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Plan de déportation, nouvelles exigences - Kiev prépare sa sortie des accords de Minsk

Chaque jour qui passe confirme un peu plus que les autorités ukrainiennes se préparent à sortir des accords de Minsk, sous le prétexte de l’échec de leur mise en œuvre rapide. Entre la fuite de leur plan de déportation de la population du Donbass, les déclarations de divers officiels ukrainiens et les nouvelles exigences que Zelensky compte présenter à la réunion au Format Normandie qui doit avoir lieu le 9 décembre, il devient clair que l’Ukraine met tout en œuvre pour saboter définitivement les accords de Minsk, et appliquer ensuite son plan de « scénario chypriote ».

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Réactions au plan de déportation des habitants du Donbass

La fuite du plan de déportation massive de la population du Donbass qui n’est pas « pro-ukrainienne » continue de susciter de nombreuses réactions, tant en République Populaire de Donetsk (RPD) qu’en République Populaire de Lougansk (RPL).

Dans la droite ligne de la déclaration de Denis Pouchiline, le chef de la RPD, le Conseil Populaire de la RPL a exprimé ses inquiétudes face à ce plan de déportation et déclaré que cela confortait la République dans son projet d’intégration avec la fédération de Russie.

« Ce plan est en contradiction non seulement avec les accords de Minsk et les principes démocratiques fondamentaux, mais aussi avec les principes de l’humanisme dans son ensemble, car il envisage une ukrainisation, une relocalisation et une persécution par la force des résidents du Donbass.
Tout en sabotant ainsi les accords de Minsk, l’Ukraine continue de se concentrer sur une solution coercitive du conflit dans le Donbass, considérant les habitants des Républiques Populaires de Lougansk et de Donetsk comme des terroristes, séparatistes ou sous-hommes qui doivent être exterminés ou privés de la possibilité de mener une vie digne et libre sur leur territoire.
Ayant constaté que le changement de gouvernement en Ukraine n’a pas modifié sa ligne politique et que la mise en œuvre des accords de Minsk par l’Ukraine devient de moins en moins possible au fil des jours, et comprenant les véritables desseins des autorités ukrainiennes sur les résidents des Républiques Populaires de Lougansk et Donetsk, nous dénonçons les actions des dirigeants ukrainiens qui visent en fait le génocide du peuple du Donbass.
Sur la base de ce qui précède, le Conseil Populaire de la République Populaire de Lougansk déclare que la voie de l’intégration avec la fédération de Russie est la seule bonne voie qui sera suivie 
 » peut-on lire dans la déclaration officielle.

Cette déclaration du parlement de la RPL confirme celle de Denis Pouchiline un peu plus tôt dans la semaine, et montre clairement que la fuite de ce plan de déportation de la population du Donbass proposé par le Conseil National de Sécurité ukrainien a obtenu le résultat souhaité par Kiev (que la fuite ait été volontaire ou pas) : braquer les deux Républiques et s’assurer ainsi qu’aucun compromis ne pourra être trouvé.

À la lecture d’un tel plan de déportation il est logique que les Républiques soient confortées dans leur projet d’intégration avec la fédération de Russie, et de sécession définitive de l’Ukraine. Quelle personne saine d’esprit aurait envie de revenir au sein d’un pays qui veut vous déporter ou vous exterminer ?

Sabotage des volets sécuritaires et politiques des accords de Minsk par Kiev

Et ce plan de déportation n’est pas le seul moyen qu’a trouvé Kiev pour saboter définitivement les accords de Minsk. En effet, alors qu’il prétend vouloir les appliquer rapidement, Zelensky met tout en œuvre pour les saborder.

Tout d’abord sur le volet sécuritaire des accords de Minsk, en sabotant le retrait des troupes et des équipements à Petrovskoye. D’abord en violant le cessez-le-feu à plusieurs reprises dans la zone de retrait de Petrovskoye, depuis les positions que l’armée ukrainienne est censée avoir abandonnées. Les derniers tirs en date ont d’ailleurs interrompu le processus de déminage de la zone de désengagement.

