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Nouvelle interview de Zelensky : Projet de « mur » entre l’Ukraine et le Donbass et autres bêtises

Volodymyr Zelensky continue à donner des interviews. Il en a donné une autre, jeudi 24 juin, à la chaîne de télévision « 1+1 » d’Igor Kolomoïski. Au cours de la conversation, Zelensky a partiellement révélé l’essence du soi-disant « plan B pour le Donbass, avec lequel la nouvelle équipe a longtemps entretenu l’intérêt du public : ériger un mur entre l’Ukraine et les républiques populaires.

Voilà, Zelensky a prononcé le mot chéri : « mur ». En d’autres termes, il reprend l’ancien projet d’Arseni Iatseniouk de délimiter les républiques populaires en érigeant une sorte de clôture fortifiée avec du fil barbelé. Cette option sera utilisée si la paix ne peut être obtenue sur la base des accords de Minsk.

Mais le gouvernement ukrainien a depuis longtemps rejeté tout compromis de paix dans le cadre de ces accords, alors considérons le « mur » comme une idée fonctionnelle que l’équipe de Zelensky va apparemment essayer de mettre en œuvre.

Zelensky est sûr qu’il va ainsi brouiller les cartes pour Moscou et l’obliger à faire des concessions. Mais pour être honnête, je ne comprends pas du tout comment cette clôture peut affecter le cours des événements.

Le « mur » est un moyen de sortir des accords de Minsk, car il représente un rejet de tout accord avec les républiques du Donbass, tel que stipulé par ce document. Cela signifie que l’Occident commencera progressivement à lever les sanctions à l’encontre de la Russie, car celle-ci ne sera pas coupable de l’interruption des pourparlers de paix.

Le président ukrainien a l’intention de soumettre le projet de clôture des républiques à un référendum. Imaginons que la majorité vote pour et que ce soit fait. Adieu les sanctions anti-russes, Moscou est un vainqueur triomphant.

À propos, si j’étais un radical ukrainien d’extrême-droite, je me demanderais : Zelensky travaille-t-il contre l’Ukraine en faveur de la Russie ? Comment expliquer autrement un tel plan qui échoue sur toute la ligne et fait une faveur évidente à la Russie ?

Si la majorité vote contre, le statu quo sera préservé. C’est-à-dire que la situation ne changera pas d’un iota. La même tension sur la ligne de contact, le bombardement quotidien du Donbass, la mort de militaires des deux côtés.

De manière générale, cette nouvelle version de la résolution du conflit s’est avérée être un faux-nez vide de sens, ce qui est assez typique de l’actuel président ukrainien.

Je doute fortement que le plan soit réellement mis en œuvre ; il restera très probablement sur le papier comme preuve de l’agitation de Zelensky. C’est loin d’être le premier projet qu’il a annoncé solennellement puis oublié.

Zelensky a clairement indiqué qu’il avait l’intention de briguer un second mandat, affirmant par la même occasion qu’il n’avait pas de rivaux. Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est en partie vrai.

Selon un sondage réalisé par le Centre Razoumkov, Zelensky occupe une position de tête dans le classement présidentiel. Il a 32 %, suivi de Petro Porochenko avec 17 %, Iouri Boïko avec 13 %, et Ioulia Tymochenko avec 10 %.

Mais dans l’ensemble, Zelensky continue de perdre des points, de sorte que ses ambitions pour le prochain mandat ne semblent pas solides et fondées.

Le chef d’État ukrainien ne croit pas que lors de la rencontre entre Vladimir Poutine et Joe Biden, le chef de la Maison Blanche ait « abandonné » l’Ukraine, comme le pensent de nombreux politiciens ukrainiens. Il a déclaré que les perspectives d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN n’avaient pas été discutées, bien que Vladimir Poutine ait affirmé le contraire lors de la conférence de presse, soulignant que cette question avait été évoquée en passant et qu’il n’y avait pas lieu d’en discuter.

D’ailleurs, après la déclaration de Joe Biden selon laquelle l’Ukraine ne répond pas aux normes de l’OTAN et qu’il est trop tôt pour penser à une adhésion à l’Alliance de l’Atlantique Nord, Zelensky a clairement changé d’attitude sur la question. Dans l’interview, il a déclaré que l’adhésion n’était pas une fin en soi, l’essentiel étant d’obtenir davantage de soutien de la part de l’Occident. Ils ont besoin d’argent et d’armes. Qui en aurait douté.

