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MH17 – Le SBU enlève l’ancien chef d’une unité anti-aérienne de la RPD

Le jeudi 4 juillet, les médias ont rapporté que Vladimir Tsemakh, l’ancien chef de l’unité de défense anti-aérienne de la brigade de Slaviansk de la République Populaire de Donetsk (RPD), avait été arrêté en Ukraine. Les services de sécurité ukrainiens (SBU) ont enlevé Tsemakh à Snejnoye (en RPD). Il pourrait lui-même devenir un « témoin précieux » dans l’affaire du crash du Boeing malaisien MH17, qui a eu lieu le 17 juillet 2014.

Vladimir Tsemakh, qui était responsable de la défense anti-aérienne de la brigade de Slaviansk de la RPD depuis octobre 2014, a été arrêté. Les médias et les réseaux sociaux ont rapporté que les agents du SBU ont assommé l’homme et l’ont emmené dans un fauteuil roulant sous prétexte qu’il était paralysé et qu’ils ont utilisé de faux documents pour se rendre sur le territoire contrôlé par les autorités ukrainiennes.

Le 4 juillet, Tsemakh a eu 58 ans.

« Il a pris ses fonctions trois mois après l’accident du MH17. »

Son avocat Roman Gontarev a déclaré que son client est emprisonné à Kiev pour 60 jours. Il n’est pas entré dans les détails, se référant au secret de l’enquête.

« Tsemakh, en tant qu’ancien chef de la défense anti-aérienne des miliciens, pourrait être un témoin précieux dans l’affaire du crash du vol MH17 de la Malaysia Airlines, abattu par un système de missiles anti-aériens BUK le 17 juillet 2014 dans la région de Donetsk  », selon un article du journal Ukrayinskie Novini (« Nouvelles ukrainiennes »).

De son côté, l’analyste politique Marat Bachirov souligne que l’homme a été nommé chef de l’unité de défense anti-aérienne de la première brigade de Slaviansk en octobre 2014, alors que le crash du MH17 dans la région de Grabovo, dans la région de Donetsk, a eu lieu le 17 juillet, soit trois mois auparavant.

« Tsemakh est un vétéran de l’Afghanistan, qui a subi une forte commotion cérébrale lors des combats en RPD, et est devenu partiellement sourd. Sa participation à la défense de la RPD a été précédée d’une tragédie personnelle : à 6 h 30 le 15 juillet 2014, les forces aériennes ukrainiennes ont attaqué Snejnoye, la ville natale de Vladimir Tsemakh. Les missiles ont touché des immeubles de cinq étages qui se sont partiellement effondrés après les explosions, tuant de nombreux civils. Au moment de l’enlèvement de Tsemakh, il se trouvait à Snejnoye  », a dit Bachirov.

« Ils lui ont injecté des drogues psychotropes et l’ont fait sortir avec de faux documents. »

La femme de Vladimir Tsemakh, Irina, a déclaré à RIA Novosti que son mari avait été enlevé le 27 juin. Elle est rentrée à la maison et a vu les traces d’une lutte : des achats et des objets éparpillés, et des traces de sang.

« Ses papiers, les miens et son billet militaire de la RPD étaient introuvables  », a déclaré Irina Tsemakh.

Plus tard, elle a été contactée par l’avocat de son mari, qui a déclaré que le SBU détenait Tsemakh parce qu’il était soupçonné d’appartenir à une organisation terroriste, et que maintenant il est à Kiev.

« Il a confirmé qu’il avait été kidnappé, il a envoyé des photos d’un grave traumatisme crânien et de traces d’injections sur son bras gauche… selon les paroles de son mari, ils lui ont injecté des médicaments psychotropes et ils l’ont amené en Ukraine en fauteuil roulant avec de faux documents,  » a dit Irina.

Elle n’exclut pas que l’enlèvement de son mari soit lié à une tentative visant à « imposer une version de son implication dans le crash du Boeing malaisien ».

« Mais en 2014, quand la guerre a éclaté, il n’a été affecté nulle part. Il a été nommé chef de la défense anti-aérienne de Snejnoye en octobre 2014 », a déclaré Irina.

« Il n’y avait aucun moyen d’abattre des avions de passagers. »

Le colonel de réserve, et chef adjoint du Conseil central de l’Union russe des anciens combattants d’Afghanistan, Vladimir Kochelev a parlé de la situation concernant Tsemakh dans une interview exclusive avec Ukraina.ru.

Selon lui, il connaît Vladimir Tsemakh depuis février 2016.