Et ce qui fait craindre que ce désengagement ne soit que temporaire (le temps que la réunion au Format Normandie ait lieu), c’est le fait que l’armée ukrainienne a déployé des véhicules blindés à proximité de la zone de désengagement de Petrovskoye,

Le volet politique n’est pas en reste et montre clairement que Volodymyr Zelensky prétend appliquer les accords de Minsk, tout en assurant leur sabotage. En effet, alors que la loi sur le statut spécial du Donbass doit être coordonnée avec la RPD et la RPL, et que le premier point de la loi doit être renouvelé bientôt, le porte-parole de la Rada, Dmitry Razoumov a annoncé que la loi ne sera préparée qu’après la réunion au Format Normandie, et en concertation avec les Ukrainiens, mais pas avec les autorités des deux républiques. Or sans concertation avec la RPD et la RPL, cette loi viole les accords de Minsk et est donc nulle et non avenue.

Comme le refus d’élargir – avant la réunion au Format Normandie – le désengagement des troupes à d’autres emplacements sur la ligne de front, après le succès dans les trois premières zones pilotes, le fait de repousser l’étude de la loi sur le statut spécial du Donbass montre que les belles paroles de Zelensky sur sa volonté de faire appliquer rapidement les accords de Minsk ne sont que du vent. Si réellement Zelensky avait en tête une date butoir de 6 mois à un an pour mettre en œuvre ces accords, il devrait se dépêcher d’appliquer chaque point sans perdre ne serait-ce qu’un jour.

Le fait que le cessez-le-feu n’est toujours pas respecté, que le retrait dans la zone de Petrovskoye se transforme en feuilleton TV, et que les points du volet politique sont reportés sans arrêt, montrent toute l’hypocrisie de Zelensky.

Zelensky prépare le sabotage de la réunion au Format Normandie

Et comme nous l’avions indiqué précédemment, pour saboter définitivement les accords de Minsk et pouvoir ensuite présenter son « plan B » comme étant la solution miracle, Zelensky doit s’assurer que la réunion au Format Normandie aboutira à un échec.

La fuite du plan de déportation de la population du Donbass a braqué les deux républiques populaires contre l’Ukraine, il faut maintenant mettre en avant des demandes délirantes à la Russie. Des exigences qui ne pourront être satisfaites, ce qui permettra ensuite à Kiev de dire que ces négociations ne menant à rien il faut en sortir.

C’est avec cette grille de lecture qu’il faut analyser la déclaration récente de Zelensky selon laquelle il compte demander à Vladimir Poutine un calendrier précis pour le retour du Donbass lors de la réunion qui aura lieu à Paris. Une demande complètement risible pour toute personne qui est au courant que le fantasme officiel de Kiev concernant l’occupation du Donbass par la Russie n’a rien à voir avec la réalité.

Comment la Russie pourrait-elle donner une date de « restitution » du Donbass à l’Ukraine, alors qu’elle n’occupe pas la région et qu’en prime, Kiev sabote méticuleusement les accords de Minsk qui lui permettraient de parvenir à cet objectif ? Le but d’une telle demande est bien sûr d’obtenir une non-réponse, qui permettra ensuite à Zelensky de dire que si les accords de Minsk ne sont pas mis en œuvre c’est à cause de la Russie.

Si les garants des accords de Minsk faisaient leur travail correctement de telles demandes stériles devraient être dénoncées par Paris et Berlin comme des tentatives de sabotage. Mais vu que les garants occidentaux se sont empêtrés dans le narratif ukrainien de « l’agression russe » imaginaire, il va leur être difficile d’en sortir pour jouer leur rôle et faire appliquer ces accords.

La deuxième partie de sa déclaration concernant les élections locales qui ne pourront avoir lieu dans le Donbass qu’une fois que les « groupes armés illégaux » seront partis, procède de la même technique hypocrite de sabotage. Car après que le plan de déportation de la population du Donbass ait fuité, il est impossible d’exiger de la RPD et de la RPL qu’elles renoncent à leur milice populaire qui les défend contre l’application de tels plans.

Comme on le voit la technique de Zelensky est simple mais efficace : faire croire qu’il est le président de la paix (ce qui marche vu que plusieurs analystes occidentaux de haut niveau s’y laissent prendre et croient sincèrement que « Ze » veut la paix) avec de jolies déclarations, et dans le même temps poser des conditions inacceptables pour la partie adverse afin de s’assurer de leur refus.

