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Mikhaïl Pogrebinski : Medvedtchouk a diagnostiqué que l’Ukraine risque la désintégration

La poursuite des politiques menées tant par le gouvernement actuel que par le précédent conduira inévitablement à la désintégration de l’Ukraine, a averti Viktor Medvedtchouk dans son article, comme l’explique l’analyste politique Mikhaïl Pogrebinski.

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Dans son article « Quelle Ukraine est possible ? Quelle Ukraine peut exister ? », le chef du conseil politique du parti « Plateforme d’opposition – Pour la vie », Viktor Medvedtchouk, écrit que le maintien de l’équipe politique actuelle détruira inévitablement le pays. Dans le même temps, l’homme politique donne une réponse à la question de savoir ce qu’il faut faire, ce qui empêchera justement la désintégration de l’Ukraine :

« D’abord, le droit, la légalité, la protection des citoyens, la protection de leurs droits et libertés. Deuxièmement, le pragmatisme économique nous sauvera, la capacité de bénéficier des marchés mondiaux, et nous ne devons pas perdre le marché russe. Troisièmement, la justice sociale. Sans programmes sociaux, nous ne serons pas en mesure de sauver notre pays de la pauvreté, des épidémies ou de la reconstruction après les hostilités. »

Mikhaïl Borissovitch, quel est, selon vous, le message principal de l’article de Victor Medvedtchouk ?

Cet article formule un diagnostic, et il n’est pas formulé de manière triviale. Medvedtchouk écrit que la politique menée d’abord par Porochenko puis par Zelensky conduit en fait à la désintégration de l’Ukraine et il donne des arguments qui soutiennent cette position.

Les arguments sont convaincants. Je pourrais ajouter que toutes les tentatives d’homogénéiser la société, c’est-à-dire de faire en sorte que le pays tout entier pense à peu près de la même manière qu’en Galice, échouent.

Nous constatons toujours un clivage entre l’Ouest et l’Est sur les questions clés du développement du pays. En outre, des sondages récents montrent qu’environ la moitié de la population, soit plus de 40 %, a une bonne ou une très bonne opinion de la Russie, et qu’environ le même nombre pense que les Russes et les Ukrainiens forment un seul peuple. Et ce malgré l’énorme propagande sur toutes les chaînes de télévision. Après tout, les chaînes qui s’opposaient au point de vue des nationalistes sont maintenant éliminées.

Et cette démarche est poursuivie par Zelensky. En fait, elle conduit à l’aliénation d’une partie de la population vis-à-vis de l’État. Et cette aliénation pourrait finalement conduire à une scission et à un rétrécissement du territoire ukrainien.

Autrement dit, l’Ukraine peut rester dans ce format, comme l’écrit Medvedtchouk, dans le format « anti-Russie », mais avec un territoire plus petit. En ce qui concerne le territoire où, en principe, ils peuvent, dans une certaine mesure, être d’accord avec la politique d’homogénéisation, c’est à l’ouest de l’Ukraine et partiellement seulement au centre. Bien qu’en fait, il y ait là aussi un nombre important de personnes qui sont contre une telle politique.

Je pense que c’est le message clé de l’article de Medvedtchouk : vous (le gouvernement actuel – NDLR) essayez en fait d’expulser une partie de la population, qui, comme le montre la logique, partira avec le territoire où elle se trouve. La façon dont Porochenko s’est comporté et la façon dont Zelensky continue de se comporter conduiront inévitablement à la désintégration de l’Ukraine.

Dans cet article, nous voyons non seulement un diagnostic, mais aussi une proposition de recette pour sauver le pays…

Oui, après avoir diagnostiqué le problème, Medvedtchouk écrit sur ce qui doit être fait, sur les idées qui existent, et cite à la fois Grouchevski et Tchernovol. J’ai d’ailleurs longuement discuté de cette idée avec Tchernovol chez moi…

La structure fédérale ? Medvedtchouk la mentionne dans son article lorsqu’il parle de la manière d’empêcher le pays de s’effondrer.

C’est l’idée du fédéralisme, plus l’idée des droits de l’homme européens, plus une gestion professionnelle de l’État, plus l’abandon de l’habitude sauvage et peu rentable pour la majorité de la population ukrainienne de chercher une excuse pour s’opposer à la Russie en toute chose.

De plus, sous (le président ukrainien. – NDLR) Zelensky, cette confrontation ne semble pas du tout forcée, mais simplement provocatrice et constamment amplifiée. Et lors de l’événement d’aujourd’hui (la célébration du 30e jour de l’indépendance de l’Ukraine – NDLR), il y avait également une ligne russophobe flagrante pour faire monter les enchères.