«  Il est venu avec l’ensemble des Frères Cosaques, qui travaille avec l’Union russe des anciens combattants d’Afghanistan. C’est un vétéran d’Afghanistan, je suis l’administrateur général adjoint du conseil central de l’Union des anciens combattants d’Afghanistan. À l’époque, nous avons parlé avec lui, parlé de ces sujets.
À ce moment-là, il s’est présenté comme le chef de l’unité de défense anti-aérienne de Snejnoye, ce qu’il fut pendant un certain temps.
Si on peut dire qu’il était en fait le chef de la défense anti-aérienne de la première brigade de Slaviansk, ce qu’il était pendant les hostilités actives, je peux vous dire de ses propres mots : il avait un canon anti-aérien (ZU-23) installé à l’arrière d’un camion. C’est tout. Cela ne peut pas abattre des avions de passagers qui se trouvent à une certaine altitude. C’est tout ce qui se cache derrière ce titre ronflant de « chef de la défense anti-aérienne de la première brigade de Slaviansk ».
Ce week-end, quand le kidnapping a eu lieu, j’étais en contact avec sa fille et sa femme. J’ai appelé à Kiev. En passant, hier, le 4 juillet, c’était son anniversaire. J’ai demandé aux vétérans d’Afghanistan de Kiev et à son avocat de le lui souhaiter.
L’avocat a envoyé à la famille des scanners du billet militaire de Vladimir Tsemakh, qui est diplômé de l’École supérieure de défense anti-aérienne et de missiles de Poltava. Il est dit qu’il a été nommé commandant de la défense anti-aérienne de Snejnoye le 23 octobre 2014, et le Boeing a été abattu le 17 juillet 2014  », a déclaré Kochelev.

Comment a-t-il été kidnappé ? Qu’est-ce que vous savez ?

D’après la conversation avec sa femme et sa fille, je sais que deux jeunes qui avaient une voiture se sont installés à Snejnoye, en face de sa maison.

Je tiens à préciser que l’épouse de Tsemakh a été directrice du collège minier de Snejnoye. Il y a travaillé comme modeste professeur d’éducation physique. Il est devenu ensuite un commandant militaire de Snejnoye.

La première version de ses proches était que Vladimir Borissovitch a été enlevé par un concurrent local pour cette position modeste. Mais j’en doutais et j’ai avancé ma version selon laquelle cela pourrait être lié au fait qu’il était à la tête de cette même défense anti-aérienne. Cela a été confirmé par la suite.

Je continue. Ce matin-là Tsemakh a emmené sa femme à l’école technique. Vers 11 heures, selon leur hypothèse, Vladimir Borissovitch a été attaqué. Des bouteilles d’alcool cassées (cognac) ont ensuite été trouvées dans la maison. Apparemment, Tsemakh est entré dans la maison avec les gars pour boire un coup.

Hélas, je dois dire que Tsemakh buvait, une fois même à cause de cela le concert des Frères Cosaques de la Philharmonie de Donetsk fut perturbé.

Que savez-vous de lui après son enlèvement ?

Les photos envoyées par l’avocat de Kiev montrent un bleu sur la tête, il est pansé. Apparemment, il a été frappé fort avec un objet. Deux marques d’injection sont également visibles à côté de son tatouage. Puis il a été emmené dans un état délirant de l’autre côté de la ligne de démarcation avec de faux documents dans un fauteuil roulant.

Vladimir Tsemakh

Comprenez, Tsemakh n’était protégé par personne, il n’avait aucun intérêt particulier. Si une personne avait vraiment été impliquée hypothétiquement dans le tir contre le Boeing, elle aurait probablement bénéficié d’une protection, notamment en changeant son nom et son adresse.

L’affaire du MH17

Le 19 juin, des enquêteurs chargés d’établir les circonstances du crash du Boeing-777 de la Malaysia Airlines le 17 juillet 2014 à proximité du village de Grabovo, dans la région de Donetsk, ont déclaré que l’accident impliquait les Russes Igor Guirkine (dit Strelkov), Sergueï Doubinski (surnommé Khmouryi) et Oleg Poulatov (surnommé Gyourza), ainsi que Léonid Khartchenko, un Ukrainien (surnommé Krot).

Les autorités russes ont déclaré à plusieurs reprises qu’elles ne pouvaient pas se fier aux conclusions du groupe d’enquête conjoint sur la catastrophe du Boeing MH17, car les spécialistes russes ne sont pas autorisés à participer pleinement à l’enquête, l’Ukraine (ainsi que l’Australie, la Belgique, la Malaisie et les Pays-Bas) faisant partie du groupe.

Tous les documents fournis par Moscou sur la situation dans la zone de la catastrophe qui a eu lieu le 17 juillet 2014, qui auraient pu clarifier les circonstances du crash de l’avion, sont soit ignorés soit considérés insuffisants par les enquêteurs.

La catastrophe aérienne dans la région de Donetsk aurait pu être évitée si les autorités ukrainiennes avaient fermé l’espace aérien dans la zone de combat, où l’aviation militaire était utilisée. Le chef du parti néerlandais Forum pour la démocratie, Thierry Baudet, a noté plus tôt que Kiev avait toutes les raisons d’introduire cette mesure, puisqu’au moins 16 avions ont été abattus dans les trois mois précédant cette tragédie.