Une fois le refus acté, Zelensky pourra crier partout que ce n’est pas de sa faute si les accords de Minsk ne sont pas appliqués, qu’il a tout tenté, mais que c’est impossible, et que pour mettre fin rapidement au conflit il faut en venir au fameux scénario chypriote dont nous avons déjà parlé.

Et c’est pour cela que cette réunion au Format Normandie est aussi importante : elle est nécessaire pour acter officiellement l’échec des négociations et du processus de Minsk.

Kiev prépare sa sortie des accords de Minsk

Si les experts occidentaux se font avoir par les belles paroles de Zelensky, de plus en plus d’experts russophones voient clair dans son jeu et expriment ouvertement l’idée que Kiev veut sortir des accords de Minsk.

Alexeï Popov envisage cette possibilité comme l’un des trois scénarios possibles à l’issue de cette réunion au Format Normandie.

«  [Premier scénario] La « percée » – les deux parties en sortent avec une feuille de route.
Dans le second scénario, ils reconnaissent le succès des négociations, mais tout se termine par des formulations simplifiées, des communiqués et des tâches pour le groupe de contact à Minsk. Cela permettra à tout le monde de présenter la réunion d’une manière avantageuse, mais ne permettra d’avancer que sur un nombre limité de problèmes.
Troisième option : Zelensky dira que l’Ukraine a épuisé toutes les possibilités, la réunion se terminera par un échec ouvert et des déclarations disant qu’il est impossible de suivre cette voie plus avant, avec des idées pour geler le conflit et introduire des casques bleus,
 » a conclu l’expert.

Si Popov reste optimiste en envisageant deux autres scénarios, d’autres comme Gleb Prostakov, disent ouvertement que Kiev se prépare à sortir des accords de Minsk, en essayant de ne pas perdre la face dans le processus.

Pour cela, Zelensky va présenter lors de la réunion au Format Normandie les « lignes rouges » que Kiev refuse de franchir, comme le statut spécial pour le Donbass, et l’amnistie pour les participants au conflit. Or sans ces deux points il est impossible d’appliquer les accords de Minsk. Ces « lignes rouges » sont donc en réalité un moyen bien pratique de saboter ces accords.

Pour Prostakov, Zelensky veut juste organiser une réunion « spectacle », avec la participation de Vladimir Poutine. Ce qui explique pourquoi le président russe a été le dernier à confirmer que la réunion aurait lieu. Vladimir Poutine n’est pas pressé de perdre son temps dans une réunion fantoche, dont le but est de permettre à Zelensky de sortir des accords de Minsk et d’appliquer son propre « plan de paix » : faire cesser les tirs sans réintégrer ni reconnaître la RPD et la RPL et sans régler le problème de fond.

Zelensky présentera ensuite la fin des tirs, des morts et des blessés comme la preuve qu’il a tenu sa promesse pré-électorale de paix. Et l’échec de la récupération des territoires de la RPD et de la RPL sera bien sûr imputé à la Russie. L’important est que Zelensky fasse croire qu’il a fait tout ce qu’il pouvait pour faire la paix et appliquer les accords de Minsk. Il faut que l’écran de fumée soit crédible.

La préparation de l’opinion publique ukrainienne au fait de renoncer à récupérer les territoires de la RPD et de la RPL continue depuis plusieurs mois, à coup de déclaration de politologues et de sondages montrant que la majorité des habitants des deux républiques veulent intégrer la Russie d’une façon ou d’une autre et qu’à peine plus de 5 % veulent revenir en Ukraine. Le but est de marteler auprès des Ukrainiens qu’il serait dangereux pour le pays de récupérer des gens infectés par le « virus pro-russe ».

Au vu de la situation actuelle il est impossible d’envisager un retour du Donbass au sein de l’Ukraine. Après plus de cinq ans de conflit, il y a eu trop de victimes, de sang, de larmes et de destructions, pour que les deux républiques populaires puissent retourner sous le drapeau qui leur a infligé toutes ces souffrances. Zelensky était le dernier espoir d’arriver à appliquer les accords de Minsk, mais il a choisi une autre voie.

Chaque jour qui passe creuse un peu plus le fossé entre l’Ukraine, la RPD et la RPL. Et chaque jour qui passe les deux républiques se rapprochent un peu plus de leur objectif : intégrer la fédération de Russie. Et faute pour Zelensky d’avoir saisi sa chance, c’est bien ce qui va arriver.