Autre échec dans l’activité politique du président ukrainien : la tentative d’organiser une rencontre avec Vladimir Poutine. Selon Zelensky, cette question est discutée au niveau de l’administration et l’agenda (ordre du jour) est en cours d’élaboration. Zelensky a utilisé ce mot dernièrement, apparemment fasciné par sa sonorité outre-mer.

Cependant, ces informations ne semblent pas coïncider avec la réalité. Vladimir Poutine a clairement indiqué qu’il ne voyait pas l’utilité de discuter de l’agenda proposé par Kiev – la sécurité internationale – avec son homologue ukrainien, car il existe de nombreux problèmes dans les relations bilatérales qui doivent être résolus.

Pour résumer cette nouvelle interview, je dirais qu’elle n’aurait pas pu être donnée. Des propos sans substance et pour la plupart faux, qui n’ont guère donné de perspectives nouvelles et encourageantes aux citoyens ukrainiens.

Sur chaque point de cette longue conversation (sans exception), Zelensky a dit n’importe quoi. Mais c’est une caractéristique fondamentale de l’ensemble du discours politique ukrainien. Il leur faut être cohérent.

Andreï Babitski

Source : Ukraina.ru
Traduction par Christelle Néant pour Donbass Insider


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6 réactions à cet article    


  • Guy19550 Guy19550 26 juin 10:45

    Je n’ose même plus le voir en clown plutôt qu’en président car un clown est encore quelqu’un de gentil et un de vos articles précédents, met bien en évidence que c’est un terroriste. Il a en effet donné à tous le monde l’image qu’il voulait poursuivre la guerre.


    • amiaplacidus amiaplacidus 26 juin 11:22

      Je ne comprends pas bien le but que Zelensky cherche à atteindre avec son projet de mur.

      Parce qu’élever un mur serait la démonstration « de facto » que le Donbass ne fait pas partie de l’Ukraine.

      Il me semble que ce n’est pas une balle mais un obus qu’il cherche à se tirer dans le pied.


      • Guy19550 Guy19550 26 juin 11:32

        @amiaplacidus
        Pas forcément, la casse peut être bien plus importante si le pays se déchire. Et avec le mur, il évite de perdre d’autres territoires actuellement non-occupés par les républiques. Ce mur est là pour cela selon moi et rien d’autre. Un fait certain, est que le reste du Donbass devrait se soulever contre le pays pour éviter cela. Il y a du pour et du contre pour un tel soulèvement et cela devrait les faire réfléchir car l’issue du Donbass occupé par les terroristes de Kiev est sur la table.


      • amiaplacidus amiaplacidus 27 juin 15:10

        @Guy19550
        Je suis loin d’être un spécialiste de la région, j’évoque simplement ce que l’on peut penser de la chose.

        En revanche, j’ai fait, il y a 5 ans un voyage en Russie, de Saint-Pétersbourg à Moscou, par le chemin des écoliers, en voiture de location, en compagnie d’un ami d’origine russe qui parle parfaitement le russe. C’est-à-dire à mille lieues d’un voyage organisé qui aurait pu être « sponsorisé » par une quelconque agence gouvernementale. Nous avons pu parler librement avec les gens, y compris parler de politique.

        Certes, tout n’est pas rose en Russie, mais c’est loin, très loin de correspondre avec ce que l’on dit ici. Les média occidentaux, dans leur très grande majorité, nous bourrent le mou à propos de la Russie. Alors, j’imagine qu’il en va de même pour l’Ukraine.

        J’ai aussi vécu durant une année aux USA lors d’un voyage professionnel, je dois dire que j’étais très heureux de revenir en France.
        En comparaison, et compte tenu de ce que j’ai pu voir en un mois en Russie, je préférerais vivre en Russie plutôt qu’aux USA.
        Nous sommes plus proches, culturellement des Russes que des Étatuniens.


      • Krokodilo Krokodilo 27 juin 18:31

        @amiaplacidus 

        @ amiaplacidus "Nous sommes plus proches, culturellement des Russes que des Étatuniens. " Tout à fait d’accord, j’écris souvent à peu près la même chose- en tout cas au moins aussi proches. Bien sûr, chacun connaît l’énorme influence culturelle des USA depuis l’après-guerre (moi-même suis de l’époque des BD Blueberry, Jerry Spring, Buck Danny, de scénaristes français et belge mais héros étastuniens, sans parler du jazz et de ses dérivés, des films), qu’ils entretiennent par tous les moyens possibles, culturels mais aussi économiques, politiques et militaires, en bons pragmatiques qu’ils sont. Mais ils ont des problèmes spécifiques, génocide indien, violence sociale inouïe et difficultés avec les afroaméricains, que malheureusement, certains veulent importer ici.