Alexandre Tchalenko

Note de la traductrice  : J’avais dénoncé les méthodes de Bellingcat comme un encouragement à commettre des crimes, et mon pronostic était malheureusement juste. Voilà que le SBU recourt au kidnapping pour amener des gens devant la cour néerlandaise concernant le MH17. Sachant que le SBU utilise la torture de manière systématique, si le JIT accepte son témoignage ou sa mise en accusation, cela voudra clairement dire que la justice néerlandaise est aussi corrompue que la justice ukrainienne. Le kidnapping et la torture ne sont pas des méthodes acceptables dans des pays prétendument démocratiques qui donnent des leçons au monde entier. Et encore plus dans un dossier aussi sensible et important que celui du MH17. L’enquête du JIT est déjà complètement bancale et entachée de nombreuses fraudes, si le procureur néerlandais Westerbeke accepte cela, alors le JIT montrera que son enquête est digne des procès Staliniens, que l’Occident invoque pour les dénoncer dès qu’une décision de justice en Russie ne leur convient pas.

Source : Ukrainia.ru
Traduction par Christelle Néant pour Donbass Insider


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9 réactions à cet article    


  • Matlemat Matlemat 7 juillet 08:30

    « au moins 16 avions ont été abattus dans les trois mois précédant cette tragédie. » Avons nous plus d’informations sur les avions ukrainiens abattus ? Avec quels armements ?


    • njama njama 7 juillet 10:41

      @Matlemat

      Si les aéronefs volent en dessous de 3.500 m ils sont vulnérables aux missiles sol-air portatifs
      https://fr.wikipedia.org/wiki/9K38_Igla
      https://fr.wikipedia.org/wiki/9K32_Strela-2


    • Christelle Néant Christelle Néant 7 juillet 12:22

      @Matlemat
      Tous ont été abattus à basse altitude. La RPD disposait de Zuchkas (canon anti-aérien Zu-23 comme celui dont Tsemakh était en charge), de manpads type Igla, e de Strela 10, dont l’altitude de portée max est 3500 m donc très loin des 10 000 m où se trouvait le MH17.


    • Matlemat Matlemat 7 juillet 14:35

      @Christelle Néant et @ njama. Merci pour ces précisions.


    • njama njama 7 juillet 10:47

      Comme l’enquête n’arrive pas à apporter « la preuve formelle » de la responsabilité des séparatistes ou des russes on cherche des coupables

      et si le procès s’inspire des méthodes du Tribunal de Nuremberg...

      harry stot 27 juin 16:20

      Concernant le « tribunal de Nuremberg » : https://denismerlin.blogspot.com/2014/11/articles-19-et-21-du-statut-du-tribunal.html

      Un tribunal qui n’exige pas de preuves !!!???!!



      • Guy19550 Guy19550 8 juillet 03:18

        Je ne sais plus fort bien, je l’avoue, j’ai surtout le souvenir d’hélicos abattus. C’est sur qu’il y a eu des avions abattus mais ce sont des cîbles bien plus difficiles à atteindre que les hélicos. 16 me semble beaucoup. Sauf si dans le lot, on met aussi ceux qui ont perdu le contrôle de l’appareil à la suite d’un tir ou sans raison apparente. C’est en effet arrivé plus d’une fois que sur le terrain des recherches ont été faites pour des rescapés. Je me souviens que tonton a à un certain moment cherché et obtenu l’accord des canadiens pour acheter des avions, c’est donc qu’il savait qu’il en perdait. L’accord des canadiens est venu en premier, le désaccord par la suite. Je suis formel sur ce point. Tonton s’est également déplacé au Canada à ce sujet. J’ai ressenti cela à l’époque comme ce qui c’était déjà passé avant avec les canadiens pour la vente de pétrole de très basse qualité, un pétrole dont personne ne veut. C’était la même chose avec les avions canadiens (trop anciens).


        • Guy19550 Guy19550 8 juillet 03:28

          Pour l’enlèvement, il faut se méfier de ce que l’on ne sait pas, mais des choses qui ont été relevées avant la publication du rapport final, mais pas retenues. Je tiens à attirer l’attention sur ce point, car les ukrainiens savent que l’enquête commence à prendre l’eau et ils vont essayer d’éviter le pire. La raison de l’enlèvement est à voir à ce niveau, il vont essayer de faire coincider des choses avec des interrogatoires de maintenant avec des propos tenus par eux avant. Permettez moi le luxe de traiter ces ukrainiens comme eux-mêmes l’ont fait avec les russes avant (Pace) : Ukrainians are bastards, all of them !


          • Guy19550 Guy19550 17 juillet 21:47

            Les hollandais sont furax contre ce reportage : https://www.youtube.com/watch?v=wkDWwYk4-Ho

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