Christelle Néant

Voir l'article sur Donbass Insider


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32 réactions à cet article    


  • Guy19550 Guy19550 20 novembre 20:19

    J’ai entendu un claquement de porte en lisant... lol.

    Sortir des accords de Minsk n’est pas une mince affaire. Les conséquences possibles sont la guerre généralisée, la reprise de plus belle des bombardements des républiques, plus d’actions de terreurs, sans compter que le FMI pourra fermer son calepin avec ses notes. De plus au niveau géopolitique, il y aura également des conséquences, enfin une bonne nouvelle, Kiev sera prise comme cible pour les missiles.

    Ça fait beaucoup pour un comédien quand même.


    • Eric F Eric F 20 novembre 21:05

      @Guy19550
      « ...la reprise de plus belle des bombardements des républiques »
      Pourquoi, si leur sécession est acceptée par Kiev ?


    • Christelle Néant Christelle Néant 20 novembre 21:10

      @Eric F
      Il ne s’agirait que d’une renonciation temoraire et absolument pas d’une reconnaissance ou acceptation de la sécession. C’est ça le truc.


    • Eric F Eric F 20 novembre 21:31

      @Christelle Néant
      Quand bien même ce serait présumé temporaire, durant la période considérée il n’y aurait pas de raison pour Kiev de reprendre une offensive militaire, puisque le scénario vise justement à calmer la situation (pour attirer les investisseurs, disiez-vous).


    • Christelle Néant Christelle Néant 20 novembre 21:35

      @Eric F
      Dans un premier temps. Mais quand ca va dégénérer sévèrement en Ukraine, il n’y aura alors plus d’accords de Minsk pour les contraindre un minimum sur le plan militaire.


    • Guy19550 Guy19550 20 novembre 22:31

      @Eric F
      Je l’ai déjà dit avant, Kiev veut les terres et pas les gens qui sont dessus. C’est probablement la base même de la mauvais volonté des terroristes de Kiev car ils n’auaient ni l’un ni l’autre.


    • Eric F Eric F 20 novembre 21:04

      "La préparation de l’opinion publique ukrainienne au fait de renoncer à récupérer les territoires de la RPD et de la RPL continue depuis plusieurs mois« 

      Voilà qui devrait satisfaire la Russie. D’une part les deux républiques demanderont probablement leur rattachement. D’autre part, si Kiev »renonce« à réintégrer les territoires des deux républiques pro-russes, alors a fortiori il renoncera aussi à toute revendication sur la Crimée (se résignant à l’état de fait), ce qui supprimerait alors le motif des »sanctions« occidentales. Faudrait-il pour le Kremlin faire la fine bouche et laisser passer l’occasion (même s’il n’acquiert pas la totalité du corridor continental jusqu’à la Crimée) ?

      Les Européens ne seront pas plus ukrainiste que l’Ukraine, ce serait pour eux une occasion de détente avec Moscou. Et aussi parce que l’ »Ukraine resserrée« est tournée vers l’Ouest.

      Si c’est réellement l’intention de Kiev d’évoquer ce »scénario chypriote« à la réunion du 9 Décembre, cela pourrait donc pourrait donc aboutir à son acceptation, assorti de »gestes" envers les autres populations russophones de l’Ukraine (Moscou ne transigera pas là-dessus, et les occidentaux pousseront à la conciliation).


      • Christelle Néant Christelle Néant 20 novembre 21:15

        @Eric F
        Vous ne comprenez pas l’essence du scénario chypriote. Il ne s’agit absolument d’une renonciation aux revendications sur ce territoire pour toujours. Il s’agit d’une mesure temporaire. Il ne s’agit pas d’un geste en faveur des russophones. I s’agit d’une mesure visant à geler suffisamment le conflit pour amener des investisseurs en Ukraine et voler de l’argent au passage.


      • Eric F Eric F 20 novembre 21:27

        @Christelle Néant
        L’histoire montre qu’une renonciation temporaire à un territoire finit la plupart du temps par être définitive. Si on regarde la situation de Chypre, il y a eu il y a quelques années une proposition de réunification qui a été rejeté par réferendum par ...les sud chypriotes.
        Je ne considére évidemment pas ce scénario en lui-même comme un geste en faveur des russophones mais comme un repli stratégique, ce que j’ai voulu dire c’est qu’un accord à la réunion du 9 Décembre sur ce scénario serait conditionné par Moscou à l’engagement d’un geste envers les russophones du reste de l’Ukraine (à savoir l’acceptation de la reconnaissance comme seconde langue régionale dans les régions concernées, Ce n’est pas la position du régime de Kiev mais il pourrait devoir lâcher du lest).