        Alors que la Russie partage avec toute l’Europe une histoire commune, depuis des siècles, faite de conflits mais aussi de relations commerciales et culturelles : même après les guerres napoléoniennes, le français demeurait une langue de l’élite, et de nombreux officiers prisonniers y sont devenus des précepteurs pour la noblesse. Le particularisme est bien sûr la période de l’URSS et la guerre froide, mais même à cette époque, les films français y étaient appréciés, certains de nos acteurs y étaient très connus (les comédies avec De funès, celles de F. Veber avec P. Richard, etc.) mais ils ont tourné la page, l’URSS n’existe plus et la Russie est devenue capitaliste.

        Ils sont en tout cas bien plus proches culturellement que, par exemple, la Turquie, l’Egypte ou le Maghreb, où certes une géographie méditerranéenne partagée faite d’affrontements et de colonialisme aboutit à une histoire locale commune comme décrite par Fernand Braudel, mais le monde musulman n’est pas le nôtre, même si une moitié de ces peuples en gros souhaiterait une évolution vers notre système - cf les élections tunisiennes.

        En dernier ressort, ce sont nos médias qui font barrage, érigent un mur d’inculture, entretiennent un fantasme d’un monde barbare au-delà de l’Allemagne, comme jadis les Romains craignaient les peuples de forêts au-delà du Rhin, quasiment des Sumériens ! Curieusement, ils ont la fusée la plus fiable, le plus gros brise-glace nucléaire, le plus gros avions porteur, et ont inventé la chirurgie de la myopie, sans oublier Mendeleïev qui était pas un manche non plus ! Ils sont Chrétiens, mêmes après le schisme, les femmes y ont eu le droit de vote bien avant la France, et bien que l’église orthodoxe ait repris du poil e la bête depuis la fin de l’URSS, ils tiennent plus d’une forme de laïcité que du communautarisme à l’américaine. La coopération spatiale est une réalité de longue date, la lutte contre le terrorisme islamique probablement aussi. Plusieurs de nos cosmonautes ont dû apprendre le russe pour leurs missions conjointes. A cause de nos dirigeants et des USA, on a raté le moment du rapprochement après la chute de l’URSS.

        Ce mur du silence des télévisions et des principaux journaux n’est dû qu’aux sanctions prises par l’UE sous la pression des USA (qui nous ont fait perdre la vente des navires Mistral et de produits agricoles.) Mais la multiplicité des producteurs de divertissement fait qu’on peut se rendre compte de la qualité des récentes productions cinématographiques russes, et de leur proximité culturelle. A l’inverse, en regardant des films de « Bollywood », ou égyptiens, d’Arabie saoudite (le superbe « Wajda » la petite fille qui veut un vélo) ou franco-tunisiens (la fine comédie « Un divan à Tunis »), on voit à l’évidence les différences sociales.

        Quelques exemples russes : « Attraction » film SF 2017, la série « Better than us » ou « Mieux que nous », « T 34- machine de guerre » film de genre appelé à devenir un classique, série fantasy « Nox, les sentinelles de la lumière » (moyenne), et le superbe « Bolchoï. » La proximité est bien sûr la même dans les autres domaines culturels, musique, littérature. C’est donc uniquement un consensus politique qui fait que nos grands médias privilégient les USA jusqu’à nous informer de détails sur la vie quotidienne des USA qui ne nous concernent en rien, tandis qu’ils ne semblent jeter un oeil sur la Russie que pour parler de la Crimée, de la guerre civile ukrainienne ou de la « nouvelle guerre froide ».



      • Doume65 27 juin 12:55

        Alfred Jarry avait inventé le personnage d’Ubu roi, pensant certainement qu’il avait atteint le sommet de l’absurdité, mais Zelensky montre qu’on peut faire plus fou encore, et dans le réel !

        Le plus grave, c’est que nos dirigeants e nos journalistes ne voient rien du tout, leur œillère étant focalisée sur le soi-disant ennemi Russe.

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