l’histoire de l’Ukraine indépendante.

Je crains malheureusement que les pages les plus noires de l’histoire de l’Ukraine soient encore à venir, vu la pente que suit le pays vers le gouffre, entre effondrement économique, dictature néo-nazie, guerre civile et guerre de religion.

Christelle Néant

Voir l'article sur Donbass Insider


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4 réactions à cet article    


  • JC_Lavau JC_Lavau 7 février 10:24

    Celui qui dit la vérwité,

    Il doit être exécuté !


    Quand on voit un proche descendre dans la folie, un réflexe salutaire est de prendre des distances pour ne pas ou ne plus en être la victime. Mais le peuple ukrainien n’a pratiquement pas de moyens de se mettre à l’abri des fous dangereux que les néocons des Tazunis ont installé au pouvoir.


    • V_Parlier V_Parlier 8 février 00:29

      La déclaration de Yanoukovitch est hélas très réaliste.


      • Guy19550 8 février 02:45

        Mais c’est bon, au contraire, ça va mettre tonton dans l’opposition non ?

        Les gagnants vont se mettre ensemble, cela n’implique pas forcément que ce sera mieux car les nationalistes ne vont pas partir simplement après les élections. C’est au peuple ukrainien de les virer... à jamais !


        • Traroth Traroth 8 février 13:16

          Dans un pays démocratique, même la constitution peut être critiquée. Ce n’est pas un texte sacré.

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