      • Christelle Néant Christelle Néant 20 novembre 21:33

        @Eric F
        J’ai de gros doutes sur le fait que Kiev reviendra sur la loi sur la langue ukrainienne. Car il faudrait l’abolir totalement pour faire ce que vous proposez. Moscou ferait mieux de négocier ce que j’avais proposé dans un article précédent à savoir d’étendre la renonciation à la totalité des deux oblasts de Donetsk et de Lougansk, càd à tous ceux qui avaient voté en 2014 pour quitter l’Ukraine.


      • JMBerniolles 20 novembre 21:42

        @Christelle Néant

        Bonjour, Vous dites finalement que cette manœuvre de Kiev est d’une part à destination intérieure, faire croire que les Républiques et la Russie sont responsables de la rupture et d’autre part faire semblant d’arrêter les hostilités pour attirer des investisseurs étrangers, en l’occurrence des intérêts qui vont acheter des terres à bas prix, dont des groupes allemands, comme en Roumanie, en Grèce... et obtenir des prêts à nouveau.

        La Russie insistera pour un désengagement militaire, la chose qui importe le plus certainement pour les Républiques, et obtiendra sans doute satisfaction parce que ni les USA, ni L’UE surtout ne poussent à l’offensive militaire.

        Personne n’a jamais cru à l’application des accords de Minsk.... Et plus le temps passe plus la Crimée puis les Républiques s’éloignent de l’ancienne Ukraine (qui n’est pas bien vieille)


      • Eric F Eric F 20 novembre 21:46

        @Christelle Néant
        On peut penser que si l’actuel gouvernement de Kiev est éventuellement prêt à un compromis territorial, il n’ira pas jusqu’à la renonciation totale -que de toute façon le peuple ukrainien rejetterait-, Moscou le sait. Si l’une des partie est prête à un compromis et que l’autre reste sur des positions maximales, toute négociation échouera, et l’échec sera attribué au plus intransigeant.


      • Eric F Eric F 20 novembre 21:52

        @JMBerniolles
        « plus le temps passe plus la Crimée puis les Républiques s’éloignent de l’ancienne Ukraine (qui n’est pas bien vieille) »
        Je le pense aussi, et peut-être que les « réalistes » côté Kiev en ont conscience, et visent une solution de repli sur « ce qui reste de territoire » (sans la Crimée et les républiques séparatistes) où les ukrainophones sont globalement prépondérants.


      • Christelle Néant Christelle Néant 20 novembre 22:00

        @JMBerniolles
        Cela fait plusieurs semaines que j’informe sur les manoeuvres ukrainiennes en ce sens. J’ai toujours considéréque les accords de Minsk étaient morts nés dès leur signature. Malheureusement il semble que j’avais raison...


      • Christelle Néant Christelle Néant 20 novembre 22:02

        @Eric F
        Kiev peut se baser sur les réactions anti-ukrainiennes des habitants de la partie du Donbass qui est sous son contrôle pour justifier l’extension de la renonciation. Comme à Zolotoye juste avant le désengagement. De toute façon si Kiev ne perd pas ce territoire maintenant elle le perdra plus tard. L’Ukraine est sur la voie de l’explosion façon ex-Yougoslavie.


      • Eric F Eric F 20 novembre 22:19

        @Christelle Néant
        La Yougoslavie fédérait cinq ou six nationalités, il y a eu explosion ; en Ukraine la tension parait concerner deux populations différenciées par leur langue-culture, ce serait une scission. Devant l’échec d’une « ukrainisation forcée », et en l’absence de volonté de cohabiter dans une structure confédérale, le réalisme peut conduire Kiev vers un repli sur un territoire resserré (scénario « à la Serbe »)


      • Guy19550 Guy19550 20 novembre 22:38

        @Eric F
        La Russie ne veut pas des républiques, il y a des liens antérieurs qui l’ont montré, dont un dont je me souviens de Lavrov. La Russie défend essentiellement le droit des gens dans le conflit. La Russie changera peut-être d’avis avec la rupture des accords de Minsk, mais tant que ces accords sont en place, la Russie respectera ce qu’elle a signé, pas comme ce que font les terroristes de Kiev.