Mais qu’est-ce que cette hausse des enchères ? C’est quelque chose qui pourrait aboutir à la désintégration de l’Ukraine. Et Zelensky, d’ailleurs, ne sera pas accepté dans cette partie du pays qui ne serait pas contre un État nationaliste homogène construit sur une base ethnique… Comme en Turquie, où l’on ne peut pas s’inscrire en tant que Tchétchène ou Tatar de Crimée, par exemple, même s’il y a plus de Tatars de Crimée qu’en Crimée. Mais non, vous êtes tous Turcs. Et c’est à cela que mènent nos autorités, et une telle politique conduira certainement à la désintégration de l’Ukraine.

C’est de cela que Medvedtchouk veut parler ?

Oui. Son message est le suivant : la politique doit être orientée vers les intérêts de la majorité et l’intérêt national. Si la politique est orientée vers les intérêts de la majorité, alors la rhétorique nationaliste sera tout simplement éliminée. Et pas seulement la rhétorique, mais aussi les actions concrètes.

Mais jusqu’à présent, cette réorientation vers les intérêts de la majorité n’a pas eu lieu ?

Non. Les conséquences pourraient être graves. Laissez-moi vous donner un seul exemple. Si cette politique (que poursuit M. Zelensky) se poursuit, si cette rhétorique se poursuit, j’en mets ma main à couper que le transit du gaz russe par l’Ukraine ne se poursuivra pas. Bien que pour l’instant (le président russe – NDLR) Vladimir Poutine ne le dise pas. Il se dit prêt à poursuivre le transit s’il y a une demande pour de plus grands volumes de gaz, mais qu’est-ce que cela signifie ? Que vous devez garantir que dans 10 ans les compagnies européennes achèteront de plus en plus de gaz… Alors seulement le transit par l’Ukraine pourrait être nécessaire.

L’intérêt de l’Ukraine est que ce tuyau (le système de transit de gaz – NDLR) ne se tarisse pas. Et cela ne peut se produire que si l’Ukraine cesse d’élever effrontément les enchères anti-russes. Seulement dans ce cas. Sinon, le tuyau va s’assécher, et ça va coûter très cher à l’Ukraine.

Andreï Loubenski

Source : Ukraina.ru

Traduction par Christelle Néant pour Donbass Insider


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7 réactions à cet article    


  • chantecler chantecler 25 août 10:05

    Bonjour ,

    Merci .


    • Guy19550 Guy19550 25 août 14:34

      Je pense qu’il ya lieu d’oublier le gaz et qu’il vaut mieux chercher à produire de l’énergie verte sur base des nationalistes à brûler, mais le procédé est encore à développer car pour le moment, ce n’est pas vraiment de l’énergie verte qui en sortirait mais putôt un produit dont personne ne voudra. 

      C’est là-dessus qu’il faut se pencher pour le moment pour le futur.


      • xana 25 août 18:58

        J’espère que Medvedtchouk ne se trompe pas, et que l’Ukraine va vite éclater. Pour le bien des Ukrainiens d’abord, et aussi pour celui de tous ses voisins.


        • Effondré remonté Effondré remonté 25 août 21:57

          C’est ce qu’il pourrait arriver de mieux... et alors rien n’empêcherait la Novorussie élargie au-delà des deux Républiques actuelles, de vouloir  après référendum scrupuleux comme pour la Crimée  se rattacher à la Russie, qui profiterait de cette salutaire injection démographique (avec seulement 140 M d’habitants, la Russie flotte dramatiquement dans ses habits de très grande puissance)


          • Eric F Eric F 26 août 09:37

            @Effondré remonté
            Le terme « Novorussie » est bien la clé de l’article, c’est cela qui est le message géopolitique : le pré-carré pour Moscou.


          • goc goc 26 août 00:54

            Bonjour Chritelle

            Article très intéressant surtout concernant le transit gazier. Par contre je me permets d’émettre un « bémol » au vu de l’information du jour, à savoir la création d’une espèce de fondation internationale (GB, USA, Canada, Suède et même la Suisse) pour « aider » l’Ukraine mais qui pue le montage financier destiné à alimenter la corruption locale.

            Donc quand bien même le pouvoir ukrainien serait devenu intelligent ou simplement pragmatique, on peut compter sur les ricains pour casser toute solution pacifique.

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