      • Eric F Eric F 21 novembre 12:11

        @Guy19550
        La Russie ne veut pas trop souffler sur les braises, mais s’accommoderait certainement avec satisfaction d’un rattachement des deux républiques pro-russes. Le gouvernement de Kiev post-Maidan a une conception ukrainocentriste intrinsèquement incompatible avec la composition effective du pays, la Russie a profité de l’opportunité pour réincorporer la Crimée, une sécession partielle pourrait constituer un compromis acceptable aussi bien pour Kiev et Moscou, entre une scission complète de l’Ukraine, ou une réunification coercitive. Le problème générale de l’Ukraine resserrée ne sera pas réglé pour autant, sauf changement de la ligne politique (la lassitude et le désir de prospérité pouvant se substituer au nationalisme vindicatif). L’actuel président Zelensky a été élu un peu par surprise par rejet du maximalisme de son prédécesseur, il n’a pas d’expérience et est soumis à des pressions contradictoires, chacun essayant de le manipuler (y compris Trump en conditionnant son aide). Je ne pense pas qu’il soit nazi ni terroriste, mais hérite d’un conflit empoisonné où il ne peut ni vaincre ni tout céder.


      • Christelle Néant Christelle Néant 21 novembre 16:16

        @Eric F
        Vous vous trompez là-aussi. Même si la grosse fracture se trouve entre deux populations (ukrainophone et russophone) il y en a bien plus. Les Hongrois de Transcarpatie sont aussi victimes de discrimination, et il y a un risque d’éclatement de troubles là-bas aussi. Sans parler des minorités Bulgare, Roumaine, etc.


      • Guy19550 Guy19550 23 novembre 04:06

        @Eric F

         la Russie accepte de prendre les républiques au sein de la fédération de Russie = guerre probable par la suite avec la Russie, je pense que c’est cela qui est à éviter.
         La Russie reconnait les républiques comme autonomes = pas de soucis de guerre avec la Russie par la suite. (sera probablement fait après rupture des accords de Minsk par les kievcongs).

        Le mieux est évidemment que les républiques restent en Ukraine avec un statut spécial, ce qui pour l’heure est hors de question pour les kievkongs.


      • San Jose 20 novembre 21:37

        Moi qui ne voulais pas croire que c’étaient des nazis, m’y voilà bien forcé maintenant que j’apprends qu’il y a un plan de déportation dont la réalité ne fait pas l’ombre d’un doute. Merci Vlad, tu as raison de ne pas nous prendre pour des cruches. 


        • Eric F Eric F 20 novembre 22:05

          @San Jose
          « plan de déportation dont la réalité ne fait pas l’ombre d’un doute »
          Reste à savoir si ce plan « fuité » est une divagation de maximalistes, ou de l’intox intentionnelle pour influer sur la réunion du 9 décembre. Une fois révélé, les projecteurs sont braqués et ça devient inapplicable (la communauté internationale ne peut laisser appliquer de l’épuration ethnique au grand jour). 


        • JMBerniolles 20 novembre 22:20

          @San Jose

          Je doute que l’on puisse plaisanter sur ces choses là.... Le nettoyage ethnique à été pratiqué sur les serbes, dans des zones qui sont revenues aux croates et au Kosovo... Ce n’est pas loin et pas vieux.


        • Guy19550 Guy19550 20 novembre 22:43

          @Eric F
          Non, pas d’accord du tout. Ce plan existe bel et bien selon moi et concorde très bien avec les atrocités commises avant, les tirs incendiaires par exemple et les bombardements perpétuels malgré les différents cessez-le-feux. Ce plan n’est sans doute pas l’avis de la population, mais certainement, selon moi, le plan des néonazis.


        • Guy19550 Guy19550 20 novembre 22:44

          @JMBerniolles
          Exact, et il n’est pas possible de laisser le bénéfice d’un doute sur le sujet.


        • Eric F Eric F 21 novembre 12:19

          @Guy19550
          étant parti prenante, vous avez naturellement une position tranchée, il n’y a pas de massacres de masses comme par exemple en Syrie mais certainement intimidation pour pousser au départ (quelques similitudes avec la situation Serbie/Kosovo)


        • Christelle Néant Christelle Néant 21 novembre 12:39

          @Eric F
          La communauté internationale a laissé faire des génocides et épurations ethniques en plein jour il n’y a pas si longtemps que ca, et continue de fermer les yeux sur ce qui se passe dans le Donbass et au Yemen par exemple.


        • Christelle Néant Christelle Néant 21 novembre 12:40

          @Eric F
          Pas de massacres de masses ? Plus de 13 000 morts (chiffre très en dessous de la réalité) c’est déjà pas mal non ?


        • Eric F Eric F 21 novembre 15:37

          @Christelle Néant
          Il y a bien évidemment beaucoup trop de victimes, certaines sont des combattants, d’autres des victimes civiles sur des lieux visés. Mais je parlais de massacres intentionnels massifs de population. Cela ne peut être l’intention réelle de Kiev, qui perdrait alors tout soutient et connaitrait le sort qu’avait connue la Serbie de Milosevitch. Mais il est bon d’avoir évoqué cette question du « plan », dont la nature, provenance, authenticité et intention nécessite des investigations (les services de renseignement sont certainement à l’oeuvre). a mon avis, la publication constitue soit une manoeuvre d’intimidation, soit un désamorçage.


        • Christelle Néant Christelle Néant 21 novembre 16:13

          @Eric F
          Euh non vous n’avez pas bien compris. Les bombardements de l’armée ukrainienne ne font pas seulement des « victimes collatérales » parmi les civils. Les soldats ukrainiens visent délibérément les zones civiles. Là où il n’y a ni soldats, ni pièces d’armement, ni positions. Il s’agit donc bien de massacres intentionnels massif de civils. Sans parler de ce qu’ils ont fait aux civils d’Ilovaïsk par exemple. Où des tortures qu’ils font subir aux gens qu’ils capturent ou arrêtent pour le moindre soupçon de séparatisme. Les viols sur les femmes capturées, ou de simples jeunes filles raflées en pleine rue. J’ai des informations sur la présence de charniers côté ukrainien. Plusieurs ont été trouvés par les deux républiques après la libération de certains territoires en 2014-2015.
          « Cela ne peut être l’intention réelle de Kiev » dites-vous ? Excusez-moi mais vous êtes d’une grande naïveté. Oui se débarrasser de la population du Donbass est l’intention réelle de Kiev.
          Quant au plan qui a fuité, il n’y a rien de neuf dedans. De telles propositions ont déjà été faites à de nombreuses reprises par des politiciens, et même des journalistes ukrainiens à la télé ou dans les médias écrits !!! Aucun n’a jamais été poursuivit en justice pour apologie de crime contre l’humanité. AUCUN ! Ce qui démontre bien que cette vision des choses est partagée par les autorités qui dirigent l’Ukraine. 
          La fuite n’est ni une manoeuvre d’intimidation, ni un désamorçage. Le but était de braquer définitivement les deux républiques pour s’assurer qu’aucun compromis ne puisse être trouvé.


        • Guy19550 Guy19550 23 novembre 04:15

          @Eric F
          Je ne suis pas une partie prenante, mais oui j’ai une position tranchée. Pas de massacres de masse ??? les craintes sont là et cela a systématiquement été dénoncé par les républiques. Intimidation ??? Vous êtes gentil et poli, mais réalisez-vous bien qu’il y a déjà de l’ordre de un million de réfugiés en Russie ?


        • JP94 21 novembre 16:08

          En 2014, un commercial français, un fanatique marié à une bandériste, travaillant pour l’industrie du plastic militaire avec les fascistes ukrainiens, un homme qui proposait à l’Administration scolaire de venir aux enfants de collège la vérité ( entendez, version fasciste) sur la situation au Donbass ( où pourtant il ne mettait pas les pieds, ne voulant pas se prendre un obus sur la tête, et ne pouvant y fourguer son plastique militaire), avec pondu pour un journal bandériste paraissant aux Etats-Unis ( et financé par 2 hommes d’affaires pakistanais) une caricature appelant à la « déportation en wagons à bestiaux des Russes du Donbass ». Une apologie du crime fasciste, donc...

          Curieuse coïncidence : donc le projet initial de ces fascistes téléguidés par Gehlen, ses héritiers et maîtres états-uniens.

          Je vais essayer de vous retrouver ce dessin.

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